‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 157 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE V

les deux dernières, offrent, du reste , quant aux cérémonies de l'admission et aux formules mystérieuses , d'assez nombreux vestiges de Finstitution maçonnique ^ . Jusque dans ces derniers temps, aucune des loges appartenant aux Odd Fellows et aux For^sf ers n'ayait recherché l'enregistrement; elles avaient toutes tenu à conserver dans leur intégrité absolue leurs statuts. Admises aujourd'hui aux bénéfices de l'enregistrement, tout en conservant leur organisation spéciale, un grand nombre d'entre elles ( plus de la moitié ) se sont déterminées à faire certifier ces statuts.

N'omettons pas, dans cette rapide revue , les Burial society (spécialement pour les frais d'enterrement). Celle de Blackburn — dans le Lancashire — [Philantropic Burial society), compte 65,000 membres; 135 autres comptaient ensemble, en 1858, près de 1 15,000 membres. Elles ont donc un effectif beaucoup plus considérable que les autres sociétés. La proportion de la mortalité y est de 2,698 p. 100 \

vaillant aux divers journaux. L'opinion s'est montrée favorable à cette création qui trouverait des éléments suffisants dans le personnel des innombrables feuilles anglaises Il faut cependant noter l'opposition du Times qui y verrait un coup fatal porté à Tin dépendance et ta l'impartialité du journalisme, les sociétaires devant être amenés, suivant lui, à tenir compte de considérations spéciales, — versements à la société, etc.

^ Inutile de dire, étant données ces analogies, que les Odd-Fellows comme les Foresters revendiquent les généalogies les plus mythologiques. C'est ainsi que les premiers prétendent avoir reçu de Néron en l'an 55 de Jésus-Gbrist le titre de fellowcitizens et de Titus en l'an 79 leur dénomination actuelle de odd-fellows. C'est ainsi que les seconds se targuent d'avoir eu pour sociétaires le roi Jamie, Alfred le Grand et ses successeurs, etc. L'étude du compagnonnage et des agrégations analogues nous a familiarisés avec ces innocentes vanités fortifiées ici de l'amour national de la tradition, mais, ici comme là, malheureusement obligées de compter avec l'implacable critique. La fondation des foresters ne parait donc remonter en réalité qu'à 1745, et celle des odd-fellows qu'à 1812. Les premiers auraient même reçu d'abord et auraient conservé jusqu'en 1831 le nom de forestiers royaux ; c'est à Knaresborough-Castle qu'ils auraient pris naissance.

2 Les Burial societies de l'Angleterre ont des précédents singulièrement reculés. M. Kenrick a trouvé dans une fouille récente, gravé sur une table de marbre, le règlement d'une association semblable qui existait à Lanuvium sur la voie Appiennc, à lu milles de Rome du temps de l'empereur Adrien et qui avait pour objet apparent le culte de Diane ou d'.Antinoiis. Chaque candidat devait payer, comme droit d'entrée, 100 sesterces (17 fr. 58 c.) et une amphore de vin (2G litres), sans doute pour les funèbres libations. La cotisation mensuelle était de 5 as (0, 22 c). Lorsque le sociétaire venait à décéder, la société célébrait les funérailles et dépensait pour cet objet 300 sesterces (52 fr. 76 c), dont 50 (ou 8 fr. 79 c.) pour l'incinération du corps. — Si les fu-

Beaucoup de sociétés d'amis sont placées sous les plus hauts patronages. Les plus grands noms de Taristocratie tiennent à honneui" d'en faire partie. Les notabilités les plus influentes de la bourgeoisie comme les plus grands seigneurs, chacun accepte comme une faveur les titres de commissaire ou de trésorier des sociétés de bienfaisance. La reine douairière , le duc de Wellington ont eu sous leur protection spéciale telle ou telle association ouvrière.

Lord Derby se faisait récemment agréer dans la guilde traditionnellement libérale des poissonniers; le prince royal d'Angleterre, dans la même guilde et, dans la corporation des maîtres tailleurs*. Uy alà, pour qui veut bien voir, autre chose qu'une singularité ou un pays momifié dans ses vieux usages.

Si l'Angleterre devait jamais tomber dans les hasards d'une révolution, protégée comme elle l'est contre ses inégalités sociales par sa liberté politique et par l'extraordinaire intelligence de ceux qui profitent de ces inégalités, ce serait certainement à l'excessive misère d'une partie de ses classeslaborieusesqu'ilfaudrait attribuer la crise. De 1849àl860,le nombre des indigents recevant l'assistance publique '^ (suivant ce déplorable système de la taxe, que les juges les plus compétents déclarent hautement en Angleterre indigne d'une nation chrétienne et qui produit indéfiniment des pauvres), ce nombre a été de 40,360,057; c'est-à-dire, en moyenne, de 863,338 par an , dont 13 p. 100 secourus dans les workhouses et le reste à domicile. Pour une population moyenne de 17 millions d'habitants \ cela fait un

nérailles avaient lion à plus de 20 milles, trois délégués qui recevaient 20 sesterces pour leur voya^'c étaient (Mivoyés pour y assister et en rendre compte. Les suicidés perdaient tous leurs droits aux avanta;j:es de la société. Si le membre décédé était esclave et si son maître refusait inhumainement de livrer son corps pour être brûlé, on y substituait rerfi},M(; (lu mort, (pi'on portait solennellement sur le bûcher.

* Il est impossible de ne pas citer ici le comte de Shaftesbury, ([ue tout le monde connail, même eu Fiance, comme le fondateur ou le patron de tant d'associations réellement bienfaisantes.

■■i Si3,80Gcn 1857; 908,l8Gcn 1858. Dans l.i,Gl(l paroisses contenant 17,927,009 âmes, la taxe des pauvres a produit, en 1857, 211, 024,750 fr., soit un peu plus de 8 schillings, ce qui dépasse la cote personnelle. En 18G0 le produit a été de '230 millions distribués à 9;U),0U() indigents. Un million d'électeurs et un million d'assistés, a-ton fait remarquer quehpiefois.

^ Population des paroisses où le nombre des indigents a été relevé.

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