‹ Le pays basque et la Basse-NavarreChapitre 4 sur 75 · L'ADOUR · texte numérisé non relu

L'ADOUR

Bayonne a quatre portes correspondant aux quatre routes qui aboutissent à la ville, et dont l'une court vers Bordeaux' et Toulouse au nord, la seconde au sud vers l'Espagne, la troisième à l'est vers le Béarn et le cœur du pays basque ; ce sont les portes de France ou du Réduit, de l'Espagne et de Mousserolles.

La route du Béarn traverse le Petit Bayonne, et laisse à sa gauche les allées de Bo'uffiers, le jardin public, l'hôpital militaire, vaste bâtiment élevé sur l'emplacement autrefois occupé par les couvents des Carmes et des Jacobins. La route de France — ayant franchi le grand pont jeté sur l' Adour — contourne d'abord la base de la montagne de Saint-Esprit, qui porte la citadelle, œuvre do Vauban , puis du coteau de Saint-Étienne, chargé de villas et de châteaux, d'où la vue est admirable; — la môme, d'ailleurs, qu'on peut embrasser du haut de la citadelle sur le fleuve, la mer et les monts.

BÀYONNE. 27

Ne me demandez point de la décrire, un plus habile que moi s'en est donné la peine et s'est servi d'un instrument plus sûr que la plume : c'est Cari Vernet dans sa collection des Ports de France. Vous pourrez voir cette toile au Louvre.

Au nord de la citadelle, est une curiosité de l'espèce la plus mélancolique. On ne la connaît point, beaucoup de Bayonnais même l'ignorent; mais on rencontre sur le chemin des troupes d'Anglais qui grimpent; ces gens-là vous frappent tout de suite par certain complément de solennité ajouté à la raideur nationale ; ils vous ont enfin un air de circonstance qui vous engage à les suivre, et bien vous en prend, car ils vont tout simplement en pèlerinage. Après la montée, ils glissent sur la pente, toujours raides, comme si c'était sur la glace. Bientôt, en les suivant, on aperçoit une plantation d'arbres et des tombes. C'est le « cimetière des Anglais ».

Nous sommes en février 1814. Wellington occupe avec soixantedix mille hommes les routes de Saint-Jean-de-Luzet de Saint-Jean- Pied-de-Port à Bayonne, c'est-à-dire les avenues du pays basque et d'Espagne. Soult, qui ne conduit que soixante mille hommes, a sa droite à Bayonne, son centre sur l'Adour, sa gauche sur la Bidouze, affluent du fleuve sur la rive gauche. Le 26, Wellington attaque nos lignes; Soult recule, Bayonne est abandonné. Le général anglais suit l'armée française, mais laisse vingt mille hommes devant la ville ; et la fortune des combats y devient singulièrement capricieuse : le général Hope, qui commandait les assiégeants, passe l'Adour près de son embouchure, et tente de nouveau d'enlever la place; la garnison fait une sortie malheureuse, perd un millier d'hommes; seulement elle prend le chef anglais. Le temps s'était écoulé, nous étions au 14 avril, et c'est le prisonnier qui apprend aux défenseurs de Bayonne la capitulation de Paris. Cependant, ils tiennent encore, le drapeau tricolore flotte toujours sur la citadelle, que les Anglais vont essayer d'occuper par surprise. — Et voilà où j'en reviens au cimetière anglais, dans le petit vallon.

Il était et il est encore des plus sauvages : — de grands genêts, des arbres épineux; la combe en est profonde. Trois régiments anglais s'y cachèrent. Braves gens que ces Anglais! mais j'ai beau vouloir me les représenter en affaires d'embuscade, je vois toujours nos petits voltigeurs de ce temps-là, nos petits chasseurs à pied d'à présent, souples, agiles, passant partout; je ne me représente pas ces habits rouges. Ils furent dépistés; nous en tuâmes bon nombre. — Seize ans plus tard, en 1830, le consul anglais eut l'idée d'une souscription parmi ses nationaux en résidence aux Pyrénées; il s'agissait d'honorer les restes de leurs morts ; le terrain du combat fut acheté, et clés tombes commémoratives s'élevèrent.

La citadelle est proche ; elle ne saurait guère intéresser que les gens du métier. J'ai dit la vue qu'on embrassait du haut de ses bastions. Lorsqu'on en a joui suffisamment, il n'y a plus qu'à repasser la rivière. Le mieux alors, c'est de traverser la ville, de joindre la porte d'Espagne parles allées Paulmy, qui descendent à la Porte-Marine — la quatrième de la ville, celle qui ouvre l'accès de la basse rivière et de la mer ; — on gagnera les Allées- Marines, et l'on aura suivi dans sa plus belle partie la longue promenade qui longe les fossés, décrivant les mêmes courbes que les remparts. L'idée de ces boulevards magnifiques estvieille ; on les a plantés pour la première fois au commencement du xvine siècle, etlesarbresallaient être séculaires, quand le siège de 1814 les abattit ou les saccagea. Leurs successeurs n'ont encore que soixante-dix ans environ; pour ces géants-là, c'est la petite adolescence.

Leur ramure est si serrée et si profonde, que la pluie d'orage met plusieurs minutes à la percer; le soleil y use ses rayons verticaux au milieu du jour; il n'y a que les flèches obliques du couchant qui pénètrent par-dessous les basses branches. L'effet est charmant : ces feux dorés s'élèvent au tronc des arbres et se jouent aux premiers feuillages ; la lumière monte, au lieu de glisser d'en haut. A midi, l'ombre est pleine, la fraîcheur est délicieuse. Le

Ii A YONNE. 31

promeneur a ce dôme superbe au-dessus de la tête; il ne voit rien que d'un côté la muraille et l'herbe du rempart, une végétation curieuse et variée d'amaranthes et de grandes orties, de roseaux au fond du fossé ; de l'autre, des champs de maïs, puis les jardins de quelques villas, où l'ombre n'est pas moins tranquille et lente; plus loin, par-dessous une nouvelle et quadruple rangée d'arbres, la clarté de l'eau. Il est alors à la Porte-Marine, et devant lui s'étendent ces belles allées qui ont reçu le même nom. Les Allées- Marines descendent le long de l' Adour jusqu'à la forêt de pins qui ferme le paysage et donne au fleuve la figure d'un lac.

A gauche, les allées sont bordées de maisons, au pied desquelles passe une route carrossable conduisant à la mer. La liberté de l'architecture s'est donné carrière franche; les villas prétendues italiennes coudoient de prétendus castels à pignons, même à clochetons et tourelles. Tout cela — ou à peu près — est laid à plaisir, mais d'une laideur qui disparait dans la calme beauté du cadre et dans la majesté de ces grands ombrages. Au-devant de ces maisons construites en style de pâtissier, le fleuve coule; derrière, du côté du midi, court la chaîne des monts. C'est ainsi que la nature écrase partout le goût bourgeois et l'architecte son complice.

La route se poursuit, et de loin parait devoir se heurter à une haute dune blanche que nous connaissons déjà : c'est le Blanc- Pignon. Ici deux chemins vont s'ouvrir : l'un à travers la pignada, l'autre qui suit encore la rive. Le premier a bien du charme. On marche perdu, comme enseveli sous cette grande colonnade maigre et muette ; on entend parfois un soupir prolongé qui s'enfle peu à peu pour arriver à une sorte de cadence mugissante, et l'on s'arrête, cherchant d'où vient le bruit. Est-ce un coup de vent qui passe sur la tête des pins ? Est-ce la plainte de la mer déjà prochaine?

Cette pignada est un lieu romantique; le malheur, c'est que, lorsqu'on y est enfermé, on ne voit qu'elle. L'autre route est semée, au contraire, de curiosités changeantes. Et d'abord, avant

de la suivre, il est bon de jeter un regard en arrière; les yeux remontent le cours du fleuve jusqu'à Bayonne Là il semble se perdre au milieu des maisons et comme sous une forêt d'arbres nus: ce sont les mâts des navires. Aux approches du soir, la ligne violacée des monts rejette en avant tout ce tableau. La ville se détache en une vigoureuse silhouette au premier plan.

De l'autre côté, descendant toujours, on rencontre une ruine : c'est l'ancien lazaret, puis une caserne de douaniers. On est près alors de l'embouchure. Sur la rive opposée se montre un curieux petit port, le Boucau, dont les destinées ont été capricieuses,' puisqu'elles ont été réglées sur celles du fleuve. Il est à peu près certain que l'Adour a plusieurs fois changé de lit; le dernier de ces redoutables caprices est fixé à l'an 1367 ; une tradition le fait coïncider avec une tempête fameuse qui aurait détruit la flotte d'Edouard III d'Angleterre. Je cherche dans les auteurs, je ne trouve en 1367 qu'une bataille parfaitement terrestre dans les régions pyrénéennes, en effet, — sur l'Ebre; le Prince Noir eut mêmel'honneur d'y faire Duguesclin prisonnier. En 137*2, jevoisune autre bataille, — navale celle-ci, — où la flotte du roi de Castille,unie à celle des Rochelais, battit vigoureusement la flotte anglaise, commandée par Pembrocke. Je lis même qu'à cette nouvelle le vieux roi Edouard, s'arrachant aux sortilèges d'Alice Pierce, sa favorite, s'embarqua sur d'autres vaisseaux avec le Prince Noir, son fils, et vingt mille hommes, pour s'en aller reprendre en France ses provinces perdues, et que des vents furieux le rejetèrent en Angleterre. Je ne trouve point d'autres tempêtes, et c'est fâcheux pour la tradition.

Ce qui paraît établi, c'est que, vers la fin du xive siècle, l'Adour s'avisa de rouler au nord, partant du Boucau, «'ouvrant un chemin dans le sable au pied des dunes, pour s'aller jeter dans la mer, entre Boucau-Vieux et Cap-Breton. Là existait déjà un havre d'une profondeur considérable, que des courants balayent

sans cesse, et qui défie les atterrissements. Derrière le vieux Boucau est un vaste étang dont le barrage fut emporté, si bien qu'une superbe rade s'y creusa d'elle-même ; les navires de guerre y pouvaient mouiller. En quelques années, des chantiers de construction s'y étaient établis, une ville s'y élevait, ville toute maritime, qui prit une importance si rapide qu'au bout d'un siècle, le vieux Boucau comptait ses marins par centaines. Pendant ce temps, Bayonne pleurait sa méchante rivière qui s'en allait là-bas, dessinant entre deux longues montagnes de sable ce coude perfide ; Bayonne se trouvait ensevelie au fond d'une lagune. Les barques y remontaient à peine.

Le salut lui vint d'Espagne, au bout d'un autre siècle; celui qui se manifesta pour commander aux flots était pourtant un Français, et même un Parisien. En ce temps-là, on ne distinguait point l'ingénieur de l'architecte, et Louis de Foix ne prit jamais que cette dernière dénomination. Il arrivait de Madrid, où il avait eu part à l'édification' de l'Escurial sur le modèle fameux du gril de Saint-Laurent. Il s'appelait Louis de Foix ; c'est lui qui plus tard construisit la tour du Cordouan, à l'embouchure de la Gironde.

Tout ce peuple de marchands éplorés l'arrête au passage ; il eut pitié de leur misère, et peut-être eut-il tort de se mettre à l'œuvre, car il pourrait bien n'avoir obligé que des ingrats. La légende bayonnaise, en effet, vous dira que « l'architecte » n'aurait point réussi sans le secours d'un nouveau cataclysme qui, d'ailleurs, est décrit dans les auteurs contemporains. Il parait qu'après un orage qui avait duré plusieurs jours, les Pyrénées se mirent à verser du haut de leurs cimes la prodigieuse quantité d'eau qu'elles avaient reçue. Ce fut comme une trombe qui faillit ensevelir la ville, mais qui, en s'écoulant vers la mer, rejeta les sables à droite. Le port se trouva subitement rouvert, et le canal naturel qui portait l'Adour vers le vieux Boucau, aussi soudainement obstrué : le fleuve avait repris son cours. Mais il demeure douteux pour les Bayonnais qu'ils en aient eu obligation au

« Parisien » ; ils aiment mieux tenir ce bienfait de leurs Pyrénées et d'un regard favorable de la Providence, qui les trouvait suffisamment punis par un carême de deux cents ans. L'historien de Thou, en ce temps-là commissaire royal en Guyenne pour y restaurer la justice, et aussi pour l'y rendre, a partagé leur opinion ; ce grave magistrat ne croyait point à tant d'habileté chez les ingénieurs ; — ce n'étaitpas un moderne. — Ce qui le prouve, c'est qu'il écrivait en latin.

Quant à nous, mettons que la restitution de l'Adour à son ancien lit a surtout été due à un caprice de la nature ; mais ce caprice n'aurait pas suffi à l'y maintenir, car le fleuve est vagabond. Une immense digue a été construite au xvine siècle ; elle n'a empêché qu'en partie l'amoncellement des sables, et pourtant a quelque peu déplacé la barre, l'a rejetée en avant, avec une légère inclinaison de la passe vers le sud. Au commencement de notre siècle, d'autres travaux ont été entrepris, et des jetées colossales ont resserré ce lit éternellement mobile. Le résultat ayant été directement contraire à celui qu'on se proposait, et l'ensablement faisant de nouveaux progrès, on a changé de systèmes, il y a quelque quarante ans. On remarquera que le mot de systèmes est employé, ici, au pluriel.

Et ce pluriel dit ce qu'il veut dire : il y a eu d'abord les jetées basses inférieures au niveau des marées, par opposition aux jetées hautes d'autrefois ; puis les jetées à claire-voie. Ces dernières allaient réussir, et l'on avait gagné un mètre environ en profondeur, quand, il y a cinq ou six ans, une tempête les dispersa. Pendant quelques semaines, l'entrée et la sortie du port ayant cessé encore une fois d'être praticables, Bayonne se crue revenue aux jours douloureux du xve siècle.

Le passage de l'embouchure, quoi qu'on fasse, demeurera toujours difficile, et le seul moyen de vaincre ces difficultés a été trouvé par l'industrie moderne. Un puissant remorqueur stationne en face du Boucau neuf, dans ce vaste bassin si super-

bayonne. :;:,

bernent encadré que forme le fleuve. Quelquefois, par les hautes marées, les navires peuvent remonter ou descendre sans son secours ; encore faut-il que la direction du vent soit favorable et la brise pleine. Alors le navire, chargé de son immense toile blanche, glisse au milieu de cette verdure vigoureuse des rives, et, portàt-il cinq cents tonneaux, il danse comme une barque au milieu des brisants, à la pointe des lames, lorsqu'enfin il 8'esl engagé dans cette terrible passe. La mer, longtemps vaincue par les marchands bayonnais, prend sa revanche , et battant tous les barrages qu'on lui oppose, menace sans cesse de rendre sa splendeur à Cap-Breton.

La passe orageuse a des bords charmants ; c'est une ironie de plus. Tout près de la barre, un champ de courses a été installé. La piste, de 2,400 mètres, s'allonge sur le sol le plus doux, le plus élastique, le plus favorable au galop. Aussi , les courses de Bayonne sont-elles très suivies ; elles se donnent au mois de septembre, et toute la colonie de Biarritz se fait une loi de s'y rendre. On ne peut se figurer ce qu'il y a de ces lois mondaines, dans ce lieu archimondain. Ici, le plaisir récompense la peine. Ce champ de courses est certes l'un des plus magnifiquement pittoresques qu'il y ait au monde. Cette piste moelleuse contourne un petit lac naturel creusé au milieu des sables. Des tribunes, où s'agite le public le plus bigarré, en présence d'une élite très aristocratique, formée de la belle société parisienne et surtout madrilène, on découvre les Pyrénées et l'Océan.

Mais ce merveilleux tableau, nous le verrons surtoutde Biarritz, où l'on peut se rendre en suivant les dunes. On atteindrait ainsi le cap Saint-Martin, que domine un phare de première grandeur, et de là on embrasserait tout le panorama de la chaîne canlabrique dominant les montagnes basques, la Rhune et la Haya qui couronnent Saint-Jean-de-Luz. Quant à nous, revenons sur nos pas ; nous prendrons la route bourgeoise pour joindre Biarritz,— le moyen de locomotion prosaïque, court et sans fatigue,— le tramwa y.

Au retour , nous revoyons les Allées-Marines ; nous examinons à loisir les demeures qui les bordent ; ce sont de beaux abris qui défient les atteintes des deux saisons : — rafraîchis l'été par le souffle de l'Adour et la brise de mer, qu'ils reçoivent du nord et de l'ouest, attiédis l'hiver par les soleils du midi. Charmantes retraites, à deux pas de tout ce qui a le mouvement et la vie : — une ville populeuse et l'Océan; — vers le sud, regardant ce qui est éternellement immobile : les monts. Toujours cheminant sous les ombrages, et dérobant, sans qu'ils le sachent, une part du rêve tranquille que les habitants de ces heureuses villas doivent poursuivre, nous atteignons les abords de la Porte- Marine, puis une ruelle qui fait suite au pont dormant, conduisant par cette porte à la Place-d' Armes. Là, dans un jardin, s'élève un kiosque d'une chinoiserie supportable : c'est un café. La gare y touche, — une toute petite gare , dont l'encombrement donne à toute heure le même tableau qu'offre, les dimanches d'été, la gare de Saint-Cloud. La foule y est seulement bien plus pittoresque et diverse : la bourgeoisie bayonnaise va prendre son bain à Biarritz, dans les après-midi : il en coûte moins de dix sous, et pour aller voir le beau monde de là-bas, ce n'est pas cher.

Le peuple abonde, — tous les peuples : basque, béarnais, espagnol. Une servante oloronnaise, — race éclatante et vigoureuse, au profil antique, — lance ses lazzis, que relève un petit peloton d'artilleurs en goguette. — La garnison à Bayonne est nombreuse. On se presse, on se pousse, on se chamaille. Dans le pli de toutes les ceintures espagnoles ou basques, il y a des couteaux. Heureusement, ils dorment. Les portes des salles viennent enfin à s'ouvrir; tout le monde court, se bouscule, s'empile dans des wagons à deux étages. Ce chemin de fer est qualifié « d'intérêt local ». Et s'il n'avait point d'intérêt pour la localité qu'il dessert, pour qui en aurait-il donc? La drôle de langue industrielle que nous parlons à présent !

Le train part ; la voie ferrée laisse à gauche la route de Cambo,

HAYON.NK.

et de ce côté, les montagnes se profilent sur un joli ciel que de légères vapeurs pâlissent à l'horizon ; à droite, elle est bordée de villas. Bientôt on atteint la petite station des Cinq-Cantons, qui dessert Anglet ; — puis à travers les parcs d'autres villas, à travers de petits bouquets de bois de pins, la mer se découvre. Cinq minutes encore, et nous serons à Biarritz.

Page 1