CONTRE UN TAILLEUR
Argument.
La chanson suivante , en guipuzcoan , est incomplète ; il faudrait recourir en Espagne pour se procurer les couplets qui manquent. En France, on n'en connaît que quatre. C'est de la bonne poésie, mais qui, séparée du chant, perd beaucoup de son intérêt.
Cette pièce , où Ton voit percer ce trait particulier du caractère basque, la vanité du costume, rappelle un peu l'usage des bardes euscariens, qui, lorsqu'ils se rencontrent, font assaut de talent et s'attaquent ordinairement l'un l'autre dans leurs défauts personnels, dans leurs habits, etc. Ces sortes d'improvisations et de dialogues chantés en face, ont pour but de provoquer l'hilarité des auditeurs aux dépens d'un adversaire qui ne peut espérer de triompher à son tour qu'en donnant plus ample matière encore à la malignité et à la bonne humeur des assistants.
Il me parait certain que le rimeur a dù continuer l'historique du tailleur, probablement même que ces quatre vers ne sont qu'un exorde à la joute poétique. On en voit souvent de pareilles en Bretagne, contrée qui offre plus d'un point de comparaison avec le Pays Basque, et où les meuniers et les tailleurs sont ennemis déclarés. Doués les uns et les autres de la faculté poétique, ils en usent pour se faire la guerre ».
Les tailleurs ont également compté parmi eux des troubadours, soit en France, soit en Espagne. Durand, qui florissait au commencement du XIII* siècle, était tailleur à Paeraas, c'est-à-dire sans doute à Pernes, petite ville de l'ancien comtat venaissin *.
D'un autre côté , vers l'époque des Kois Catholiques , il y avait en Espagne un poëte fameux, Anton de Montoro , de Cordoue, plus généralement connu sous le nom ou le sobriquet dW Ropero, parce qu'il exerçait l'état de tailleur, ou plutôt de ravaudeur. M. le marquis de Pidal, qui s'est étendu assez longuement sur le pauvre troubadour dans son Essai sur la poésie castillanne pendant les
* Boruu-Breit , t. II, p. 263. Voyez encore p. 245.
* llinloire IMiruire 4e» troubadours, etc. , t. II, p. 226.
386 LE PATS BASQUE.
XIVe et XV* siècles \ témoigne de la surprise qu'Anton, qui, de plus, était pauvre et juif de race, ait pu, dans une condition aussi ravalée , acquérir non-seulement un style facile et gracieux, mais le savoir et l'érudition que dénotent certaines de ses poésies. A coup sûr, de ces deux choses, une au moins, la dernière, est difficile à expliquer. Ce qui mérite encore d'être signalé , c'est le penchant qui porte les tailleurs poètes vers la satire. Exerçant une profession qui laisse à leur esprit toute sa liberté, on comprend de reste qu'ils soient enclins à composer des vers et à chanter ; mais on ne démêle pas aussi aisément si cette humeur satirique est le résultat d'un sentiment d'envie auquel les conduit cette culture intellectuelle, ou tout simplemeut l'eflèt d'un tempérament irrité par la vie sédentaire.
SASTHE BATE N CONTRA.
( Bae» »»rart*rr».)
Aspaldico demboretan penetan naiz bici , Bi l>ertsu ecin pharatuz sastre okher bati. Hobe nuke bada ez banintzan hasi ; Nola phensatuco ludan, Jaungoicoac daki.
Ghito, nuithur zikin, ahalgue gabia , Norc ustc duc ditela bemen hire galdia? Hi erruncales baiuo, ni sena finetan Hobeki bczli niagoe, ahlaia hunetan.