ORGANISATION DU SERVICE MEDICAL
Les sociétés établies en vue de la maladie dépendent des médecins. — Les médecins, par la généralisation de la mutualité, arriveraient-ils à dépendre des sociétés. — Y a-t-il antagonisme nécessaire? — Émotion du corps médical. — Intervention des associations de médecins ; points d'appui pour la résistance. — Les divers modes de recrutement des médecins. — Examen des systèmes appliqués ou proposés. — Les divers modes de rémunération : — Traitement fixe. — Honoraires par visites. — Abonnement par an et par tète. — La dignité des médecins. — Ce qu'il y a aussi dans le débat. — La balance de l'olTre et de la demande, et les professions libérales. — Statistique des bonoraires. — Divergence absolue des vues du corps médical sur la question. — Conclusions de l'association générale des médecins. — La coalition des médecins serait-elle légale? serait-elle morale? — Liberté absolue des sociétés pour le choix des médecins, pour le recrutement de leurs propres membres. — Quel était le médecin de l'ouvrier avant son affiliation? — Sécurité de l'honoraire. — Devoirs réciproques. — Harmonie finale.
Une institution est là, qui, par ses futurs développements, se trouve peut-être appelée à transformer la situation des classes les plus nombreuses ; qui, dans tous les cas, en comprend déjà une notable partie et les attirera à coup sur de plus en plus uni-
' Lorsque la 1'" édition de ce livre a paru, la question qui va être étudiée, bien qu'agitée déjà sur le terrain des faits et par le jeu, relativement inconscient alors, des intérêts en présence, ne s'était pas encore produite, comme elle l'a fait depuis, en pleine lumière ; révélant aux yeux de tous des dissidences profondes, des points de vues antagoniques, une lutte véritable et très-vive, malgré le calme apparent des surfaces. Les difficultés s'étaient déjà cependant assez définies, et leur projection possible dans l'avenir s'était assez marquée ; nous avions du reste été assez à même d'entendre les deux parties, quelquefois même d'essayer de les concilier çà et là, pour que nous ayons pu dès lors énoncer les points en litige et appeler l'attention sur leur gravité. Mais aujourd'hui la question a tellement marché, sinon malheureusement vers une solution, du moins dans le sens d'une exposition complète des éléments qui la composent, que nous allons l'examiner tout à fait à nouveau, fouillant dans les débats auxquels elle a donné lieu, et profitant d'observations prises dans le vif, puisqu'elles résultent des plaidoiries développées par les intéressés eux-mêmes.
versellement dans ses cadres; qui, dans son état présent, fournit à ces classes d'incalculables avantages ; dont l'utilité manifeste et presque sans limites, ne peut que croître chaque jour.
Sous sa forme actuelle surtout, cette institution qui est d'un intérêt absolument général, dépend presque entièrement d'une classe d'hommes intelligents, distingués, honnêtes, exerçant une profession libérale entre toutes et dont les intérêts sont un intérêt collectif de premier ordre. Elle en dépend, car sans le concours sérieux de ces hommes, l'objet même en vue duquel elle fonctionne principalement, n'est pas atteint. L'institution dont nous parlons dépend de cette classe d'hommes ; mais sinon pour aujourd'hui, du moins pour demain, du moins pour un avenir peu éloigné, cette classe d'hommes, à son tour, se demande non sans perplexité si ses intérêts ne pourraient pas tomber pour une très-large part, souvent d'une manière complète, sous la dépendance plus ou moins étroite, plus ou moins impossible à discuter de cette institution.
Le rétablissement de la santé du sociétaire étant dans les conditions présentes, devant peut-être même rester toujours par son importance l'objet fondamental des sociétés de secours mutuels, et la durée de l'indemnité quotidienne, dépendant exclusivement de la .durée de la maladie, l'importance tout à fait essentielle du service médical est facile à saisir. Malgré tous les soins que les visiteurs pourront apporter à la surveillance des malades, malgré tous les efforts des conseils d'administration pour maintenir l'équilibre entre les recettes et les dépenses, ce sera toujours des médecins et de leur manière de comprendre la mission qui leur est confiée, ce sera de leur dévouement éclairé que dépendront véritablement l'emploi des ressources sociales, la prospérité, l'existence même des sociétés. «C'est au médecin qu'il appartient d'éviter également la faiblesse qui prodiguerait inutilement les fonds destinés à la guérison des maladies sérieuses, et l'économie un peu égoïsle qui, en refusant une heure de plus à la convalescence, préparerait trop souvent de longs mois de rechute '. »
L'action du médecin est en effet toute autre ici que dans sa
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