PARTIE II, CHAPITRE VI. 34i
la moralité de la personne présentée. On n'admet pas les certificats « généralement faux ; » mais on exige la présentation par plusieurs sociétaires connues. Une fois l'admission prononcée, et si la conduite devient mauvaise, on procède au besoin à l'exclusion \ Le patronage le plus actif cherche, du reste, à offrir un contre-poids aux influences fâcheuses. On profite même du séjour à l'asile pour instruire les sociétaires, leur donner des leçons de chant, etc. Les résultats produits par les deux sociétés sont excellents, et la tolérance réciproque est telle, que nous avons remarqué dans le discours d'un pasteur à la société protestante ^ la mention, avec éloge et assimilation personnelle, d'exhortations adressées par le prêtre-directeur à la société catholique.
Le nombre des journées à l'asile ouvert en cas de chômage est en moyenne de i ,800 pour la première société, de 2,000 pour la seconde ^ ; celui des placements est de 200 environ pour les deux. Une domestique peut, dès son admission, s'adresser au bureau pour une place ; mais elle n'a droit à l'asile qu'après deux mois, et à rinfîrmerie qu'après trois mois écoulés depuis cette époque. Dans l'un et l'autre cas, le séjour à l'établissement ne peut se prolonger au delà de deux mois, et pour que l'asile ne dégénère pas en abus, et « ne soit pas un oreiller de paresse pour les domestiques "^^ » on refuse l'entrée à celles qui y reviennent sans cesse ^.
Il nous a paru intéressant de décrire avec quelques détails cette forme de l'association si utile dans cette ville cosmopolite et qui pourrait être appliquée ailleurs avec fruit dans un temps 011, comme le disait en 1858 le fondateur de l'œuvre, « les domestiques ne vieillissent plus avec leurs maîtres, ne meurent plus dans la maison qu'ils avaient toujours servie ^. »
< Pendant les six premières années de son existence, la Société protestante a ainsi exclu 100 sociétaires.
2 Rapport de 1860.
^ En 1860 : 1845 ou 15 1/2 jours par personne.
^ 8* rapport de la société protestante.
5 Sur 169 sociétaires admises dans le cours d'une des dernières années nous ne voyons figurer que 4 Françaises, dans une autre année qu'une seule.
^ La société protestante projette du reste pour son compte [lersonnel la création d'un système analogue pour les domestiques genevoises allant à l'étranger (rapport de 1858). Chambéry possède déjà une institution de ce genre.
Genève possède d'ailleurs une institution analogue pour les jeunes ouvriers. Cette ville comprend aussi des associations distinctes pour les ouvriers à résidence fixe, et pour ceux qui ne travaillent dans le canton que temporairement. Les ouvriers suisses des métiers inférieurs étant en général étrangers au pays, la difficulté provenant de leurs fréquents déplacements a été résolue, notamment à Vevey et à Lausanne, au moyen d'une retenue exercée par le maître sur le salaire du compagnon, et versée dans la caisse sociale. La contribution devient ainsi fixe, constante, malgré le changement des personnes.
Après les deux sociétés de femmes qui viennent d'être décrites, les sociétés d'assurances mutuelles, qui ont revêtu la forme de la protection professionnelle et industrielle, sont au nombre de quatre : la société philanthropique des ouvriers tailleurs (1833), celle des ouvriers bijoutiers, joailliers, orfèvres ( i 838) , celle des typographes et celle des ouvriers graveurs (1 850) .
Le but commun à ces quatre sociétés est : 1** de resserrer les liens entre les ouvriers exerçant la même profession ; 2° de faciliter les relations afin de se procurer mutuellement de l'ouvrage ; 3" de se secourir en cas de chômage et de maladie ; 4" de former un fonds social qui permette de remonter et de maintenir le prix de la main-d'œuvre.
Trois des sociétés doul il s'agit « ont établi un mode de vivre entre les ouvriers qui en font partie et les chefs d'ateliers. »
Les secours accordés par les quatre sociétés sont en moyenne de 1 fr. 50 c. par jour eu cas de maladie (avec décroissance), de 42 fr. par mois en cas d'infirmité et après 10 ans de sociétariat, de 1 fr. 50 pendant les deux premiers mois de chômage.
Les frais funéraires sont de 50 fnmcs.
Citons aussi dans Tordre des assurances diverses VAssiirnnci' mutuelle des pensions eiagires établie depuis quelques années sur des bases du reste peu rationnelles. A la suite d'une vive polcmi([ue dans les journaux de denève, les sociétaires ont demandé la révision des statuts. Mais, aux yeux des hommes spéciaux, ils sont entachés de vices trop fondamentaux pour (|u'on puisse les rectifier utilement. N'omettons pas la Société (V assurance mutuelle pour l'asile des vieillards (à prime fixe).