‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 39 sur 254 · PARTIE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE III

grands services, car elles permettent aux classes laborieuses de réaliser, par l'économie minime de chaque jour, de petits capitaux pour les jours de crise et les besoins de la famille, et elles sont, pour ces classes, une sollicitation puissante et quotidienne à Tordre. N'y a-t-il donc aucune amélioration à leur demander

par le napolitain Tonti; essayée pour la première fois soit à Hambourg et à Berne en 1787, soit à Tottenham en 1798 (dans cette dernière localité pour recevoir les épargnes de l'enfance) ; réellement fondée à Ruthwell en 1810 parle révérend Henri Duncan (parent Society, dit dans son history of savings'-hanks, M. Tidd Pratt, dont nous aurons souvent à parler dans le cours de ce livre), l'institution des caisses d'épargne comptait dès 1817, en Angleterre, 78 caisses, possédant un capital de 360 millions de francs. — Au 30 novembre 1859, le nombre des caisses y était d'environ 640 (sans compter les succursales), 1,479,723 déposants avaient versé 911,561,000 fr. En 1860, les dépôts montaient à 1 milliard 33 millions (-237 millions avaient été versés dans cette seule année). — Au 20 novembre 1863, le chiffre des déposants était de 1,555,656 et la somme déposée de 1 milliard 70 millions.

Un grand nombre de bills dont le principal est celui du 28 juillet 1828 et dont les trois derniers ont été votés dans la seule session de 1863 réglementent cette matière.

Ce n'est qu'en 1818 que se constituait à Paris, à l'instigation de M, B. Delessert, sous la présidence du duc de La Rochefoucault-Liancourt, et avec l'aide de 20 fondateurs, souscripteurs chacun de 50 fr. de rentes sur l'État, la première caisse d'épargne française. A la fin de 1833, les versements ne s'élevaient encore qu'à 8 millions. Au 1" janvier 1847 ils étaient de 381 millions 116,967 fr., le nombre des caisses était de 347, celui des livrets de 728,219. Au 1^' janvier 1863 le nombre des caisses était de 478 (88 dans des chefs lieux de départements, 257 dans des chefs-lieux d'arrondissements, 131 dans des chefs-lieux de cantons, 2 dans des chefs-lieux de communes) ; le nombre des succursales était de 318, celui des livrets de 1,379,180 (1,024,413 de 500 fr. et au-dessous; 171,444 de 501 à 800 fr.; 105,996 de 801 à 1,000 fr.; 77,327 de 1,001 fr. et au-dessus. Valeur moyenne du livret, 307 fr. 58 c; elle était de 616 fr. en 1845 et de 259 fr. en 1852. Les livrets de 500 fr. et au-dessus ne font donc que le quart— 25,72 p. 100— du total.— En Angleterre, en 1859, la moyenne du livret était de 616 fr.). Toujours au l" janvier 1863, le chiffre des dépôts était de 424,209,662. Sur 222,994 nouveaux déposants en 1862, il y avait 75,037 ouvriers; 37,813 domestiques; 12,086 employés; 9,947 militaires et marins; 50,183 professions diverses; 37,624 mineurs; 304 sociétés de secours mutuels.

La moyenne proportionnellement à la population a été, en 1862, de 1 sur 27 habitants—à Paris de 1 sur 7.— (En 1856. elle était en Prusse de l sur 40; à Genève de 1 sur 6; à Bàle de 1 sur 3 ; à Vienne de l sur 2,75).

La loi du 30 juin 1851, forme actuellement en France la charte des caisses d'épargne. Le minimum du versement est de 1 fr.; le maximum de 300 fr. Le maximum du dépôt était d'après la loi du 5 juin 1835, de 3,000 fr.; dix ans après il était abaissé à 2,000 fr.; puis à 1,500 fr.; d'après la loi de 1851, il est de 1,000 fr.

Aux États-Unis, pour les seuls États de Massachussets et de New-York, les caisses d'épargne au 31 décembre 1862, comptaient, dans le premier, 248,900 déposants et 252,018,400 fr. de solde — moyenne des dépôts, 1 ,000 fr. — un livret pour 5 habitants; dans le deuxième, elles étaient au nombre de 71, comptant 347,184 déposants, et 382,690,900 fr. de dépôts — moyenne des livrets, 1,100 fr.

r,0 DU PAUPÉRISME.

Aujourd'hui rintervcution de l'État n'y est-elle pas trop accentuée? Le caractère d'institutions de bienfaisance dont elles sont plus ou moins empreintes encore ne devrait-il pas être atténué dans une institution qui au fond est surtout économique? Si l'exemple de l'Angleterre (où, comme en France, leur actif est versé à l'Échiquier qui a le droit de l'appliquer aux besoins de l'État contre une émission correspondante de bons du Trésor remis aux commissaires de la dette publique chargés de l'administration des caisses), si cet exemple peut être invoqué en faveur du mode français, l'exemple de la Prusse, oii des caisses libres fonctionnent sans difficulté, non sans sécurité, à côté de caisses d'épargne ouvertes et dirigées par les municipalités ; l'exemple de l'Italie, de la Suisse, de l'Autriche oii elles n'ont presque aucune attache officielle, où la plupart sont gérées par des établissements de crédit, n'indiquent-ils pas toute une voie nouvelle?

Ce danger de l'accumulation de sommes considérables perpétuellement exigibles, de cette lettre de change, comme on l'a (lit si souvent, toujours payable à échéance inconnue et à présentation ', ce (langer qui, une fois déjà, a amené un immense désastre, n'est-il pas de nature à contrebalancer, d'une part, l'avantage assez onéreux, du reste, résultant pour l'État d'une application possible à des besoins urgents, d'autre part, celui de la sécurité offerte dans une certaine forme aux déposants et qu'un pourrait peut-être obtenir autrement dans une mesure suffisante?

De \H'6:\ à 18i7, 34^2 caisses s'étaient ouvertes; de 1848 à 18r)3, il n'y a eu «pie 110 ouvertures nouvelles. Aux 7^8,219 livrets de 1«i7 ont succédé les 1,379,180 livrets de 1863, et repeudant le capital accumulé n'est que de 43 millions supérieur. A Paris, au V' jau\ier 1863, le solde des déposants nr>\ .ju,' (le -il), 70!, ^230 francs; au 1" janvier 1845, il } .1 prr> (le vingt ans. il dépassait 112 millions. Si ce qu'on a appelé l.i (Ic'wocratisaiiou de hi rente, si les spéculations diverses HMidues aret^ssibles dans ces dernières années aux petits capitaux ouf contribué à ces diminutions pour leur part, la

< Les fonds des caisses figureni (iucl<iiicfois pour plus dun (|uarl dans la detlc flottante.

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