‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 175 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE VI

été « un point de repère, un jalon pour l'avenir. » Le progrès ne sera cependant décisif que le jour oii une modification à la loi du 8 mai 1 850 , sur la caisse des retraites, aura , conformément aux vœux réitérés de la Commission , mis les sociétés mutuelles à même d'organiser un système sérieux de retraite, système dont l'absence contribue, surtout aujourd'hui, à l'instabilité des sociétés. Depuis la loi de 1850, nous pouvons calculer, du reste, d'une manière tout à fait précise, la progression des sociétés reconnues. Ces sociétés comprenaient, en 1857 , 3,901 sociétaires, dont 591 honoraires. En 1859, le nombre des membres était de 5,118 et l'encaisse de 93,000 fr. La recette annuelle ne s'était élevée qu'à 45,000 francs en 1855; à 53,000 en 1856; à 59,000 en 1857; à 60,000 en 1858. Les dépenses pour les périodes correspondantes avaient été de 41,000, de 42.000, de 49,000 et de 53,000 francs.

Cette situation s'est améliorée les années suivantes. Ainsi, le ra^por^ pour 1862 constate l'existence de 40 sociétés reconnues possédant 812 membres honoraires, 6,496 membres effectifs et, en outre, dans cette dernière catégorie, 182 femmes.

92 sociétés non reconnues ayant envoyé leurs comptes, et comprenant 1,079 membres honoraires et 17,629 membres effectifs, dont 1,769 femmes.

Les cotisations des honoraires avaient produit, en 1862, 7,367 ; des membres effectifs, 62,286.

Les dépenses s'étaient élevées à 76,849 fr. Il y avait eu un excédant de recettes de 1 1 ,601 fr. L'encaisse était de 192,503 fr.

Il y avait eu 1,920 malades et 40,774 journées de maladie *.

A la fin de 1864, on compte 54 sociétés reconnues.

Un second groupe important d'institutions de prévoyance comprend des sociétés spéciales réglées par des arrêtés royaux : celle des marins naviguant sous pavillon belge, celle des pêcheurs (au nombre de 5), celle des pilotes, celle des artistes, celle des ouvriers attachés à l'exploitation des chemins de fer; mais le groupe le plus considérable se compose des caisses com-

* Pour la même année 18G2, 92 sociétés non reconnues avaient envoyé des renseignements. Les membres honoraires y avaient fourni 5,731 fr. ; les membres offectifs 133,707 fr. L'ensemble des recettes avait été de 291,152 francs; celui des dépenses de 255,167 fr.

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munes de prévoyance instituées dans quatre provinces en faveur des ouvriers mineurs par les exploitants de mines. Elles ne se bornent pas à pourvoir aux cas de maladies et d'accidentfe, mais accordent des pensions aux ouvriers mutilés, aux veuves et aux orphelins des ouvriers qui ont péri par accident. Ces sociétés, au nombre de 6, comptaient en 1859, en y comprenant les sociétés de charbonnage de la Vieille-Montagne, d'Ougnée, de Sclessin, et la caisse commune des carrières du Hainaut, plus de 80,000 membres et une recette annuelle de plus de 2 millions.

L'organisation de chaque société de mineurs est des plus ingénieuses et des plus fécondes. La caisse de prévoyance du Hainaut, par exemple, établie sur les mêmes bases que les 5 autres comprenait, en 1857, 21,000 ouvriers, répartis en 30 exploitations distinctes et séparées. Chacune de ces exploitations possède une caisse spéciale de secours, mais toutes se réunissent pour constituer en outre une autre caisse commune de secours, alimentée par une retenue spéciale sur les salaires de chaque ouvrier et chargée des pensions et des secours extraordinaires en cas de sinistres graves. C'est une sorte d'association mutuelle des sociétés entre elles. La caisse commune, véritable société d'assurance, répartit sur les trente exploitations les sinistres qu'une seule ne pourrait supporter. Elle est donc pour chacune de ces 30 exploitations ce que cette société est elle-même pour chacun de ses propres membres. En 1 857 , par exemple, l'exploitation dite Seize-Actions, qui n'avait versé à la caisse commune que 516 fr., a touché de cette caisse 5,430 fr., répartis en 31 pensions. Le système de cette double caisse, qui nous manque complètement en France, est très-digne d'attention. Sur une dépense de 427,000i'r., toujours en 1857, la caisse du Hainaut en a employé 40,000 environ pour l'instruction des enfants de ses membres et pour subvention aux écoles de charbonnage. Une de ces 30 exploitations, celle du Grand-Horm, a créé au profit de ses ouvriers une boucherie économique et leur a bâti 440 maisons avec cours et petits jardins. Certaines sociétés ont constitué elles-mêmes des caisses d'épargne.

On voit que l'industrie minière belge, avec l'aide des exploitants, — lesquels se chargent spontanément de tous les frais

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