‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 150 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE IV

prospérité et de durée ; c'est elle qui a l'honneur de compter parmi ses membres deux des hommes qui se sont le plus chaleureusement dévoués à l'étude et à la propagation de la mutualité : MM. Yingtrinier et Debouteville.

Parmi les œuvres en si grand nombre que patronne la célèbre Société industrielle de Mulhouse*, il n'en est aucune, nous l'avons dit, qu'elle entoure d'une sollicitude plus attentive et plus inteUigente que les sociétés de secours mutuels. Bien que ses efforts, dans ce sens, ne datent que de quelques années, elle peut donc figurer dans la nomenclature des protections collectives accordées jusqu'à présent à notre institution. Il en est de même, à plus forte raison, du comité spécial dont l'action dirigeante succéda à celle de la Société philanthropique de Paris. Lorsqu'en 1847 cette dernière société cessa de servir de centre aux agrégations mutuellistes, des hommes politiques, de hauts industriels, des publicistes, des administrateurs, parmi lesquels nous citerons MM. Lanjuinais, Cunin Gridaine, d'Albert de Lynes, Dufaure, A. d'Echtal, Barthélémy, F. Delessert, Parchappe, Emile Pereire, Olinde Rodrigue, Horace Say, de Watteville, Vivien, se réunirent en un comité spécial pour la propagation des associations de prévoyance. Les résultats de leurs travaux donnèrent lieu au remarquable ouvrage de M. Hubbard, publié en 1852, et dont nous aurons à faire ressortir plus loin la pensée fondamentale.

N'omettons pas de mentionner à cette place la haute commission existant depuis 1852, sous le titre de Commission d'encouragement et de surveillance des sociétés de secours mutuels^ et qui est investie de l'heureux privilège d'exciter, là où il y a lieu, le zèle individuel, et de mettre au service des lumières et des encouragements reconnus utiles l'action tutélaire et mesurée de TÉtat.

' Fondée en 1826, — composée aujourd'hui de plus de 300 membres, et réunissant en faisceau toutes les forces vives de l'industrie alsacienne. Musées industrieï et d'histoire naturelle, concours annuels de toutes sortes, écoles de dessin, de tissage mécanique, école professionnelle, école supérieure des sciences appliquées, vastes écoles primaires, salles d'asile (12), ouvroirs, salles de lecture, bibliothèques, sociétés de chant choral, sociétés de gymnastique, écoles du soir, écoles du dimanche, cités ouvrières, etc., etc., où trouver un pareil ensemble?

2(SG DU PAUPERISME.

Constatons aussi, pour compléter véritablement cette exposition sommaire de la pensée successive du pouvoir et des classes dirigeantes sur l'institution des sociétés de secours mutuels, la part tout à fait prépondérante du gouvernement actuel dans le développement de la mutualité.

Tous les ans la commission supérieure adresse au chef de l'État lui-même un rapport détaillé sur la marche des associations.

En 1852, la président de la République, après avoir écrit sur le registre de la caisse de secours mutuels des ouvriers en soie de Lyon les mots suivants : « Plus de pauvreté pour l'ouvrier malade ni pour celui que l'âge a condamné au repos, » s'exprimait ainsi devant les membres de cette grande association :

a Les sociétés de secours mutuels, telles que je les comprends, ont le précieux avantage de réunir les différentes classes de la société, de faire cesser les jalousies qui peuvent exister entre elles ; de neutraliser, en grande partie, le résultat de la misère en faisant concourir le riche, volontairement, par le superflu de sa fortune, et le travailleur, par le produit de ses économies, à une institution où l'ouvrier laborieux trouve toujours conseil et appui.

» On donne ainsi aux différentes communautés un but d'émulation, on réconcilie les classes et on moralise les individus. C'est donc ma ferme intention de faire tous mes efforts pour répandre sur la surface de la France des sociétés de secours mutuels; car, à mes yeux, ces institutions, une fois établies partout, seraient le meilleur moyen, non de résoudre des problèmes insolubles, mais de secourir les véritables souffrances, en stimulant également et la probité dans le travail et la charité dans l'opulence. Je suis heureux de commencer par celle de Lyon, où les idées philanthropiques ont un si grand retentissement; je souhaite à vo^re société la prospérité dont elle est digne, et je remercie ses fondateurs, qui ont si bien mérité de leurs concitoyens. »

Quelque temps après, et dans un discours prononcé à Metz, l'Empereur disait^ a Vous savez avec quelle ardeur j'ai poursuivi partout l'établissement des sociétés de secours mutuels, dont vous m'avez offert un modèle si parfait ; puissent vos concitoyens imiter bientôt votre exemple! En soulageant toutes

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