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fournit en outre aux infirmes et aux vieillards les ressources que pourraient leur préparer des versements à la caisse de l'État, ou du moins les empêche, par l'attente de ces ressources, de recourir aux versements, et qu'enfin les sociétés privées d'assurances sur la vie sont depuis si longtemps universellement acceptées, qu'elles font aux pensions servies par l'État une concurrence jusqu'à présent décisive.
La Prusse, la Belgique, la Saxe, l'Italie, possèdent aussi des caisses de retraite.
Des tontines^ c'est-à-dire des compagnies particulières d'assurances dans lesquelles plusieurs personnes mettent en commun un fonds destiné à être réparti, à une époque déterminée, entre les survivants, avec les intérêts accumulés et la part des décédés, existent depuis très-longtemps en France *. Les plus connues et les plus importantes, avant 1793, sont la caisse Lafarge, autorisée en 1759, supprimée en 1770, rouverte de nouveau le 22 août 1791, etîa compagnie royale d'assurances autorisée par Louis XVI, en 1787, avec un privilège de quinze ans. Plus de 60 millions avaient été engagés dans la caisse Lafarge, que l'Assemblée nationale fut au moment de reconnaître comme institution d'utilité publique. Mirabeau prononça à cette occasion, dans un sens lavorable à la reconnaissance, un de ses plus remarquables discours. 11 y recommanda chaleureusement aux pauvres l'économie, « cette seconde providence du genre humain. » «Faites, s'écria-t-il, que la substance même du pauvre ne se consomme pas tout entière ; obtenez de lui qu'il dérobe une très-petite portion de son travail pour la confier à la reproduction du temps, et, par cela seul, vous doublerez les ressources de l'espèce humaine. Qui doute que le travail de l'homme dans la vigueur de l'Age ne pût le nourrir dans sa vieillesse ?... En vous parlant des avantages de l'économie, comment passer sous silence les bonnes mœurs qui en sont le premier bienfait? Tout se lie dans l'ordre social : le travail est le pain nourricier des grandes nations. L'économie jointe au tra-
* bans la iieiibéc du Mapolilain Tonli, son inventeur, la tontine devait avoir.pour but de faciliter les em|)ruiits de l'iilat, en ollVaiit aux prêteurs des chances de bénélices coiihidéraldes i n cas de suivie. Ce fut au canlinal Ma/.ariii, en IG5.i, (|Ui' Tonli iiroposa la première fuis sun |ilan.