‹ Le pavé; aphorismes ... album intérieurChapitre 75 sur 80 · PAYSAGE · texte numérisé non relu

PAYSAGE

La rivière coule à peine, el serable dormir. Ce n'est plus même la rivière; c'est une flâche presque marécageuse. L'herbe y pousse, crevant la moire des eaux avec la lance des joncs et le sabre des tlambes. Près des bords, la cressonnette et la mousseronne étalent, ainsi que sur un étang, leur croûte végétale semblable à une lèpre verte. Plus loin, les nénuphars laissent tlotter leurs larges feuilles sombres sur lesquelles vibre le jaune éclatant de leurs tleurs. Un vieux bateau à. demi coulé anime seul la solitude de ce coin perdu. Parfois aussi une cicindèle y jette l'éclair de ses ailes de gaze. Mais, en somme, c'est le rendez-vous de la paix et du silence. On n'y entend point murmurer l'eau qui croupit; on n'y voit remuer que les moucherons imperceptibles qui dansent à la pointe des herbes leur ronde muette. Et de l'autre côté de ce bras de Seine, sommeillant dans un barrage, les grands arbres bouchent le ciel. lisse retlètent en

noir dans celte glace un''\ et y versent toute leur sérénité et toute leur cinbre. Car les arbres et l'eau sont toujours les arbres et l'eau, même au bout de Levallois-Perret et en face de la Grande-Jatte.

ALBLM INTERIEUR 375

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