‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 85 sur 254 · PARTIE K CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE K CHAPITRE V

leur substituer ramélioration relative des secours à domicile ; mais l'entrée successive de la plus grande partie de la classe ouvrière dans les sociétés de secours mutuels apportera peu à peu un véritable dégrèvement dans le budget des établissements hospitaliers, budget d'autant plus élevé que les constructions, le régime, l'hygiène s'y améliorent chaque jour. Quant au travailleur, rassuré par l'indemnité représentative de son salaire, et ne redoutant plus de laisser sa famille sans ressources en discontinuant son travail ; recevant en outre de la société dont il est membre tous les secours qu'il trouvait réunis dans les hôpitaux, il n'attendra plus la dernière période de la maladie pour réclamer les soins de la science, et la moyenne générale de sa santé s'améliorera sensiblement.

Lorsqu'on calcule aujourd'hui les besoins auxquels doit subvenir le salaire d'un ouvrier, on ne songe guère d'ordinaire, à mettre en ligne de compte la prime qui doit le garantir de la maladie. Nous espérons qu'un jour viendra où la mutualité étant complètement entrée dans les mœurs, et la quotité de la prime étant du reste mathématiquement déterminée, il n'en sera plus nulle part ainsi. La supputation ne sera pas faite seulement pour la maladie ; elle sera faite pour la vieillesse ; pour tous les autres objets que se proposent actuellement les associations mutuellistes ; pour bien d'autres risques encore.

Généralisons donc les sociétés de secours mutuels, ne cesserons-nous de répéter ; ce sont les seules associations vivantes Qi bien vivantes qui représentent chez nous les côtés salutaires des associations justement détruites du passé. Elles ont résisté au temps et aux subversions sociales les plus intenses ; elles sont l'expression nécessaire, elles seront plus tard l'expression suffisante des garanties que recherche avec une invincible persévé-

— Le rapport des décès aux traités se maintient, de 1833 à 1853, à 8, 12 p. 100 en moyenne. En 1853, la mortalité avait été de 1 sur 12 malades traités. La même année, elle n'avait pas dépassé pour la France entière 1 sur 45 habitants; celle des hôpitaux avait donc été de près de ^ (ois plus élevée. Il faut cependant remarquer qu'il y a ici un rapprochement, plus (ju'une comparaison.

Les chiffres qui précèdent indiquent l'importance considérable de l'assistance hospitalière en France (voyez à ce sujet les études sur les hôpitaux de M. Husson). Seule, l'extension de la mutualité viendra réduire graduellement cette vaste organisation à ses proportions les plus restreintes. Le progrès qu'une génération ne peut pas accomplir se réalise par celles qui lui succèdent.

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rance la population laborieuse. Dans leur vitalité même, il y a un indice de plus de la puissance de leur action. Généralisons les sociétés de secours mutuels ; les hommes meme^ qui ne croiront aux résultats qu'elles recèlent que quand ils les toucheront du doigt ne peuvent songer à nier leurs immenses avantages actuels; qu'ils joignent donc leurs efforts à ceux qui ont foi dans l'avenir; qu'ils prennent rang, eux aussi, dans la croisade de leurs vulgarisateurs.

Elles sont pour le travailleur non-seulement une incitation morale devant le mener par la prévoyance à la propriété, mais encore l'assise matérielle de cette propriété même. Être certain que l'éventualité en vue de laquelle on est devenu membre d'une société sera conjurée, quelque terrible qu'elle puisse se présenter, au besoin par la majeure partie des versements de tous les autres souscripteurs, n'est-ce pas posséder, sans le détenir, il est vrai, et sans pouvoir en préciser le montant, un certain capital, dont la possession peut être considérée comme un genre spécial de propriété? Le fait de l'aflibation à une société mutuelle équivaut donc pour tout souscripteur à l'acquisition d'un véritable capital; la prime bien souvent n'est pas en réalité plus forte que ne le serait l'intérêt d'un Ciipital semblable.

Sans méconnaître le mérite des sociétés de secours mutuels, on a émis l'opinion que l'épargne individuelle faite au profit de la famille, celle qui suppose chez l'ouvrier l'aptitude à dominer ses passions et le discernement qu'implique le placement judicieux du capital accumulé, serait l'indice d'une prévoyance plus couiplrte et d'une moralité supérieure.

dette opinion que nous avons déjà rencontrée sous une forme plus l'jidicale est spécieuse. Celles même des sociétés mutuelles qui étendent leurs bienfaits à la famille tout entière ne sont certainement pas le dernier terme de la perfection théorique. Mais , en dehors des avantages purement moraux inhérents à la sociabilité et dont serait privé sans compensation celui qui se bornerait à l'épargne individuelle, nous demandons qu'on veuille bien indiquer à l'ouvrier, dont le capital accumulé est malheureusement si minime, c'est-à-dire à l'immense majnrit('^ dos ouvriers, quel poura être, pour ces

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