‹ Le pays basque et la Basse-NavarreChapitre 34 sur 75 · BIDACHE. LA COUR DE LA TERRASSE · texte numérisé non relu

BIDACHE. LA COUR DE LA TERRASSE

aucune trace d'antiquité : pas une maison âgée d'un siècle; l'église même est moderne.

Comme presque toutes les bourgades du pays, celle-ci se compose uniquement d'une rue principale faisant suite au pont, et d'une autre qui la vient croiser à angle droit. Mais je ne voudrais point offenser Saint-Palais par ce nom de bourgade; c'est bien une ville — et qualifiée — et tenant son lot et son emploi dans la grande machine: Saint- Palais est le siège du

tribunal , bien que ee ne soit qu'un chef-lieu ' de canton. Monsieur le sous-préfet habite Mauléon, qui est le chef-lieu de l'arrondissement. On rencontre plusieurs exemples en France de ce partage des honneurs. Il y a donc des juges à Saint- Palais, tout comme à Berlin. J'ai même remarqué qu'on y voyait une bourgeoisie nombreuse pour un centre si petit, — à peine tleux mille âmes. On m'assure que le lieu est agréable à beaucoup de vieux officiers, qui viennent y Unir doucemenl leur vie; après tout, je l'ai dit, il est assez attrayant, et le cadre en a de la grâce et une certaine gaîté tranquille. On nous indique de faciles promenades, et, par exemple, une très prochaine dont le but est la ruine du château de Uhart-Mixe. — Nous la ferons après le repos de la nuit.

De ce prétendu château nous avons rencontré des souvenirs plutôt que des restes; mais la situation est heureuse au confluent de la Bidouze avec le petit Gave de Lambare. Un turbulent qui descend des monts et donne quelque mouvement et quelque vie à l'indolente rivière. Sur l'autre rive de celle-ci, Ostabat montre les vestiges d'un autre manoir, celui de Laxague. Nous poursuivons la promenade, séduits parles nouveaux aspects du paysage qui s'anime et change à chaque instant. — Des ruines partout, à Larceveaux, à Mongelos surtout, qui fut une villette entièrement fortifiée. Elle est encore entourée de douves profondes. Mongelos renferme plusieurs maisons anciennes.

A Lacarre, nous retrouvons la route de Saint-Jean- Pied-de- Port à Bayonne. La . Bidouze s'en éloigne, ce n'est déjà plus qu'un ruisseau; et c'est un incident — un peu rude — de la promenade que d'aller visiter sa source, car enfin cette paresseuse Bidouze, qui sur presque tout son parcours a l'air de ne point avancer et de n'aller où que ce soit, vient pourtant de quelque part.

Elle descend d'un grand ravin, la nonchalante, et pour son honneur, en descend même assez vite, car la pente est rapide.

Une forêt, d'un côté, domine cette vaste combe, toute fendue de crevasses et hérissée de roches: c'est le bois d'Oyanbilça; de l'autre côté, à gauche, monte le flanc de l'Elaudy. Nous voici donc revenus en pays de vraies montagnes. Seulement, ce n'est plus une promenade, on nous a tendu un piège; c'est bel et bien une excursion, même une ascension, car la source de la Bidouze n'est point là. Plus haut, encore plus haut.

Nous la trouvons enlîn entre la forêt des Arbailles et celle de Cabocé. Deux heures de marche. Nous n'avons pas pris nos cartes ; il faut nous orienter longuement, et raisonner, et disputer de même, pour arriver à reconnaître le pic de Cabocé au-dessus de la première de deux forêts qui lui a emprunté son nom. C'est le sommet le moins haut d'un petit massif qu'il forme avec les deux monts d'Aphanicé et d'Harrichoury. Il a pourtant encore douze cents mètres.

Au pied d'Aphanicé nous trouverions un col que franchit la route de Saint-Jean-Pied-de-Port à Tardets, en pleine Soûle; mais ce n'est pas notre itinéraire. — Nous redescendons lentement vers Saint-Palais.

LA MAISON LAKKEK UK 1- fc Y K t H "J P. A K t.

Page 1