‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 27 sur 254 · PARTIE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE II

plus éloquents que les paroles ; les citations plus substantielles que les commentaires.

Voici, d'après les auteurs spéciaux, la proportion de l'indigence dans notre pays :

1794 d'après Barrère 5 p. %

1808 — Fourcroy 7 p. "/o

1819 - Laborde 2 1/2 p. 7o

— — Morogue 6 p. "/o

„, , C à la ville 20 p. °/o

— — Gerando ' *

à la campagne 2 p. %

— — Balbi 3 p. °/o

1829 — Villeneuve-Bargemont. ...... 5 P- %

— — Schœn 14 p. °/,

Pour M. de Watte ville, d'après une méthode de calcul qui a été critiquée * mais qui ne paraît pas aboutir à des résultats plus hypothétiques que ceux de ses devanciers, la proportion des indigents est de 1 sur 12 habitants, soit 8 p. 0/0.

Combien y a-t-il maintenant de bureaux de bienfaisance?... où sont-ils?... que donnent-ils?... à qui donnent-ils?...

Sur 36,820 communes et une population de 35,400,486 âmes (1847), 9,336 communes dont la population et de 16,521,883 habitants (un peu moins de moitié de la population totale) possédaient un bureau de bienfaisance. Le nombre des indigents inscrits sur les contrôles de ces bureaux, était de 1,329,659.

Il y avait donc en France un bureau de bienfaisance par 4 communes et pour 3,792 habitants.

Le revenu total des bureaux de bienfaisance était de 17,381,257 fr. ou, en moyenne 1,861 fr. 2,000 bureaux à peine touchaient cette moyenne.

Un bureau, celui de Paris, avait une recette de 2,296,564 fr. 53 c; un autre bureau, celui de Saint- Ythaire (Saône-et-Loire), avait perçu 51 centimes.

Mille soixante-deux hureàux ne i^ossédaient rien; 7,000 avaient moins de 1,000 fr. de revenu ; 5,400 moins de 500 fr.; 2,000 moins de 100 fr. ^.

* Voyez le Correspondant d'octobre 1855 ; les Annales de la Charité, d'avril 1855, etc. i 2 145 bureaux n'avaient pas 10 francs de revenu.

Lesfmis généraux absorbaient du 1/6 au 1/3 des recettes : que rcste-t-il donc alors pour les pauvres ? se demande M. de Waltevillc.

483,081 familles participaient aux secours '.

La moyenne annuelle du secours pour chaque indigent était de 12 fr. 70 ^ réduits à 10 fr. 42 par les frais d'administration ^

77 bureaux n'avaient pas distribué dans le cours de l'année la somme de 1 fr. à chaque indigent.

77 autres bureaux n'avaient fait aucune distribution de se- C(.iu-s. Citons textuellement. La quotité des sommes annuelles distribuées aux indigents varie de 1 centime à 899 fr. 51, c'est-à-dire que les uns n'ont rien, tandis que les autres regorgent de secours.

Lr deuxième document considérable à consulter ici est émané des bun*aux de la statistique générale de France. Dans ce grand travail dont M. Legoyta encore enrichi la série des enquêtes économiques, nous trouverons des chiffres plus récents et différents un peu dans les détails, mais des chift'res s'accordant sur les grands résultats et aboutissant aune conclusion identique.

Les documents recueillis embrassent * la période comprise entre 1833 et 18oi. C'est encore à l'heure présente (1864) l'enqutHe la plus récente sur cette matière.

I 11 1833, on comptait en France 6,275 bureaux de bienfaisance ; au 31 décembre 1852, on en comptait 11,691. Au

• Otlc |to|>tili>ti(in est fort (livjM-stMiioiit répartie : depuis certaines communes où on rompto I intli^riMii sur 'l liahilanls. jus(|u'à d'autres qui ont seulement 1 indigent sur plu» de 2,500 habitants, nu m<*me n'en comptent pas un seul. N'est-ce pas le cas de se rappeler les distinctions faites plus haut sur les caractères de l'indigence?...

3il bureaux situés dans 55 départements et possédant un revenu brut de 88,744 fr., n'ont pas d'indicents à soutenir, et cependant ce revenu est dépensé chaque année. Un d'entre eux dépensait ses revenus en secours à des individus qui n'en avaient nul besoin, dans la crainte d'être forcé un jour de les distribuer à des pauvres d'une commune voiftinc.

a r:n AnKleterre, pour la même année l.s'.T, le nombre des pauvres inscrits avait été de l,H7«;,'.il sur une population totale de près de 19 millions; c'est près de 10 p. 100. La taxe ayant dépassé 0 millions sterling ou 150 millions de fr., la moyenne du .secours pour chaque pauvre a été ,1e plus de SO fr. Nos 17 millions sont le dixième environ de la taxe an;:laise pour un nombre d'indipents égal aux deux tiers.

^ Que de frais de personnel dans une administration charitable qui ne peut donner au pauvre qu'un sou par jour! (Marbeau. Pu Pnup(<risme on France.)

* Kn y comprenant les tableaux de 1833 à 1841 [Administration publique, t. I.)

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