PARTIE I, CHAPITRE II
1" janvier 1 853, on comptait 3,045 habitants pour 1 bureau, ou 33 bureaux pour 100,000 habitants. En 1833, la recette avait été de 10,315,743 fr., en 1853, elle a été de 25,056,131 fr. en y comprenant les fonds non encore employés de l'exercice précédent et seulement de 16,468,565 fr., distraction faite de ces fonds. La dépense de 1853 a été de 17,349,927 fr. sur lesquels 12,328,467 ou 71,05 p. 0/0 ont été employés en secours. Les frais de bureau s'élèvent à 2,238,148 ou 12,90 p. 0/0 par rapport à la dépense totale (42 p. 0/0 dans le Puy-de-Dôme ; 3,84 en Corse). Le nombre moyen annuel des individus secourus, qui était de 731,311 de 1833 à 1837, a été de 1,022,996 en 1853 (augmentation 40 p. 0/0), tandis que la population ne s'est accrue que de 8,05 p. 0/0. De 1833 à 1837, il y avait 2,25 assistés sur 100 habitants ; il y en avait 2,86 en 1853. La moyenne du secours par individu était de 9 fr. 44 de 1833 à 1837 : de 12 fr. 05 en 1853). Sur ce dernier fait, les deux statistiques s'accordent donc * et nous permettent de répéter : le secours n'apporte pas même une atténuation passagère à la misère du pauvre.
» Quant à la moyenne générale des secours, conclut en effet M. de Watteville, elle est tout à fait insuffisante et Von peut dire hardiment que^ si la moyenne dont il s'agit n'était pas distribuée aux pauvres^ ces derniers nen seraient pas plus malheureux. Que peuvent produire en efpet quelques centimes dépensés en achats de viande, de vin, de vêtements, de combustible, etc.? Rien ; et Von peut affirmer — que Vindigent ne souffrirait pas davantage si ces secours dérisoires., distribués si uniformément et avec une complète inintelligence^ cessaient de lui être donnés mensuellement. Depuis 60 ans que l'administration de l'assistance
PURLIQUE A domicile EXERCE SON INITIATIVE, ON n'a JAMAIS VU UN SEUL INDIGENT RETIRÉ DE LA MISÈRE . ET POUVANT SURVENIR A SES RESOINS PAR LES EFFORTS ET l'aIDE DE CE MODE DE CHA- RITÉ. Au contraire, elle constitue souvent le paupérisme à l'état héréditaire. Ainsi nous voyons aujourd'hui inscrits sur les contrôles de cette administration les petits-fils des indigents admis
* La statistique de 1854 à 1861 est annoncée. Les chiffres pourront varier quelque peu, nfiais des enquêtes parallèles permettent d'affirmer que l'ensemble de la situation restera le même.
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aux secours publics en 1802 alors que le ûls avait été, en 1 830, porté également sur ces tables fatales. »
Émanées d'une semblable source, ces paroles sont-elles assez concluantes ! leur sii^nification assez précise ! l'enseignement qui en résulte assez lumineux ! Est-il un économiste, est-il un théoricien, qui ait jamais tenu un langage aussi sévère? L'économie politique n'est-elle pas, dans cette circonstance comme toujours, (( cette science dont les lois ne reçoivent point de démenti des faits et dont les principes se vérifient tous au creuset de r<'\périence *?» Quant à nous, nous croyons la cause suffisamment entendue, et nous n'avons rien à ajouter.
Nous savons bien que cet arrêt de l'un des représentants les plus émincnts de la bienfaisance publique n'est point, à ses yeux, un arrêt de principe rendu en dernier ressort ; nous savons bien qu'on demande une réorganisation de l'assistance et qu'on en attend de bons résultats pour l'amélioration du sort des pauvres. On se plaint de la mauvaise gestion des établissements chargés di; faire l'application des secours, on voudrait imprinuîr à ces établissements une impulsion intelligente et vigoureuse ; on fait appel au dévouement des hommes qui y sont mis en contact avec les pauvres ; on réclame des nouvelles bases d'administration ^.
excellentes réformes à coup sûr : louables tentatives ; mais le remède est-il là?... Distribuez, chaque année, comme vous rontendrez, vos 17 millions ^ pour venir en aide à 1,400,000 indigents de profession *, (( dont le nombre se trouve être exac-
• Loiiis Hoyliaiid. — Revue des Deux-Mondes du 1" septembre 1858.
3 Depuis (|ui'l(iiios années, do grandes améliorations ont été introduites dans le service (le certains liureanx de bienfiiisanre; ceux de Paris, de Bordeaux, du Havre, de IjIIc. sont en pn-nnère Vv^m dans cette voie. A Paris, de 1829 à 1861, le secours a été de 8r) fr. par niénaj;e et de iJ'i fr. par personne.
» Sur la somme de 12 fr. par indi|,'ent distribuée en 1853, la part des secours en ali- ■monls a été de 7 fr. ; celle des vêtements, du combustible et autres distributions en nature de 2 fr. 53 c; celle des secours en arfienl de 2 fr. 46 c. se»ilement. Progrès relatif certalncmenl que celte diminution sensible du rapport des secours en argent aux autres modes d'assistance. Mais, bêlas! qui ignore l'art malheureusement consommé de certains « pauvres » de transformer à leur tour le secours donné en nature ; et dans combien de villes manufacturières ne voit-on pas de ces tristes industriels voués à rhorrd)le spéculation d'écbanuer les bons de pains et de vêtements en eau-de-vie?
* In million d'a|>res la statistique de M. Legoyt ou un sur 36 habitants.