‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 79 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE VI. lol · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE VI. lol

moyen le plus capable de donner une véritable satisfaction aux tendances de notre époque et aux besoins de la classe ouvrière, tout en sauvegardant la dignité et les intérêts de la profession *. Nous pensons avec M. le docteur Fournie, qui a émis son opinion sur une organisation analogue existant à Marseille et décrite par M. Paret, qu'un tel mode est assez rationnel, et que « l'établissement d'un tarif semblable pour toutes les sociétés d'une même ville est un premier pas dans une vie meilleure. » Mais faisant remarquer d'abord, qu'à Bordeaux du moins, l'ensemble des sociétés pas plus que l'ensemble des pharmaciens ^ n'ont adhéré au syndicat, nous nous demanderons, et non sans quelque préoccupation, sur quelle base a été établi le tarif qui reste appHqué par le syndicat bordelais. Les détails qu'on a lus sur l'élasticité extraordinaire des tarifs pharmaceutiques, ne sont pas sans nous inspirer à cet égard quelque appréhension. Certes, satisfaction donnée aux exigences du sociétaire quant au pharmacien qui a sa confiance, suppression des longues courses dans une grande ville pour aller chercher un médicament, régularisation des comptes, il y a là une série de conditions qui, tout en améliorant très-légitimement la situation des pharmaciens, peut être très-fructueuse pour les sociétés. — Mais le tarif? — Quel est en réalité ce tarif « assez réduit pour donner satisfaction aux classes ouvrières, etpermettant cependant de fournir des médicaments de premier choix et préparés aveo tous les soins possibles ^? » M. le docteur Fournie rapporte qu'après avoir comparé le tarif des bureaux de bienfaisance de Paris avec le prix de revient de M. Menier, il a trouvé que le pharmacien effectué en bloc, sur la fourniture de ces bureaux, un bénéfice de 122 p. 100, sans compter le prix des manipulations éga-

' Travaux de la Société de pharmacie de Bordeaux, 1853, p. 119.

2 Lettre aux présidents des sociétés.

3 Très-bien ; mais qu'est-ce que cette réduction de 20 p. tOO sur le tarif, qui est aussitôt accordée par « une maison de droguerie » de la ville, d'après ce que nous voyons dans les rapj)orts du syndicat, lesquels ajoutent avec dédain « cette proposition émanant de gens complètement incompétents, ne surprendra personne. « — S'agit-il ici de cet inévitable « mauvais confrère » qu'on trouvera tant que les pharmaciens ne seront pas parvenus à s'entendre tous?— S'agit-il «d'une maison de commerce» faisant une concurrence ? Nous ne savons. Nous ne citons que pour fortifier notre thèse : la redoutable élasticité des tarifs.

lement tarifiés pour chacune d'elles '. « Ces résultats, ajoute M. Fournie, qui peuvent paraître exorbitants auxpersonnes étrangères à la pharmacie n'ont rien ^'extraordinaire cependant» (par suite du faible chiffre de recettes des pharmaciens). Nous ne contestons pas l'avis de M. le docteur Fournie ; mais comme ici nous étudions sincèrement les moyens qui peuvent être les plus avantageux aux associations populaires, nous avons le droit de nous demander si le tarif de Bordeaux, comme celui de Marseille, comme tout autre, qui serait formé dans des conditions analogues, n'aurait pas en définitive déplacé le terrain de la lutte, c'est-à-dire mis les sociétés de secours mutuels en face des sociétés de pharmaciens, au lieu de les laisser en face des pharmaciens individuellement. Nous lisons dans le travail de M. Paret, que le tarif du syndicat de Marseille a été établi en faisant aux sociétés un escompte de 35 à 40 p. 100 sur les prix ordinaires. D'autre part, nous voyons que le syndicat de Bordeaux appelle l'attention publique sur son propre tarifa. Pourquoi, puisqu'il existe une réunion centrale des pharmaciens de France, ces deux tarifs, comme tout autre essai analogue, ne seraient-ils pas fondus en un seul à l'usage des sociétés de prévoyance, et présentés par le corps pharmaceutique à l'adhésion de toutes les associations? Examiné ensuite par des hommes spéciaux au point de vue de l'intérêt de ces dernières, on trouverait ainsi les bases d'une entente favorable aux deux parties. Les pharmaciens ne doivent pas se le dissimuler. En dehors des criailleries individuelles, plus ou moins aigres et dont il n'y a pas lieu sans doute de se préoccuper beaucoup, plusieurs des personnes qui s'intéressent sérieusement à l'avenir* des sociétés de mutualité, ne sont pas sans avoir, dans cette question, des idées quelque peu sévères. On cite le précédent — que nous avons déjà mentionné ailleurs, — établi depuis de longues années par l'ensemble des sociétés de Berlin. L'imitation du gelverbskrauhen-Vcrein, c'est-à-dire d'une société centrale, fournissant à toutes les sociétés de secours mutuels des grandes villes

* Loc. cil. p. 295.

' Paris, il la Pharmacie centrale de France. La vente de ce tarif produit tous les ans une Komrnc assez importante an syndicat de Hordcaux, d'où il résulterait qu'il est adopte par un certain noini)re de sociétés dans UwiU'. la France.

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