‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 61 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE V. H · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE V. H

moyenne qui n'était en 1854 que de 1 fr. 52 c, s'élevait à 1 fr. 86 c. en i860, et atteignait 1 fr. 96 c. en 1863. Comparés à la dépense totale, les honoraires figuraient pour 11 fr. 40 p. 100, en 1854; 12 fr. U9 p. 100 en 1860; 13 fr. 27 p. 100 en 1863; il y avait donc eu une augmentation de 1 fr. o8 p. 100 de 1860 sur 1854, et de 0 fr. 28 p. 100 de 1863 sur 1860.

Est-ce là une rémunération suffisante? Nous n'en savons vraiment rien et les médecins dont les uns, nous l'avons vu, demandent 2 fr. par tête, les autres 3 fr., ceux-ci 5 fr. et 6 fr.; dont les uns refuseraient de traiter à moins de 10 fr. par famille, tandis que les autres se contentent de 6 fr., frais d'accouchement compris, ne paraissent pas être plus fixés que nous sur ce qu'il faut entendre par ces mots : une rémunération suffisante.

Cette incertitude est-elle assez lumineuse! Vous ne vous entendez vous-mêmes ni sur le mode de nomination à souhaiter de la part des sociétés, ni sur la base, ni sur la quotité de vos honoraires. Nous avons vu quelques-uns d'entre vous déclarer avec indignation, dérisoire, attentatoire a ladignité, un prix de visite qu'ils calculaient à 32 centimes, et conseiller l'acceptation d'un prix de visites à 50 centimes; — comme si une aussi grosse chose que la dignité pouvait être renfermée dans un semblable écart, quelque nombre de fois qu'il tut multiplié par luimême! — Vous êtes donc en désaccord sur toute la ligue et vous voudriez qu'on imposât des coercitions quelconques à ceux qui recourent à vos soins! Mais ces coercitions, fussent-elles licites, qui en découvrira la formule, lorsque la clairvoyance, cependant si aiguë désintérêts est impuissante pour la découvrir? La quotité des salaires ouvriers, ce point de vue fondamental dont on ne s'est pas assez préoccupé dans tous ces débats et qui est ici le régulateur, cette quotité et votre nombre comme vos propres besoins donneront seuls les chiffres que nous chercherions vainement les uns et les autres '. Seront-ils sulfisauts, nous l'ignorons ; ce que nous savons, c'est qu'il serait aussi puéril de s'é-

* Nous avons voulu savoir quelle était la situation des médecins dans les friendly societies anglaises, c'est-à-dire vis-a-vis d'une organisation si incomparabieinent supérieure, numériquement, à ce qui existe chez nous, et qui devait, ce semble, exciter toutes les alarmes du corps médical. — « Plusieurs petites sociétés, nous a répondu à ce sujet M. A. Scratchley, n'usent comme corps d'aucune assistance médicale, et s'en remettent seulement à des visiteurs choisis dans leur propre cov^s, pour les protéjj'er

lever contre eux que contre la dépréciation du signe monétaire ou Taugmentation du prix des denrées de consoramaliou. A vrai dire, en considérant ce double fait qu'il n'y a pas d'exemple qu'une agrégation ait jamais manqué de candidats pour son service médical; et que ceux-là souvent se plaignent avec le plus de vivacité qui n'ont pas obtenu la position qu'on déclare si insuffisante, nous serions tenté de croire que s'il n'y a pas une rémunération tout à fait proportionnelle aux services, — personne ne prétend cela, — il y a du moins, ne fut-ce que par la fixité de l'honoraire, un avantage qu'on est loin de dédaigner, dont ou se priverait difficilement.

Depuis douze ans, c'est-à-dire dans la période d'enfance, — et ces chiffres ne sont déjà plus ceux d'aujourd'hui, ils sont bien loin sans doute de ceux de demain, — les sociétés de secours mutuels ont fourni, au corps médical français, une somme de 8 à 9 millions ' (auxquels il faut ajouter plus de lOmiUions aux pharmaciens); est-on bien sûr qu'une notable partie de cet argent n'aurait pas été aux charlatans et aux empiriques, si les cadres mutuel-

contre les simulations de maladies. Dans d'autres cas, un mddectnesfc/ioïsifot< partons les membres réunis, soit par le bureau (suivant les statuts), et on lui alloue une rému. nération proportionnée au nombre des membres qui se trouvent dans son district. Dans plusieurs cas, si le membre à examiner ne réside. pas dans le district, on s'en rapporte à l'assertion d'un médecin choisi par le membre lui-même. Dans les sociétés qui assurent les soins médicaux, une souscription de quatre pence par mois est exigée de chaque membre pour le traitement du médecin. Il n'y a habituellement aucune difficulté à trouver de respectables praticiens qui consentent à accepter ces termes. »

Ainsi donc, malgré l'affiliation de la classe ouvrière tout entière, aucune trace de l'émolion existant chez iious. Les conditions sont cependant à peu près les mêmes pour les médecins, et comme nomination et comme rémunération (eu égard à la différence des salaires : il y a des contributions médicales depuis3 fr. jusqu'à 6 fr.)

En Angleterre, 34,441 personnes s'adonnaient en 1861 à l'art de guérir : 35,095 hommes et 2,446 femmes (14,415 médecins, chirurgiens et pharmaciens, 3,566 étudiants en médecine, 16,020 chimistes, 1,913 sages-femmes, etc.).

* Il a été calculé (jul- dans certaines sociétés nouvelles, le traitement fixe, ou abonnement à 1 fr. par sociétaire, donne au médecin, vu la rareté des malades, 4 à 5 fr. par visite, ce qui est é\ideinment beaucoup trop. D'un autre coté, nous avons cité, et on pourrait fournir daulns exemples, des ihiffres vraiment beaucoup trop faibles, provenant généralement de sociétés composées de membres âgés, ou dont le recrutement a été iléfeclucux. Hélas! si une ruine était la consolation d'une autre ruine, que les médecins le sarhtril birn, les sociétés comme celles auxquelles se réfèrent ces derniers résultats, ont beaucoup de peine à subsister, même avec ce qu'on apjicllc leur parcimonie I

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