‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 156 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE V

nous le répétons, et au milieu de toutes ces organisations qui se fondent ou s'emboîtent les unes dans les autres, il faut commenter), le Times, « calculant au plus bas, )^ s'arrête lui-même à ce dernier chiffre. Le rapport de 1864 annonce, pour la seule année 1863, l'enregistrement de 1,054 sociétés, et Texamen, à titre de rectification, de 1,231 autres, ce qui forme, pour une année, un total de 2,855 certifications ^ M. Gladstone, dans un discours dont il sera longuement parlé plus loin, après avoir constaté un dénombrement positif de 20,000 sociétés, pense que, pour être dans le vrai, il faut en compter 30,000.

M. Scratchley, président de VInstitut des Friendly societies, que nous avons eu l'honneur d'interroger à ce sujet, veut bien nous répondre qu'il existe sans doute 25,000 sociétés enregistrées, mais qu'il n'y a pas de supputation possible à faire, quant à celles qui ne le sont pas, et dont le nombre, tout en étant très-considérable, diminue, d'ailleurs, chaque année, « à mesure que l'intelligence des classes ouvrières et leur sentiment des avantages qui résultent de la reconnaissance légale, s'accroît.» M. Scratchley ajoute que le capital peut, sans exagération, être évalué à 625 millions : 12,000 sociétés déposent leurs fonds dans les caisses d'épargne ou entre les mains des commissaires de la dette nationale.

Personne, on le voit, n'est à même de donner de chiffres complets ; personne n'a suivi jusqu'au bout ces ramifications infinies; mais on peut juger, parles évaluations les plus accréditées, devant quelle surprenante organisation nous nous trouvons placés. «Les interminables processions qui ont défilé pendant des heures pour voir Garibaldi à son entrée à Londres, tous ces costumes étranges et fantastiques , ces bannières, ces drapeaux, ces emblèmes représentant des sociétés de secours mutuels d'un caractère ou d'un autre ^ ; » tout cet appareil, enfin, par l'idée qu'il a donnée de l'organisation totale, a été un sujet d'étonnement, presque une révélation pour les Anglais eux-mêmes et a contribué à augmenter , si c'est possible, l'extrême intérêt que nos voisins portent à cette question.

* Report ofthe registrar, p. 3. Il y en avait eu 2,554 en 1862. 2 Times du 21 septembre 18f)4.

En l'absence d'une évaluation générale, on va juger de ce que serait la monographie de quelques-unes des plus célèbres et des plus prospères parmi les Friendly societies.

La seule Union des Odd-Felloivs [bons garçons ou drôles de corps), la plus considérable de toutes, il est vrai, et dont le siège principal est à Manchester, se composait, en 1836 , de 40,000 membres et en 18i2 de 3,500 loges ou sociétés locales, comprenant un nombre total de 243,000 membres, dont les cotisations s'élevaient annuellement à plus de 8 millions de francs et possédant un capital de 40 millions au moins. Elle paraît se composer aujourd'hui de 3,198 loges et de 287,573 membres. Cette immense association peut assurer à ses membres , outre plusieurs avantages spéciaux, 12 fr. 25 c. par semaine en cas de maladie, 255 fr. à la mort du sociétaire, 153 à celle de sa femme.

Les Foresters comprenaient, en 1850, 1,553 loges et 80,000 membres, et en 1860 2,048 loges et 148,562 membres. Ce chiftre est actuellement de 2,626 loges et de 207,933 membres. En cas de maladie, chacun de ces membres reçoit 17 fr. 50 par semaine ; en cas de décès de sa femme, 150 fr. ; en cas de décès du sociétaire, sa femme reçoit 300 fr., sans parler d'un fonds spécial de secours. La fête annuelle des Foresters est une des plus curieuses parmi les réunions de toute nature qui se tiennent au palais de Sydcnham. Ce jour-là, pendant les dernières années, les portes du Palais de Cristal se sont ouvertes à près de 80,000 visiteurs.

Le Grand ordre uni des Odd-Fellows composé de 800 loges et de 40,000 membres, les Dniiders, de 20,000 membres, les Pasteurs, do 15,000, la Société d'Esscx County, de 7,000; celle du Royal-Standard, de 4,000, ccUedeWorcestershire, de 3,000, celles des Uechabiles, des Vieux- Amis, des Fils de Zébédée, des Colombes pacifiques, des Fils de la Tempérance , des Anciens romains, de Jonadab-Persévérance, celles des employés des chemins de fer (plus de 20 sections) , doivent être citées après les Odd Fellows de Manchester et les Foresters, et, comme eux, comprennent aussi, pour la plupart, un certain nombre de loges dans le pays'. Plusieurs de ces grandes sociétés, et notamment

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