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CHAPITRE III

DE l'association MUTUELLE CONNUE SOUS LE NOM DE COMPAGNONNAGE ^

Sources légendaires du compagnonnage. - Communauté d'origine avec la franc- maçonnerie. — Le compagnonnage est dirigé contre la corporation des métiers, comme cette corporation contre le pouvoir seigneurial. - Mystères. — Prohibitions des pouvoirs ofAciels. - Révélation des divers rites. — L'initiation. — Trois catégories distinctes. - Légende des fondateurs. — Subdivision des trois corps. — Rivalités intestines. — Scission de la société de V Union, quatrième fraction du compagnonnage.

— Triple but actuel de l'institution. — Tour de France et villes du devoir. — La mère. — Hiérarchie. — Le premier compagnon. — Le RouLeur. — Embauchage et levage d'acquit. — Mise en interdit. — Écoles. — Système de secours. — Mode de funérailles. — Conduite de Grenoble. — Fêtes. — C'.iansons. — Inimitiés des divers devoirs. — Luttes en corps. — Guillebrette. — Concours. — Topage. — Rigueurs contre les aspirants, — Progrès moral. — Affaiblissement numérique. — Conclusion.

— Vitalité de l'idée. — Transformation nécessaire.

En plein soleil, et cependant presque dans l'ombre ; sans organisation réellement occulte, mais non sans aspects mystérieux, subsiste encore parmi nous une institution puissante, profondément enracinée dans les mœurs, renfermant dans ses cadres des milliers d'hommes, la partie la plus vive et non la moins intelligente de la classe ouvrière ^. Cette institution est

' Le Journal des l'konomistes a itubiié cette élude dans sa livraison de février 18G0.

- Depuis (pie celte étuile a été publiée pour la première fois, il est devenu trop certain que si le compagnonnage progresse moralement et d'une manière notable, il diminue en importance nuniéri([ne. L'ordre social aucjuel il se rattachait dans sa forme ancienne se modilie de plus on plus. Les as[iiralions des classes ouvrières, au moins dans les grands centres, se portent ailleurs. Dans les localités de moindre importance, les ouvriers très-jeunes montrent peu d'empressement vers l'affiliation. Cet affaiblissement est-il définitif V « Je reconnais, nous écrivait à ce sujet M. Agricol Perdiguier (août 1804) que les vrais hommes sont de 35 à 00 ans. Plus vieux, je parle du grand nombre, ils sont dans le système du fanatisme ; plus jeunes, ils sont indifférents et mous. Mais s'il y a mollesse dans la jeunesse ouvrière, presque dédain de l'étude, ce n'est pas seulement dans le compagnonnage, mais partout et dans toutes les classes... Il y a de l'inertie dans la société, et ce qui est partout se trouve également chez les ou-

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