‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 55 sur 254 · PARTIE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE IV

dée et qu'il ne s'agit plus que de développer? Le chômage luimême \ et les progrès de l'industrie, et les industries abandonnées ou ruinées, la misère enfin combattue sous toutes ses faces, qui sait où pourra ne pas aller un jour le génie de l'association et de l'assurance !

L'assurance ! nous l'avons placée, plus haut, au rang qui lui revient dans l'ordre des remèdes sociaux; nous n'aurions plus besoin maintenant d'insister sur son efficacité propre, car n'estelle pas encore l'association, et l'association mutuelle?... Quelle autre chose que la mutualité et la solidarité, le tous pour un, un pour tous, pourrait-on opposer au malheur exceptionnel, à l'accident qui déjoue la prudence et la responsabilité de l'homme, à ce risque qui est partout et toujours dans les choses humaines, qui est fixe heureusement dans son incertitude même ; fixe et accessible au calcul, si on l'envisage par grands nombres et par périodes ; insignifiant donc, malgré sa gravité, s'il est réparti sur tous ceux qui pouvaient l'encourir, mais qui n'en ont point été frappés? Incendies et intempéries, épizooties et grêles, sinistres maritimes et débordements des fleuves, tous les fléaux du monde physique peuvent être amortis par l'assurance ; et les crises industrielles aussi ^, et l'être humain lui-même considéré comme un véritable capital productif par l'usage de ses facultés et destiné à disparaître un jour par un événement sinistre indépendant de sa volonté : la mort. L'assurance peut pénétrer partout^ ; partout, en se basant sur la loi des grands nombres,

ont donné lieu à un systènie plein de hardiesse sur l'association indivise des petites propriétés. {Journal des Économistes de janvier 1859 ) N'y aurait-il pas dans telle société rurale, qui comprend tous les petits propriétaires d'une commune, une sorte de point d'appui au moins pour un essai de cette idée?

Ml y a ici des difficultés considérables qui ne seront peut-être pas résolues de bien longtemps encore ; mais il est clair que si quelque combinaison arrivait, moyennant une prime, à garantir efficacement l'ouvrier contre le chômage en général, contre la morte-saison, contre les mortes journées, suivant des expressions saisissantes decruelle vérité, ce résultat serait immense et formerait une des plus admirables conquêtes du progrès. Nous tâcherons de dégager plus loin ce qu'il y a de pratique dans ce vœu si persistant des ouvriers relativement à l'assurance en matière de chûmagc.

- N'y a-t-ilpas des assurances contre les faillites?... L'impôt n'est-il pas une assurance contre mille risques sociaux?...

3 Les quelques chiffres suivants pris en Angleterre, oîi les assurances sont beaucoup plus en faveur encore que chez nous, donneront une idée de ce que peut ce mode de garantie. \n 31 décembre 1857, les 28 compagnies d'assurances contre l'incendie

elle peut faire fructifier l'épargne, arriver à ce que les chances de réussite l'emporlent de beaucoup sur les chances d'insuccès et de perte, introduire l'ordre dans le désordre, supprimer le hasard, réi^ulnriser enfin l'incertitude, sinon la faire disparaître complètement. Dans les sociétés de secours mutuels, c'est la blessure et la mutilation, c'est la maladie et l'infirmité, c'est la disparition du chef de la famille, c'est la vieillesse et son incapacité de travail que l'assurance trouve devant elle et auxquelles elle doit venir en aide ; sans elle et son admirable mécanisme, point de sociétés de secours mutuels possibles, comme aussi point de commerce, d'industrie, de sécurité et de prospérité nulle part; suffisante du reste dans la société mutuelle de cent membres comme dans la compagnie reposant sur les plus vastes calculs de probabilités, suffisante par la somme des versements individuels ou par la masse de la richesse générale ; ne demandant qu'une chose : c'est que ceux qui peuvent être atteints par le risque en aient la prévoyance et l'appréhension et songent à se faire couvrir par son recours. Et certes, dans ces quelques centimes qui garantissent celui-ci de la perte nistantanée d'une fortune lentement acquise, cet autre du désespoir et du dénùment absolu, son partage devant le moindre accident; dans cette merveilleuse simplicité de combinaisons et de calculs produisant de si merveilleux résultats, n'y a-t-ilpas un encouragement tellement éloquent à la prévoyance que les raisonnements devraient sembler inutiles? Que de distance pourtant à parcourir; que de journées de marche et de fatigues; que d'eiforts à faire par la masse pour qu'elle comprenne et pratique cette mâle vertu !

Un mot encore. Toute entreprise d'assurance s'efforce, avec raison, de roiuiaître la moyenne probable des sinistres qu'elle peut être appelée à réparer dans une période donnée, afin de

existant à Londirs avaient assuré des valcirspour \)\\is de 14 milliards de francs. A la même date, renscmble des valeurs assurées par toutes les compagnies réunies du Royaume Unis'élevailà 'M milliards 1/2. En IH.JS, il avait été assuré, dans tout le Royaume-Uni, pour'2,S()'i niiirKdis 1/,' de récoltes on {iran-^e ou en meules et de bétail. — Toujours en 1858, on évaluait à 5 milliards le montant des sommes assurées par les 185 compagnies d'assiMauces sur la vie exisl.tnt eu Au,uie!erre — 7 Cduipaguies seulement possédaient un eapilal de jH'J millions, un revenu annuel de (iO millions et avnieni assuré 1,257 millions de francs.

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