‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 80 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE VI. lo · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE VI. lo

les soins médicaux et pharmaceutiques, nous semble assez médiocrement désirable en ce qui concerne le service médical. Le service médical est le fond môme de la société et l'agrégation, qui pour l'organiser s'adresse à une vaste officine communautaire, nous semble perdre sensiblement de son individualité propre. Quanta la fourniture des médicaments, la chose est tout à fait différente ; car dans le dernier cas c'est une substance qui agit, dans le premier, c'est un homme. Aussi ne peut-on guère voir d'inconvénients à ce que la fourniture dont il s'agit se fasse d^s le même établissement. Il serait donc à craindre pour les pharmaciens, dans le cas où leurs tarifs ne seraient pas sufifsamment modérés, dans le cas où l'entente de leurs propres syndicats amènerait une coalition rigoureuse (on sait que si nous n'attendons pas en général des merveilles de la coalition, nous reconnaissons son droit absolu), il serait certainement à craindre pour les pharmaciens, qu'on étudiât quelque organisation calquée sur celle de Berlin * .

Nous n'avons pas pu ne pas être très-frappé du fait suivant rapporté par M. Giraud, président de la Société philanthropique de Niort, laquelle admettant la famille à l'affiliation, a près de 3,000 personnes à fournir de médicaments. — Nous passerons, quoiqu'il soit très-significatif, sur le ton général des observations de M. Giraud, magistrat haut placé, très-calme, très-conciliant, très au courant de ces questions et quiaprès s'être indigné très-vivement contre la sophistication semble, en matière de pharmacie, en appeler à des mesures radicales et à une complète émancipation. — Après divers tâtonnements, la Société de Niort avait adopté pour base le tarif de la Société philanthropique de Paris ; mais en présence de la résistance des pharmaciens, et ne pouvant obtenir de meilleurs conditions, ni de tous, ni de quelques-uns, elle avait dû consentira ajouter 15 p. 100 au prix

' Nous ne nions pas qu'au point de vue d'une statistique médicale spéciale et internationale, des associations agissant comme celle de Prusse sur plus de 40,000 ouvriers sociétaires, ne put être utile, conformément aux vœux de plusieurs congrès spéciaux; mais cet intérêt nous semble dominé ici par des intérêts supérieurs, et nous n'aspirons nullement à voir une sorte de grand dispensaire parisien, par exemple, dont les médecins finiraient par ne plus considérer les malades que comme des numéros d'ordre, au lieu de reconnaître en eux des individus souffrants, qu'ils ont soigné hier, qu'ils soiiiucront demain.

de ce tarif (nous avons \u que telle est la mesure généralement adoptée). D'après ces conditions, la dépense était considérable, et dans une seule année, en 1861, la société avait payé aux 7 pharmaciens de la ville, 14,500 fr. « Et dans ce temps-là, dit M.Giraud, onvenait de vendre sous nos yeux moyennant 1 ,500 fr. à 2,000 fr. un fonds de pharmacien, avec un assortiment de médicaments qui auraient pu nous suffire pendant toute une année. De là nous est venue tout naturellement la pensée de fonder une pharmacie spéciale pour la société. En louant une maison et en donnant à un pharmacien 3,000 fr. par an et le logement, nous aurions encore réalisé une économie considérable. » Au moment où ce projet allait être mis à exécution, une transaction eut lieu et M. Giraud en précise ainsi les termes : « C'est encore le tarif de la Société philanthropique de Paris qui sert de base à notre traité, seulement au lieu d'y ajoutercomme autrefois 15 p. 100 nous en déduisons 10 p. 100. Ainsi quand nous avions, aux prix de ce tarif, pour 100 fr. de médicaments, nous payions précédemment 115 fr. et maintenant, nous ne donnons plus que 90 fr. C'est pournous une économie annuelle d'environ 3,000fr. et à ces conditions les pharmaciens réalisent encore des bénéfices parfaitement convenables. »

Le tarif sur lequel tous les pharmaciens de Niort acceptent une réduction de 10 p. 100 plutôt que de voir créer une pharmacie spéciale en concurrence avec eux est justement ce tarif, que, d'après les réclamations des pharmaciens de Paris et suivant le témoignage de M. Dublanc, l'administration de l'assistance publique dut abandonner pour lui en substituer un autre plus rémunérateur. C'est ce tarif que certaines personnes bienveillantes dissuadent aux sociétés d'imposer aux pharmaciens, même avec l'augmentation de 15 p. 100. Si l'on veut bien réfléchir à ce rapprochement, on verra quelle est la nature des difficultés devant lesquelles nous sommes placés ici.

La Société de Niort, avec son projet avorté ou ajourné, n'aurait-elle pas dit le dernier mot de la situation? La fondation, dans toutes les grandes villes, de pharmacies spéciales pour toutes les sociétés de secours mutuels, n'est-elle pas le seul moyen d'arriv«.-r à ci' doui)le résultat: la pureté des médicaments, la mise en rapport du prix avec la valeur réelle de la chose ven

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