XXIV AVANT-PROPOS DE LA I EDITION
ni celle de réaction, ni aucune autre à propos d'une mesure utile. ))
Quelques-uns trouveront peut-être nos conclusions exagérées ; ils nous reprocheront d'attribuer à la mutualité une vertu souveraine qu'aucune chose n'a en ce monde. Ici, cependant, qu'on veuille bien le remarquer, le progrès aperçu ne repose pas sur les déductions incertaines de la spéculation hypothétique et sur les assurances illimitées de la théorie ; il n'apparaît pas indécis dans les lointains brumeux de l'idéal; il est là, éclatant déjà aux yeux de tous comme la lumière du soleil ; n'attendant pour dessiller tous les yeux que la généralisation indispensable de l'idée. Laissez l'application s'universaliser, et tous ces effets sociaux, que nous voyons clairement, non pas à travers le prisme d'une foi trop ardente, mais dans un milieu de phénomènes positifs, comme une simple résultante de forces, seront produits, et au delà.
En somme, dégager avec quelque clarté la formule économique de l'association mutuelle, c'est-à-dire appuyer sur l'assiette vraiment solide des principes une institution trop peu comprise encare d'un grand nombre môme de ses partisans dévoués ; relier ensuite le présent au passé de l'idée ; exposer dans tous ses détails l'état actuel de la question et faire entrevoir ses perspectives prochaines ou éloignées : tel est le but principal de ce livre. Si nous n'étions pas resté à une trop grande distance de ce but et si nous avions su faire à la pratiijue misérable et sans portée quand elle prétend se passer de théorie, à la théorie vaine et téméraire quand elle dédaigne la pratique, la part qui revient à chacune d'elles, nous croirions n'avoir pas été tout à fait inutile à l'avénement déhnitif d'un incomparable instrument de rajeunissement social.
Dans ce domaine éternel des efforts tentés vers l'accessibilité à tous d'un légitime bien-être, l'œuvre la plus modeste est toujours fécondée si elle a pour base une notion exacte du développement providentiel de Tégalité humaine, pour mobile un sentimont i)rofond du progrès, « cette gravitation de l'homme vers Dieu. »