‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 7 sur 254 · LE MAL — SON CARACTÈRE — SON ÉTENDUE · texte numérisé non relu

LE MAL — SON CARACTÈRE — SON ÉTENDUE

Le dix-neuvième siècle a circonscrit et défini le problème social. — Un mot sur la situation des classes ouvrières dans l'antiquité païenne, — depuis l'avènement du christianisme, — depuis la révolution française. — Effets de l'émancipation du travail et de l'avènement de l'industrie. — Naissance du paupérisme. — Caractères de la misère; du paupérisme. — Géographie de la misère. — Impossibilité d'un dénombrement exact. — Bilan sommaire du progrès acquis. — Les harmonies sociales.

« Nous voulons bien toujours avoir des pauvres parmi » nous, mais nous ne voulons pas avoir toujours le pau- » périsme. »

De Fontenay, Journal des économistes .

« Tout le monde comprend que la vérité est dans une » formule qui concilierait ces deux termes : conservation » et mouvement. »

'. Proudhon, Contradictions économiques.

« Personne n'a le pouvoir de sauver l'ouvrier du paupé- » risme, si ce n'est l'ouvrier lui-même. »

Jules Simon.

« Continuer en réformant. »

S'il est une époque qui se soit donné pour mission d'améliorer le sort du plus grand nombre, qui ait fait de cette idée sa sollicitude principale et constante, et la mesure même de son développement moral, c'est bien le dix-neuvième siècle.

A chaque phase de l'humanité sa gloire, à chaque période de la civilisation sa tâche. La fin du dernier siècle a réalisé et I. d

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fondé pour jamais, quoi qu'il arrive, le progrès politique ; ce sera l'éternel honneur et l'œuvre propre de notre temps, ce sera son originalité devant l'histoire d'avoir, sinon résolu, du moins posé avec quelque netteté et entrevu dans toute son étendue le problème qui, depuis si longtemps, remue le monde, qui gît au fond de toutes les luttes sociales, qui est le secret de toutes les révolutions.

Et, certes, la réussite, même dans une telle mesure, n'est pas d'un prix médiocre. Les efforts gigantesques, mais trop souvent stériles, inspirés par cette grande entreprise; les tentatives glorieuses mais relativement infécondes de la plupart des générations qui nous ont précédés ; les erreurs commises encore aujourd'hui, legs du passé, respectables dans leur principe, mais funestes dans leurs résultats, nous indiquent bien quelle est la distance parcourue, nous montrent de quelle importance il est pour les solutions de l'avenir que la question ait enfin été posée, dégagée des illusions de l'ignorance aussi bien que des restrictions incompatibles avec la perfectibilité humaine et la loi invincible du progrès.

Loin de nous, en effet, la pensée d'établir une ligne de démarcation entre nous et nos devanciers. Leurs efforts ont dirigé les nôtres, leur expérience a éclairé notre route. Le labeur du genre humain s'accomplit même par le mal ; et toute tentative de l'homme qui cherche aboutit, même par l'erreur, à l'élaboration de la vérité.

Si donc nous poursuivons avec un peu moins de tâtonnements un but qui sans cesse se modifie et se transforme, que nous ne saisirons jamais absolument, parce qu'on ne saisit pas l'idéal, mais vers lequel il faut s'avancer toujours, guidés par la colonne de feu de la science et du dévouement, confiants dans l'avenir des idées et dans la justice dans Dieu, c'est au passé et à ses rudes enseignements que nous le devons.

Quelles magnifiques étapes, après tout, que celles de l'humanité dans la voii^ du progrès social !

Maître (^t esclave, tels étaient les deux points culminants et comme l'axe des sociétés anciennes. Mépris du travail, considéré comme une marque indélébile d'abaissement, glorification de l'oisiveté, signe au contraire et privilège de la liberté et de

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