PARTIE IV, CHAPITIIE IV
vent en réalité les avantages qu'une somme beaucoup plus forte représenterait seule et vous les donnez uniquement au moyen de cotisations qui peuvent être exorbitantes quand il s'agira « de riches véritables *, c'est-à-dire payant 2 ou 3,000 francs d'impôts. » La proportion sera donc rompue ; ce ne sera pas là de la mutualité et ce pourra être, quoique vos idées générales y répugnent, une sorte d'assistance déguisée.
Il n'est pas jusqu'au caractère des membres honoraires luimême qui ne soit ici atteint ; car même aux plus riches, c'est-à-dire à ceux qui paieront la cotisation proportionnelle la plus élevée, on offre presque comme un bon placement l'allocation gratuite pour eux et leurs familles, des soins médicaux et des médicaments. Il peut donc y avoir là une judicieuse conception philanthropique et un ingénieux prélèvement au profit de la commune sur la, villégiature des personnes riches; il n'y a pas une assiette pour l'assurance mutuelle. La véritable assurance est celle qui garantit à tous, moyennant les mêmes versements, les mêmes avantages et qui offre une base fixe à tous les calculs, à l'appréciation de tous les risques. Les uns paient pour les autres et la justice n'est pas violée, ni la dignité de chacun atteinte, parce que celui-là aurait pu être favorisé qui a favorisé autrui. Ici, au contraire, les ressources étrangères pourraient entrer dans la caisse sociale pour une proportion exorbitante, et il pourrait y avoir en réalité des donateurs et des gratifiés. Bien autre, qu'on ne s'y trompe pas, est.le système qui régit habituellement la réception des membres honoraires : une faible cotisation parce qu'elle est, pour ainsi dire, le signe matériel de l'admission; le jeton de présence à l'assemblée, une faible cotisation mais un concours permanent ; pour les objets essentiels de la société, le jeu de l'assurance se produisant avec plénitude. Nous ne parlons pas des inconvénients spéciaux qu'entraînerait l'universalisation du mode proposé par M. Seurre, au point de vue de la situation professionnelle des médecins, que l'entrée de la classe ouvrière tout entière dans la mutualité atteindra déjà si profondément sans
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doute '. Peut-être y aura-t-il là, il est vrai, un avantage général qui devrait l'emporter au besoin sur un détriment particulier à une classe. Mais quelle doit être, au contraire, la position du médecin ou des médecins de Demigny si toute la populatioa ouvrière faisant partie de la société, et étant par conséquent soignée au moyen de l'abonnement général de l'association, toutes les personnes riches de la commune, par philanthropie ou par intérêt bien entendu, en arrivent à se faire soigner de la même manière?
M. Jules Seurre qui a publié une utile brochure sur la mutualité ^, paraît trop aimer les institutions qui en dépendent, pour qu'on ne discute pas avec franchise le système qu'il a proposé, système assez séduisant peut-être au premier abord, mais qui s'éloigne à plus d'un point de vue, suivant nous, d'une bonne pratique de l'assurance mutuelle ; système qui n'est nullement c( subversif» d'aucun principe social, ainsi que M. Seurre semble s'en défendre % mais qui pourrait bien être «subversif» de toute mutualité précise *.
Le droitd'admission varie quelquefois selon les âges ; quelquefois il est uniforme. Dans le dernier cas, la moyenne peut en être évaluée à 12 ou 45 fr. ^ C'est évidemment le premier mode qui doit être encouragé. On remarque, du reste, depuis quelque temps, dans les sociétés, une certaine tendance à augmenter les droits d'entrée^. « Cette tendance est bonne et doit être louée, a dit M. Cazeaux, membre distingué de la commission supérieure, qui a enrichi plusieurs rapports annuels des travaux
' Voir le cliap. suivant.
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* Par suite de circonstances particulières, d'une certaine division quasi égale de la propriété, etc., le système criti(|ué peut très-bien être appliqué sans inconvénients dans une localité déterminée; et nous sommes convaincu qu'il en est ainsi à Demigny. La seule chose (ju'on blâme ici, c'est la généralisation d'un système incompatible du reste avec toute organisation scientifique, à moins (|u'on n'élevât la cotisation fixe assez haut pour la rendre toujours sufli.sante pour les objets fondamentaux. La société de Demigny allacbe beaucoup plus d'iinporlance au service médical (pi'aux indemnités de maladie, ailleurs objet romlamenlal ; mais nous ne croyons pas que cela puisse modifier en rien les observations (|ui |)réiedtnl.
5 11 est des sociétés, |tar exemple celle de (iuttemberg à Paris, où le droit d'entrée va jusqu'à 30 fr. Dans une autre société d'iniprimcurs de Paris, la Société pliilan thropo-lypogrnpliifiue, il est fixé chaque année.
* Comme, au surplus, la cotisation, ainsi que nous le verrons plus loin.