‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 76 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE VI

il n'y a que la coiistatalion d'uu fait : autant de pharmaciens, autant de prix courants. D'un côté, cependant, il importe, nous venons de le voir, que les pharmaciens dont le commerce est relativement très-restreint, circonscrit par la loi et soumis à des obligations onéreuses, soient équitablement indemnisés de la valeur de leurs fournitures ; d'un autre, il y a une question de dignité et même de bon service à ce qu'il soit adopté un taux moyen n'exigeant pas des fournisseurs l'abstention de bénéfices ou même les sacrifices personnels qu'il est loisible seulement à une œuvre de charité ou à un bureau de bienfaisance de réclamer ^

C'est en se plaçant dans cet ordre d'idées que, dès 1837, un pharmacien des hôpitaux de Paris, membre de l'Académie de médecine, M. Dublanc, président de la Société du Jardin des Plantes^ a formulé ainsi la réglementation qui lui semblerait devoir être adoptée :

1° Les médicaments simples ou com^sés, délivrés sur l'ordonnance du médecin, seront comptés au prix du tarif de l'administration de l'assistance publique , et le chiffre total auquel s'élèvera la fourniture au moment du règlement sera augmenté de 45 p. 100.

2° La qualité des médicaments sera surveillée et constatée par les médecins attachés aux sociétés ou par des arbitres spéciaux, suivant la volonté et la convenance des sociétés.

3° Il sera dressé un formulaire sur lequel seront portés les médicaments dont l'emploi pourra suffire à tous les besoins et d'où seront exclus tous les médicaments dispendieux qui, sans être indispensables, augmenteraient de beaucoup les dépenses du service médical des sociétés *.

Dans les très-nombreuses applications qui ont été faites de ce système, le tarif de l'assistance publique ou des bureaux de bienfaisance, dont parle M. Dublanc, a été remplacé quelquefois par le tarif de la Société philanthropique de Paris ^ ; dans ccr-

* C'est ainsi qu'on ne peut que blâmer sévèrement les très-rares sociétés qui, soit pour leur service médical, soit pour leur service pharmaceutique, ont recours aux rartes des dispensaires.

- Bulletin 1857, p. 178.

^ Voyez au Bulletin 1855, p. 312.

taines sociétés, au contraire, il sert de base '. Quel est celui de ces deux tarifs qu'il convient d'adopter? Si l'on en croit M. Dublanc, le second, celui de la Société philanthropique, ne saurait l'être équitablement. Arrêté entre une société qui poursuivait un but avoué de bienfaisance et une commission de pharmaciens praticiens désireux de s'associer à une proposition généreuse, il ne serait qu'un compromis, un tableau de revient sans aucune addition d'un bénélice quelconque; il ne faudrait y voir que des chiffres représentant ce que les médicaments coûtent à ceux qui possèdent le droit exclusif de les préparer et de les vendre. 11 laisserait le pharmacien tellement à découvert, que, dans une circonstance rapportée par M. Dublanc, et à la demande des pharmaciens choisis dans chaque quartier de Paris pour déliwer, au nom de l'assistance publique , les médicaments qui manquent aux sœurs de charité, l'administration dût l'élever notablement. C'est de cette modification qu'est né le tarif actuel des bureaux de biemaisance. On le comprend, nous ne pouvons ici que reproduire les observations de l'habile spécialiste, bien que nous devions introduire tout à l'heure dans le débat un élément auquel nous avons déjà fait allusion, et qui serait singulièrement de nature à les invalider. Ajoutons dès à présent que, d'après M. le docteur Fournie, on pourrait adresser au tarif de l'assistance publique le reproche d'être inégal dans les bénéfices qu'il accorde aux pharmacien s. Ainsi, tandis que ce bénéfice serait «peuconsidérable, « c'est-à-dire s'élèverait à peine à 50 p. 100 pour toutes les substances familières au public et qu'on peut acheter ailleurs : camphre, laudanum, etc., etc., il s'élèverait à un chiffre énorme dès qu'il s'agit d'autres médicaments, sans doute d'un grand débit, mais peu connus, ou bien de ces substances dont le nom exogène indique la provenance lointaine.

Ne résulterait-il pas de ces détails la preuve que, même abstraction faite de tout progrès décisif dans le mode des fournitures des médicaments aux sociétés de secours mutuels, et en conservant le procédé actuel : adoption d'un tarif et remises par •

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