‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 155 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE V

des lords en 1825, le nombre des sociétaires, qui était évalué à 9,672 en 1802, s'était élevé en 1815 à 925,429. D'après d'autres documents, de 1828 à 1847, il y a augmentation de 781,722 sociétaires. —Enfin, suivant les déclarations faites en 1850, à la Chambre des lords par lord Beaumont à la suite d'une enquête officielle, il existait en Angleterre, à cette date 14,000 * sociétés enregistrées, comprenant 1,600,000 membres, ayant un revenu annuel de 70 millions fr. et un capital de 160 millions. Si l'on ajoutait à ces sociétés celles qui n'avaient pas voulu remplir les formalités nécessaires pour avoir une existence légale et que la commission d'enquête du Parlement avait relevées avec beaucoup de peine, on arrivait au chiffre de 33,232 associations ayant 3,032,000 membres^, disposant d'un revenu de 4,980,000 livres sterling, soit 124,500,000 francs et d'un capital accumulé de 11,360,000 livres sterhng, soit de 284 millions.

Tous ces chiffres, — hâtons-nous de le dire, — sont plus ou moins hypothétiques ^ ; encore aujourd'hui, et pour les dénombrements actuels, nous ne pouvons guère procéder que par approximation. En France et même, relativement à certaines catégories, en Belgique, il existe une statistique annuelle obligatoire pour les sociétés de secours mutuels et permettant de recueillir les renseignements les plus exacts et les plus circonstanciés. Malgré diverses dispositions plus ou moins impéradves, il n'en est pas ainsi en Angleterre. Depuis 1856, cependant, et aux termes de l'acte du 23 juillet 1855, le registrur^ — dont nous préciserons plus loin la mission ^, mission d'autant plus remarquable que, dans ce pays d'extrême liberté, elle résume, sans que personne puisse s'en plaindre, des pouvoirs qui sont confiés

^ Vingt-sept mille d'après un autre travail.

2 C'est à peu près la moitié de la population mâle et adulte de la Grande-Bretagne ; ainsi, en 1850, sur deux individus de vingt-un ans, il y en aurait eu un faisant partie des sociétés d'amis.

3 Nous tenons d'autant plus à le faire remarquer expressément ici que malgré les réserves que nous avions faites nous-même, ils ont été reproduits purement et simplement, d'après la première édition de ce livre, par M. Périn, le professeur de Louvain dans son ouvrage De la richesse dans les sociétés chrétiennes et d'après M. Périn, par M. Datbie [Le crédit populaire, p. 81). La mutualité angkiise est assez riche pour qu'on soit scrupuleux sur ses titres de propriété.

* Au chapitre de la législation.

ailleursàdes commissions nombreuses; — le re(][?sfrflr adresse chaque annf3e au parlement un rapport détaillé sur la situation des Friendljj societies. Malheureusement, et malgré le travail d'Hercule auquel il se livre depuis huit ans , malgré des efforts de coordination et une patience admirables, il est obligé de constater aussi chaque année l'impossibilité de connaître exactement le norhbre des sociétés et de leurs membres.

Voici quelques résultats extraits de ses rapports, qui finiront peu à peu par débrouiller le chaos : En décembre 1857, il adressait, par la voie de la poste, à 22,500 sociétés, un cadre statistique; au 1" avril 1858, 5,940 sociétés seulement avaient envoyé des renseignements. Il ne fut pas possible d'en obtenir de la plupart des autres. Dans cette incertitude, le registrar évalua le nombre des sociétés à 20,000, et celui des sociétaires à 2,000,000. Le renseignement réellement précis du rapport consistait en ceci : que 9,133 sociétés d'Angleterre et du pays de Galles possédaient 33,279,080 fr. en dépôt dans les caisses d'épargne, et que 560 sociétés avaient 45,216,205 fr. à la caisse d'amortissement,* en tout 78,495^285 fr. La réserve des sociétés françaises, à la même époque, ne s'élevait qu'à 18,897,920 fr.

Le rapport de 1859 constate les faits suivants : 2,165 sociétés nouvelles ont soumis leurs règlements et ont été enregistrées. Plusieurs ont été repoussées par suite des irrégularités de leurs statuts, et notamment d'une tendance fâcheuse vers le partage périodique des fonds; 20,700 tableaux imprimés ont été adressés aux sociétés pour être remplis, 6,000 seulement ont été renvoyés avec les informations demandées, et encore, sur ce chiffre, 1,400 sont si mal faits qu'ils ne peuvent être d'aucun usage.

D'après le rapport publié en 1863, les sociétés placées sous l'œil du refjisli'(u\ mais dont la moitié n'avaient fourni aucun état, seraient au nombre de 20,000, comptant 6 millions de membres; 75 millions avaient été payés dans l'année, en indemnités de maliidio ; le capital était de 25,000,000 livres (625 millions). Le Times, commentant ce dernier rapport ' (car ici,

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