PETIT LOGIS A KAY
est au piano et chante ; la foule bat des mains, et lance des lazzis inoffensifs. Ce peuple des Pyrénées, ordinairement de belle humeur, n'est jamais grossier. Dans le salon du notaire, les quadrilles se forment; sur la grande place aussi, les danses vont commencer. D'un côté le piano, de l'autre la grosse caisse et le hautbois. — Ceci tuera cela! comme a dit le poète. — Vraiment, on se demande comment ceux qui dansent à couvert peuvent entendre le piano.
Le matin, en quittant Nay, nous rencontrons d'autres bourgades industrielles; la plus importante est Mirepeix. Nous allons bientôt reprendre la voie moderne de locomotion, le chemin de
LE COL d'aUMSQUE, LE GABIZOS, LA VALLÉE DE FERRIERES. 145
fer, et retrouver à Coarraze le point d'où nous sommes partis, dans notre précédent voyage; nous cheminions alors vers Lourdes et Argelès, pour nous élever ensuite au massif de Cauterets, puis à Barèges et à Luz. C'est dans cette dernière bourgade que nous avons vu la première grande église fortifiée des Pyrénées; nous allons revoir à Coarraze un autre modèle.
porte de l'église de coarraze.
De Nay, nous devons monter un peu pour joindre Coarraze- Nay, où se trouve la station. La première des deux villettes est située, comme on le sait déjà, au bord du torrent, presque à fleur d'eau; la seconde est campée au flanc d'une colline. Ce trajet devient, par une belle matinée, la plus charmante des promenades. Nous suivons la rive droite du Gave; la vallée est calme et fraîche; — elle court au-dessous d'un premier plan de montagnes au midi; au nord, nous n'apercevons plus que des collines vertes. — Coarraze ajustement la même situation que Pau, — mais bien moins élevée.