‹ Le pays basque et la Basse-NavarreChapitre 3 sur 75 · HISTOIRE ET LEGENDES · texte numérisé non relu

HISTOIRE ET LEGENDES

Bayonne fut évidemment resserrée, dans un temps lointain , entre la base de la colline qui porte la cathédrale et la rive gauche de la Nive. D'anciennes fortifications ont dû commander le confluent des deux rivières; c'est de ce point que nous allons partir pour suivre l'enceinte actuelle, œuvre de Vauban. A cet endroit, l'Adour jette son flot montant dans le fossé, rempli de grands roseaux. Un pont dormant fait communiquer la ville aux superbes boulevards plantés de vieux arbres qui l'encadrent tout entière ; on arrive au pont par la Porte-Marine. Le front des murailles a ce bel aspect sévère des ouvrages de ce xvne siècle, qui se ressemblent tous un peu, ayant tous la correction et « l'air grand ». Une courtine de Vauban rappelle les terrasses de Versailles; ce sont deux ordres de choses très différents, mais il y a proche parenté dans l'exécution. Aucune époque n'eut ce carac-

tère d'unité ; on le trouve à présent monotone, et pourtant, en regard de la disparate actuelle, il a son prix.

Les soleils de Bayonne sont cuisants, mais aucune ville n'a plus d'ombre. Si les bourgeois bayonnais n'étaient point contents de ce promenoir touffu autour des remparts, ce seraient des gens chagrins. Or, c'est une population de belle humeur. J'imagine que les amoureux ne se plaignent pas non plus de cette grande ramure propice. — Le boulevard se continue, et passe au-dessous du Château-Vieux.

(Test par opposition, apparemment, aux fortifications du temps de Louis XIV, que ce choquant édifice a reçu le nom de vieux. Il est plus âgé, c'est vrai, mais de si peu, du moins à première vue. Les quatre tours rondes dont il est flanqué ne remontent pas au delà du xve siècle; l'édifice fut apparemment reconstruit après un siège soutenu par les Bayonnais, en 1523; et voici pourquoi je me permets de le trouver choquant pour les yeux : c'est qu'il a été enduit de chaux blanche. On n'a même pas épargné la matière, la couche en est épaisse; la couleur n'en est que plus affreusement crue.

Pourtant, à y regarder de plus près, ces tours du xve siècle — rondes, coiffées de poivrières — paraissent accolées à un corps principal de bâtiment plus ancien qui, lui-même, aurait été construit au xue siècle sur un débris de l'enceinte romaine. Les Romains avaient une forte citadelle à Bayonne : seulement quels Romains? Ceux de la première période, des Jules et des Antonins? ou les Romains de la dernière heure ? Le vieil historien Marca, d'abord puissance laïque et président du Parlement de Pau (1621), puis archevêque de Toulouse, a laborieusement démontré que Bayonne, ville des Boates, faisait partie des douze cités de la Novempopulanie, et qu'une cohorte, la Novempopulane , y fut entretenue jusqu'à la fin de l'Empire, sous le commandement d'un tribun. Il s'agit sans doute d'une de ces cohortes auxiliaires composée de provinciaux, et qui portaient ordinairement le nom de la province qui les avait fournies.

Par malheur pour les érudits bayonnais qui prêtent à leur ville une antiquité si vénérable, il est à peu près démontré que la cité des Boies n'était point Bayonne, mais la Teste de Buch, pauvre bourgade aujourd'hui située sur la rive méridionale du bassin d'Arcachon. J'ai trouvé clans un mémoire adressé à la Société des Arts et des Sciences de Bayonne une argumentation très forte, appuyée sur des faits et des textes, et d'où il résulterait que si les Romains ont occupé Bayonne dès les premiers siècles de l'Empire, ils n'y eurent de grand poste de défense que sous Théodose, à la fin du ive siècle. Ce grand Empereur était né en Galice, terre espagnole assez voisine du Labourd; il connaissait toutes les positions militaires des Pyrénées, et quant à l'importance de celle-ci, il avait pu l'apprécier lui-même. C'est lui qui aurait fondé la première forteresse, sur les assises de laquelle s'élève encore le Château-Vieux.

Cependant il demeure certain qu'un centre de population indigène, apparemment mêlé d'éléments romains, vivait à l'embouchure de l'Adour, dans un lieu appelé Baï-une (port), et que Baï-une était la bourgade la plus importante du pays situé entre l'Adour et la Bidassoa,le Laphur-duy ou Labourd — nom français qui prête à une équivoque, et semble dire tout le contraire de ce qu'il veut exprimer, puisque, dans la langue basque ou « escualdunaise », Laphur-duy signifie désert, solitude, pays inculte et sauvage. Le Labourd a d'autres villes : Ustaritz, Saint-Jeancle-Luz, Hendaye; il est fertile aujourd'hui et mérite sa dénomination française. Bayonne, sous les Romains, en fut considéré comme la capitale; ils l'appelèrent Lapurdum. Et la « cité Labourdine » garda son nom, — du moins dans les actes publics — jusqu'au xiie siècle; mais il est infiniment probable qu'elle n'en eut jamais d'autre dans le langage populaire que Baï-une — Bayonne. Je demande pardon pour cette incursion rapide sur le champ de l'érudition; il est semé de pièges; on ne peut le comparer qu'à certaine musique savante dont la beauté a

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pour mesure celle de l'angle ouvert par le bâillement quelle cause.

Les traditions bayonnaises sont opiniâtres et contradictoires. Elles donnent saint Léon, qui vivait au ixe siècle, pour premier évêque à la ville, ce qui retrancherait quatre cents ans pour le moins à sa fabuleuse antiquité. Saint Léon aurait été martyr de persécutions mystérieuses qui se seraient élevées vers ce temps-là: on l'aurait décapité. Le saint, qui connaissait la grande aventure de son devancier, saint Denis, aurait pris sa tête dans ses mains, l'aurait portée jusqu'à un endroit voisin de la cité, où descendent à présent les glacis. Le sang naturellement en coulait, et d'une goutte répandue sur la terre une source jaillit. Longtemps elle fut miraculeuse; le charme divin est dissipé à cette heure. — Cette légende consacre tout bonnement une usurpation, car, décidément, ce n'est pas saint Léon qui fut le premier évêque; cette grande qualité paraît avoir appartenu au prêtre Iscassic — en latin Iscassicus — qui n'a pas été sanctifié. Théodose, ayant institué un commandement militaire, voulut un contre-poids au pouvoir redoutable qu'il conférait à l'un de ses officiers; en face du tribun il plaça l 'évêque. Cette politique fut constamment celle des Empereurs dans les provinces. Il faut que les antiquaires bayonnais en prennent leur parti, tout dans « Lapurdum » paraît avoir été fait de la main de Théoclose; et avant lui Baï-une n'était rien.

Une preuve en existe : c'est le tracé connu de la voie romaine qui, descendant de Burguète, bourg espagnol situé dans la vallée de Roncevaux, passait à Saint-Jean-Pied-de-Port, traversait le pays de Soûle, autre subdivision du pays Basque français, et par Sauveterre, gagnait d'Acqs (Aquse AugustœJ, aujourd'hui Dax, se dirigeant vers Bordeaux. Le port de Baï-une ne les avait point fixés, ces Romains qui ne furent jamais navigateurs, à qui l'Océan fit toujours peur avec ses tempêtes, son étendue infinie, son éternel inconnu. Leur mer, c'était la Méditerranée ; celle-là, du moins, a des bords.

Les Northmans qui — eux — furent les plus intrépides des ma-

lins, puisque c'étaient des pirates — affrontent l'Océan jusqu'à la côte cantabrique; la barre de l'Àdour n'arrête point leurs barques légères. Ils brûlent Lapurdum sans pitié et sans façon. La ville avait alors des vicomtes relevant des dues de Gascogne. Les seigneurs, qui relevaient à leur tour des vicomtes, paraissent avoir été t\i>* étrangers sur la terre basque — dominateurs d'une autre raçe,comme les Magyars en Hongrie.— Leurs noms indiquent des Gascons navàrrais : L6p ou Lupus, Garsie, Aner, Sanz ou Sanchez, Lobaner, Fortaner- — les mêmes que nous retrouvons en pays béarnais, vers le commencement du xne siècle. Les gens de Bayonne obtiennent leur ëharte d'affranchissement, grâce à la complicité de Raymond de Martre, leur évêque. Déjà, ils étaient passés sous la domination anglaise, leur suzeraine, Aliénor d'Aquitaine, femme répudiée du roi de France Louis VII, ayant épousé, en 1 152, Henri Plantagenest, roi d'Angleterre. L'épouseur royal avait dix-neuf ans, l'épousée en avait trente; elle employa le temps de jeunesse qui lui restait à donner à son mari quatre fils, qui le firent mourir de chagrin. De ces quatre méchants princes, l'un fut Richard Cceur-de-Lion. Aliénor est donc le premier auteur du célèbre opéra comique de ce nom, dont Grétry fit la musique. — L'histoire ne perd pas autant qu'on pourrait le croire à être mise en chansons.

Du xiie au xve siècle, Bayonne jouit d'une de ces constitutions vagues, élastiques, qui ne sont écrites nulle part, qui ne reposent que sur des coutumes, et qui, par cela même, sont les meilleures. I tB ville payait le cens par moitié au roi d'Angleterre, par moitié à l' évêque. Or, qu'était-ce que le cens? C'était la redevance féodale ;ni seigneur du fief par le possesseur du domaine utile. Or, ce possesseur ici, c'esl le Maire, présidant le conseil des cent pairs élus par le peuple; Bayonne s'est érigée tout simplement en république municipale. Les prud'hommes, devenus riches, prêtent de l'argent au roi, qui ne rendra peut-être pas le capital, mais payera l'intérêt en « libertés nécessaires ».

Les prêteurs s'en vont le trouver à Londres, quand ils ont un compte à régler; il leur fait fête et leur offre des présents : — Donnez à Amise, prud'homme de Bayonne, une robe de vair! Et cet Amise reparaît en sa fourrure dans sa cité. Quel honneur !

Bayonne traite d'égale à égale avec la monarchie anglaise. Bayonne a des traités particuliers avec les cinq ports anglais: Hastings, Rommey, Hythe, Douvres et Sandwich. En France, elle a pour cités et ports rivaux Bordeaux et La Rochelle, et déclare, en son nom et pour son compte, la guerre aux marins flamands et normands. Elle fait en grand le commerce des vins avec l'Angleterre, et la pêche de la baleine dans le golfe de Gascogne. Intérieurement, elle est bien un peu déchirée par les factions, comme toutes les Républiques ; il y a l'aristocratique et la populaire. La première ne souffre que malaisément la liberté malpropre des petites gens; le maire prend des arrêtés contre les vagabonds qui font leur cuisine en plein vent, mais il en rend aussi contre les abus commis par les bourgeois; il fait des lois somptuaires — particulièrement contre certain manteau noir à capuchon, nommé le paillet ou palhet, vêtement de deuil trop élégant que portent les veuves, et qui du veuvage ferait un plaisir. Il est interdit de porter le paillet plus d'un an et un jour.

Cependant les Anglais étaient chassés de France, pied à pied, et n'y gardaient plus que deux villes, Bayonne et Calais. En 1451, Dunois investit la ville. D'abord, il ne conduisait que 400 lances et 4,000 francs archers; mais Chabannes lui amena de grands renforts. Une flotte en même temps arrivait, commandée par Jehan Le Bouchier. Les Bayonnais tentèrent une sortie du côté de la mer; mais douze pinasses armées de couleuvrines remontaient l'Adour, et d'autres embarcations portaient les grosses bombardes. Il n'y eut bientôt qu'à se rendre ; l'évêque Lasègue négocia la capitulation, et les Français firent leur entrée le 11 août. Dunois, armé tout en blanc, monté sur un cheval housse de cramoisi, était précédé de douze cents archers, suivi de six cents lances. —

La ville était bien prise. Depuis, elle fut assiégée souvent, jamais emportée. Aussi se pare-t-elle d'une fière devise : Nunquam polluta. Il n'y a que Dunois qui pourrait protester et dire : Permettez, Messieurs de Bayonne!... — Mais vous verrez qu'il ne sortira pas de sa tombe pour faire cette malice aux Bayonnais.

Un Dunois avait violé la cité orgueilleuse , un autre Dunois la défendit, François, son gouverneur, le premier comte de Longueville et le fils du héros, compagnon de Jeanne d'Arc. C'était en 1523 : une armée de Charles-Quint, unie à des troupes fournies par Henri VIII d'Angleterre, assiégeait Bayonne. Les savants bayonnais vous diront que ce furent les assiégés qui, en ce moment-là, inventèrent la baïonnette. N'allez pas disputer, ils n'en voudraient pas démordre. Et puis, je vous le dis entre nous, s'ils n'ont pas de preuves à vous fournir, vous n'en auriez pas à leur opposer. La baïonnette, d'où qu'elle vienne, a eu pour métier de tuer; elle a joliment fait son métier, et c'est le principal.

Quatre ans après le siège par les Aragonais, en 1527, le Château vieux restauré vit s'accomplir une cérémonie fort agréable pour ce même empereur Charles, qui gouverna tant d'empires et qui devait finir par régler des horloges. Le maréchal de Montmorency y compta à ses envoyés la somme ronde de cent vingt mille écus ; c'était la partie sonnante, et la seule effective, de la rançon de François Ier, prisonnier à Madrid. François avait cédé la Bourgogne à son ennemi; mais céder et livrer sontdeux. Charles n'eut jamais que l'argent.

En 1565, arrive à Bayonne toute une corbeille de princes et princesses, souverains et souveraines. Catherine de Médicis avait résolu de faire voyager par toute la France son fils Charles IX. Le voyage dura près de deux ans. Le cortège royal s'en alla d'abord de Paris en Lorraine, puis delà par la Bourgogne, le Lyonnais, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, la Guyenne. Dans les cinq dernières provinces, les huguenots étaient nom-

breux; le passage de cette Cour somptueuse et galante, toujours en fête, toujours remplie de scandales, et semant, dit un vieil auteur du temps, — « les fleurs du plaisir teintées de pourpre sanglante », excitait les colères et les méfiances de ces religionnaires sombres. Arrivés au pied des Pyrénées, lejeune roi et la reine-mère firent une halte à Bayonne, où ils donnèrent de grands galas ; la ville aussi se mit en frais d'hospitalité magnifique. La reine Elisabeth d'Espagne, fille de Catherine et sœur du roi Charles, arriva bientôt, menée par le duc d' Albe. C'est cette entrevue qui a fait dire à beaucoup d'historiens que la Saint-Barthélémy avait été complotée à Bayonne, — c'est-à-dire sept ans avant son exécution. C'est ridicule. Si ces mêmes historiens s'étaient bornés à établir qu'un plan de restauration catholique fut discuté à Bayonne, ils auraient eu peut-être raison.

Ce plan même est connu, d'après Y Histoire des guerres civiles de Rome, par l'Italien Davila, et d'après les Mémoires du maréchal de Tavannes : il consistait tout simplement à rendre de plus en plus difficile, en dépit des édits de tolérance, l'exercice du culte réformé, afin d'en dégoûter le peuple; la noblesse huguenote se trouvant alors isolée, on l'aurait ramenée par la'corruption à l'orthodoxie. Conception tout italienne, sortie de la tête subtile de Catherine, et qui fut médiocrement approuvée par le duc d'Albe. Celui-ci, tout plein de la vraie simplicité espagnole, aimait mieux qu'on tuât — d'abord les grands; — après quoi, on aurait aisément raison des petits. — « Une tête de saumon, disait-il, vaut mieux que deux mille grenouilles. » — Il y avait passablement de protestants à Bayonne — surtout des grenouilles. Cependant, quelque vingt ans plus tard, en pleine guerre de la Ligue, on y vit un saumon. Il se nommait Château-Martin, huguenot de qualité; il menait un complot qui devait livrer la ville aux Espagnols. Il fut découvert; on le roua.

En 1659, après une guerre de plus de trente ans entre la France et l'Espagne, le traité dit des P.yrénées étant accepté clans son

ensemble comme instrument de paix, il restait en juillet 1659 à échanger les ratifications. Le 20 de ce mois, le premier ministre d'Espagne, don Luis de Haro, était à Saint-Sébastien ; le cardinal Mazarin partdeChambord, et s'étant arrêté quelques jours au château de Biclache, chez le maréchal de Gramont, arrive le 24 juillet à Bayonne. La Cour devait l'y joindre; l'histoire du voyage de Louis XIV aux Pyrénées se rapporte surtout, comme nous le verrons, à Saint-Jean-de-Luz.

Bien d'autres voyageurs couronnés ou découronnés : Philippe V se rendant en Espagne pour y prendre possession de son nouveau royaume, la reine douairière Anne de Neubourg, veuve de Charles II, chassée de Madrid, ont encore passé par Bayonne et séjourné dans la ville. Le plus glorieux de ces hôtes modernes c'estNapoléon. Ily avaitétéprécédé, en novembre 1807, d'un redoutable appareil militaire, car le général Dupont y rassemblait une armée de trente mille hommes pour soutenir les généraux Junot et Moncey, déjà entrés en Espagne. A Madrid, une insurrection populaire a emprisonné Godoï, le favori du vieux roi Charles IV, qui vient d'abdiquer en faveur de son fils Ferdinand, l'âme du complot et de la révolte. Napoléon était bien préparé à quelques changements en Espagne, mais il ne voulait qu'y faire triompher despotiquement l'influence française par Charles et son ministre; le nouveau roi Ferdinand était l'ennemi passionné de la France. Ce ne devait pas être une raison pour le dépouiller; mais les conquérants ont une morale particulière, et ils sont bien forcés de l'avoir.

L'Empereur avait donc résolu d'aller lui-même conduire des affaires si délicates; il part en avril 1808 pour Bayonne, y appelle Charles et Ferdinand, qui ont la simplicité de s'y rendre. On peut croire que Napoléon voulait un théâtre discret et sûr, pour les scènes outrageuses qu'il prévoyait entre le père, le fils et le favori délivré à Madrid par Murât, car il avait acheté le château de Marrac, situé à. dix kilomètres de la ville, sur la

route d'Espagne. C'est là qu'il reçoit les doux princes; l'abdication de Ferdinand sort de ces abominables querelles. Napoléon se fait céder par Charles tous ses droits au trône. On sait le reste, et comment Joseph Bonaparte devint roi. — Plus tard, Napoléon a dit : « La guerre d'Espagne a été une véritable plaie et la cause première des malheurs de la France. L'injustice était par trop cynique, et l'attentat parut dans sa nudité. C'est ce qui m'a perdu. » — En 1825, le château de Marrac a été incendié.

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