‹ Le pauvre JackChapitre 2 sur 35 · II · texte numérisé non relu

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l8 LE PAUVRE JACK.

la pâture à un oursj — le capitaine pouvait à peine s'empêcher de rire en répétant ces mots; — maintenant, je vous donne le choix ou de faire des excuses à M. Owen, ou de quitter à l'instant mon bâtiment.

— Capitaine, — répondit le jeune homme, — je ne crois pas qu'il soit tout-à-fait juste que le master ait commencé par me punir lui-même, et qu'il vous adresse ensuite une plainte contre moi. Il m'a tenu au haut du grand mât pendant huit heures, et il demande que vous me punissiez encore. Mais je suis toujours prêt à faire ce que vous désirez , et pour vous satisfaire, je lui ferai des excuses. — Ce que vous dites n'est pas sans raison, — dit le capitaine, et j'ai fait la même observation au master; mais vous avez commis une infraction à la discipline, et c'est une faute sur laquelle je ne puis fermer les yeux ; j'exige donc de vous une rétractation formelle, en présence de tout l'équipage, de ce que vous avez dit à M. Owen. — Je vous obéirai, capitaine, — répondit le midshipman ; et se tournant vers le master, il lui dit : — jMonsieur Owen, je vous ai dit que vous nétes pas bon à porter la pâture à un ours; j'ai eu tort, et je me rétracte avec plaisir, car je suis convaincu que vous êtes bon à la lui porter.

— Monsieur! — s'écria le capitaine. Mais le master l'interrompit, et ne sentant pas que les excuses du midshipman étaient une nouvelle insulte, il lui dit :

— Oh, capitaine, je suis parfaitement satisfait. Le jeune homme a reconnu sa faute et s'est rétracté, et je n'en demande pas davantage. — Si vous êtes sa-

tisfait, monsieur, — dit le capitaine en se mordant les lèvres pour ne pas rire, — je n'ai pas le droit d'être plus exigeant. — Jeune homme, retournez à votre poste, et songez à ne jamais employer des expressions offensantes en parlant à votre officier supérieur. — Et baissant la voix, il ajouta : — Et qu'il ne vous arrive plus de faire de semblables excuses en ma présence !

Jamais je n'ai vu Anderson rire comme il le fit en entendant cette histoire. Bramble, mon père et lui continuèrent à fumer et à causer jusqu'à neuf heures; alors les deux derniers retournèrent à l'hôpital, et Bramble alla prendre possession d'un lit qui lui avait été préparé chez ma mère.

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