‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 177 sur 254 · PARTIE H, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE H, CHAPITRE VI

hardies d'entre elles, ne fasse comprendre que dans sa pensée le champ de la mutualité est sans limites, et qu'on peut y marcher avec confiance pourvu qu'on précise de plus en plus par les recherches scientifiques les lois qui doivent la régir, et sans la détermination desquelles « l'association réciproque conservera, à certains égards, le caractère d'une loterie*. » Nous dirons à quel point nous partageons l'opinion de la commission belge''^.

Hollande. — Les associations mutuelles sont assez nombreuses en Hollande ; elles se composent chacune d'un bien plus grand nombre de sociétaires qu'en France et en Angleterre. Le terme moyen de leur nombre est de 2,000 ^. Dès 1827, on comptait plus de 340 de ces établissements, possédant 72,000 sociétaires. La seule ville d'Amsterdam possédait 65 sociétés, celle de Rotterdam 39. La caisse de secours mutuels de La Haye, (comme celle de Hambourg et de Carisruhe), a été imitée en France, ainsi que nous le verrons plus loin à propos de l'importante caisse de secours mutuels de Bordeaux. Les caisses hollandaises reposent en général sur des bases tout à fait différentes de celles des sociétés françaises, anglaises, suisses, etc. Ce sont de véritables tontines n'ayant aucun des caractères des sociétés amicales.

Les frais de funérailles occupent dans les sociétés hollandaises une importance excessive, et sont placés presque au même rang que l'assistance pendant la Yie. Dans la province de Zélande, le seul objet des sociétés est même de pourvoir à la sépulture de leurs membres ou des femmes de ceux-ci ; les frais d'administration montent au i/iO des dépenses totales. Les caisses de veuves et d'orphelins forment en Hollande, comme dans le nord de l'Allemagne, une classe spéciale importante d'associations de prévoyance. Il y a enfin, notamment à Ams-

^ Rapport pour 1862, p. 9.

2 Pour chaque pays nous dirons un mot des caisses d'épargne, institution parallèle aux sociétés de secours mutuels et qui, comme ces dernières, sont les meilleures échelles pour l'appréciation de la prévoyance des populations.

Au 31 décembre 1863, la caisse d'épargne de Druxelles, la plus importante de toutes celles de la Belgique, comptait 25,050 dépôts individuels et 1,363 dépôts d'administration présentant une moyenne de 005 fr. pour les livrets de particuliers et 1,393 fr. pour les livrets d'administration. Le montant des dépôts était de 17,635,100 l'r.

3 C'est environ vingt-deux fois le terme moyen des sociétés d'amis.

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terdara, d'importantes sociétés pour combattre le chômage.

N'omettons pas les caisses de prêts {hulpbanken) prêts de 5 à 100 florins, très-utiles pour le petit commerce.

Suisse. — Le tableau assez complet, croyons-nous, que nous allons présenter de l'assistance réciproque dans le seul canton de Genève, donnera tout d'abord une idée de ce qu'elle est dans l'ensemble de ce petit pays de Suisse qui, avec l'Angleterre, la Hollande, la Norvège et les États-Unis \ se place, d'ailleurs, au premier rang parmi les États où des corporations privées ^ s'assignent pour mission persévérante d'améliorer les mœurs, de réprimer le vice, de propager les habitudes du foyer domestique, de modifier en les pénétrant les institutions défectueuses.

Les sociétés de secours mutuels proprement dites sont de formation assez récente dans le canton de Genève. En 1829, il n'en

< Voir, pour la confirmation de cette assertion, les ouvriers européens et les publications spéciales (pii les ont suivi,

^ Le seul canton de Genève possède 23 sociétés de bienfaisance, dont 5 sociétés d'assistance générale, 5 sociétés pour Vassistance des malades, 6 sociétés pour V éducation de la jeunesse^ 3 sociétés pour procurer du travail, 4 sociétés de francs-maçons ; 24 s cciétés religieuses y ûont une société à' ecclésiastiques {h Société pastorale suisse), 8 communautés religieuses, 7 sociétés pour Vévangélisation intérieure, 4 pour Vévangélisalion extérieure, 4 pour Vévangélisation générale; 18 sociétés scientifiques et littéraires, dont 10 sociétés pour la diffusion des lumières, 7 sociétés savantes, 2 sociétés militaires (ceci sans compter 7 collèges ou gymnases pour l'enseignement secondaire, 3 facultés pour l'enseignement supérieur, de nombreux cours gratuits, une école préparatoire pour les écoles spéciales, l musée d'histoire naturelle,

1 jardin botanique, 1 musée d'antiques, une bibliothèque, 1 observatoire, etc., etc.); 8 sociétés agricoles, dont 3 pour V encouragement de l'agriculture, 3 pour l'exploitation du bétail et de ses produits, 2 pour l'emploi d'outils et de machines agricoles ; 11 sociétés artistiques dont 2 sociétés générales des heaux-arts, 2 sociétés des arts plastiques, G sociétés musicales; 3 sociétés de gymnastique, une pour les enfants,

2 pour les hommes (l'une d'elles a son recueil périodique, le gymfiaste); 1 sociétés /Ina/icière* (établissement de prêts) ; enfin lii sociétés patriotiques, dont une société d'utilité publique, une société d'étudiants, 5 sociétés politiques, 8 sociétés de tirs. Voilà, sans compter 33 sociétés d'assurances mutuelles ci 9 sociétés « de prévoyance économique » dont nous parlerons plus loin, et sans compter non plus les sociétés commerciales et les sociétés si nombreuses de plaisir ou de délassements, quel est, à vol d'oiseau, le tableau de l'association dans un canton qui contient à peine 80,000 àines 1 Quelle est l'idée féconde où la spécialité utile qui ne figure pas dans ce tableau? et combien M. Le Play a raison (juand, parlant des services que les plus petites nations peuvent rendre sous certains rapports à la civilisation européenne et qui n'auraient pas un caractère aussi bienfaisant provenant des nations prépondérantes, il cite Bruxelles, Genève, Lausanne, comme prenant au mouvement scientifique, littéraire et aux études sociales, une j)art plus grand>' (]\\c. les villos françaises du même rang! (Voir p. 40 it 47, Réjorme sociale, t. L).

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