Lous moustards deu billagé
LA VALLÉE û'OSSAU, ARIDV, LOUVIE, LARUNS.
menl : n'était pas digne d'être considéré comme « historique ». On l'aura oublié clans le classement.
Cette porte, du plus pur style de la Renaissance, est délicieuse ;
LA POKTE DE L'ÉGLISE DE LARUNf
mais la vieille église contient une autre curiosité d'ail : oust un bénitier en marbre blanc, que les guides et les auteurs attribuent à la même époque; il suffît d'y regarder de près pour reconnaître l'erreur. A l'intérieur de la vasque — car nous sommes en présence d'une vasque évidemment antique— se voient sculptés,
avec un grand relief à l'entour, une sirène tenant un poisson, un sagittaire lançant sa flèche, deux autres poissons; sur le côté, nous trouvons le monogramme du Christ en lettres gothiques, et une décoration d'entrelacs. Ces deux pièces sont du xve siècle, mais celles-là seulement. Il est probable que ce morceau délicieux de sculpture a été approprié, vers ce temps, à l'usage religieux, et que c'est encore un des débris du palais de Bielle.
L'église, qui sera abandonnée l'an prochain, sert encore aux cérémonies du culte. Le soir, des chants s'en élèvent, et nous attirent. Nous allons voir les capulets rouges des Ossaloises et leurs tuniques noires à la lueur des cierges. Tout à coup, un bruit bien différent résonne à l'autre extrémité de la place. C'est le battement sourd d'une grosse caisse, auquel se mêle un hautbois. Point de doute, on danse. Le bal est ouvert sous les arcades de la halle.
C'est la danse béarnaise, le batch, et il est incroyable que ces grands diables puissent, au son de cette musique enragée, mener leurs danseuses avec tant de douceur. Elles ont mis bas le capulet, et leurs longues tresses s'en vont battant leurs épaules. Mais ce batch n'est qu'un prélude; le pas bientôt s'accélère; c'est le « branlou». Comme la valse ou la tarentelle, le branlou peut acquérir une vitesse vertigineuse; les danseurs l'entremêlent de grands cris, qui ne cessent que lorsqu'ils ont perdu l'haleine.
Sous la halle, les danses ne finiraient point; mais dix heures ont sonné; le tambour de la ville arrive sur la place, battant un premier ban d'avertissement, puis un second après quelques minutes ; au troisième ban, les danseurs se dispersent.
Le 15 août, jour de l'Assomption, fête patronale de Laruns, il y a trois bals dans le village ; l'un est pour les Basques. Dès le matin, les jeunes gens, en grand habit ossalois, ceinture et jarretières neuves, précédés de flûtes et de tambourins, vont de porte en porte, offrant la rasade aux vieillards, — aux belles filles des bouquets toujours reçus, et des baisers qui le sont quelquefois.
LA VALLEE D OSSAU, ARUDY, LOUVIE, LARUNS.
Les galants de cette ville
S'en vont par deux, par trois, dondaine.
A la porte de la belle ,
Ils ont redoublé le son, dondon.
La belle sort à sa fenêtre :
Jeunes gens, que voulez-vous, dondaine?
La fête de Laruns est le rendez- vous de tous les pays ; on y accourt de Pau, d'Oloron, des Eaux-Chaudes, des Eaux-Bonnes, de la frontière espagnole; les omnibus, les landaus et les carrioles couvrent les routes. La place du village est encombrée d'une foule énorme. C'est le 15 août que se fait aussi une procession, la plus vive attraction de ce grand jour ; M. Taine l'a décrite dans son Voyage aux Pyrénées.