PARTIE IV, CHAPITRE III
ont lieu d'ordinaire tous les trimestres; quelques sociétés les convoquent tous les mois, d'autres seulement tous les ans. Le dernier mode doit évidemment être rejeté; car, loin d'être suffisant pour maintenir entre les sociétaires ces rapports bienveillants qui sont un des grands avantages de l'association, il les empêcherait à peine de devenir presque étrangers les uns aux autres. Les assemblées étant en général fixées au dimanche et ne devant pas, par conséquent, entraîner une grande perte de temps, nous inclinerions vers des réunions trimestrielles. Quant au bureau, il semble convenable qu'il se réunisse tous les mois à jour fixe. Dans la grande Société typographique parisienne il y a chaque année deux assemblées générales. Elles se composent de mandataires élus dans la proportion d'un mandataire par groupe de dix sociétaires.
Les personnes qui douteraient de la vitalité et de la force d'expansion des sociétés de secours mutuels, n'ont qu'à lire au hasard quelques comptes-rendus des ces assemblées générales. Certainement tout ce qui y est dit n'est pas toujours du meilleur style ; une fois sur mille, si vous le voulez, la fausse philanthropie cherchera même à s'insinuer là oii elle n'a que faire ; mais dans l'immense majorité des cas, il règne dans toutes ces séances un souffle et un enthousiasme du bien qu'on trouverait bien difficilement ailleurs. Ici le bien se fait avec élan ; il n'est une tâche pour personne.
On lit dans certains règlements, que pour éviter les discussions oiseuses.', les séances générales ne pourront, en aucun cas, durer plus de deux heures. Quelquefois les règlements in-
Gommission supérieure (Rapp. de 1854), partout abondent les sages conseils, lesavertissements paternels, l'expression des idées les plus nobles et les plus généreuses. On voit que le lien qui unit tous les hommes est le véritable esprit de famille, et qu'ils ont du sortir de ces séances plus dévoués les uns aux autres et plus attachés à leurs devoirs. »
* La société philanthropique de Niort, par une réglementation un peu compliquée, mais qui puise sans doute des motifs dans le grand nombre de ses membres, a décidé que les motions ne pourraient être introduites à rasseiiihlée générale que dans certaines formes et sur un rapport du conseil d'administration. Elle va même jusqu'à frapper d'amende et, en cas de récidive, d'exclusion les sociétaires qui, dans l'intervalle des réunions et en dehors de ces formes, « feraient des réclamations ou des propositions collectives, signeraient ou feraient signer une pétition concernant les affaires de la société. »
terdisent aux étrangers Tassistance aux assemblées générales ; quelquefois ils la permettent et exigent même pour la tenue de ces assemblées une certaine solennité. Ou peut dire en faveur du second mode qu'il y a peut-être là un moyen d'attirer à la société une considération extérieure de nature à lui amener de nouveaux membres. Ou a remarqué, en eiïet, que les assemblées générales publiques sont souvent suivies d'un certain nombre de présentations.
Toutes les sociétés se sont, on le comprend, efforcées d'organiser un système sérieux de surveillance des malades. Quelquesunes, avons-nous dit, confient ce soin à un ou plusieurs membres du bureau ; la plupart désignent, à tour de rôle, un membre de la société, qui est chargé de se rendre chez le malade, de lui apporter le montant de l'indemnité, de veillera ce que les prescriptions des statuts sur les visites du médecin, et s'il y a lieu, sur la fourniture des médicaments, soient ponctuellement exécutées.
Dans certaines sociétés, douze membres sont désignés par année, suivant leur ordre d'inscription, et chacun visite les malades pendant un mois. On comprend que dans les sociétés nombreuses on peut doubler ou même tripler le nombre des visiteurs ; de même que, si la circonscription de la société est très-étendue, diviser cette circonscription en sections dont chacune aura un ou plusieurs visiteurs spéciaux.
En dehors du contrôle et de l'exécution des statuts, le côté moral et sympathique de la fonction du visiteur portant au malade des paroles amies n'échappera à personne. Que de fois, du reste, le visiteur assidu des malades « a trouvé le prix de sa peine dans de bonnes et solides amitiés, dans d'utiles relations que l'accomplissement d'un devoir fait naître entre deux inconnus, désormais étroitement unis par le souvenir d'un service rendu et bien apprécié '. »
Dans presque tous les départements du Midi, l'obligation est imposée à tout sociélairr, non-seulement d(î visiter les malades, mais encore de les veiller, de leur servir de garde-malade^.
* CaKimir Gnillnrdin, DiHcoiirs devant les Sociétés de lu Seine, 1858. '■' D'a[ir('K (|iicl(iiie8 règlements, l'amende prononcée pour défaut de veille est acquise :iu sociétaire malade.