‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 154 sur 254 · PARTIE H, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE H, CHAPITRE V

ne payaient pas exactement les rétributions et dilapidaient la bourse commune. Dans d'autres, le rapport des secours avec les contributions ne reposait pas sur un calcul exact, et la bourse se trouvait, après un certain nombre d'années, hors d'état d'acquitter les subventions promises. Dans d'autres, enfin, on dépensait en repas et surtout en boissons une grande partie des revenus qui devenaient parla insuffisants pour leur destination. On se querellait, on finissait par dissoudre la communauté et par se partager les fonds. »

Ces inconvénients appelèrent de bonne heure l'attention du législateur, et des lois nombreuses, dont nous aurons à parler longuement plus loin, et dont la première date de 1793, attestent l'intérêt spécial du parlement anglais pour les clubs de bienfaisance.

Les Français ont concouru pour une certaine part à la fondation des sociétés mutuelles en Angleterre. Quelques personnes veulent même qu'ils puissent y revendiquer absolument l'honneur des premières sociétés de ce genre et que par un pareil exemple ils aient indirectement mais grandement acquitté la dette qu'ils contractèrent, lors de la révocation de l'édit de Nantes, vis-à-vis de la nation dont ils reçurent l'hospitalité et les généreux subsides ^ Ce qui est certain c'est qu'un rapport, officiel présenté au parlement, en 1858, rapporte que, lors de la révocation de l'édit de Nantes, des Français réfugiés à Londres y fondèrent une société de secours réciproques sous le titre de Société des Parisiens, En 1703, une autre société mutuelle française s'établit à Londres, dans la paroisse de Bethual-Green, sous le titre qu'elle porte encore de Société normande. En 1764, une nouvelle association qui, elle aussi , existe encore aujourd'hui, fut fondée dans la même paroisse, sous le titre de Société de haute et basse Normandie. En 1765, toujours dans la paroisse de Bethual-Green, se fonda une société appelée jusqu'à ce jour Société des Picards et des Wallons. La Société du Lintot^ ainsi appelée du nom d'une contrée de la Normandie, est la troisième société normande que possède encore Londres. Longtemps ces

< 1,GOO,000 fr. et des terrains (le quartier actuel de Spitafields) en 1685; 550,000 fr. et des facilités d'émigration en 1709.

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diverses sociétés, qui durent être d'un si puissant secours et d'une si grande consolation pour nos malheureux compatriotes chassés de France, chassés du Palatinat, chassés de partout, puis isolés dans une immense \ille dont ils comprenaient à peine la langue, ont été exclusivement composées de Français ^ Les exilés y virent certainement une image pacifiée de la patrie absente et pour eux si injuste. Ne fût-ce qu'à ce point de vue, elles ont droit à une mention spéciale et glorieuse dans l'histoire de notre institution.

Dans une récente brochure sur les Friendly sodeties '^. M. Ch. de Franqueville cite le préambule suivant des statuts de l'une de ces sociétés :

« Sous le règne de Louis XIY, roi de France, les protestants de ce pays ont été cruellement persécutés et beaucoup d'entre eux ont été obligés de se réfugier en Angleterre, notamment à la fameuse époque de la révocation de l'édil de Nantes, époque 011 l'on détruisit toutes les églises protestantes, et, en particulier, le temple de Charenton près Paris ; deux ans après cet événement, un certain nombre de Parisiens, anciens paroissiens du temple, s'étant réfugiés à Londres, ont conçu le louable projet de former une société dans le but d'établir un fonds de secours mutuels, et se sont réunis sous le nom de société des Parisiens. Toutefois avec le temps, le nombre des réfugiés s'étant trouvé insuffisant pour soutenir la société, il est devenu nécessaire d'admettre les protestants de toutes les nations dans cette association, qui a pris le titre de Société de secours mutuels. »

Imitation de ces quelques sociétés françaises ou simple transformation de l'idée corporative, sous l'action de besoins impérieux, c'est de 1793, date de Vacte de George Rose, à 1829, date de l'acte de la dixième année du règne de Georges IV ; c'est ♦même surtout de 1800 à 1815 que le plus grand nombre d'associations est créé. D'après un rapport présenté à la chambre

< L'auteur d'un travail sur le paupérisme anglais, M. Davésiès de Pontés, attribue môme au projet de loiilines [laroissialcs mis au jour par le baron Mazère, d'origine française, et qui, « connaissait sans doulc la société Sainte-Anne, existant à Paris depuis iG'Ji, » l'idée [irincipale (jui présida à l'organisation des sociétés d'Amis {Revue dei Deux-Mondes, du l"^ novembre 1859).

2 Qui nous a permis de vérifier, de compléter ou de rectifier quelques-uns de nos cliiiTits et nous a rourni v!\ii;tr, :; n^nsf'g'emcTits précieux.

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