‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 41 sur 254 · PARTIE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE III

transformation des caisses en banques d'épargne \ soit libres, soit municipales, et sous la surveillance de TÉtat, — banques qui trouveraient les petits capitaux préparés aux opérations de crédit par leur participation partielle aux emprunts directs dont nous parlions t40ut à l'heure.

Émettons aussi, et la réalisation en serait autrement facile, le vœu de l'introduction en France des post-office saving's banks, qui, depuis le 16 septembre 1861, fonctionnent en Angleterre avec un si grand succès. Une simple autorisation du directeur général des postes suffit pour la transformation d'un bureau de poste en véritable caisse d'épargne qui reçoit et rembourser les dépôts ^. Dix-huit mois après la promulgation de cette loi près de 3,000 bureaux avaient été pourvus de Tautorisation voulue et le nombre des caisses d'épargne effectives se trouvait ainsi d'un seul coup plus que quadruplé. Obligation pour les directeurs de poste de tenir une caisse à part, ou tout au moins une comptabilité distincte de celle du service des postes, accroissement d'encaisse, augmentation de travail pour le personnel des postes etpêut-être augmentation nécessaire de ce personnel, nous ne contestons pas les difficultés de l'innovation demandée. Mais ici, cet intérêt supérieur qui est la circulation de capitaux fragmentaires et l'épargne mise à la portée du village le plus modeste, non pas seulement pendant quelques heures et durant certains jours de la semaine, mais à chaque heure du jour, nous semble dominer la question et annoncer malgré les hésitations ordinaires en France en pareil cas, l'introduction plus ou moins prochaine parmi nous des post-office saving's hanhs.

Quoi qu'il en soit des avantages qui viennent d'être énumérés et des difficultés diverses qu'on n'a voulu qu'indiquer ici, ces caisses d'épargne si heureusement vivaces chez nous, que la

< Déjà proposée en 1844. {Les caisses d'épargne transformées en institution de crédit, F. Vidal) et en 1851 (proposition à l'Assemblée législative).

2 C'est surtout grâce à M. Gladstone que cette grande administration postale anglaise si perfectionnée par M. Rowland-Hill, le véritable inventeur du timbre-poste, a été constituée en trésorerie de l'épargne du pauvre. Les dépôts peuvent être même d'un penny. —Les remboursements totaux ou partiels ont lieu par l'intermédiaire de n'importe quel bureau de poste. —Les titres, véritables chèques, sont transmissibles à n'importe qui. — Dans les 18 premiers mois, '260,320 dépositaires avaient versé 2,755,053 liv. dans 2,863 bureaux.

conversion obligatoire en 1848 ne les a nullement entamées, et qu'à Paris, pendant cette année 1848, les versements n'ont été interrompus qu'un seul jour, le "2^ juin, ces caisses sont-elles le dernier mot de la prévoyance? Nous sommes loin de le penser. Tout en contribuant dans une forte mesure à propager les plus saines habitudes, elles ne répondent pas à tous les besoins du travailleur. Le retrait des fonds est facultatif à toute époque ' . il n'v a donc pas là de digue assez forte contre Tentraînement vi la dissipation. La somme versée ne s'accroît d'ailleurs que dans des proportions relativement assez faibles, et, atteignîtelle le maximum légal du dépôt, elle forme rarement une ressource suffisante pour ces deux circonstances difficiles entre toutes et qui doivent toujours être présentes à l'esprit de l'ouvrier : la maladie, la vieillesse. Si donc il faut propager le plus possible les caisses d'épargne ^, s'il faut considérer un livret, quelque mince qu'il soit, comme un des premiers fondements du salut du pauvre, il faut cependant rechercher dans une autre forme un moyen plus décisif et plus souverain.

L'associaiion, qui centuple les forces isolées^, qui multiplie les bienfaits de l'économie, qui moralise en outre autant qu'elle protège, l'association qui ne meurt pas, dont l'œuvre se prolonge et se complète à travers la disparition successive de ses membres et par leur renouvellement continu, l'association dont la puissance n'est jamais entravée par le temps, nous donnera scMile ce moyen.

♦ Une slatislique a démontré que tous les six ans la totalité des capitaux entrés dans la caisse d'épargne en ressort par la demande du sociétaire. '■* Nous reviendrons plus loin sur ce parallèle. ' Où (It's le premier jour « un et un font trois. » (Legouvé.)

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