‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 180 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE VI

non plus qu'une caisse de prévoyance formée en 1839 entre les fonctionnaires de l'instruction primaire et ayant pour but : 1° d'assurer une pension viagère annuelle de 600 fr. à chacun des membres après 25 ans de servcie, à ses enfants orphelins jusqu'à l'âge de 18 ans et après ceux-ci à sa veuve ; 2° de fournir des subsides temporaires. Capital : 140,000 fr.; versements trimestriels des membres : 15 fr.; moyenne annuelle des recettes : 13,500 fr.; des dépenses : 6,000 fr. Mentionnons enfin comme une curieuse application de mutualité la Société civile du médecin de Jussij (1850), composée de 78 membres, et ayant pour but d'assurer aux sociétaires et aux autres habitants de la commune de Jussy la résidence d'un médecin au milieu d'eux et son assistance à des conditions avantageuses. Ressources : capital, 20,000 fr. (200 actions de 100 fr.) ; contribution annuelle (temporaire) des sociétaires : 3 fr. pour chacun des membres de leur famille, afîectés au remboursement du capital. Résultats : acquisition d'une maison et d'un jardin très-spacieux, mis gratuitement à la disposition d'un médcciii qui s'engage à donne r ses soins aux sociétaires malades au prix maximum de 1 fr. 50 par visite.

Les assurances sur la vie occupent une large place dans l'ensemble des institutions genevoises ; 9 sociétés suisses ou étrangères, parmi lesquelles il faut citer, au meilleur rang, la société nationale la Suisse^ fondée il y a cinq ans, à Lausanne, et Vinsstitut de rentes suisse^ de Zurich, voient leurs opérations prendre une extension rapide. Quant aux assurances contre l'incendie, elles sont représentées : 1° pour les immeubles, par l'existence d'une assurance mutuelle obligatoire entre tous les propriétaires du canton (lois des 2 février 1821, 12 mai 1823, 19 janvier 1827 ^ ), pour les meubles, par dix-sept sociétés suisses ou étrangères qui font des opérations dans le canton.

Nous devons signaler aussi un certain nombre de sociétés revêtues d'un caractère tout à fait économique : la Société de prévoyance pour Vhiver (1852), composée de 1,400 membres et ayant pour but d'encourager à l'épargne, de procurer à la classe ouvrière une diminution de dépenses, au moyen de l'achat en

' Le montant des valeurs ainsi assurées était au commencement de 1857 de 129 millions.

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gros de divers objets de consommation ; versements des sociétaires, 20 c. au moins par semaine ou par quinzaine; opérarations en 1858 : 40,000 fr. ; — T V Association pour les vêtements (V hiver (18o3) , composée d'une centaine de sociétaires femmes ; — 3" la Société de prévoyance en faveur des ressortissants de la diaconie du temple neuf^ fondée en 1856; 60 membres; son but est d'employer les dépôts en achats en gros au profit des sociétaires et d'offrir aux diacres l'occasion de visiter les familles pauvres ; — 4° la Société des maîtres cordonniers du canton de Genève {18r'6), 40 membres. Cette société, qui a pour but «de fournir aux sociétaires l'occasion de se faire réciproquement des communications relatives aux intérêts de leur profession et de se soutenir mutuellement, faisait déjà, en 1860 , pour 50,000 fr, d'affaires ; c'est-à-dire «d'achats sans intermédiaires de marchandises nécessaires à la confection de la chaussure et de certaines denrées alimentaires. » On compte, en outre, une Bon- Unujerie mutuelle (1846), composée de 687 membres et qui, ayant pour but d'établir un rapport équitable entre le prix du pain et celui du blé , a plutôt servi à établir une mercuriale, qu'à faire concurrence à l'industrie de la boulangerie * ; un Cercle des ouvriers réunis (1856) , 120 membres, pension alimentaire fondée avec des actions de 10 fr. et dont les membres de la Société d'instruction mutuelle (Arbeiter-Bildungs-Verein) peuvent seuls faire partie ; une Société alimentaire des ouvriers suisses ; pour les seuls membres de la société politique du (irutli, même organisation que la précédente; unt; association immobilière pour obtenir des loyers à bas prix (4,000 actions à 25 fr. chacune).

Après ces diversesénumérations, il y aurait enfin de notre part une sorte d'ingralitude personn(3lle à ne pas mentionner ici une des institutions dont Genève peut le plus s'honorer, la Société genevoise d" utilité publique, laquelle, conformément au vœu exprimé, en 1856, p;u' le comité de Hruxelles, organisateur des congrès internationaux de bienfaisance, et suivant la demande du gouvernement fédéral suisse, a réuni, malgré des difficultés faciles à comprendre dans un pays où les associations n'ont au-

' Elle vend cependant le pain un rcnlimc moins cher que les boulangers.

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