‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 160 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE V

publié par le révérend J. Owen, sous le titre de Popular investments^ et établissant à la suite d'une étude faite sur la situation de 110 sociétés, que, sur ces 110, une seulement se trouve dans des conditions suffisantes pour assurer son existence. On cite une paroisse où 40 sociétés ont été dissoutes dans une période de trente ans.

Dans Idi friend in need Society (amis dans le besoin)^ le nombre des contrats d'assurances rompus ou déclarés périmés, a été pendant cinq ans de 18,000 sur 86,000; dans la Royal-Liver- Societyde 70,000 sur 535,000 '. VU^iited benefit Society de Chatham fonctionnait depuis 1805 ; elle s'est écroulée en mars 1863, laissant pour tout actif à ses souscripteurs de 40 à 50 années, 35 livres sterling. Le mois suivant, le registrar était obligé de dissoudre une autre agrégation le Brotherly love de Bury-Saint-Edmund, et le secrétaire accompagnait ses comptes suprêmes de ces piteuses, de ces navrantes paroles : « Une reste plus assez d'argent pour nous enterrer tous. »

D'où viennent ces dissolutions, ces ruptures de contrats, cette plaie d'autant plus affreuse qu'il s'agit, il ne faut pas l'oublier, d'un pays où l'assurance est absolument entrée dans les mœurs de la population tout entière, et où les Friendly societies jouent parmi les classes travailleuses, mais répondant ici à des besoins essentiels, et apportant une certaine moralisation^, lerôle que les grandes compagnies d'assurances sur la vie jouent dans de si larges proportions parmi les classes supérieures? Liquidations soudaines, déconfitures partielles ou totales, trois causes principales amènent ordinairement ces tristes résultats : défaut d'équilibre entre les recettes et les dépenses provenant de tarifs dé-

* Discours de M. Gladstone à la Chambre des communes. — Séance du 8 mars 1864.

Pour comprendre ces ruptures de police, il faut savoir qtie d'après des règlements déplorablement rigoureux en matière d'assurances populaires sur la vie et, lorsqu'il s'agit d'ouvriers, peut être très-exacts depuis de nombreuses années, mais auxquels, à un moment donné, le travail peut manquer, le retard de quelques semaines de paiement suffit pour faire périmer le contrat.

2 Les détails qui vont suivre n'empêchent pas que le travail, la patience, le respect de soi, la prévoyance persévérante ne soient le fond des sociétés anglaises comme des nôtres. « Leurs millions, dit la feuille anglaise que nous allons voir tout à l'heure si sévère pour leurs excès, indiquent des ressources et des facultés qui ne demandent qu'une direction et de l'instruction. »

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fectueux, c'est-à-dire de disproportion entre les avantages promis et la cotisation exigée ; mauvaise administration, funeste habitude de fréquenter les tavernes, et même d'y tenir les assemblées. Et dans ce chapitre où nous n'étudions pas encore l'organisation réglementaire des sociétés d'amis et leur législation, mais où nous jetons simplement un coup d' œil d'ensemble sur leur histoire et leur physionomie, nous ne croyons mieux faire que de remonter aux sources mêmes, c'est-à-dire aux discussions du parlement, aux rapports du registrar, aux appréciations des grandes feuilles anglaises, et surtout du Times ^ d'une sincérité toujours si imperturbable dans les matières de cet ordre. En procédant ainsi, nous verrons la vérité telle que nos voisins se la montrent courageusement à eux-mêmes, et le fonctionnement même des Friendly societieSy leur vivante physionomie nous apparaîtront nettement.

L'emploi de M. Tidd-Pratt, dit le Times, ^ ne doit pas être une sinécure, à en juger par les lettres imprimées dans ses rapports annuels, comme lui étant adressées par les membres des Friendly societies. Plus de 30 pag<3S du rapport de 1863, par exemple, sont remplies par un choix de lettres de tous les styles et de toutes les orthographes, pour lui demander avis et aide. Si l'écriture est aussi bizarre que la forme grammaticale de quelques-unes d'entre elles, son habileté doit être mise à l'épreuve autant que sa patience.

A raison de la façon libérale dont il a interprété les devoirs de sa charge, il semble être devenu une sorte d'oracle auquel tous les membres mécontents ou opprimés des Friendly societiesioni appel pourrecevoir assistance etprotcction , etauquel, par la voie du confessionnal de la boîte aux lettres, on fait des révélations incessantes'^ Il est l'épomantail que les orateurs indignés montrent

« Du G novembre 18G3.

2 C'est ce qui a fait dire s|iirilucllement à M. Léon Say, parlant dans le Journal (les Débats (3 août ISii'i) des sociùlés de consoiinnation dont iM. Tidd-Pratt est aussi le re^islrar, que Tidd-Pratt deviendra sans doute dans son yenre une sorte de Cresswell- Cresswell. Le nom de ce premier juge de la cour matrimoniale « avait pris place dans le dictionnaire; il était devenu le synonyme du mot divorce... Les enfants euxmêmes jouaient à Cresswell-Cresswell.... » Plus heureux, car il est un symbole d'u. mon «'t iKHi de discorde, le nom sir Joliu Tidd - Pratt, est devenu de ron rMô \.\ ;v.m'-

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