‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 76 sur 254 · PARTIE 1, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE 1, CHAPITRE V

lités sont principalement la maladie, l'infirmité et la vieillesse. Composées le plus généralement de personnes qui vivent uniquement du produit de leur travail, et dont les ressources cessent immédiatement avec ce travail, les sociétés de secours mutuels sont donc destinées à protéger leurs membres contre les circonstances qui, les privant tout à coup de leurs moyens habituels d'existence, mettent en péril soit leur propre vie, soit celle de leur famille. Elles ont pour base un contrat civil conférant des droits, mais emportant des obligations étroites. Le sociétaire secouru obtient ainsi l'acquittement d'une dette contractée vis-à-vis de lui par la société, mais la société ne doit strictement au sociétaire que ce qui a été promis dans le contrat. Exiger davantage serait de la part de celui-ci une prétention contraire, non-seulement à la loyauté, mais à la justice, et qui ne saurait nullement être soutenue. Ces principes ne sont pas inutiles à poser au frontispice d'une institution qui fait appel à tous les sentiments généreux et désintéressés de l'âme humaine, mais qui, invoquant aussi ses plus nobles fiertés, doit avoir pour base fondamentale le respect du droit d'autrui. Les idées d'assistance proprement dites dont on retrouve encore des traces chez quelques rares sociétaires, ne sont en rien à leur place ici \

Les caisses d'épargne, si éminemment utiles et dignes de sollicitude, mais privées de tous les avantages de la mutualité, et, par cette seule raison, si inférieures en résultats aux sociétés de secours réciproques, ont été quelquefois mises en parallèle avec ces dernières, leur ont même été préférées. Un écrivain anglais a fait, au sujet de ce rapprochement, les saisissantes observations qui suivent : « Je n'admets pas de comparaison : ces institutions ne vont pas au même but, elles ne produisent pas les mêmes résultats ; et tous ceux qui ont recommandé les

* Il est arrivé dans ces sociétés très-nombreuses et qui, par cela même, tendent à la tontine plus qu'à la famille, que des membres bien portants se sont déclarés malades, parce qu'ils n'avaient plus d'ouvrage, et qu'ils pensaient qu'ayant versé régulièrement leurs cotisations pendant des années, ils avaient" bien le droit de demander à la société quelques jours de repos, La définition qui vient d'être donnée caractérise, sinon en fait, car il n'y a là qu'un faux point de vue, du moins en droit une telle manière d'agir.

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caisses d'épargne à celui qui recherche l'objet des sociétés d'amis ont présenté une pierre à qui demandait du pain, et un serpent à qui voulait un poisson. Lesavocats des caisses d'épargne se laisseraient-ils aisément persuader d'économiser leurs primes annuelles, au lieu d'assurer leurs maisons contre le feu? Certainement non. Cependant ils recommandent à l'ouvrier de placer son argent à la caisse d'épargne, dans la vue de pourvoir aux besoins de la maladie et de la vieillesse, lorsqu'ils savent que la maladie, comme le feu, quoiqu'un peu plus lente dans ses effets, peut, en peu de temps, épuiser les épargnes de cinquante années, et, comme le feu lui-même, se déclarer soudainement avant l'expiration de la première année. Les meilleurs amis des classes laborieuses les encourageront toujours à se prémunir contre le dénûment provenant de la maladie et de la vieillesse au moyen d'une société de secours mutuels respectable et bien administrée, dont les cotisations doivent faire partie de leurs dépenses courantes et nécessaires. A ceux qui ont quelque chose à économiser après cela, la caisse d'épargne sera avantageuse ; les besoins de la maladie et de la vieillesse étant d'abord assurés par ces sociétés, l'ouvrier, par le moyen des caisses d'épargne peut ajouter à son bien-être. Personne ne rendra service à son prochain ou à son pays, en lui prescrivant la confiance dans l'épargne individuelle, comme une garantie suffisante contre les éventualités qui peuvent surprendre un homme en une heure, et, en peu de mois, engloutir les économies de toute la vie *. » M. de Gérando, dont la raison froide et calme doit être d'un grand poids dans un tel parallèle, a dit sur le même sujet : a-Les sociétés de prévoyance sont de véritables caisses d'épargne, mais elles ont sur les caisses d'épargne formées de simples dépôts plusieurs avantages. L'épargne, pour le membre de la société de prévoyance, n'est pas facultative, mais obligatoire; l'engagement est contracté librement, mais il lie pour l'avenir, une fois qu'il est contracté. L'épargne» n'est pas simplement momentanée; elle est persévérante, périodique, re'^gulière ; sou taux est déterminé. Le sociétaire qui négligerait de la continuer perdrait la somme déj.^ mise en réserve. De la sorte, l'économie devient une néces-

* Laws of the Edinburg. Composilors' Society, p. 5 et (>.

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