‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 54 sur 254 · PARTIE 1, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE 1, CHAPITRE IV

devenait son lot. Il n'aura pas dédaigné un moyen modeste, mais sûr de rendre immédiatement sa position moins précaire, et, non-seulement il aura ainsi maîtrisé les événements exceptionnels de la vie, mais le cours normal de la vie s'en ressentira bientôt. Bientôt, en effet, par cette pratique en commun de la prévoyance qui implique une résistance énergique à tous les mauvais instincts, par cette virile éducation que la sociabilité seule sait développer, il sera devenu plus modéré, plus consciencieux, plus économe, plus près par contre d'un capital. Il se sera détaché en outre de ces préjugés qui le menaient tout au moins à une hostilité sourde vis-à-vis de l'entreprise qui l'occupe. Il aura pris souci des intérêt de cette entreprise; dans certains cas alors, le chef d'industrie, dont ce sera devenu l'intérêt, sera mis à même de le convier à cette participation aux bénéfices qui, applicable partout, peut servir de transition à une amélioration plus complète. Dans d'autres cas, et lorsque la coopéralion proprement dite sera immédiatement possible, il s'y trouvera infiniment plus préparé *.

Est-ce à dire que nous ne considérions la société de secours mutuels que comme un moyen de préparer V association ouvrière ; que nous lui refusions toute vertu propre ; qu'en dehors du soulagement de deux ou trois circonstances de la vie : la maladie, la vieillesse, les frais funéraires, — ce dernier point, préoccupation de l'ouvrier plus vive qu'on ne le croit en général, — nous Ja rabaissions au point de la faire servir uniquement d'école, pour d'autres expériences ? A Dieu ne plaise que nous nous rendions coupable d'une telle injustice !

Et d'abord, pour une multitude d'objets, la société de secours mutuels ne. servira pas seulement d'école, mais de siège même

^ Parmi les obstacles qui empêchent actuellement l'ouvrier isolé de trouver du crédit pour l'achat des matières premières qui lui sont indispensables, etc., la brochure Qu'est-ce que la société du crédit au travail ïndh\ue avec raison (p. 5) .«ces cinq jours d'hôpital qui pourraient l'endetter pour longtemps, le ruiner pour toujours, » et dont la perspective effraie naturellement le préteur...

Donc, et en dehors même des institutions de crédit populaire, le membre d'une société de secours mutuels, qu'on sait garanti en cas de maladie, est en meilleure situation pour contracter un petit emprunt que son camarade non associé. Nous indiquerons plus loin comment, au point de vue des nouvelles institutions de crédit, il n'est pas inutile non plus à l'ouvrier de faire partie d'une société de secours mutuels.

pour l'action du progros ; c'est elle qui sera le fond sur lequel l'avenir viendra le dessiner. Quelle est, au seul point de vue de la sociabilité, la forme qu'elle ne revêtira pas elle-même, qu'elle ne créera pas ou qu'elle ne saura pas au moins compléter? Depuis la retraite assurée des vieillards, l'assistance de la veuve, l'adoption de l'orphelin et le patronage de l'apprenti ; depuis la suppression des intermédiaires par l'association pour l'achat à prix réduit des denrées alimentaires, du combustible et des vêtements ; depuis le prêt d'honneur et les tribunaux de conciliation, jusqu'aux bibliothèques adaptées à l'intelligence des associés, aux fêtes populaires, salutaire délassement de l'esprit et du corps ; depuis toutes ces choses déjà pratiquées aujourd'hui jusqu'à celles qui seront pratiquées demain, car la souplesse de celte forme est sans bornes, quel est celui des mille risques de l'industrie, ou des besoins multiples de l'existence, qui n'est pas destiné à être garanti ou satisfait par la société mutuelle?

Et les Penny-Banks de l'Angleterre ; et ses BuidUng-Societies ; et ses Land-Societies ; et ses Worldng men clubs ; et les bains et lavoirs à des prix accessibles pour tous ; et la fourniture de l'entretien et du blanchissage du linge de corps moyennant un abonnement n'excédant pas le prix courant du blanchissage seul ; et les unions locatives pour amener un abaissement dans le prix des logements, et même la construction de ces logements par les ouvriers associés ou par la spéculation bien avisée dans l'intérêt de ces ouvriers, quelle est la réforme ou l'amélioration ' qui ne trouvera dans l'association de secours réciproques un point d'appui '^, une assiette solide, une semence déjà fécon-

• Les fruitières de la Suisse et du Jura et les fromageries de la Franche-Comté, qui sont parvenues en quelque sorte, par le moyen de l'échange, à appliquer le prinr i[)c (le l'épargne et de l'assitrialiMn à une substance (ju'une durée de vingl-ijuatrc heures suflll |>oiir détériorer sont notamment, dans certains cas, de profitables applications à faire.

- Eu 1851, sur 7,845,724 propriétaires recensés et détenteurs des 126 millions de" parcelles formant la division du sol français, 3 millions reconnus indigents n'acquittaient pis de roniribution mobilière. Parmi les autres, (iOO.OOO environ, possédant à eux tous 10,000 hectares à peu près, pavaient un impôt foncier n'excédant pas en moyenne et en principal anq centimes par an. [Journal de la Société de statistique de Paris, octobre \?>iî1.)

Les inconvénients du morrcllemont agricole et les avantages de la grande culture

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