‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 8 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE I

la caisse, montrant ainsi que chefs et travailleurs se doivent une mutuelle assistance ; mais il n'y a pas cet effort personnel de l'ouvrier vers la prévoyance qui est un des avantages les plus saillants des sociétés de secours mutuels. Aussi la commission supérieure conseille-t-elle aux patrons ' d'engager leurs ouvriers à organiser eux-mêmes des sociétés régulières. Ce conseil a été suivi. Plusieurs des sociétés nouvelles ont même admis dans les petites communes des personnes étrangères à la manufacture; d'autres ont laissé à l'ouvrier sortant de l'usine la faculté de rester membre de la société en continuant à payer sa cotisation ; d'autres enfin restituent à l'ouvrier qui sort de l'atelier pour une cause indépendante de sa volonté, une indemnité proportionnelle à ses versements, déduction faite des dépenses dont il a été l'occasion.

Mentionnons à cette occasion la société d'assurance mutuelle la Préservatrice, établie à Paris, et le débat auquel elle a donné lieu, dans quelques corps d'état, entre les ouvriers et les patrons. La loi, on le sait, rend le patron responsable des accidents dont les ouvriers et employés deviennent victimes par sa faute ou celle de ses préposés. Mais dans beaucoup de cas, les accidents proviennent du fait des ouvriers eux-mêmes, du hasard ou de la nature spéciale des travaux ^. Pour éviter les procès assez nombreux en pareil cas et éteindre cette source de collision en libérant le patron de toute responsabilité, et en offrant aux ouvriers une assurance efficace contre les accidents de toute nature qui viendraient les frapper à l'occasion de leurs travaux, fût-ce même par leur faute, une société s'est fondée à Paris, qui moyennant le versement de 1 p. 100 sur les salaires

* Rapport pour 18G0, p. xi.

^ On a cité le mois d'août iSGli, où sur quatre cas de mort d'ouvriers assurés à la Préservatrice, il n'y en avait pas un seul où le patron fut légalement responsable. D'autre part, il faut bien le dire, aux yeux de plusieurs personnes, la responsabilité des maîtres n'est peut-être pas suffisamment étendue en présence de tant d'appels que la nature même des choses adresse — au risque des plus grands périls — à la hardiesse particulière, à l'imprudence de tel ou tel ouvrier, trop applaudi et encouragé quand il a été hardi et imprudent.

Cette ({uestion des ouvriers blessés pendant le travail occupe les esprits de plus d'un côté. Il s'est récemment formé à Nantes une société pour leur venir en aide et pour patroner les veuves et les enfants de ceux d'entre eux qui auraient succombé victimes d'accidents de ce genre.

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