‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 99 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE IX

diaires peuvent recevoir des sommes inférieures à 5 fr., destinées à la caisse des retraites, tandis que celle-ci ne peut admettre de versements inférieurs à cette somme.

Quant aux sociétés ds secours mutuels, Frédéric Bastiat écrivait, quelques années avant le vote de la loi du 18 juin 1850 : « C'est à ces sociétés, par les ressources matérielles qu'elles créeront, par l'esprit d'association, l'expérience, la prévoyance, le sentiment de la dignité qu'elles feront entrer dans les classes laborieuses, qu'il est réservé d'enfanter les caisses de retraite. » Peut-être unjoursera-t-il donné aux sociétés de secours mutuels, non-seulement d'avoir enfanté les caisses de retraite, mais encore de les avoir enlevées à l'indifférence qui accueille si souvent les meilleures choses, et d'avoir assuré leur succès *.

Nous terminerons ce chapitre par quelques exemples pris au hasard, et qui donneront une idée des résultats merveilleux produits à la fois par l'épargne, l'accumulation des intérêts et l'association.

Le versement annuel de 15 fr. , commencé à 3 ans, produit à 50 ans une rente viagère de 215 fr.

Continué jusqu'à 55 ans, ce versement produirait une rente de 333 fr., et jusqu'à 60 ans, une rente de 542 fr.

Une somme fixe de 694 fr , placée sur la tête d'un enfant de 3 ans, assure à celui-ci, s'il parvient à l'âge de 50 ans, une rente viagère de 600 fr.

Un versement unique de 500 fr., à 25 ans, produit à 60 ans une rente viagère de 300 fr. ; 1 0 fr., versés de 16 à 17 ans, rapportent à 60 ans 10 fr.

Pour se constituer à 20 ans le maximum légal de 750 fr., il faut verser, pour en jouir à 55 ans, 1,493 fr.; pour en jouir à 60 ans, 926 fr.

Les cinq exemples qui précèdent sont calculés dans l'hypothèse de la réserve, par le déposant, du capital versé, lequel est remboursé aux ayants-droit, lors du décès du titulaire. Il est inutile de dire que la pension est plus élevée, ou le versement

* Le seul développement des l'onds de retraite dont nous allons bientôt nous occuper, peut certainement compter parmi les éléments assurés de proj^rès futur pour la caisse des retraites.

moindre, quand le déposant fait l'abandon des sommes déposées ; mais ce dernier mode, incontestablement moins moral •, mérite par conséquent moins d'encouragement que le premier^.

* On cite à ce sujet l'opinion de Portalis, disant dans l'exposé du titre du code relatif aux contrats aléatoires, qu'il fallait distinguer soigneusement la rente viagère qui avait pour but d'assurer l'existence de la rente viagère qui ne faisait que se surajouter à un revenu suffisant.

- La première combinaison n'est pourtant pas considérablement moins avantageuse à la quotité de la pension. La différence ne revient guère ([u'à une diminution de 1 p. 100 de l'intérêt servi.

Voici quelques exemples de versements à à capital aliéné :

Il suffirait de verser dès l'âge de trois ans

Par semaine Pour recevoir de rente A l'ftge de :

1 f. 53 c 1,500 50 ans;

En commençant les versements à l'âge de vingt ans, il faudrait payer : pour obtenir

Par semaine Le maximum de rente A l'âge de : 4 f. 41 c 1,500 50 ans;

Mais si les versements ne commençaient qu'à trente-cinq ans, la somme à payer par semaine serait environ dix fois plus forte qu'à trois ans.

A quarante-cinq ans, quarante fois plus forte qu'à trois ans.

A quarante-huit ans, plus de cent l'ois plus forte qu'à trois ans.

Si l'on voulait, au contraire, obtenir le maximum de 1 ,500 fr. à cinquante ans, au moyen d'un versement uni(iue, il ne faudrait verser à capital aliéné, à trois ans, que 1,323 fr., soit un placement à l'intérêt viager de 113 fr. 42 c. p. 100.

A 14 ans et 9 mois, 2 fois plus, soit un placement à l'intérêt viager de 5G fr. 71 c. p. 100.

A 31 ans et 9 mois, 5 fois plus, soit un placement à l'intérêt viager de 22 fr. GO c. p. 100.

A 44 ans et 3 mois, 10 fois plus, soit un placement à l'intérêt viager de 11 fr. 34 c p. 100.

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