‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 144 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE IV

1830, 27 nouvelles sociétés s'organisent ; 72 se fondent de 1830 à 1848. A Marseille, il y a déjà en 1820 un groupe de 34 sociétés, comptant 2,600 membres et possédant un capital de 25,000 fr.; en 1840, le groupe est de 47 sociétés et de 3,500 sociétaires, le capital de 88,000 fr. En 1850, ces chiffres sont plus que doublés. Outre ces quatre villes, Lille, Montauban, Nantes, Tarbes, Albi, Carcassonne, Pau, Strasbourg, Colmar, Marseille, Lyon, Lille, virent se fonder de très-bonne heure des sociétés de secours mutuels composées d'ouvriers du même métier. Mais, en général, c'est surtout depuis 1835 que la propagation de l'association réciproque a pris un véritable développement. A partir de ce moment et dès avant 1848, la Côte-d'Or, la Charente-Inférieure, leLot-et-Garonne, les Landes, le Maine-et-Lioire, le Gers, l'Ariége, l'Ain, la Manche offrent un nombre assez considérable de sociétés. Une des plus importantes sociétés de France, la Société de prévoyance de Metz, date de 1825.

Les seuls documents généraux que l'on pût consulter avant 1852, pour chercher à connaître le nombre des sociétés françaises, étaient les rapports annuels publiés par le ministère de l'agriculture et du commerce, sur les caisses d'épargne et indiquant le nombre des livrets appartenant, dans chaque caisse, aux sociétés de la localité. D'après ces rapports, les caisses d'épargne des départements ne possédaient, en 1835, que cent soixante-sept livrets de sociétés, dont le solde montait seulement à 116,966 fr. En 1846 le nombre des livrets s'élevait à mille huit cent neuf et le capital déposé à 2,134,511 fr. La tableau .annexé au rapport de l'année 1847, publié en 1851, constata pour toute la France l'ouverture de deux mille cinquante-six livrets et un crédit total de 5,720,220 fr. Il est évident que ce nombre de deux mille cinquante-six est au-dessous de celui des sociétés existant en France en 1 847, car un grand nombre de sociétés n'étaient pas et plusieurs ne sont même pas encore dans l'usage de placer leurs fonds aux caisses d'épargne. Au lieu de cent trente-huit sociétés que Paris comptait en 1822, il en avait, en 1846, deux cent soixante-deux possédant dans les seules caisses d'épargne un capital montant à 3,610,679 fr.

Par là mise en lumière de l'idée d'association, la révolution de 1848 donna dans le pays tout entier une vive impulsion à l'extension des sociétés mutuelles \ Le premier rapport de la commission supérieure des sociétés de secours mutuels, contenant les résultats de la première enquête sérieuse faite à leur égard, constate qu'il y avait, au 31 décembre 1852, 2,438 sociétés mutuelles signalées par les préfets.

Sur ce nombre, 2,301 avaient envoyé des renseignements permettant de constater que :

45 avaient été fondées antérieurement au dix-neuvième

siècle ^ ; 114 de 1800 à 1814; 337 de 1814 à 1830; 1,088 de 1830 à février 1848; 411 de février 1848 au 15 juillet 1850, date de la première

loi qui ait été faite sur la matière ; 242 du 15 juillet 1850 au décret du 26 mars 1852.

Le nombre des membres participants était à la fin de 1852 de 249,442, dont 26,181 femmes; celui des membres honoraires, de 21,635.

Le capital de réserve s'élevait à 10,714,877 fr.

Les chiffres fournis par les statistiques ultérieures prouvent que beaucoup de sociétés, notamment les 250 d'un grand département^, n'avaient pas fait constater leur existence lors de cette première enquête, et que, par conséquent, le nombre de 2,438, assigné aux sociétés existant en France, à la fin de 1852, est notablement inférieur à la réalité.

' Une foule de projets surgirent, dus à l'initiative privée. Nous mentionnerons les plus importants.

2 Sur ces 45 sociétés, le Nord, le Tarn-et-Garonne, la Seine et la Haute-Garonne en revendiquent le premier 11, le deuxième 9, les deux derniers chacun 7. Nous croyons cette supputation de 45 sociétés tout à fait arbitraire dans ce sens que pour établir leur relevé, certains dé|)artemenls ont considéré la suppression des confréries comme effective, et ont fait dater leurs sociétés de la restauration de ces dernières au grand jour, d'autres n'ont i)as admis de solution de continuité.

3 Dans leciuel il fut extrêmement difficile, au début, d'obtenir des renseignements statisti(iucs.

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