‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 167 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE V

peut-être trop insisté sur ses aspects sombres ou errants. Nous aurions pu cependant emprunter aux mêmes sources, aux rapports du registrar^ — miroir fidèle où, suivant l'habitude de ce pays, le mal comme le bien sont reflétés impartialement, — aux renseignements enfin des feuilles britanniques, des points de vue tout autres et toutefois pas plus dépourvus de couleur. Il n'est pas jusqu'à telle critique, à tel étonnement de l'esprit anglais, dont les sécheresses et les rigidités, ou tout au moins la précision en affaires, sont mal à l'aise devant certaines nuances de lien moral; il n'est pas jusqu'à telle mise en demeure d'exclure désormais le sentiment de choses où il n'aurait rien à faire, que nous ne pourrions pas mettre dans une certaine mesure à l'actif de l'institution qui nous occupe.

«Il est impossible de ne pas voir, d'après l'examen du rapport du registrar^ dit encore le Times^ qu'il s'est introduit dans les Friendly societies des idées tout à fait différentes des idées de prévoyance et qu'elles sont, pour la plupart, administrées d'après des principes inconciliables avec le but sérieux des sociétés de prévoyance. L'amour des clubs, ce goût inhérent à l'Anglais, s'est mêlé à presque toutes les constitutions de ces sociétés ; — non la sorte de club que nous avons maintenant, qui est simplement une société qui se concerte pour avoir de bons dîners, de bons fauteuils et des journaux, mais la sorte de club, dont on nous parle constamment dans leSpectator^ qui était aussi répandue dans la haute classe anglaise, il y a une centaine d'années, que les Friendly societies le sont actuellement dans la classe inférieure. Toute question de quelque importance, dit Addison, dans son temps, était traitée dans un club, et juste de la même façon dont les ouvriers s'y prennent pour traiter tout arrangement ayant leur bien-être pour but ; c'est-à-dire avec la notion d'un club de bonne camaraderie et de plaisir comme fondation. Les noms de ces sociétés, du reste, sont particulièrement adaptés à ces idées et les révèlent d'eux-mêmes. Personne ne devinerait, à la simple lecture des noms des sociétés, qu'elles sont toutes des institutions de prévoyance ; elles ont reçu des noms exprimant toutes les nuances imaginables de confraternité et de sympathie, mais les titres qui impliquent l'idée à' affaire^ d'intérêt, sont relativement rares. Suit une série de noms qui étonnent et semblent

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presque offusquer le Times : les Amis-Unis, le Droit sentier, les Loyaux chevaliers du coussin rouge, etc., etc. ce Les autres même, reprend-il, celles qui expriment une idée de bénéfice ou de prévoyance y mêlent généralement quelque addition philanthropique de bienveillance ou d'amitié aussi accusée que celle de prévoyance (autre nomenclature). Il y a une espèce d'enthousiasme dans le choix de ces noms qui exclut toute idée de tables de mortalité, maladie et primes d'assurances. Les deux ordres d'idées sont complètement mêlés dans la plus absolue confusion, et jusqu'à ce que leur distinction soit rendue évidente aux yeux des ouvriers, on ne peut guère espérer une meilleure administration. » Et plus loin : a La vérité est que la racine du mal est, en général, non dans aucune flagrante malversation de la part des administrateurs, mais dans cette fâcheuse combinaison de Tidée de club et de société de prévoyance que nous avons déjà remarquée. Les administrateurs ne pourraient pas manipuler les fonds de la société de la façon que nous avons indiquée, s'ils n'étaient encouragés par le sentiment général des membres Les lettres (au registrar) sont pleines de traits de la plus grande insouciance et d'une sorte d'enthousiasme philanthropique exagéré (cet enthousiasme n'est décidément pas du goût du Times). Dans une circonstance, un membre écrit pour se plaindre de ce que sa société a voté 5 livres à un membre frère pour acheter un tambour (sans doute pour quelque revue de volontaires). Les gérants de la même société donnent 2 liv. 1 sh. à un membre qui part pour l'Amérique ; et comme trait le plus caractéristique, nous avons une lettre de violente indignation de ce que les Volunteers, d'un certain district, ont usurpé le droit de porter au cimetière le corps d'un membre de leur société, qui appartenait aussi à The Order of Foresters. Une si franche sympathie et une si complète fraternité expliquent les motifs qui portent au ruineux abus dont nous nous plaignons. L'abus n'en est pas moins désastreux, mais ces sentiments de confraternité et de confiance mutuelle rendent très-pénible la tâche de mettre la loi à exécution. »

Le blâme une fois aflmis, — et il ne peut y avoir qu'un sentiment à cet égard, — ^ur les choses véritablement blâmables, et qui n'ont certainement pas besoin d'être indiquées au lecteur.

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