‹ Le pauvre JackChapitre 34 sur 35 · JOUI'S · texte numérisé non relu

JOUI'S

— Je le désire beaucoup , mon père , et c'est certainement une bonne raison pour que le mariage ait lieu promptement.

— Mon cher Tom , — me dit le vieil Anderson un jour que j'étais seul avec lui , — vous avez tout lieu de remercier le ciel de vous avoir destiné une telle compagne. Plus je la vois, plus je l'admire, et je ne doute pas que vous soyez heureux.

— Je l'espère aussi , Anderson ; et c'est à vous, après la Providence, que je dois ce bonheur.

— Quand le grain tombe sur une bonne terre , Tom, il produit toujours une bonne récolte. — Vous en êtes une preuve, ainsi remerciez le ciel el non moi. — Mais je désire vous informer d'une chose dont votre père m'a parlé. Le fait est qu'il sô trouve à l'hôpital de Greenwich dans ce qu'on peut appeler une fausse position. A présent qufe voua lui avez assuré un revenu qui le rend indépendant , il pense qu'il ne doit pas rester plus long-temps, quoiqu'il en ait le droit, dans un asile destiné aux marins sans ressources. Mais s'il quitte l'hôpital, et qu'il reste à Greenwich , votre mère et lui ne seront pas long-temps d'accord. Ils vivent en bonne

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intelligence à quelque distance l'un de l'autre; mais d'après les idées de grandeur et de dignité que votre mère a dans la tète, je ne crois pas qu'ils puissent jamais vivre en paix dans la même maison. Il dit qu'il aimerait à demeurer avec vous ou près de vous ; et je pense moi-même qu'à présent qu'il est habitué à un genre de vie régulier, vous devez réfléchir sérieusement s'il ne convient pas que vous y consentiez. Ce serait un compagnon pour Bramble , et ils s'entendraient parfaitement ensemble. Je conçois qu'il pourrait être plus agréable pour vous qu'il restât à Greenwich ; mais il est votre père , Tom , et il faut faire quelques sacrifices pour un père.

— En ce qui me concerne , Anderson , j'y consens très volontiers. Bramble doit demeurer avec nous; cela est arrangé. Si les autres n'y font pas d'objection , mon père peut fort bien y rester aussi , et si même ils en faisaient, je ferais tous mes efforts pour les y faire consentir.

— C'est tout ce que vous pouvez faire, Tom, et l'on ne peut en attendre davantage.

Cette affaire s'arrangea à la satisfaction générale. Bramble et Bessy donnèrent sans hésiter leur consentement à la proposition, et il fut décidé qu'aussitôt que nous aurions pris une plus grande maison , mon père quitterait l'hôpital de Greenwich et viendrait demeurer avec nous. Les arguments de mon père pour accélérer mon mariage , les remontrances

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d'Anderson , les avis de Bramble et mes prières ne furent pas inutiles, et le i3 septembre 1807 Bessv et moi nous fûmes unis, et je l'embrassai comme mon épouse.

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