‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 222 sur 254 · PARTIE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III, CHAPITRE III

comptes-rendus de la part des sociétés qui avaient cru devoir jusque-là vivre tout à fait en dehors de l'action du pouvoir, mérite d'être remarqué.

En Belgique comme en France (la Belgique nous a même devancés dans cette voie), il existe une commission permanente instituée pour s'occuper des questions concernant l'application de la loi relative aux sociétés. Cette commission, qui fut nommée le 12 mai 1851 *, a exposé dès le début au ministre de l'intérieur belge, dans un rapport très-remarquable, la marche qu'elle se proposait de suivre. Rédaction des projets organiques de statuts; appel pressant aux propriétaires, aux chefs d'usines et d'ateliers ; préférence marquée donnée aux sociétés formées entre ouvriers de la même profession sur celles où les mélanges de professions est admise ; invitation aux sociétés de compter surtout sur leurs propres forces, l'ensemble des informations recueillies chaque année par le gouvernement devant fixer un jour les bases de leurs conditions économiques et étant pour elles le meilleur des subsides ; insistance sur l'utilité des membres honoraires, dans l'intérêt de l'ordre social tout entier, tels sont les points saillants de ce rapport. Il n'a été du reste que la première en date d'une série de publications où l'on ne sait ce qu'on doit admirer le plus, ou l'esprit libéral le plus largement compréhensif des susceptibilités populaires en matière d'associations indépendantes, ou la ferme affirmation du rôle désintéressé, mais vigoureux, qu'il convient de prendre pour ramener ces susceptibilités à la mesure où elles ne peuvent plus être que louables et utiles.

On trouverait difficilement un moyen plus propre à développer l'institution que ces hautes commissions|destinées à réunir en un faisceau tous les renseignements émanant des sociétés et à faire converger sur chacune les lumières produites par l'ensemble.

* Elle a pour président l'un des membres du conseil des mines, M. Aug.Visschers, l'un des hommes les plus éclairés et les plus réellement bienfaisants de la Belgique, auteur d'un important travail sur les caisses d'épargne et qui enrichit tous les ans le rapport au ministre des notices les plus lumineuses. Dans son rapport de 186-2 et avec la plus haute raison, la commission disait que sa « tâche serait moins de créer que d'encourager, moins d'agir que de conseiller, moins d'intervenir d'autorité que d'étudier les questions et d'en vulgariser les solutions. » Si un homme a fidèlement et activement mis en pratique un programme, c'est l'honorable M. Visschers.

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