PAS MA LANCE
L'escuara a vu le jour, allons tous à la danse. 0 escuara! rends grâces au pays de Garacy qui t'a donné un essor convenable. Jadis tu occupais le dernier rang parmi les idiomes, aujourd'hui le premier t'est réservé.
Les Escualdmme avaient l'estime du momie entier*: il n'en était
1 Echepare l'a déjà dit, mais une foi* ne loi sofflt pas, il tant qu'il se répète. Après lui, le P. de Larramendl ira plus loin , quand , dédiant son Diccionario trilinçue a la très-noble et irès-lojale province de Goipmcoa, il écrira :■>... de las beroica» qaalidades de V. S. ja &e sabe , que es panegyrista todo el orbe. -
LE l'AIS BASQl E.
Bana haien lengoagiaz berce oro burlatzen , Coren ecein scripturan eri deiten ez paitcen. Orai dute iccasiren nola gauça honacen.
Hcuscaldun den guiçon oroc alcha beça buruia , Eci huien lengoagia içanen da floria.
Prince eta jaun handiec, oroc haren galdia Scribatus halbatute iqhasteco désira.
Dcsir hura complilu du Uaracico naturac, Ela haren adisquide orai Bordelen denac. Lehen imprimiçalia heuscararen hura da : Basco oro obligatu iagoiticoz hargana.
Efoi lelori, bai lelo, leloa çarai, leloa. Heuscarada cainpora ela goacen oro daneara.
Débile princijtiutn melior fortuna sequatur.
pas de même de leur idiome, parce qu'il n'était pas écrit. On saura aujourd'hui combien est belle la langue des Escualdunac.
Que tout Escualdun lève la tête, car son langage est une fleur de parfum suave. Les princes et les grands seigneurs réclament qu'il soit écrit, afin qu'ils puissent l'apprendre.
Leurs désirs ont été accomplis par un originaire du pays de Uaracy et par un de ses amis qui aujourd'hui habite Bordeaux. C'est cet ami qui, le premier, a fait imprimer l'escuara : que tout Basque lui conserve une reconnaissance éternelle.
Et cela à lelo, oui lelo, vous êtes lelo, lelo. L'escuara a vu le jour, allons tous à la danse.
Que ce faible commencement ait une meilleur*- fortune.
Tel est Yexeyi monumenlutn du poëte. Il est aussi glorieux d'avoir écrit et fait imprimer du basque, qu'Horace pouvait l'être d'avoir le premier fait résonner aux oreilles latines la lyre de Lcsbos. L'érudition et le souvenir du lyrique romain sont évidemment mêlés ici à l'inspiration originale. D'Echeparc était savant : au séminaire, si ce n'est au dehors, il avait lu les classiques grecs et latins, et il lui en était resté quelque chose.
AHNAILI» (> I H b > A ft 1 . , 4-55
ARNAULD OIHENART
Arnauld Oibenart bien plus connu comme historien que comme poëte, l'est bien peu dans sa vie privée. Tout ce qu'on sait de lui , c'est que né à Mauléon , il se fit recevoir avocat au parlement de Navarre, et mourut vers 1675 *, après avoir partagé son temps entre l'exercice de sa profession et l'étude des antiquités de son pays. Le fruit de ses recherches en ce genre est une description de la Navarre et de la Gascogne, qu'il publia à Paris, en 1638, in-4°, sous le titre de Notitia vtrivsque Vusconiœ , tum Ibericœ tum Aqviianicœ , titre qui fut renouvelé en 1056. Cet ouvrage est divisé en trois livres , dont le premier contient quatorze chapitres, le second dix-sept, et le troisième treize. Le premier livre, qui sert de préface à tout l'ouvrage, traite des anciens Vascons et des Cantabres, de la géographie de leur pays, de leurs mœurs , de leur langue et de celle des Basques. L'histoire ancienue de la Navarre et la généalogie de ses rois remplit en totalité le livre II, qui se termine par un catalogue des anciens comtes d'Aragon et de Biscaye. Enfin, le troisième livre, dans lequel, dit l'auteur, il s'agit spécialement des Vascons d'Aquitaine , est consacré à l'histoire de la Gascogne et des familles qui l'ont gouvernée. Écrit avec une grande lucidité et dans un très-bon style, ce livre est toujours recherché comme l'œuvre de l'un des
1 Le P. Joseph de Moret, filant notre auteur, qu'il appelle esrritor diligente, y de mut/ exacta erudicion de nne$m edad, ajoute qu'il tient d'apprendre m mort, non sans une grande douleur, f Annule* 4et reyno de Navarra, liv. III, chap. I, $ IV, n° 15; èdit. de MOCCLXVI, in-folio, t. I, p. 89, col. 1.) Or, comme la permission d'imprimer du R. P. provincial , rapportée a la suite de l'epttre dèdieatoire, est datée du mois de décembre 1676. il est à croire que la mort d'Oihenart ne précéda pas de beaucoup cette époque.
historiens les plus éclairés et les plus judicieux de son temps, et l'ait regretter que nous n'ayons pas son histoire de la maison de Granmiont *.
Poète, Oihenart est loin, ce nie semble, de mériter un éloge en rapport avec celui-là ; mais peut-être un talent devint exclure l'autre. Publiées à Paris en 1057, sous le titre d'O.'"* Gastarou ncurthizetan, La Jeunesse d'O. en vers basques, ces poésies, qui forment comme l'appendice du recueil de proverbes basques rassemblés par le même écrivain, s'ouvrent par une espèce d'avant-propos destiné à montrer dans quel but il a publié les elîusions de son adolescence : « Combien que les Basques, dit-il, ayent assés d'inclination à la poésie, si est-ce qu'ils ont fait si peu d'estat jusqu'ici d'en observer les règles, et niesine de les connoistre , qu'eu tout ce que nous avons , soit d'imprimé ou de manuscrit de leurs ouvrages poétiques , il y a fort peu de vers qui soient réguliers... C'est ce qui m'a obligé, après avoir parlé de ces règles en un autre ouvrage », à souffrir que ce peu de vers , qui m'estoient échappez en mon jeune âge, voye le jour, afiu qu'il apparoisse que la pratique de ces règles n'est pas si mal aisée en nostre langue , qu'aucuns se sont persuadez , et non point pour autre sujet ; car, comme en les composant, je n'avois cherché que mon divertissement , aussi ne pretens-je pas , par la publication qui s'en fera, participer à l'honneur qui accompagne les ouvrages des bons poètes. »
Cette déclaration est -elle bien sincère '! En songeant combien
' Oihenart , à ce qu'il paraît , s'en occupait en 1648 , et fouillait les archives dans ce but. Ayant sollicité auprès do vice-roi de Navarre la permission de voir Mlles des Comptes, a Pampelue, cet officier demanda un rapport a son tribunal et refusa , se fondant sur ce que le véritable objet d'Oibenart était d'écrire contre l'occupation de la Navarre par les rob de Caslille, et contre l'opinion qui attribuait les chaînes des armes du premier de ces royaumes a la bataille de las Navas de Toi osa. t Adiciones al Diccionario de antiguedades de iïavarra, p. 238.) Il est de fait qu'Oibenarl passe pour être l'auteur de deux traités de nature a justlûer le refus du vice-roi : le premier, publié en 16Î5, in-4°, sous le titre de Déclaralion historique de T injuste usurpation et rétention de la Navarre par tes Espagnols; le second, inédit et intitulé : Savarra injuste rea, etc., site de Nasarrat regno contra jus (asque occupato, expostulatio. A. 0. M. On en trouve un long extrait dans les Mémoires pour t histoire de la yacorre et de Flandre, etc., par Auguste Galland. A Paris, chez Mathieu Guillemot, M.DCXLVIll., in-folio, aux preuves, p. 110.
* Nous ne savons de quel ouvrage Oihenart veut parler; il n'y a rien de pareil dans l« yolttta utriutque Vasconiof.
AHNAELD OIHENART. 457
de fois il eu a été fait de semblables, on est en droit d'en douter. Bon mari , comme nous le verrons plus tard , Oihenart dut être aussi bon père, et les fruits de ses efforts poétiques eurent sûrement part à sa tendresse. Voyons quelle place ils doivent occuper dans notre estime.
La plupart des poésies dont il s'agit sont des élégies amoureuses dont le fonds se retrouve partout , chez les anciens et chez les modernes, depuis Tibulle et Catulle jusqu'à Parny, mais avec moins de variété. Le poëte souletin, s'adressant à l'objet de sa passion, parle de la peine qu'il a prise pour se faire aimer, du contentement qu'il ressentait quand sa maîtresse attendait sa rencontre sur la route et qu'il pouvait lui adresser la parole. Il finit ainsi :
N'iri bai baten erraitera Esenthoske ehois ère?
Orai, zure mines hilzera Nohela , ikhusiz berere ?
Oeren berhetus zurgorreti Baitaguidasu zure aldeti ?
Ceren berhetus zurgorreti , Baitaguidasu horla beti ?
[ Ne pourriez-vous donc pas oser me dire un oui , en me voyant sur le point de mourir maintenant du mal que vous me faites souffrir ? — Mais pourquoi donc me regardez- vous avec hauteur? Pourquoi donc me regarde/.- vous toujours ainsi avec hauteur, de votre côté?)
Dans la pièce qui porte le nù II, Oihenart se plaint à une certaine Marguerite des rigueurs dont elle paie son amour :
Margarita , Badaidita
Othe huts sin eguitez.
Beguis ourdin Bezain gordin Zarela zure eguitez ?
(Marguerite, se pourrait-il que, malgré vos vains serments, vos actes pour moi fussent aussi cruels que vos yeux bleus?
11 lui rappelle qu'il l'a servie et courtisée pendant longtemps : - Souvenez- vous, dit-il, combieu j'ai été ferme et tidèle dans mon
4iSR
LE PATS RASQUE.
amour pour vous , combien j'ai toujours été empressé à exécuter vos ordres. •
^embat nizau Su tan izan
Bethi line eta ekuru , Gein , manura Ere, ardura Erne bethi et aiduru.
Une pareille constance mérite bien d'être récompensée :
Et' uztazu,
Guticiazu
Nizan hori bercre
Amerstera ,
Pot guitera ,
Dudan zuri bolh erc.
Guero azquenic ,
Beharrenic
Emadazu dudana ,
Margarita ,
Jin congita
Gauan behin zugana .
Laissez- moi , au moins, rêver ce que j'ai ambitionne le plus : le droit de vous donner des baisers. — Et enlln accordez-moi, Marguerite, ce dont j'ai le plus besoin : la liberté de venir auprès de vous une Tois chaque nuit.)
Dans la pièce qu'il a intitulée Aryviu darizanari ( A celle qui fut la lumière), Oihenart montre, je ne dirai pas plus d'habileté comme versificateur, mais plus de sentiment poétique, peut-être aussi plus de passion :
«■ Sans (oi, Arguia, les jours et les nuits ne sont rien pour moi, s'écrie-t-il au début; sans toi, je ne suis qu'un simple aveugle, car tu es ma lumière. »
Gauic egunic ,
Estinat hounic,
liirequi ezpaniz, Arguia;
Hirequi ezpaniz ,
Itsu hutsa niz,
Ceren baihis ene arguia.
- De même que les aiguilles du cadran , couduites par un engrenage
AENAULD OIHEISABT. 459
acéré , vont , de leurs pointes effilées , indiquer juste l'heure de midi ;
de même aussi , entrain*» par une force invincible , depuis que tu m'as frappé au cœur, je t'appartiens irrévocablement de corps ou de souvenir jusque dans mon sommeil. »
Oadran-orrazac , Burdin-aiz lazac , Hunqui eta bustan mehea , Chuchen , han hara , Eguerditara
Diaducan punta chehca.
>'i , hala hala ,
Tiras beçala ,
Hic ioz gueroz bihozean ,
Hiri gorpizes ,
Beti , ed' orhb.es
Narain, bait* are lozean.
Le poète finit par demander un rendez -vous dans un lieu secret, afin que le monde ne jase point.
Protestations d'amour, plaintes sur l'indifférence qui les accueille , telle est la substance de l'élégie IV, qui commence ainsi :
Zutaz berzeric Nehor maiteric Eztudalaric hernan, etc.
La suivante mérite davantage l'attention ; on y lit ces vers , qui nous montrent à quel point l'auteur poussait la témérité dans sa jeunesse :
(iauas , epaiscas , zur* echen sartuz, Em' ibiliz , eme hat sartuz , Eta hastazes , gambara bilan Jraganic, beldur handîtan , Net hat sarturic , zur' oh' ondora Banatorra , zuc heiagora Eguitenduzu, ni hautzemanic.
Et' ordu hartan , gachoa nie , Leihoti iauziz , ohoin' iduri .
Hilpenan behar dut izuri.
( I*i nuit si , comme un larron , je pénètre sous votre toit , et qu'en marchant sur la pointe des pieds et retenant mon haleine je monte à tâtons vers votre chambre, que j'arrive essoufflé et saisi de crainte
LE PATS BASQUE.
jusqu'auprès de votre lit, aussitôt vous poussez des cris d'alarme , en me surprenant dans votre appartement. Alors, que mou malheur est grand! je suis obligé de sauter par la fenêtre comme un voleur, et de fuir emportant avec moi un chagrin mortel.!
La maîtresse d'Oihenart lui échappe par son mariage avec un homme riche. Le poète alors compose une complainte, dans laquelle il place tout ce que Ton peut dire en pareil cas.
« Plût à Dieu , s ecrie-t-il au milieu de la pièce, que jamais on n'eût introduit l'horrible mode d'accroître sa fortune aux dépens d'une fille! Plût à Dieu que cette mode eût été détruite dès son apparition! — Marier sa fdle dans l'unique but d'avoir de la fortune, non, ce n'est pas la marier, c'est la vendre. L'acheteur, son mari, que mériterait-il? — Des cornes. »
Egundan' ez ailis iaio gachlagiûna Onaren ederza , nescato segui ,
Edo iaio eta berhala
Hil ailiz, inhar becala.
Onarsun-trucu hutz, alav" ezconzea, Ezta ho ri ezconze , bana da faisea ;
Haren erosle senarrac
Cer meresi luque? — Adarrac.
Avant de finir, Oihenart apostrophe ainsi l'objetde ses suppliantes ardeurs :
Gau egun , goiz arrats, edate iatean Ebilte-gueldize , iakite-ezatean ,
Zutaz dizut phensamendu ,
Neure pere luzamendu.
i Ma bien-aimèe, la nuil, le jour, le matin , le 6oir, dans mon boire, dans mon manger, dans mes courses, dans mes haltes, à mon lever, à mon coucher, je ne songe qu'à vous, à vous qui perpétuez mes peines^
La pensée exprimée dans ce couplet n'a rien que de très-ordinaire : je n'aurais pas songé à la faire remarquer, si je n'eusse voulu montrer l'heureux parti qu'un autre poëte a su eu tirer dans une pièce du même genre 1 .
' BaitbdayaDdnJgbt,
My fancy s fligbt
4R1UULD 0IHEN11T. 461
Jusqu'à présent nous avons vu des poésies qui semblent avoir été composées pour l'usage personnel de l'auteur; en voici maintenant qu'il a faites pour d'autres ou en vue de l'art. Ce sont les élégies VII et VIII, où il fait parler une femme. Dans la première, elle se plaint « d'un être sourd et cruel qui ne veut que sa perte; » puis, l'appelant bien-aimé, elle le prie de lui faire connaître ses intentions. Dans l'autre, il v a encore des plaintes et une apostrophe au bien-aimé; mais c'est pour lui recommander de ne point se laisser rebuter par la résistance de parents barbares. Les pièces X, XI, XII et XIII ne diffèrent du plus grand nombre de celles de ce recueil que par les portraits de beautés qui s'y trouvent. On s'arrête plus volontiers au morceau qui vient après , et qui n'est qu'une traduction de Marot 1 :
« L'hiver, par un temps neigeux , Lastana me frappa au nez d'une boule de neige... — ... la neige, quelque froide qu'elle soit, a mis le feu dans mon cœur. — ... Aujourd'hui, chose surprenante, le froid produit en moi le feu , et l'eau en ravive la flamme. — 0 Lastana ! si je pouvais vous communiquer une partie de ce feu qui me dévore , il me semble que mon mal serait soulagé d'autant, etc. »
Voyons maintenant la pièce de Marot :
Anne par jeu me jeeta de la neige Une je cuydoys froide certainement; Mais c'estoit feu , l'expérience en ay-je , Car embrasé je fuz soudainement.
ls ever with my Jean.
I see her in the dewy flower,
Sae lovely, sweet , and fair ;
I hear ber voice in ilka bird ,
Wi' music eharm tbc air :
There's not a bon nie (low'r thaï springs. By roumain, sbaw, or green,
Not yet a bonnie bird tbat sings ,
But mincis me o' my Jean.
( Lotely Jean, in tke Calédonien musical Repertora, etc. Edinburgh : printed bv Oliver and Co., 1806, in-8°, p. 28.Î9.)
■ D'Anne fui lui jeela de la neige , épigr. CXU (édtt. de la Haye, 1731 , 1. III, p. 101 », on lii. III, épigr. XLIX ■ édit. de Paris, M.DCCC.XX1V., ln-8°, t. U, p. 437 ). M. Achille Jubiual l'a publiée comme anonyme et inédite dans la Herue du Midi, 2" série, 1. 1 i Montpellier, chez Gras, 1844, in-8°), p. 53, d'après un manuscrit de la Bibliothèque royale de la Haye, aux armes de René de Chllons, prince d'Orange.
LE PATS BASQUE.
Puis que le feu loge secrètement Dedans la neige , où trouveray-je place Pour n'ardre point? Anne , ta seule grâce Estaindre peut le feu , que je sens bien , Non point par eau , par neige ne par glace . Mais par sentir un feu pareil au mien.
Mais Oihcnart me rappelle , je m'empresse de revenir à lui.
Je pourrais encore citer une pièce que Ton croirait traduite de Pétrarque; mais j'ai hâte d'arriver à celle qu'Oihenart a intitulée Esconlidearen hil-kechua Museen contra, et qui est véritablement la perle de son recueil. C'est une plainte contre les Muses, sur la perte de sa femme, composition à laquelle on est peut-être en droit de reprocher de la prolixité et un emploi surabondant de la mythologie et «le l'allégorie, mais qui n'en offre pas moins des beautés réelles. Oihenart s'adresse ainsi aux neuf sœurs :
* Déesses, je me suis consacré à votre service , j'ai publié dans ces pays votre nom presque inconnu auparavant; j'ai tiré de l'obscurité, pour les mettre au grand jour, vos mœurs, vos habitudes, dont nous n'avions par encore entendu parler. En les empruntant à une langue étrangère , je les ai appropriées à la nôtre et déposées dans les mains des versificateurs basques.
• Devenu votre partisan et votre esclave depuis longtemps, je pensais que , le malheur venant à me frapper, je trouverais en vous des protectrices et des soutiens, que vous seriez mes voisines et mon refuge... je m'abusais grandement; car à l'heure où je poussais mes cris de détresse, vous n'êtes point accourues à mon secours...
« Vous avez laissé mourir ma Joaua , Joana venue du ciel sur la terre pour me rendre la vie légère, Joana, mon épouse chérie, mon cœur, l'objet de mes pensées.
« Jadis le fardeau seul de mes affaires me paraissait un peu pesant. Au lieu d'un fardeau, j'en ai deux aujourd'hui : le sien et le mien. Comment ne pas succomber, mes épaules pliant, fuyant sous ce fardeau? Comment ne pas tomber la tète en lias ou la face contre terre? Comment ne pas me briser?
« Il y a longtemps que je serais descendu dans la tombe, que j'y serais devenu la pâture des vers, si elle n'eût pris soin de moi. Quand accablé sous le poids du mal, j'étais près de mourir, je l'ai toujours eue pour gardienne, elle n'a jamais bougé de mon côté; elle y est demeurée silencieuse , active et éveillée. Dès que j'entrai en couva-
ARNAILD 01 HEM AIT. 4ti3
lescence , elle était là pour me donner le brus et pour m'empècher de tomber.... Assise à mes pieds, elle modérait mes excès, apaisait mes cuivres. Tantôt elle enflammait mon cœur tiède pour les choses qui demandent de l'amour, tantôt elle le raffermissait dans le chemin du devoir. »
N'y aurait-il point ici une réminiscence de la cinquième élégie du livre I- de Tibulle?
I Ile ego, cum tristi morbo defessa jaceres, Te dicor votis eripuisse mois, etc.
« Renonçant à toutes mes occupations, m'arrivait-il, ô Muses, de songer à labourer dans vos plaines désertes? Elle corrigeait mes laules, elle faisait ce que j'aurais dû faire, prenait la charrue, excitait les bœufs, semait* fauchait la moisson, faisait tout le travail imaginable, comme si elle n'eût pas été fille de gentilhomme, comme si elle eût dépouillé son existence de femme pour prendre celle d'un jeune ouvrier.
« Elle n'est pas morte de vieillesse; elle s'est éteinte, contre son gré, de fatigue et de consomption, semblable aux giroflées qui, dans un jardin inculte, se flétrissent et meurent quand elles ne sont point arrosées au milieu des fortes chaleurs de l'été.
« Si elle eût eu pour médecin le dieu dont vous êtes les nymphes et que vous appelez Phébw, si ce dieu l'eût auscultée, touchée de ses mains, oh! certainement elle aurait recouvré la santé; mais vous ne l'avez pas prié de la guérir, ou, si vous l'avez fait, il ne s'est pas souvenu de votre prière, ou bien peu lui importait la vie ou la mort de Joana.
* Eh bien, puisque vous faites si peu de cas de mot , dès ce moment je renonce à votre service. Que personne désormais (je n'ai plus envie de versifier) ne vienne me demander des vers ou des chansons, qu'on ne me demande que des pleurs ou des lamentations ; mon unique désir est d'aller rejoindre ma Joana , dans la fosse du cimetière , dans l'air ou dans le ciel, au lieu de son séjour. »
Indépendamment du sentiment dont ces vers sont pleins , ils révèlent une circonstance intéressante de la vie d'Oihenart : c'est que, non content de faire des vers pour lui, il en composait encore pour ceux qui venaient lui en demander. Il est à présumer que les élégies VII et VIII dont nous parlions tout à l'heure , ont été écrites pour les femmes qu'il y fait parler.
Ai-je dit que la plainte contre les Muses était une belle chose?
LE PATS BASQUE.
Je ne m'en dédis pas; mais à cette poésie où l'art contient le sentiment dans les règles recommandées par Batteux et Laharpe , je ne puis ni'em pêcher de préférer les accents naïfs et fervents d'un paysan souletin qui vient de perdre sa mère. Tout à sa douleur, il y associe la cloche de son village et le ciel, qui s'ouvre à sa piété filiale et à sa foi ; la cloche , le ciel , versent des larmes ; les fontaines tarissent ; ses yeux, qui leur ressemblent, ne tariront jamais. Enfin, il n'est pas jusqu'au soleil auquel il ne s'adresse en des termes qui rappellent une éloquente apostrophe de Dante «, dont n'a rien à craindre l'auteur inconnu de ce beau morceau *, pas plus qu'il n'a à redouter l'accusation d'avoir copié le grand poëte
' La vostra nominanza è color d'erba ,
Cbe vicne e va , e quel la discolora Per coi ell'escc délia terra acerba.
{Purgatorio, cant. XI, st. 39.)
» Voici le texte et la traduction; nous en sommes redevables a M. Arcbu, lui-même d'Anssarueq :
Alzurucuco leinia La cloche d'Aussurucq
Nigarrez arida ; Verse des larmes ;
Goure a ma boun , maitia , Notre mère bonne , ebérie ,
Goix bountan bil beita. Est morte rc malin.
— Uamazortzi ehun eta hougueita bian , En mil huit rcnl vingt-deux , Agorrilarcn bamazortziguerenlan , Le dix-huitieme du mois d'août ,
Ama bil beltzeicun aurhiden artian , Notre mî?rc expira au milieu de ses enfants . Golx goizanco birarguerren orenlan. Sor les trois heures du matin.
— Agorrilan, utburriac dirade agortzen, En août, les fontaines tarissent,
Odeiee ezteielacoz bouric ekbarten. Parce que los nuages ne leur portent pas d'eau. Goure beguiac dirade uthurriizen Nos jeux deviennent des fontaines;
Ezpeitirade seculan agorluren. Ils ne tariront jamais.
— Agorrila egunac ala cgun gaistoac ! Les jours d'août , quels terribles Jours ! Gaitzcraztcn beitutu arauz ekhi berouac. Sans doute que le soleil ardent les rend mauvais. Ekhia , gorda itzac bire leinhurac ; Soleil , cacbe tes rayons ;
Bizia beitu «aldu goure ama bounac. Notre bonne mère a perdu la vie.
Gazteric hilzia bai , ala bilze trislia ! Mourir jeune, oh ! quelle triste mort !
Ekhia , bire leinhurac uxaltzen die liiia. Soleil , ton rayon flétrit la fleur.
Ekbarten duca bai birckin bizia , Portes-tu donc avec toi la vie,
Biziarekilan orano bilzia ? Et avec la vie la mort encore?
Arima hounec dutc bidian , umen , euri ; Les bonnes Urnes , dit-on , ont sur leur route la Lanzerra goizaz gueroz Alzurucun da ari. Depuis ce matin il bruine a Aussurucq. [pluie; Olhoitze eguizie oroc Gincoari Adressez tous des prières a Dieu
Balzarre eguin dizon gour' ama bounari. Pour qu'il fasse bon accueil a notre bonne mère.
Zeliar zabalturic orai dutul ikhousten , Je vois maintenant les cicux ouverts,
Ainguriac lebian oro dirade jarten. Je vois tous les anges dans l' empressement.
Alnguru bat goiti harat da joaiten ; Un ange monte vers le ciel ;
Gu trlsteric guirade heben baratzen. Nous, nous restons ici-bas dans l'aflliciion.
uiyinzeo
ABNAULD OIHEN ART. 465
florentin , parce qu'il se trouve encore dans l'un de ses canzoni un passage qui présente une ressemblance frappante avec le couplet final du galkhechia, ou complainte basque *.
Après l'élégie d'Oihenart, dont nous avons reproduit la plus grande partie, viennent des vers de dévotion, qui sont là parfaitement à leur place ; il est naturel de penser qu'ils furent le fruit du veuvage de l'auteur, au moins de son âge mûr. Ce sont les commandements de Dieu et de l'Eglise et un noël, dont il n'y a rien à dire autrement que pour louer le but pieux de cette sorte de poésies. Une traduction du cantique de Siméon et du Vexilla Hegis ferme la marche de celles d'Oihenart , dans l'exemplaire de la Bibliothèque impériale, l'un des trois connus.
Celui de M. Balasque, dont nous avons fait usage pour notre édition *, contient de plus douze pages de vers dont je suis fort embarrassé pour indiquer la paternité , le commencement et la fin de cette partie n'existant plus. Ce sont, comme dans celles que nous venons d'analyser, des déclarations d'amour et des plaintes contre les obstacles que les femmes de bien ne manquent jamais d'opposer aux galants qui les recherchent, espèce d'eau fade et dormante au milieu de laquelle on trouve un ilot plein de charme et de fraîcheur, c'est-à-dire, pour parler sans figure, une idylle dans le genre de celles de Théocrite. 11 est seulement à regretter qu'elle ne finisse pas , et que l'aventure qu'elle laisse soupçonner ne soit pas un peu plus nettement indiquée.
Je n'ai plus à signaler que l'éloge de M. de Sauguis, conseiller
Mort' è la donna tua , chera si bel la.
Levava gli oectai miel bagnati io plant I; K vedea , che parean pioggia di manna Gli angeli, rhe lornavan suso in cielo, etc.
Sonetti e canton» di Dante AlagMeri ntla tua Vil* nuova , lil». I. {Rime di diver$i antichi aulori to*cani,clc. Staupaia in Vinegia per Io. Antonio, e Fratelli da Sabio. Nell' anno del Signore, N D XXXII, petit in-£°, fol. 10 recto,
' Il se trouve maintenant a la Bibliothèque publique de la ville de Bayonne. Quant au troisième exemplaire, il est conservé dans les Archives de la maison d'Arraing, a Mauléon, ou celle d'Oihenart existe encore. Je me suis laissé dire qu'il y avait aussi une autre maison du même nom a Saint-Palais, dans la basse Navarre : aurait-elle appartenu * la famille d'Arnold*
LE PATS BASQUE.
du roi à la cour suprême de Pau *, et l'épitaphe de M. Arrain, juge de la Soûle a. L'épitbète de poète basque donnée au premier; et celle de nourrisson des neuf sœurs qui lui est commune avec le second, permettent d'ajouter deux noms à la liste qui s'ouvre par ceux d'Echepare et d'Oihenart.
1 Bertrand de Sanguis est nommé, avec son titre de conseiller du rai en son royaume de Navarre , dans le procès- verbal par lequel se termine L'Ettil de la chancellerie de Navarr?. A Ortbez, per Jacques Rouyer, imprimur oïdinary deu Rey en Bear. 1645, in-8°, p. 66.— P. 69, est nommé « M". Arnaud d'Oyhenard advocat en parlement, et sieur de Usalle de Clbilï. •
* Il s'agit d'Arnaud d'Arraing , « quand vivoit , est-il dit dans une requête civile de 1641, juge en la cour de Lixarrc en nostre pays de Soûle, homme grandement autborisé dans le pays. > Il était fils de Xavier d'Arraing, bailli de Mauléon et lieutenant civil cl criminel au gouvernement de Soûle, et de demoiselle Marguerite d'Ohis de Mauléon ; et il avait
épousé demoiselle Marie de Sibas. Archives de la maison d'Arraing, a Mauléon.'
PIERRE D'AXHLAR.
PIERRE D'AXULAR
En dehors des poésies fugitives et des pastorales, il n'y u guère , en basque] français , que des traductions de l'Écriture Sainte et de l'Imitation de .1 ésus- Christ , et d'autres petits livres de piété. Les Basques espagnols sont plus riches sous ce rapport. On ne doit point cependant accuser ceux de France d'être plus ignorants ou moins soigneux : la pénurie d'ouvrages écrits en leur langue vient de ce que ceux qui la parlent sont à peine cent mille, partagés à peu près également eu trois dialectes. Un^vre composé dans F un de ces dialectes, ne s'adresserait donc qu'à une population agricole d'environ trente mille àmes , parmi lesquelles ou trouverait à peine cent amateurs de lecture, et aiusi l'écrivain perdrait son temps , sa peine et les frais d'impression. Il n'y a, en réalité, que les petits ouvrages de dévotion dont la veute puisse couvrir ces frais, sans rien de plus.
Il ne m'appartient pas de rechercher le mérite de cette sorte de livres , qui ne valent ni plus ni moins que ceux du même genre qui circulent dans nos campagnes ; mais je dois signaler un traité qui s'élève considérablement au-dessus de leur niveau, et qui donne la preuve sensible que ce qui a été dit de la richesse et des autres qualités de l'escuara n'a rien d'exagéré.
Le Gueroco guero d'Axular est un commencement de démonstration en ce sens.. Cet ouvrage, composé en 1642 par un curé de Sare en Labourd, nous montre la langue basque parfaitement apte à se prêter à l'exactitude logique, à la clarté, aux développements soutenus de la morale philosophique et chrétienne. Les textes, soit grecs, soit latins, sacrés ou profanes, répandus avec
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uue abondante profusion dans le cours de l'ouvrage, se sentent à l'aise et comme dans leur propre élément au milieu des commentaires basques qui relient leur traduction. C'est une noblesse de tours et d'expressions, un ensemble de sons pleins et nourris, une juste et limpide enveloppe des idées par les mots, qui jamais ne le cèdent au mérite, quel qu'il soit, des textes anciens cités ou traduits.
Dans une longue préface, Axular nous apprend les motifs qui l'ont engage à écrire, le but qu'il se propose, les difficultés qu'il doit surmonter, et les moyens dont il fait choix pour les vaincre. Prêtre , chargé d'enseigner les peuples , il leur doit d'employer à leur avantage l'intelligence que Dieu lui a départie et les connaissances qu'il a pu acquérir par l'étude. Basque, il aime ses compatriotes, enfants du même sang; il sera heureux de consacrer ses loisirs à leur bien réel , au bien de leurs âmes, à leur bonheur éternel : c'est pourquoi son ouvrage sera écrit en escuara , en faveur de ceux qui ne peuvent pas jouir des livres composés en d'autres langues. Ce premier travail traitera de l'indifférence en matière de religion, des raisons d'un prompt retour à la vie chrétienne, des obstacles réels et dangereux qui s'opposent à la véritable conversion. Un deuxième ouvrage est annoncé , dont le Gueroco guero n'est à proprement parler que l'introduction ; il comprendra la pratique de la perfection chrétienne, avec la méditation des vertus propres à faire le bonheur de l'homme dans cette vie et dans l'autre.
Près d'entreprendre un ouvrage pensé et écrit en basque, l'auteur reconuait les difficultés qui se présentent sur son passage : 1° il entre le premier dans la voie sans grammaire , sans règles littéraires propres et déjà établies ; 2° il se trouve en face de dialectes divers et peu étudiés; 3° l'orthographe basque , tout à fait indéterminée, est diversement pratiquée dans les divers pays ou dialectes.
La première difliculté ne l'arrêtera pas ; il appliquera ses soins à se conformer en tout au génie de la langue basque ; si sa tentative n'est pas heureuse, il réclame l'indulgence, et prie les critiques d'essayer de faire mieux de leur côté dans l'intérêt de la langue. La seconde difficulté lui semble plus ardue; il y obviera au
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moyen de notes explicatives , et surtout en mettant sous forme de synonymes, dans le courant du discours, les mots des divers dialectes répondant à la même idée différemment rendue en d'autres pays. La troisième difficulté sera levée en essayant de reproduire le mieux possible , avec l'alphabet moderne , les sons articulés de la parole.
Le iiueroco guero se compose de soixante chapitres , dont voici les sommaires eu abrégé :
1° L'homme est né pour le travail et pour l'action. 2° Conséquences funestes de la paresse et comment elle engendre l' indifférence religieuse, ou le délai de la conversion. 3° Comment notre temps se perd en vains désirs, en illusions. 4° Incertitude de l'avenir. 5U Dans la vieillesse nouveaux renvois au lendemain, etc. — Dangers de l'avenir, etc. — Cependant le péché prend racine dans le cœur, chaque délai le rend plus difficile à corriger.
— Dieu attend, il est miséricordieux; mais l'abus du temps et des grâces comble la mesure de nos iniquités. — Dieu est miséricordieux; mais il est juste, et sa miséricorde est réglée par la justice qui menace l'impie et obstiné prévaricateur. — Le temps perdu est irréparable ; chaque jour écoulé rend notre avenir plus restreint. — Nous marchons à la rencontre de la mort , ou plutôt elle est toujours là à notre côté dès le berceau ; notre vie lui appartient. Nous mourrons, c'est un fait certain, inévitable.
— Quand arrivera notre mort/ Peut-être demain, peut-être aujourd'hui même. — Que dire de notre aveuglement? Nous jouons sur un peut-être notre bonheur éternel. — Attendrons-nous pour revenir à Dieu le moment incertain de notre mort ? — Moyens d'obtenir les grâces de la conversion : 1° Aumône ou charité chrétienne. 2° Bonnes œuvres faites sans retard et par soi-même personnellement, en commençant parcelles d'obligation, de justice , des préceptes et même des conseils évangéliques.— Obstacles à faire disparaitre : 1° Blasphèmes et habitude de ce péché. 2° Colère, inimitiés et vengeances. 3* Le moyen de vaincre les inimitiés et l'esprit de vengeance, c'est la vigilance sur soi-même.
— Châtiments de l'enfer. — Peine de la damnatiou, peine des sens. — Les châtiments de l'enfer doivent nous inspirer de la
crainte et hâter notre conversion. — Autres obstacles, passions charnelles. — Leurs remèdes. — Perversion de la volonté; conscience faussée, éteinte par l'habitude du péché. — Remèdes. — Orgueil , égoïsme , oubli de Dieu ; on fait de soi son propre Dieu, etc. — Bonheur qui nous attend après cette vie. — Facilité de nous assurer ce bonheur. — Se purifier par la confession, unique moyen pour nous laver du péché. — Anges du ciel contristés par nos illusions mondaines et notre retard à servir Dieu. — Placés entre deux éternités, Tune bienheureuse au ciel, l'autre malheureuse à jamais en enfer, nous avons un choix à faire, des conditions à remplir, sans quoi notre perte est certaine. Qu'attendons-nous donc ? Pourquoi hésiter et différer encore , et perdre ainsi notre éternité dans l'espoir d'un avenir qui en a trompé tant d'autres, et qui sera aussi pour nous plus abrégé peut-être que nous ne le croyons? — A l'œuvre donc! chrétien de nom et par le baptême, soyez-le de fait : là est la sagesse et le salut.
Axular attaque par tous les côtés l'indinerence religieuse: il la démasque, la poursuit dans ses derniers retranchements, I/indifférenec , chez le Basque, n'est que le renvoi des pratiques religieuses à un autre temps. Ferme dans la foi , même au milieu de ses égarements, il ne met jamais la vérité sur la même ligne; mais trop souvent il agit dans la pratique comme si sa foi était faible ou perdue. Axular le presse sans lui laisser ni prétexte ni excuse ; il répète, sous mille formes, les vérités que le chrétien négligent veut se cacher quelque temps pour satisfaire ses passions sans se gêner et à loisir. Apres avoir bien établi les devoirs de l'homme, en appuyant chacun d'eux sur les textes les * plus frappants des écrivains sacrés et profanes, il les explique, les confirme encore par le raisonnement, par les proverbes mêmes. Il démontre le néant et l'incertitude du temps , l'importance unique de l'éternité heureuse ou malheureuse , et revient encore à l'absurde et funeste erreur de différer d'un instant son retour à Dieu. Dès lors le lecteur est convaincu : Axular devient son médecin, son conseiller, son guide; il constate, en judicieux observateur, les diverses causes qui retiennent loin de Dieu : l'oisiveté, l'habitude du blasphème, trop d'attachement et d'oubli dans les préoccupations
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et les affaires de ce monde , la colère , l'esprit de vengeance, l'orgueil, la luxure. Le blasphème, la colère, la lu xure surtout, sont, avec l'oisiveté , les questions sur lesquelles il insiste , à l'aide des moralistes chrétiens ou païens les plus marquants des divers siècles. Là, comme ailleurs, il fait preuve d'une vaste et judicieuse érudition; on voit qu'il est familier avec les classiques autant qu'avec la théologie et les saintes lettres. Sage, modéré, toujours sûr de lui-même comme de son sujet , il procède plutôt par voie de raisonnement que par le pathétique, qu'il a l'air de négliger à dessein pour s'adresser seulement au bon sens du lecteur! Son ouvrage offre une suite de dissertations, et non de discours ; c'est la vérité rendue attrayante en elle-même, brillant de sou propre éclat- , et nourrissant l'esprit et le cœur sans le secours d'assaisonnements étrangers , sans artifices oratoires , sans fatigue pour l'attention. C'est une philosophie chrétienne complète mise à la portée de tous les esprits ; c'est , pour les prêtres administrateurs des paroisses, une mine à exploiter, tant pour les textes qui y sont agglomérés que pour l'enchaînement et la force du raisonnement, qui est accessible aux plus lourds campagnards; c'est enfin un riche répertoire d'expressious basques très-pures.
Mais peut-être, en voulant faire l'éloge du Gueroco guero, u'ai-jc réussi qu'à donner l'idée d'une composition ascétique, ennuyeuse à la lecture. Tel u'est point le livre d'Axular. Des traits d'une douce ironie et d'une sorte de simplicité antique y raniment fréquemment l'attention ; j'ajouterai que rien n'égale le charme naïf des descriptions , si propres à intéresser le lecteur et à laisser dans son àme des impressions durables et salutaires. Voici l'une de ces descriptions, accompagnée d'une traduction aussi littérale que possible :
CHINHAUKRlA. LA FOIIWI.
Zoaz,naguia, ehinhaurria gana, Allez, paresseux, à la fourmi,
eta consideraitzatzu hareu bideac et considérez ses chemins et ses
eta bidescac, joan-etliorriac eta sentiers, ses allées et ses venues,
it/ulinguruac , nekeac eta trabai- ses tours et détours , ses peines et
luac; eta ikhassico duzu zuc ère ses travaux. Vous aprondrez com-
nola behar duzun alternerai eta ment vous devez, vous aussi, do-
LE PATS BASQUE.
bethiero bizi , ibili eta gobernatu.
Hare, eracusleric eta guidariric gabe, bcraebcre buruz biltzen du udan , neguaren iragaiteco beliar duen mantenua, bazca eta bihiu.
Kta bihi hura gordetzen dulurrean barna, berac eguinicaco gambarelan eta bibiteguietan. Eta hain da zuhur eta goithatu, ezen campoan deus ezin izanez , bere bilduetara bildu bebar duenean , lehonic bozitu beliar duen burutichasten baitzaico bihiari, zeren bihi hura bertzela sorliteque, huztanlitcque, eta guero handioharat, alfer lan guertha lequidicayo bere leheneco zuhurtzia guzia. — Areguehiago, hozidurac janez guero ère lurra reu umidurae eta hezetasunac, gaineracoa ustel eztiacon, atheratzen du noizie behin camporat niratzera eta iguzkiztatzera ieta orduau deubora onaren seinalea ditekeh Kta halatan eta liala iragaiten du chinhaurriacberc negua, eta eraeusten dio bat bededari nola eta zer nioldez beliar duen manleiKilu, gobernatu eta alTerkeriaguziao utziric, beredeuboran trabailatu.
rénavantet toujours, vivre, marcher et vous conduire. Sans maître et sans guide, la fourmi elle-même, de son propre mouvement , recueille dans l'été les vivres , la nourriture et le grain dont elle a besoin pour passer l'hiver. Et elle cache ce grain bien avant sous la terre, dans des chambres et des greniers qif elle-même a faits. Elle est, du reste, si prudente et si avisée, que , lorsque, ne trouvant rien au-dehors, elle est obligée de toucher à ses provisions, elle a soin d'entamer le grain par le bout qui doit se moisir le premier, parce qu'autrement ce grain germerait , et, devenu herbe et lige, rendrait inutile toute la prévoyance de la fourmi. — De plus, quand l'humidité a détruit une partie de sa récolte , pour que ce qui lui reste ne se gâte point, elle le tire de temps en temps au dehors, et lui fait prendre ainsi l'air et le soleil (c'est alors signe de beau temps ; et c'est ainsi que la fourmi passe son hiver et montre à chacun de nous comment nous devons nous conduire et nous gouverner, laisser de côté la paresse et travailler pendant toute notre vie.
( Uuerveo guero , elc , ca|>. I , § 3 . p. 3»i. >
Ce commentaire d'un passage de la Bible connu de tous donne en même temps une idée de la manière d'écrire du I'Iutarque basque, et d'un défaut de son livre résultant de l'excès même des eftorts de l'auteur pour se mettre à la portée de tous les dialectes. Je veux parler de l'emploi simultané et en synonymes des différente
1 Vade ad formica m , o piger, et considéra via* ejui et disce sapientiam; qna eum non habeat dneem, nec preeceptor em , parât in asiate cibnm iM. ( Provcrb. 5.)
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mots répondant à la même idée dans ces dialectes. De là naît parfois un certain embarras et un mélange un peu obscur de certaines phrases; de là encore une apparente naturalisation de mots français ou espagnols, dont cependant le basque peut se passer comme en ayant les équivalents dans quelqu'un de ses dialectes. De plus, les désinences verbales sont parfois aussi trop dures et compliquées, bien que lescuara en possédât de plus simples et de plus harmonieuses. Enfin, il y aurait beaucoup à redire à l'orthographe du Gueroco guero, surtout à la uégligence avee laquelle il est imprimé. Peut-être trouverait-on des Basques pour repousser la première partie de ces critiques comme mal fondée, et qui soutiendraient que l'emploi des synonymes se justifie par le sens gradué que Ton peut leur donner ; mais les hommes instruits des trois dialectes que j'ai pu consulter, m'out tous paru également embarrassés de ces synonymes et de l'orthographe d' Axular, tous d'accord sur la négligence avec laquelle l'impression a été faite. Cependant ces fautes de divers genre, assez nombreuses pour être remarquées, sont loin d'être assez graves pour déprécier l'ouvrage. On peut les signaler sans encourir le reproche de purisme ; on peut passer outre sans être taxé de trop de complaisance.
Il est donc juste de rendre hommage à l'auteur du Gveroco guero pour avoir, le premier des Basques français , après d'Echepare , élevé sa vieille langue au niveau des autres , et recherché eu elle les ressources littéraires nécessaires à un ouvrage de longue haleine en prose. Les coblacari, les auteurs de pastorales, semblent avoir précédé ces deux écrivains dans l'essai de compositions euscariennes ; mais, outre que leurs productions n'étaient qu'en vers , il est essentiel de faire remarquer qu'étraugers pour la plupart aux lettres , ils n'ont mis dans leurs chansons et leurs pièces de théâtre que les expressions, tournures et locutions parlées par tous dans leurs dialectes et de leur temps : de là bien des incorrections, bien des mélanges de mots étrangers, de locutions busf/uisées , vice, disons -le en passant, qui règne dans presque toutes les traductions de livres de piété. Partout on rencontre le langage vulgaire ; Axular seul a le mérite , toujours après
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d'Echepare , mais plus complètement que lui , d'avoir fait du basque une langue littéraire, en écartant autant que possible de son style toutes les locutions communes, toutes les expressions introduites par la négligence et par un aveugle esprit d'imitation et d'emprunt.
Axular ne se dissimulait point les obstacles qu'il avait a surmonter avant d'arriver au but. « J'aurais voulu , dit-il dans l'avis au lecteur, page ltî, publier en même temps les deux parties de mon livre ; mais ayant vu combien peu d'auteurs jusqu'ici ont osé écrire en notre langue, je me suis ravisé, et j'ai craint de rencontrer sur ma route quelque grand embarras ou quelque pierre qui me fit trébucher, .l'aventure donc d'abord la moitié seulement de l'ouvrage, et je l'envoie, comme en éclaireur, pour savoir des nouvelles du public. Mon Gueroco gttero m'apprendra ce qui s'y passe, quel accueil on lui aura fait, et ce que chacun aura dit de lui. Les avis qu'il me rapportera seront ensuite ma gouverne, et je saurai si je dois publier la suite ou la serrer soigneusement. »
Nous ignorons les raisons qui empêchèrent le docte curé de Sare de faire paraître cette seconde partie , car il est certain que la première fut universellement goûtée. L'auteur mérita d'êtfrc appelé un homme d'un grand renom rftifw notre Cantabrie S et la postérité a confirmé ce jugement. Le Gveroco guero est encore regardé de nos jours comme le meilleur livre de la modeste littérature de ce pays, pour le choix et la propriété des exprèssions, pour la vivacité des tournures et la noble simplicité du langage. Malheureusement on n'en a conservé que quelquos rares exemplaires, et l'édition de 164$, la seule qui existe f, est, comme
' Viro magni nominis iu naetrd Cantabrii. (Approbation de Saival de Dissancche, p. 13.)
' En voie! le litre au complet : Gueroco guero, edo gueroca lutamenduta* ibillceac; cla arimaren eguitecooe guerocot: uiiteae cembat calle eguiten due*. Escrltura Saindutic, Eliçaco doclor-e tarie, eta tiburu devocionotcoelaric Axular, Saraco erretorac, vildua, eta arguilara émana. Iligarren edir ionea corrigetua , eta cmendatua. Bordelcn , eguini G. Milanges, Erregueren imprimatçaillea , liaitban 1644. (Après pour après, ou quel grand mal c'est de différer toujours et de laisser pour après les affaires de TAme. Recueilli de la Sainte Écriture, des docteurs de l'Eglise et des livres de dévotion , et mis au jour per Axular, curt de Sare. Seconde édition corrigée et augmentée. Bordeaux, G. Millangcs, imprimeur du roi, 1641) Petit in-8" de (JWpafes, plus 8 pages pour In table. — Le mmj)
PIEBBE D A X U L A K\
nous lavons dit, défectueuse et remplie de t fautes. Espérons que Ton en donnera une nouvelle. Ce sera à la fois rendre service au Pays Basque, dont la langue s'altère de plus en plus au contact des populations voisines, et relever un monument glorieux pour cette langue elle-même, dont l'ancienneté n'est plus contestée et dont l'originalité et le mérite n'auraient jamais dû l'être.
exemplaire de ce livre que j'aie vu passer en vente publique est celui de Silvestrc de Sacy ( Calai., t. 1 1 p. 271 , n° 1290 ); il fut vendu 28 francs 50 centimes. L'exemplaire décrit par Drunet ( Manuel du libraire, t. 1, p. 225, col. 2) est maintenant en notre possession, par l'abandon iju'a bien voulu nous en faire notre si regrettable ami feu M. l'abbé Ségalas, directeur de l'institution de Saint-Palais. — Enfin nous avons vu un troisième exemplaire de l'ouvrage d'Axular, dans le cabinet de M. Pressac, bibliothécaire adjoint de la ville de Poitiers; il porte pour titre : Guero bi portetan pari Hua eta berecia, lehenbicioan emaitenda aditeera , cenbat celte eguilen duen , lucamendutan ibillceac, eguitecoen gueroco uzteac. Bigarrenea» guidateendn, eta ailcinateen, luçamenduac uteiric , bere halo, bere egnin bideari lotku nabi çaiema. Escritura Saindutic, Eliçaco doctorelaric eta liburu dcbocionczcoetaric. Axular, Saraco erretorac, rildua, etc. (Après divise en deux parties. Dans la première, on donne a comprendre combien il est nuisible de différer ses affaires ; dans la seconde, onavance que sans apporter le moindre délai, il faut tout de suite remplir ses obligations, de.) Rordelen,(i.Mitanges,Erregueren imprimaçaillea , baitban. M.DC.XL1IL Petit in-8° de 622 pages, plus huit pages non chiffrées pour la table. — M. Chaho, dans une petite notice sur Aiular < Vogoge en Navarre, etc., chap. VIII, p. 313), dit que le Gueroco gnero fut publie en 1640; aurait-il vu la première édition?
Maintenant qu'on a une idée des deux principaux poètes et du prosateur le plus original du Pays Basque, il ne reste plus qu'à connaître les autres écrivains qui ont employé Vescuara.
Après le recueil du curé de Saint-Miehel-le-Vicux , le plus ancien livre basque connu jusqu'à ce jour *, vient le Nouveau Testament , traduit par Jean de Leiearraga, de Briscous, imprimé in-8°, à La Rochelle, en 1591 , sous la mairie de Jean Huet, qui parait avoir eu du goût pour la littérature euscarienne ».
Ainsi que le font supposer la date, le lieu d'impression et la dédicace à Jeanne d'Albrct 3, sans qu'il soit nécessaire de recourir au dictionnaire de Prosper Marchand ni à la Biographie universelle », cette traduction a été exécutée par un protestant dans un but de propagande religieuse, ce qui n'a pas peu contribué à
' A l'exception loute fois d'un calendrier basque ^Kalendcra basco. Rochelle, P. Haultin, 1571), dont Renouard avait an exemplaire, porté a son catalogue de 1819, t. (V, p. 26. et a celui de 1833 , n° 2662 , et qui , suivant Rruncl i Han. du Hbr., t. IV, p. 437, col. 2 -, devait se trouver cbez le duc de la Vallière.
* On voit sa signature sur la garde d'un exemplaire de l'ouvrage d'Andres de Poça, qui faisait partie du cabinet de M. Pressac. Voyez son catalogue, p. 74, n° 713.
* C'est d'elle qu'Olhagaray disait, en l'année 1562 : « La roynede Navarre... rappela une vingtaine de ministres beamois pour prescher en la langue du pays, et quelques Basques pour instruire la basse Navarre, • etc. i Histoire des complet de Foix, Bearn et Xaverre, etc. A Paris, M.DC.XX1X., in-4°, n° 16, p. 535.) Trenie-quaire ans plus tard, la religion catholique y ét;iit rétablie, ( Favyn, Hittt. de Saparre,\ix. XVII, ann. M.DXCVI., p. 1083.)
* Voyez t. XXIV, p. 441, 142, art. de M. Weiss. Le Jetut Ckri$t Gure Jaunaren Te*tamentu Berria est longuement décrit dans le Manuel de Ut langue basque de M. Fleury Lécluse, lre partie, g III, p. lfl-23. Nous lui avons consacré un article dans notre introduction aux Proterbe* basques , p. xxxviij , n° II. — Le second des savants que nous venons de nommera encore tiré de la traduction de Leiearraga le texte de son Sermon sur la ilagne, en grec et en basque , précédé du paradigme de la conjugaison basque. Toulouse. 1831 , ln-8° de 24 pages.
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reudre le volume rare *. Montaigne fait allusion a cette traduction dans ses Essais, liv. I*r, clmp. LVI.
Comme le fait remarquer avec raison M. l'abbé J.-M. Hiribarren f, ce n'est que bien plus tard que les catholiques eureut aussi la leur, dont partie seulement a été publiée de nos jours par deux savants ecclésiastiques, MM. Harriet1 et Dassance *. Le manuscrit
' Au siècle dernier, il s'est payé 34 livres chez Turgot, 37 cher la Vallièrc. en 1767 ; 50 chez Lambert, 40 chez Paris de Meyzien. Enfin, en 1816, un exemplaire relié en maroquin fut poussé a 40 fr., à la vente Mac Carthy.
* Horco cen Lissarague, guizon arguitua. Delà (de Briscous ;. était Lissarague, homnieéclairé, Bainan C.alvinen hitzaz sobera hartua; Mais trop épris de la parole de Calvin ; Eskaraz eman baito Testament Berria, Il a mis en basque le nouveau Testament, [temps. Aspaldico delacoiz choilki ikusia. La seule traduction que l'on ait vue pendant long-
( Eskaldunac, etc., p. 149.)
1 Voici en quels termes le curé de Bardos parle de cet homme distingué, après avoir consacré huit vers à son père et a son frère : Maltsuco cen Harriet, yuie ohorezco, Il était de Halsou, Harriet, juge honorable, Uizi daena unie bera idurico : Qui a laissé des rejetons qui lui ressemblent ;
Apbcz arropa dute biec garraiatzrn, L'un et l'autre portent l'habit de prêtre; Izpirlta dutela gueiee aithorizen. Chacun confesse qu'ils ont de l'esprit. Rein ukhalua da, badute mihia Ou ne peut en douter, ils ont une langue d'or
Urrozcoa doena hitzexco yaria ; Pour manier la parole ; Bat eskola guidari Baionan bigaizen , L'un passe sa vie à la têie d'une école à Bayonne, Omenic ederrenac duela beztiizcn : Bevèiu de la plus belle considération ; Semcnarioan da bigarreua nausi. Le second est maître au séminaire, Bere hegaletaco guti du ikusi . Il a peu vu de son plumage,
Hainilz gauzazburua bethedu gazteric, Il a meublé sa tète dès son jcuoe âge, Ene nstez guti du bere parer orlc , A mon avis , il a peu de pareils , Yalnroac eman dio gaindix izpirilu, Bien lui a donné de l'esprit comble, Lagunizen ère berac dohainac baditu; Lui-même favorise ce précieux doti ; Oose da iiburueo, ez huzeur laneco. Il est affamé de livres, il ne craint pas le travail, Nahi edo cz yakin bebar da holaco. Il veut posséder toutes les connaissances.
( Eskaldunac , etc., p. 144.) Déjà le même écrivain avait tracé de la manière suivante le portrait de M. l'abbé Dassance : Dassancec. herriari obore ematen. Les Dassance font honneur à leur pays natal. Prcmuac notalgoan zuhurki eguiten ; L'aîné exerce dignement le notarial ; Nihor enganaizcco diruric ez hartzen. Pour ne tromper personne il ne prend point d'ar- Irabacia gatic arlma ez galtzcn. Il ne perd pas son Jme pour le gaiu. (gent , Anaia , aphezetan delaric mailena , Son frère, le plus chéri des prêtres, lzpirituz agnertzen gaindi dariona ; A de l'esprit par-dessus tout ; Fransesen erdara du errotic ikbasi , Il a appris le français par principe , Parisec berac hortan guti barcn nausi. Paris lui-même a peu d'hommes qui levaient à cet Eskaldunen picoa ikusten da hartan ; On voit en lui ce que valent les Basques ; (égard. Eguiten du hirria lainhoki bidetau ; Il plaisante agréablement sur sa roule ; Bethezeguinbideacnlliorcbeccnungui, En accomplissant ses devoirs aussi bien que qui Ezduycndei eguiten hartzareuarpegui. Il ne fait pas aux gens mine d'ours. |que ce soil,
( Eskaldunac, etc., p. 111 ,111)
* Jfsv Ckritto Gure [aunorni Tettamcnl Berria lehenago 1. X. Haraneier, Donc Joant
LE PAYS BASQCE.
du travail entier est intitulé : Jesu Christorcn Evangelio saindm, Jaun Haraneder aphez Donibane Lohitsucoac escoararat itculia. M.DCC.XL. Jaincoaren Oraciaz. Au-dessus du chiffre qui précède , dans un cercle et autour du monogramme IHS , on lit en deux lignes concentriques : Joannes Robin apheçac iscribatua. 1770. — Gurutce huntaz icanen duçu garaya. Çaquizco bethi. Je ne dirai rien de cet abbé Robin, qui est différent de l'approbateur du Gudu izpirituala , dont il sera question plus loin, si ce n'est que le premier était lui-même un auteur d'un vrai mérite, et que la littérature basque lui doit peut-être un traité en deux livres dont M. l'abbé Dassance possède un beau manuscrit '. Je ne rechercherai pas non plus quel lieu de parenté pouvait unir le traducteur du saint livre au plus grand armateur dont Saint-Jean-de-Luz se glorifie *; je parlerai du
Lohilsuco iaun aphei batte, escuararat itçutia; orai.arlha bereci batequin, garbiquiago, lebembicuo aldicolçat aguer-aracia , Laphurtar bi iaun aphecec; iaun Aphapicnaren baituenarequin. Baionau, E. I asserre, M.DCCC. L.V., in-12 de xxiv-480 pages.
1 Ce manuscrit, de 142 pages et d'une écriture moulée, porte, en tète de chaque livre, l'uu des titres suivants, qui en fait connaître le conteuu : Lehenbicico Liburua, Arima pénitent baten sentimeudvac , Erregue-Profetaren berrogoi ela hamargarren ptalmoaren gain" eau. (Livre I. Sentiments d'une âme pénitente sur le psaume L du Roi-Prophète. ) — Rigarren Liburua. Jaincoaren ganal itçullccn den arima balen sentimeniuac , Erregue- Profetaren ehun eta bigarren psalmoarcn gaiùean. ( Liv. II. Sentiments d'une âme qui revient à Dieu, sur le psaame Cil du Roi-Propbèic.) — On lit dans le Mercure de France, du 8 mars 1783, p. 55-73, un article de Garât sur un Nouveau Voyage dam l'Amérique septentrionale en l'année 1781, et Campagne de l'armée de M. de Rochambean, par M. l'abbé Robin, et, page 56, le premier dit avoir annoncé dans le même journal, environ deux ans auparavant, un autre ouvrage dans lequel le second cherchait a pénétrer les secrets des mystères de l'antiquité. Sans doute, le nom de Robin est des plus communs; mais la qualité d'abbé de ce dernier, l'intérêt que semble lui porter le Labourdiu Garai, ce voyage en Amérique onze ans après l'exécution du manuscrit de Haraneder, tout cela peut faire supposer que l'abbé Robin, auquel il est dù, et le voyageur de 1781 , sont peut-être un seul et même personnage.
* Voyex sur Jean Périls de Haraneder, les détails donnés par M. Léonce Goyetcbe dans son Saint-Jcan-de-Lus , etc., chap. IV, p. 129-151. — Dans un Factum pour Joannes Dh baignete, gouverneur du Palait Royal à Paris, etc. , on voit , en 1704, l'intimé achetant pour le compte de marchands de Bordeaux, de Jean Périls de Haraneder, bourgeois de Ciboure, un vaisseau neuf avec ses apparaux , pour le prix de 24,500 Unes; on y voit aussi des achats de bâtiments, a Saint-Jean-de-Luz et ailleurs, parle même Haraneder et autres. ! Bibl. publ. de la ville de Bordeaux , jurispr. n° 3076, t. I, pièce n° 5, deux feuillets inlolio.i — Il est j croire que ce Joannes Dibaignele était fils du commandant de l'escadrille de Sjinl -Jeniwle-Luz , qui joignit relie de Bayonne pour secourir I* fie de Ré, bloquée par les Anglais. En souvenir de Juannes et des services qu'il avait rendus à son pays, on éleva la fontaine de la place, en 1723, quelques années après sa mort. (Saint-Jean-de-Lm , etc., p.15!,.i
R I BL I0GBAPÎ1I E.
manuscrit précieux ilout je viens de transcrire le titre. Ce volume, gros in- 12, renferme la traduction de tout le Nouveau Testament , plus un prologue, uitcin-solusa. Les quatre Évangiles sont contenus en 461 pages et demie, les Actes des Apôtres, les Ëpitres et l'Apocalyse , en 648 et demie, le tout d'une écriture propre, soignée et bien lisible. Le prologue, non paginé, se compose de quatre pages.
Dans ce prologue, Haraneder écrit que « déjà, dans un temps reculé, le Nouveau Testament a été traduit eu basque par un prêtre ou curé de Briscous nommé Jean Leiçarraga ; mais que comme ce malheureux ayant abandonné la religion catholique pour embrasser la secte empoisonnée de Calvin , n'avait pu faire moins que de glisser de son venin dans quelque endroit de sa traduction, l'évêque de Bayonne, pour le salut de ses ouailles, avait chargé plusieurs de ses prêtres d'une traduction nouvelle, fidèle et exacte ; qu'en conséquence , tous les soins ont été portés pour la bonne exécution de celle-ci, eu suivant le Maistre de Sacy et le P. Bouhours. » Haraneder fut le vrai rédacteur, s aidant sans doute des conseils de quelques confrères. Pourquoi donc alors sou œuvre n'a-t-elle pas été imprimée de son vivant ? On ne saurait le dire au juste. Assurément , elle est supérieure à celle de Leiçarraga , et la traduction de 1 82") , également exécutée par un protestant, ne la vaut pas
1 Jésus Ckrisloren Erangelio saiudua, S. Malkiuren arabera. Jlçulia escuarara, lapurdieo lenguagai. (Bayonan, lamaignere Imprimerlan ) 1845. ( Evangile de J.-C. êeion saint Mathieu, traduit eu basque, dialecte labourdin. A Bayonne, de l'imprimerie de Lamaignere, 1825 », in-8°de 82 pages, plus un feuillet d'errata. « Traduction peu soignée, dit M. d'Abbadie, bien qu'elle soit calquée sur le travail de Leiçarraga. > Elle n'a point pris place, comme on pourrait le croire, dans ta publication faite par le même imprimeur, en 1828, sous ce titre : Jesus-Ckristo Cure Jaunaren Testament Berria. Lapurdico escuararat itçulia ( Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus-Christ , traduit en basque du Labourd ), iit-8° de 584 pages, plus trois feuillets de titres et de table, et trois pages d'errata. Comme le fait encore remarquer M. d'Abbadie, relie traduction n'a ni avant-propos ni désignation d'auteur. Le basque n'est pas pur, et le style offre plusieurs locutions patoises. Feu l'abbé de la Bouderie a tiré de ce volume la parabole de l'Enfant prodigue, qu'il a insérée dans ses Mélanges sur le* langues, dialectes et patois, etc. Paris, 18,"1 , in-8°, p. 71 et 92. Dix ans après la publication de Lamaignere, l'Evangile seul de saint Lue donna lieu a une autre publication protestante, intitulée : Evangelioa san Lucasen guisun, rte. Madrid : imprenta de la Compania lipogràflca, 1838, ln-18de 176 pages, plus un feuillet ilr titre. Voyez, sur cette publication et sur les tribulations qu'avec quelques autres elle valut a George Borrov», qui s'en Ut l'éditeur pour le compte de la Britisk and Foreigu
Cette traduction, en labourdin , ne comprend que l'Évangile de saint Matthieu. Il a été rendu de nos jours dans un autre dialecte par un savant auquel son travail fait le plus grand honneur. Des deux titres de ce livre, voici le français : Le saint Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, traduit en basque souletin par l'abbé lnchauspe, pour le prince Louis-Lucien Bonaparte. Bayonne, imprimerie de veuve Lamaignere, née Teulières, 185Ô, grand in-8«» de 171 pages. Le volume est terminé par xlvi pages renfermant des Notes grammaticales sur la langue basque, qui, elles-mêmes , se terminent par cette indication : « Cette traduction »le I'Étangile de saimt Mattuiec , en dialecte basque souletin, a été imprimée aux frais du prince Lous-Lccie> Bonaparte. — Je certifie que cet ouvrage a été tiré au nombre de douze exemplaires, dont dix numérotés portent le nom du destinataire, et deux autres non numérotés, dont l'un ayant les titres et les initiales imprimés à l'encre rouge, appartiennent à Son Altesse. — Vecve A. Loiaignere, .nék Teulières. »
Outre sa version complète des quatre Evangiles , Jean de Haraueder a donné une traduction d'un ouvrage bien connu de saint François de Sales , sous ce titre : Philoteay edo devocioneraco bideerakusçaillea, S. Fr anses Sa lescoac, Genevaco aphezpicu et a princeac, Visitacioneco ordenaren fundatçailleac , eguina. M. Joannes de Haraneder, Donibaneco yaun appheçacot berriro escararat itculia. Tolosan, Joannes - Franses Robert*, hbouru eguillcaren, baitan, Peiroulieraco carrican. M. DCC. XLIX. Voilà le titre de la traduction basque de l'Introduction à la vie dévote, citée par M. d'Abbadie; voilà aussi le uom d'un auteur des plus estimables, d'un Basque des plus habiles, et néanmoins généralement ignoré, même dans le pays; ce qui vient de ce que le Philotea n'a eu qu'une édition , qu'il porte seul le nom de Haraneder, parmi ses ouvrages; que presque toujours, dans un si vieux livre, la première page est perdue: enfin que, dans l'appro-
Bible Society, l'ouvrage du même auteur Intitulé the Bible in Spam , etc., London : John Murray, NDCCCXLIII, post 8?o, cliap XXXIX-XLII, p. 2Î4-444. Le cliap. XXXVII, qui s'étend de la p. 417 b la p. 2Î0, porte ce sommaire : E$carra — Basque not Irish — Sanscrit and Tartor Dialects — A Wowel Lauguage — Popnlar Poelry - The Banques — Thtir persm» — Banque Women.
bation épiscopalc, le traducteur n'est point nommé. J'ajouterai que le Philotea est in- 12, a 568 pages, y compris la table ; plus xiv pages , y compris le titre. A la suite de ce titre est un avis au lecteur en basque, la traduction eu même langue d'une prière de saint François de Sales et de sa préface à l'Introduction , datée d'Annecy, jour de Sainte-Madeleine, 1608; enfin, l'approbation en français de M*T Guillaume d'Arche, en date du 8 juin 1748.
Cette approbation, l'avis au lecteur du Philotea et celui du Gtidu izpiritttala , nous donnent des lumières précieuses sur un précédent traducteur en basque du premier de ces ouvrages, écrivain dont nous aurons plus loin à nous occuper : « Nous étant informés , est -il dit dans l'approbation , qu'il ne reste plus aucun exemplaire de l'Introduction de S. François de Sales, traduite autrefois en langue basque, permettons, » etc. L'avis du Gudu porte : « Ce livre a autrefois été traduit en langue basque, mais en un basque bizarre et sans correction, tel que le pouvait écrire un auteur qui n'était point Basque. » Enfin, on lit dans l'avis du Philotea : « Il est vrai qu'un prêtre venu à Bayonne du côté de Paris , avec un évèquc de notre diocèse , a , pour rendre service aux Basques, traduit ce livre et d'autres, ayant appris la langue comme il put, et qu'il les a fait imprimer à Paris; mais outre que le basque eu était barbare, peu de ces ouvrages restent encore dans le pays, soit parce qu'en effet on en a peu répandu , soit pour tout autre cause. » Or, il n'y a réellement que Silvaiu Pouvreau qui ait traduit l'Introduction à la vie dévote et le Combat spirituel : il s'agit donc de lui dans les préfaces de Haraneder.
Ce même ecclésiastique est encore l'auteur du Gudu izpirituala, Toulouse, J° Fr. Robert, 17.r)0, petit in-12. Les initiales que porte la première page de cette édition sont NL. I". DR. Il y a une faute ici : les approbations finales de Robin, curé de Villefranquc, et de Dagucrre, supérieur du petit séminaire de Laressore, portent J. N. I)., qui signifient Joannes Haraneder Doctor. Cette édition renferme 353 pages, y compris celle du titre, un avis au lecteur, un autre avis sur l'orthographe employée dans l'ouvrage, et les prières pour la messe; mais la table et les deux approbations qui suivent, ainsi que la permission de Guillaume
d'Arche, sont en dehors de la pagination et occupent sept pages. L'édition de L. M. Cluzeau (Bayonne, 1837, in-24, de xl-372 pages) reproduit tout ce que contient l'édition de 1750; mais on y a ajouté les vêpres et complies du dimanche en latin, et, à la lin, les prières pour la confession et la communion. Elle est dans le commerce de la librairie , à Bayonne ; mais il n'en est pas de même de la première édition et du Philotea, qui disparaissent tous les jours et ne se retrouvent qu'avec peine.
Cette traduction du Combat spirituel, ainsi que le fait remarquer M. d'Abbadie, contrairement à l'assertion de la Noticia de las obras vascongadas, etc. *, est fort soignée; le dialecte est celui du pays de Labourd. Nous y apprenons, par l'approbation, qu'il existait alors une traduction plus ancienne, comprenant trente-cinq chapitres au lieu de soixante-six , et fort diflicile à entendre. 11 s'agit sans doute de celle de Silvain Pouvreau, publiée en 1665. Revenons à son auteur.
Le premier en date de ses ouvrages est intitulé : Guiristinoaren Dotrina, Eminentissimo Jaun cardinal duke de Richelieuc eguina, Silvain Pouvreau apeçac escaraz émana ( Doctrine chrétienne composée par S. E. le cardinal duc de Richelieu, traduite en langue basque par Silvain Pouvreau, prêtre). Parisen, chez Jean Roger, M.DC.LVI., in-8", de 307 pages, plus 8 feuillets de titre et de préliminaires, et cinq pages non chiffrées à la fin. La seconde traduction de Pouvreau a pour titre : San France* de Sales, Genevaco ipizpicauaren, Philothea, eta chapeletaren Andredetw Mariaren ohoretan devocionerequin erraiteco Antcea. Silvain Pouvreau apeçac escaraz émana ( Philotée de François de Sales , évùque de Genève , et Manière de dire avec dévotion le chapelet en l'honneur de Marie qui est daine; mis en basque par Silvain Pouvreau, prêtre). Parisen, chez Claude Audinet , 16G4, in-8°, de 14 feuillets préliminaires, 557 pages, et 3 pour les approbations religieuses et civiles.
La dernière traduction de Pouvreau est mentionnée de la façon suivante dans le catalogue de Falconet, t. II, p. 74, n° 11735:
• « E* de poro mérita su lenguage. » ( P. 1, n° 3. 1
Gudu espirituala il Lorenzo Scvpoli, Sylvain Pouvreau apezac escaras émana (Combat spirituel de Laurent Scupoli, mis en basque par Silvain Pouvreau, prêtre). Parisen, 1665, in- 12.
Il existe encore du même auteur un glossaire basque français conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque impériale, sous le n° 7700-4, olim Colbertinus 3105, petit in-folio sur papier, écriture du XVII" siècle. En tète du manuscrit est attachée l'ampliation sur parchemin d'un privilège accordé à Silvain Pouvreau, preslre du diocèse de Bourges, pour la publication d'une traduction en basque de l'Imitation de Jésus-Christ, sous le titre de Jesusen Imitacionea , « d'une grammaire basque et Françoise avec quelques dialogues familiers pour le commerce des deux langues , et de plus un dictionnaire basque, françois, espagnol et latin. » Ce privilège, dont la date a été laissée en blanc, parait être d'environ 1050. A la suite du dictionnaire se lisent diverses prières en basque et autres morceaux de piété ; en tete se trouvent deux feuillets de grammaire et des observations assez étendues d'Oihenart sur le principal ouvrage de Pouvreau, avec la date « du 30 may 1665. » Le Dictionnaire commence au mot ça farda, non par suite d'une perte de manuscrit, mais par l'effet d'une transposition.
Après le Nouveau Testament , que nous avons pris pour point de départ, parlons de l'Imitation de Jésus -Christ , le plus beau livre qui soit sorti de la main des hommes, puisque l'Évangile n'en vient pas. Nous avons dit que Pouvreau la traduisit; il ne parait pas que son travail ait jamais vu le jour. Celui qui a cours maintenant est de Michel Chourio , curé de Saint-Jean-de-Luz , et fut imprimé pour la première fois à Bordeaux, en 1720, sous ce titre : Jésus- Christoren Imitacionea. M. Chourio, Donibaneco erretorac, escararat itçulia. Bordelen, Guillaume Boudé Boé iraprimatçaille , etc., in-8° de 420 pages, plus 2 feuillets contenant le titre et les approbations, et G feuillets renfermant une table des chapitres à la fin. Cette traduction, dont l'auteur était déjà mort quand son travail parut , a été réimprimée à Bayoune, chez Fauvet-Duhart , en 1709, in-8°, et dans la même ville par Cluzeau, en 1825, in- 12. Cette édition, comme toutes les autres
que Ton a pu faire de nos jours *, est la reproduction d'une autre dont nous avons omis de parler dans notre introduction aux Proverbes busqués : nous voulons parler de celle qui porte pour adresse Bayonan , Trebos , liburu saltçaille bailan , Apoumaiouco carrican. !/. DCC. LXXXVlll. Permissionarequin. Elle est in- 12 et renferme 50G pages et demie, y compris la table, l'approbation de 1787, signée d'Itnrbide, Vie. Gen., de plus un g au de latin et une prière basque à saint Léon pour les femmes enceintes. Au commencement et dans la partie paginée en romain se voient la messe, vêpres du dimanche, complics, Te Deum en latin, enfin les trois approbations de la première édition et la permission de révêque. L'édition de 1750 ne porte que ces quatre approbations et permission, avec le seul texte de la traduction de l'Imitation française ; tout le reste est une addition de l'édition de 1788. Ce qui lui a donné le pas sur la première, c'est qu'à la fin de ehaque chapitre, il a été ajouté des prières et pratiques, également traduites de la même Imitation. Elles sont dues , comme le porte l'approbation finale de d'iturbide , à un zélé missionnaire du diocèse, nommé Etcheberry, mort, il y a quelques années, curé d'Ustaritz.
Ce complément n'existe pas dans une traduction souletine de l'Imitation de Jésus-Christ, qui a été confondue bien à tort avec celle de Chourio «, exécutée trente-six ans auparavant. La seconde en date est parfaitement écrite et c'est, après la traduction de l'Évangile de S. Matthieu par M. l'abbé Inchauspe, le meilleur modèle peut-être du dialecte souletin. La première édition est intitulée : Jesu-Krislen Imilacionia çuberouaco uscarala, herri teraurtaco aphec batec , bere Jaun apheccupiaren baimentovarcki utçulia. Pauben, G. Dugué eta J. Desbaratz, beithan mouldeçco leteretan eçarria. M. DCC. eta LVII. guerren ourthian; in-12 de xxij-405 pages, plus le titre ci-dessus et cinq feuillets de table.
1 Je n'en citerai qa'une seule, celle dont voici le titre : Yetu-Chrittoren Imitacionca; khenagoco edicione l*ra, confetateteo eta cemmuniateeco otkciti batçwes emtudatuo. Tolosan, Privai, liburu saltçailrarcn baitban. 1850, in-18 de 59Î pages.
* Proverbes ba$que*, introduction, p. xlix. — Voycx encore le catalogue Woltcrs (Paris, 1839), n° 155.
La seconde édition, imprimée à Montbéliard chez Rod. -Henri Dcckberr en 1858, est l'exacte reproduction de la première; c'est un in- 1$ de xxxij-405 pages, moins le titre, qui est ainsi conçu : Jésus Christen Imitacionia , ciberovaco uscaralat utçuliric eta Oiorouco aphezcvpu cen bat ce approbatu cien nouldebaten arabera. Arra imprima craciric. SalduriciçatecoOloroun. P. A. Vivent martchanlarenctchen, DonaMariaco kharrican,M.DCCCXXXVIII. {Imitation de Jésus-Christ, traduite en basque sou let in et conforme à un exemplaire approuvé par un évéque d'Otoron. Nouvelle édition en vente à Oloron chez P. A. Vivent, marchand, place Sainte-Marie, 1838.) L'auteur anonyme a dédié sa traduction à l'illustrissime et révérendissime François de Revol, évcqucd'Oloron ; la dédicace est latine, avec le souletin en regard. L'approbation , donnée par Jaureguizahar , curé de Mauléon et vicaire général, porte la date de 1756; elle est en basque de la Soûle. Suit un avis de l'auteur au lecteur, puis la table, enfin le texte, qui embrasse les quatre livres de l'Imitation.
En comparant la traduction de Chourio et la traduction souletine , on s'aperçoit aisément que l'auteur de celle-ci avait celle-là sous les yeux, et qu'en plusieurs endroits il a tendu à mieux faire ; mais s'il a évité quelques néologismes ou termes étrangers, il est resté bien au-dessous de son modèle pour l'habile emploi de la conjugaison, surtout irrégulière.
Bien avant Chourio il avait paru une traduction basque d'une partie de l'Imitation de Jésus-Christ, sous ce titre : Jesu Christoren fmitacionea, d'Arambiltaga aphecac escaraz émana. Hiru garren liburua. Bayonan, Antonio Fauvet... imprimatçaillea baithan eguina. M. DC. LXXXIV. (Imitation de Jésus-Christ, mise en basque par d'Arambiltaga, prêtre. Troisième livre. Bayonne, Antoine Fauvet, imprimeur... 1084.) Petit in-8°, de 7 feuillets préliminaires , 534 pages , 4 feuillets de table à la fin , et quatre grandes gravures en bois. D'Arambillaga était prêtre à Cibourc, en Labourd *. Parmi les approbateurs de sa traduction figure Churio, Bayonaco Eliçaco Cathedralaeo laun Erretov eta Theo-
' Voyex »ur lai la Biographie •niterulle, t" édlt., I. LXII, p. «.
logian Bacheliarac, sous la date de 1G84. S'il faut en croire la Noticia de las obras vascongadas , etc., p. 1, n° 1, le basque de d'Arambillaga est sans mérite.
Il convient maintenant à tous égards de parler de limitation de la Vierge, traduite et publiée en basque quatre ans après son apparition en français. Le volume a pour titre : Andredenu Mariaren Imitacionea , Jésus Christoren Imitacionearen ganean moldatua. Bayonaco diocezaco Yaun aphez batec francessetic , escuararat itçulia. Bayonan , Piarres Kauvet... baitan , M.DCC. LXXVIII. Approbacionarequin. Ce volume, de format grand in- 15, contient xxxvi-305 pages, y compris une laide image de la Vierge en regard du titre, celui-ci, et la table finale. La partie qui est paginée en chiffres romains renferme une épitre dédicatoire à Jules Ferron de la Ferronays , évèque de Bayonne , une approbation de Daguerre, supérieur du petit séminaire de Laressore, eu date du 12 avril 1777, L'approbation de l'évoque Jules, du 28 avril de la même année, un avis au lecteur, les prières de la messe basse , les vêpres du dimanche , le Stabat ; la dédicace, l'avis, la messe, sont seuls en basque, ainsi que le titre. La seconde pagination contient le texte de la traduction et la table.
L'auteur a imité l'anonyme de celui qu'il a traduit, et nous n'avons d'autre indication sur sa patrie que le dialecte lui-même, qui est du Labourd et de Saint- Jean-de-Luz ou de Ciboure. Du reste, c'est un livre bien écrit et estimé connue tel. Il y en a eu d'autres éditions, mais sans importance et en petit nombre.
Nous avons encore un ouvrage du même dialecte dans un livre de la plus grande rareté conservé à la Bibliothèque impériale sous la marque V. 2596-2. C'est une traduction des Voyages avantureux du capitaine Martin de Hoyarsabal, habitant de Ciboure », intitulée : Liburu hau da ixasoco nabigacionecoa. Martin de Hoyarzabalec egiîia francezes. Eta Pierres Detchaverry, edo Dorrect escararat etnana , eta cerbait guehiago abancatuba.
' Bordeaux, Gulltiome Nillanges, 1633, in-8u, livre fort rare, dont un exemplaire figure au catalogue Louis-Philippe , n° 1571.
BIBL10GBAPHIE. 487
Bayonan, Duhart-Fauvet , M.DC.LXXVII., in-8u, de 164 pages, plus deux feuillets non chiffrés, à la fin.
Un pareil livre était surtout destiné aux marins tentes de suivre les traces du hardi navigateur de Ciboure : un religieux composa pour eux un ouvrage qui devait les guider dans la route plus difficile du salut. C'est un recueil contenant la Doctrine chrétienne, plusieurs oraisons et une espèce de Guide des Marins, en bon basque , tel qu'on le parlait à Sare en Labourd : « Ce qui est d'autant plus estimable, dit le P. de Larramendi, auquel nous devons la connaissance du volume, que l'auteur, n'étant pas Basque, apprit la langue dans la perfection. » Il se nommait le R. P. Fr. Etienne Materre, était de l'ordre séraphique de Saint- François de l'Observance, et avait été gardien du couvent de Bayonne. Parmi les approbations de son ouvrage se trouve celle de P. de Axular; en tète se lit une addition écrite d'un style moins agréable. Ce volume, qui est de format in- 15 , a été imprimé à Bayonne en 161 G.
Le même cordelier publia , l'année suivante , à Bordeaux , chez Pierre de la Court, en un volume in- 12 également, un catéchisme en escuara *.
A neuf ans de là nous trouvons un autre livre basque imprimé à Pampelune, avec licence et approbation de Don Francisco de Mendoza, évèque de cette ville ; c'est un petit volume in- 12 dû à la plume de Don Juan de Beriaiu, abbé de l'église paroissiale d'Uterga. Il renferme la Doctrine chrétienne en castillan, d'abord en 83 feuillets , puis en basque , dans un nombre de feuillets à peu près égal : l'une et l'autre de ces rédactions sont bien écrites.
Le même P. de Larramendi, auquel nous devons cette notice, cite également les quatre ouvrages suivants :
1° Munual devocionezcoa , edo ezperen, oren oro escuetan erabilltçeco liburutchoa. Escarazco versutan eguirïa, ela guztia bi parle tan berecia.... Bordelen, Guillen Millanges, erregueren imprimatçaillearenean. M. DC.XXV1I. ( Manuel de dévotion , ou le petit vade-mecum de tout le monde, fait en vers basques et
< Voyez Wadding, Scripioru or Ain* Minonm, Rome, 1650, in-folio, p. 320, eol. 1
divisé en deux parties.... Bordeaux, Guillaume Millanges, imprimeur du roi, 1627 ), in-8<> de 138 pages «.
La première partie de cet ouvrage , qui est de Jean d'Etcheberri, renferme, en vers de huit syllabes, les principaux mystères de la vie de Jésus-Cbrist ; la seconde partie , également consacrée à des sujets de piété, est en grands vers de quatorze syllabes. Elle est intitulée : Bigarren Liburila guiristinoac erran behar lituzquen othoiteez.. . . Bordelen, Guilleu Millanges, M. DC.XXVM. (Deuxième Livre des prières que le chrétien devrait lire.... A Bordeaux, chez Guillaume Millanges, 1627), et se compose de 208 pages, le titre compris.
Quarante-deux ans plus tard , il parut une seconde édition de cet ouvrage , pareillement imprimée à Bordeaux , dans la même maison; on en trouvera le titre, p. xlvi, n° XVII, de notre introduction aux Proverbes basques.
II" Noelac eta berce canta espiritual berriac ( Noëls et autres cantiques spirituels nouveaux ) , du même Jean d'Etcheberri ; Bayonne , 1680, in- 12, de 250 pages. Le sujet de ce livre, tout en vers , qui a été réimprimé *, est la vie de Jésus-Christ et ses principaux mystères , spécialement sa naissance ; il renferme aussi des louanges çle la Trinité, que l'auteur appelle heureusement Hirurtasuna, ainsi que des pièces en l'honneur des saints. L'un de ceux qui ont approuvé le livre , dit avec raison du basque de Jean d'Etcheberri :
Escaldimac liel bcquizquil,
Hnren ohoratçera ,
Ceren escara eman duen ,
Erdararen gaûera.
(tjue les basques nie viennent en aide, pour le glorifier de ce qu'il a mis Vescuara au-dessus de Verdara le Iwsque au-dessus du français).
1 Voyex , pour une plus ample description de ce volume , notre introduelion aux Proverbes basques, p. xl,n° VIL
1 L'une de ces éditions , que nous avons sous les yens , porte au-dessous du titre que nous venons de donner : Jésus Christoren biclareu mister io principalen gallean. Eta sainduen ohorctan lesta buruetaeott. loannes Etckeberri Doctor Thcolegoae egniHac. Baionan, Maflre Baitan, bore Cantognetan. {Touchant les principaux mystères de la vie de Jésus- Ckrisl et en l'honneur des saints pour leurs fêtes. Composé par Jean Etcheberri , docteur en théologie. Bayonne, chci Maflre, aux cinq Cantons. ! 1607, in-î4, de i40 pages.
A la suite de ce morceau de poésie se trouve un acrostiche de vingt vers , signé P. de Arganaralz, Prœdicator. Nul doute que ce ne soit le prêtre et prédicateur ordinaire de Ciboure, dont nous avons des sermons , en douze chapitres , imprimés à Bordeaux en 1641, en un volume in- 15 de 572 pages.
Le quatrième ouvrage mentionné par le I\ de Larramendi, aussi bien que par David Wilkins dans le recueil de Chamberlayne *, est l'ouvrage du P. Jean Haramburu, intitulé : Devocino escara Mi rai lia eta oracinoteguia ( Miroir et oraisons de la dévotion basque). Bordeaux, 1035. Cette édition, probablement imprimée par les Millanges , comme les ouvrages d'Etcheberri et autres , a disparu ; on n'en trouve plus d'exemplaires ; mais on en rencontre une deuxième de 1690, et M. l'abbé Harriet en a deux exemplaires, l'un assez complet, l'autre extrêmement maltraité. C'est un petit volume in- 18 de plus de 500 pages. De quelle imprimerie est-il sorti / c'est ce que l'on ne peut dire, la première page manquant ; mais c'est assurément le spécimen le plus achevé d'incorrection typographique qui se puisse voir, et pour y lire du basque, il faut être assez versé dans la connaissance de cet idiome. Du reste, tel qu'il est, l'ouvrage a un grand prix et comme rareté et comme monument ancien de la langue , d'autant plus que l'auteur y était fort habile.
Son livre est dédié à M*' Tévèque de Tarbes, conseiller du roi en ses conseils privés, et abbé d'Artus. L'épitre dédicatoire nous fait connaître que le P. Haramburu avait travaillé lui-même à une seconde édition : aurait-il donc surveillé celle de 1690, à cinquante-cinq ans de distance de la première ? Cela paraîtrait fort , et il faudrait admettre que l'auteur était bien jeune à l'époque de la première. A la rigueur, il pourrait en être ainsi , et l'on expliquerait la chose par cette particularité , qu'il aurait pris pour collaborateur C. Harizmendi, l'auteur de l'Office de la Vierge, en vers : de fait, l'édition de 1690 porte, après la dédicace de Haramburu, un avis au lecteur par Harizmendi; peut-être aussi
' Oralio àominica in diverta* omnium fere çenlium lingua.% rerta , elr. Amslelœdami , MDCCXV, in-4°, prefM fol. 18 verso. Page» 45, A4, on lit Irois versions du Pater en langue basque.
490 LE PAIS BASQCE.
ce dernier u'a-t-il donné son édition qu'après que Fauteur luimême en avait publié deux; et puis, qui sait si la date de 1635 n'est pas fausse /
Quoi qu'il en soit, il est à remarquer que Harizmendi a transporté dans son Office de la Vierge la traduction en vers du Te Deum du P. Haramburu, qu'il s'est ainsi dispensé de faire lui-même. Dans mon introduction aux Proverbes basques, j'ai dit, d'après YArle 1 du P. de Larramendi, que le Devocino escara renfermait beaucoup de prières en vers basques; il n'y a, au contraire, de vers que la traduction des sept Psaumes de la pénitence, qui, pour le dire en passant, ne se trouvent point versifiés ailleurs , et celle du Te Deum laudamus. Tout le reste est en prose , sauf deux chants pour les marins , avant et après la pèche.
L'ouvrage a trois parties , dont il n'est pas important de spécifier les matières ; elles sont semblables à celles des livres d'heures. La seule particularité que je veuille faire remarquer, c'est que l'on y trouve un directoire pour les marins , une dévotion pour les affiliés du tiers-ordre de Saint-François, et le rosaire très-développé. Le basque de l'ouvrage est le meilleur du Labourd , celui de Sare ; le P. Haramburu et Harizmendi y étaient passés maîtres.
On en peut dire autant du P. Bernard de Gasteluçar, dont le livre , aussi rare 1 qu'il est excellent , mérite une autre description que celle que nous avons tirée du prologue du P. de Larramendi 9.
1 El Impossible vencido. Arte de la lengua vaseongada, etc. En Salamanea : Por Antonio Joseph Villagordo Alcarax. Aflo de 1729 ; petit in-8°, volume 'peu commun, vendu 12 fr. chez Anqoetil Doperron, 24 fr. chez Langlès, 30 fr. chez Klaprotb, et une livre sterling troU shillings chez Hibbert.
* En 1843, le libraire Colomb de Batlnes en a vendu un exemplaire, dont le titre figure tout au long dans le catalogue C, n° 178.
' Diceionario trilingue, prolég., p. xxxv. Voyez encore l'introduction aux Proverbes banques, p. xlviij. — Le Dictionnaire du P. de Larramendi, ou plutôt la préface que nous venons de citer, a donné lieu a un long et Intéressant article du journal de Trévoux. (Mimoires pour r histoire des sciences et des beaux-arts , octobre 1748, p. 2141.) — Un autre ouvrage du même jésuite, Y Et Impossible vencido, dont nous avons donné le titre tout au long dans la première des notes de cette page, mérite de nous occuper un instant. Il renferme un chapitre consacré à la poésie basque, divisé en deux paragraphes. Dans le premier, qui est intitulé De la Poesia bascongada, que esté en uso, et qui s'étend de la page 373 a la page 381, l'auteur rapporte deux noéls du Dr Jean d'Etcheberri et un fragment de son Hanual devocioneuoa , ainsi que deux couplets de la traduction du Te Deum, par
C'est un volume in- 12 de 479 pages, moins la table finale, qui n'est point paginée, et une dixaiue de feuillets préliminaires pareillement non chiffrés. On y trouve : 1° le titre, ainsi conçu : Eguia catholicac, salvamendu eternaluren eguiteco necessario direnac . Ait a B. Gasteluçar Jesus-en Compaigniacoac composa tvac, etc. Pau, lu'8(>, imprimerie de Jean Desbaratz; 2° un calcudrier; 3" les prières latines avant et après l'office ( la seule page de l'ouvrage en latiu ) ; 4" la permission de M«r Gaspar de Priale, évèquc de Bayonne , et du P. J. Pierre Case-Depaz, provincial «le Guiennc ( les deux seules pièces qui soient en français) ; l'approbation du P. Basile, capucin d'Ossez, prédicateur et professeur de théologie; G" celle du P. Jacques d'Oihenart, jésuite, que je soupçonne d'être un fils, ou au moins un parent du poëte souletin , d'autant que cette approbation est écrite dans le dialecte de la Soûle 1 ; 7° enfin , le Veni creator, en vers de méme'mesure que la prose latine , selon l'habitude de l'auteur pour la traduction des proses et hymnes.
L'ouvrage est divisé en sept parties. La première, qui va jusqu'à la page 84 inclusivement, traite des prières que le fidèle doit ou peut réciter chaque jour. C'est la partie qui renferme le plus de prose; le reste n'en a guère. On y voit les prières du matin et du soir, celles de la messe , les sept Psaumes de la pénitence , les grandes litanies. A la page 1 commence la préface , à la page 1 1 un avis au lecteur. L'auteur y dit que , dans un temps où Ton a imprimé et composé beaucoup de livres en basque , il offre le sien principalement aux marins, afin qu'ils puissent eu mer chanter les hymnes de l'Église sur les airs auxquels ils sont habitués. À cette déclaration, on reconnaît un Basque né sur les bords de l'Océan, un des membres de cette famille de Gasteluxar, de Ciboure,
le P. Jean Harambura. Le paragraphe II (De la Poetia de que et capaz cl liascuence), qui termiue le Tolame, renferme un nombre encore plus considérable de pièces basques, on eutcara sur la mort do roi Louis 1", avec traduction en vers latins el en vers espagnols, on dixain sur on pigeon bien accommodé, et quatre antres morceaux de différents mètres sur un trail de courage de Ferdinand V, vainqueur d on taureau qoi menaçait les jours de la reine.
' Dans l'église de Liebarre , on trouve la tombe de Félicien Ovfaenart , prêtre , avec la date de 17J0 : rien n'empêche de croire que ce ne soit celle d'an fils d'Arnanld Oihenart ; mais il est plus sûr de n'y voir qoe l'un des membres de sa famille.
492 LE PATS BASQUE.
dont le nom figure sur une tombe du village d'Urdax , merindad de Pampelune, aux portes de la France.
La deuxième partie, qui va depuis la page 84 jusqu'à la page 183, contient des noëls en grand nombre, les mystères de la vie et de la mort de Jésus-Christ , et a pour titre : Dévotion à Notre-Seigneur. La troisième traite de la confession , de la communion et de la dévotiou au saint sacrement, toujours en vers ; elle va jusqu'à la page $63. La quatrième partie roule sur les fêtes de la sainte Vierge , sur la dévotion à la Mère de Dieu et les prières à lui adresser ; la cinquième sur les quatre fins de l'homme. La sixième renferme des prières aux saints patrons. La septième contient des sujets de méditations pour tous les états : curés, prêtres, dévotes, médecins, pêcheurs, chasseurs, soldats, marchands, fils de famille noble, jeunes, vieux, mariés, etc. Elle se termine par une courte doctrine chrétienne, en vers.
La mesure des vers est généralement uniforme , excepté quand elle se modèle sur celle des hymnes et proses de l'Église ; elle est, dans le quatrain, de neuf syllabes au premier vers, de huit au deuxième, de neuf au troisième, de huit au quatrième. Il est à remarquer que le vers de huit syllabes doit être le vers rimant et de repos ; il est masculin. Celui de neuf syllabes ne rime pas, il est féminin. Au résumé, Bernard Gasteluçar est un fort bon poëte basque ; il rime bien et manie avec aisance et noblesse le dialecte labourdin. De son ouvrage, je ne connais que deux exemplaires ; il doit cependant y en avoir au moins un troisième dans le pays , puisque l'un de ceux que j'ai vus a quelques pages perdues que l'on a suppléées à la main ; elles sont d'une écriture récente , et n'ont pu être prises sur le second des deux exemplaires.
Mentionnons ici deux catéchismes publiés à Bayonne par M*r Pierre- Guillaume de la Vieuxville ». Le premier, imprimé en
1 Sûrement avant ces catéchismes il en existait d'autres ; mais aucun d'en n'est arrive jusqu'à nous. De Thon ayant rapporté qu'il vit en 1584, a la Bastide-Clairencc, Jean Leiçarraga, ministre de l'église du lieu, ajoute qn'il y prêchait en sa langue, dans laquelle il avait, dit-il , traduit le catéchisme et le Nouveau Testament , par ordre de la reine Jeanne, i Jac. Aug. Tkusni de Vita »ua, lib. 11 , ad calccm Hist. sui temp., edil. Und. Sam. Bockley, MDCCXXXI1I, in-folio, p. A3.)
1731 \ a été réimprimé dans la même ville en 1760, en 1788 * et en 1814 8 ; il ne contient que le texte, qui est en fort bon langage.
Ce catéchisme abrégé, le plus nécessaire, fut remplacé par le catéchisme de l'Empire *, qui ne le vaut pas, et il fut encore réimprimé en 1814 pour prendre la place de celui-ci. Le mandement est signé J.-J. Loison, et porte interdiction de tout autre catéchisme.
Le second, le grand, que le peuple affectionne beaucoup, à cause de ses explications plus détaillées, et qu'il nomme Catichima doblea », n'a jamais eu qu'une édition, celle de Bayonne, 1733, in- 12. Elle a 4M pages, y comprises les prières du matin et du soir, qui précèdent , de plus les litanies du nom de Jésus , celles de la Vierge , une instruction pour servir et répondre à la messe. Point de table ; on y supplée par la division du livre en quatre parties , et la division de chaque partie en leçons. Chaque leçon est terminée par des pratiques correspondantes et par l'indication d'histoires et d'exemples pris, soit dans l'Ancieu, soit dans le Nouveau Testament. Hors de pagination et au commencement, se trouve, en huit pages, le mandement basque de M"r P. de la Vieuxville, daté du 14 mai 1732; puis, en huit autres pages, un avis pour bien faire le catéchisme.
Cet ouvrage , grandement estimé , très-méthodique , fort bien
1 Guiristinoen Doclrina laburra, haur gattei irakhasteeo , Piarre* de la Vieuxville, Bayonaeo Jeun aphrzpicuaren manu* imprimalua ; hau choilqui irakhatsia içaiteco Bayonaco diocesan. Bayonan, Paul Faovet, etc. {Abrégé de la Doctrine chrétienne qu'on doit apprendre aux jeunet enfant*, imprimé par ordre de Pierre de la Vieuxville , èvêque de Bayonne , pour être enseigné dans le diocèse de Bayonne. Bayonne, chez Paol Fauvet , etc., in-8° de 128 pages. Le mandement éplscopal qui le procède est du 20 juin 1731.
* A Bayonne, chez Paul Fauvet, etc., In-12de 112 pages. Celte édition contient le mandement de Mgr de la Vieuxville, les prières du matin et du soir, et, a la On, les litanies d>i saint nom de Jésus, de la sainte Vierge, et une méthode ponr sertir et répondre à la messe.
* In-12 de 117 pages. C'est cette édition qni a servi de base a celles de 1823, de 1832 et autres
' Francesen Imperadoaren Eremvetaraco Elita gueietaracotx eguina dan Catichima. Bayonne, Cluzeau frères, in-8°. (Noticia de las obras vascongadas, etc. , p. 2, n° 9.)
* En voici le véritable titre : îtayonaco diocesaco bi-garren Catichima, lehenbieico cornunionea eguitera preparalcen diren haurrencat. Bayonan, Paul Fauvet, etc. M.DCC.XXXIIL ( Second Catéchisme dn diocèse de Bayonne , pour préparer les enfants à recevoir la première communion. Bayonne, Paul Faute! , etc., 1733), ln-12.
494 LE PATS BASQFE.
écrit, et dont une réimpression aurait certainement un abondant débit , se trouve difficilement , moins difficilement toutefois que le Catéchisme abrégé, en raison de ce que celui-ci n'a point été vendu relié ni remplacé obligatoirement par d'autres , tandis que le Catichima doblea était de nature à être mieux conservé et gardé avec soin comme livre de bibliothèque. C'est sans doute celui que P. Mascin attribue à l'évèque Guillaume d'Arche, dans son Essai historique sur la ville de Bayonne K
Ces deux catéchismes sout à l'usage de Bayonne ; il en existe un autre, très-rare, à l'usage du diocèse d'Oloron, petit volume in- 12 de vm-94 pages, intitulé : Catechisma Oloroeco diocesaren cerbutchuco. Joseph de Revol hanco aphezcupiaz eguina, emendatiaela berriz imprimatia François de Revol, Oloroeco appezcupiarenmanuz. Pauven, J.P.Vignancour... M. DCC. LXXXVIII. ( Catéchisme à l'usage du diocèse d'Oloron , fait par Joseph de Revol, évêque de ce diocèse, augmenté et réimprimé par ordre de François de Revol , évèque d'Oloron. Pau, J. P. Vignancour. . . 1788). En effet, le mandement annexé à cette édition, et qui est de François de Revol, sans date, porte qu'il fit imprimer un catéchisme basque , « avec quelques retranchements et augmentations , sur le modèle d'un précédent qu'un de ses zélés prédécesseurs avait fait traduire en basque et en béarnais, pour ceux de ses fidèles qui n'entendaient pas le français. » C'est celui de Joseph de Revol. Il s'ensuit que ce prélat fut le premier évèque d'Oloron qui fit composer un catéchisme basque pour la Soûle, et il dut paraître de 170") à 1735, époque à laquelle Joseph de Revol gouvernait l'église d'Oloron. Cela est encore confirmé par un autre endroit du mandement de François de Revol , dans lequel on lit : « Je sais, mes très-chers frères, qu'un livre parfait et complet, il y a trente ans, n'a pas aujourd'hui, après le changement des temps , la même netteté , le même agrément , la même force qu'à l'époque de sa composition. » Or, François de Revol fut sacré en 1742, et les trente ans avant lui nous reportent à son avant-dernier prédécesseur, Joseph de Revol ; mais comme
' Paris et Bayonne, 1792, io-«w, p. 83.
l'édition de 1788 n1est pas celle de François de Revol, c'est donc au moins une troisième édition. Ainsi, un seul catéchisme, avec quelques variantes, se perpétua depuis 1705 jusqu'à 1789, au diocèse d'Oloron. Ce petit volume n'a, outre le texte du catéchisme, que le mandement de François de Revol et le titre, puis, à la (in, les répons de la messe.
Outre ce catéchisme , il en a existé deux autres dans le dialecte souletin, et un seul peut-être a survécu. Tout donne à penser qu'il portait le titre suivant : Catechima laburra eta Jésus- Christ . Goure Ginco Javnaren eçagutcia, salvatu içateco, etc. Pauyem. Jérôme Dupoux, impriraaçaliaz eguina, 1696, petit in -4°. La 1" partie se compose de 176 pages; la 2% d'où nous avons tiré le titre ci-dessus, qui manque dans l'exemplaire de M. l'abbé Inchauspe, le seul connu, renferme 134 pages.
L'auteur de cet ouvrage est Athanasc de Belapeyre, prêtre bachelier en théologie , curé de Cheraute et officiai de l'évêché d'Oloron au pays de Soûle, province de Guicnne, qui l'entreprit à la demande de maître Pierre de Chamalbide, prêtre curé d'Abense et substitut du promoteur au présent pays. Page 30 de la lr* partie , 1'tfuteur fait mention en ces termes d'un autre catéchisme basque imprimé en 1686 :
• Eta amorecatic uscaraz onsa ecin minçateiaren penac guibel eteiteen. ez herabezti : nola ère haboroec ezpaitucic hon ediren herri hontaco apez gazte gatec gutiz lionat uscarala utçuli dian catechima (an 1686), eta espaiteireye hartçaz cerbutcliatcen : segur ère baita, eçaguteen ezpagunu haren eguiliac teologian iakitecian benoguehiago, onsa cguin nahia ciala, justicia garralcian ediren gunukiala, haren lanaren baidoctrînan , bai usearau hitz gogor, baita houx ouste gabian eguin dutian hanitz, coin hontarçunez orai guhiego aipatu gabe uzten baitutugu , bere lanian bore icena gonle diana, damu gutiagoreki bara dadin. »
(Nous avons fait ce travail)... afin que la peine de ne pouvoir vous exprimer en langue basque ne vous rebute et ne vous rende paresseux dans renseignement de la religion , et parce qu'aussi la plupart d'entre vous n'ont pas goûté le catéchisme qu'un jeune prêtre de ce pays a traduit en basque >in. I68G) tout récemment, et que vous n'en faites point usage ; il est certain, du reste , que si nous ne savions que son auteur avait plus de bonne volonté de bien faire, qu'il n'avait de
LE PATS BASQUE.
science tbùologique, nous aurions eu à exercer une justice sévère à son égard, pour les termes impropres que l'on trouve dans son travail et par rapport à la doctrine et par rapport à la langue basque, et aussi pour les nombreuses erreurs qu'il a involontairement commises, sur lesquelles nous ne voulons pas insister davantage par ménagement pour celui qui a caché son nom. Par ces molifs, nous vous offrons ce travail.]
La Noticia de las obras vascongadas , etc., p. 1, n° nous fournit encore cette indication d'un catéchisme que nou9 n'avons jamais vu : « Catechima Oloroeco diocesaren cerbuchuco, in-8°, en basque souletin, assez pur et naturel, quoique difficile à entendre pour les autres dialectes , à cause de ses euphonies , de ses changements de voyelles et autres particularités. C'est une traduction du français par M. Jacques de Maytie, chanoine d'Oloron, imprimée à Pau, en 170G, par Jérôme Dupoin (Dupoux). »
Le diocèse de Dax avait aussi son catéchisme, dont nous ne connaissons qu'une édition ancienne. C'est celle qui porte pour titre : Catichima, edo fediaren eta yuiristino-eyuienexplicacione laburra. Luis Maria de Suarez d'Aulan , Aquiceco Jaun aphezpiku ossoqui illustre eta ohoregarriaren manuz imprimatia choila haren diocesa gueian eracaxia içaiteco. Aquicen, G. Roger Leclercq, liburu saldçaliaren imprimeriatic. ( Catéchisme , ou explication abrégée de la foi et des vérités chrétiennes , imprimé par ordre de Louis-Marie de Suarez d'Autan, illustrissime et révérendissime évêque de Dax \ pour être seul enseigné dans son diocèse. A Dax, de l'imprimerie de G. Roger Leclercq, libraire), in-8° de 164 pages. Le mandement épiscopal par lequel s'ouvre le volume, est du 2 mars 1740, ce qui suffit pour faire croire à l'existence d'une édition plus ancienne. On en commit une postérieure, Bayonne, Michel Cluzcau, 1815, 174 pages in-8°, avec un autre mandement de J.-J. Loison, évêque de cette ville, par lequel il interdit le catéchisme de l'Empire. Celui qui lui a succédé, remplacé à son tour par d'autres, devient rare, et néanmoins est d'un grand intérêt.
Je ne parle pas du catéchisme guipuzcoan de Villafranca ni du catéchisme biscayen de Ripalda par le licencié Capanaga, prêtre de Manaria en H»57: ils ne me sont connus que par ce qu'en dit
RIBI.IOCEAPHir.
un bibliographe anonyme *, qui traite assez mal le premier, déclarant qu'il ne mérite aucune estime, à cause de son langage souverainement mauvais , et des barbarismes et des solécismes que Ton y trouve en plus grand nombre que les citations , qui cependant ne manquent pas.
A côté de ces catéchismes, il convient de placer : 1° les traductions en guipuzcoan et en biscayen de celui du P. Gaspar Astete, par les PP. Larramendi, Anibarro, Cardaveraz, Echcverriaet par D. Juan Antonio de Moguel , imprimées à Burgos , à Pampelune', à Saint -Sébastien et ailleurs, dont Tune, je ne sais laquelle, Ta été en 174*2, et une autre, si ce n'est la même, réimprimée à ïolosa, par D. Francisco de la Lama en 18*2*2 puis en 183'2, en un volume in- 16 de 7*2 pages; *2" les deux catéchismes, en même langue, de D. Francisco Xavier de Lariz, dont le second a été imprimé in-8w à Madrid, par I). Antonio de Sancha, en 1774, avec une version castillane *. Le basque de Larramendi est parfait; celui d'Anibarro, comme celui de Cardaveraz , est bon , éloge que l'on ne peut eu conscience donner à la traduction d'Irazuzta, recteur ou curé d'Ernialdc, qui a cours aujourd'hui dans le Guipuzcoa, et dont un bibliographe rend un témoignage peu flatteur ». La traduction du P. Aùibarro est en navarrais, comme l'ouvrage ainsi indiqué dans la \olicia de las obras vascongadas , etc., p. *2, n° 13 : ■ Apecendaco doctrina cristiuna uscaraz. Doctrine chrétienne à l'usage des ecclésiastiques, par le P. Francisco de Elizalde, jésuite, imprimée à Pampelune en 1735, de même format qu Astete, mais un peu plus fort. »
Le travail de L). .luan Antonio de Moguel, dont je n'ai rien
1 Soticia de las obras rascongadas que han salido à lus dénoues de las que euenta el P. Larramendi. San Sébastian , imprenta de Ignacio Ramon Baroja, 185G, in-4° esp., p. 5, n°" 36, 38. Celle notice bibliographique est attribuée au P. Zabaia.
5 Kn basque IruAean, nom que M. d'Abbadie a commis la Tante de traduire par Irun. — Nous ne connaissons le volume portant cette indication que par ce qu'en onl dit M. Gustave Brunet ( Sur la littérature basque , dans le Bulletin du bibliophile, u° 11 — 3* série, p. 515 ) et l'auteur de la Soticia de las obras vascongadas, etc., p. 2, n° M.
1 Sotilia de las obras vascongadas, etc. , p. 4, n° 33.
♦ Diccionario geogrâfico-histùrico de EspaHa, seel. I, t. 11, p. 345, col. 1, art. San Sébastian. — Ét*de\ grammaticales sur la langue euskarienne , p. 14. — Soticia de las obras vascongadas, etc., p. 3, n° 25.
4 Soticia de las obras vascongadas , etc., p. 4, n° 35.
dit, est intitulé Cristanaubaren Jaquirwidea; c'est une œuvre achevée et parfaite en son genre. Depuis, l'auteur Ta accommodée, sans la gâter, à la prononciation de la vicairie de Busturia, sous le titre de Cristinau Doctrinia , variante du dialecte biscayen. On en trouve une troisième dans le nom d'un ouvrage de D. Bartolomé de Olaechea, aumônier de l'hôpital de Bilbao ( Cristauben Dotrinia J, un volume in-8° d'instructions chrétiennes et de diverses pratiques et exercices de piété, tirés des ouvrages du P. Carda veraz, dont l'auteur conserve le beau style, mais en un basque qui n'est guère pur. Le travail de D. B. de Olaechea a été réimprimé plusieurs fois ».
C'est ici » que nous croyons devoir indiquer un volume intitulé : Ercrcicio spirituala. Here salbamendua eguileco désira duten yuiristiiïoençat luyuncu handilacoa. Bigarrcna editionea. Bayonaco Gure Jaun ipizpicuarcn permissionarequin. Bavonan, Paul Fauvet , erregueren imprimatçaillea baitan ( Exercice spirituel pour les chrétiens qui ont le désir de faire leur salut. Seconde édition, avec la permission de M*r l'évêque. A Bayonne, chez Paul Fauvet, imprimeur du roi ), in- 18, de 371 pages, plus sept feuillets liminaires, contenant le titre et le calendrier, et trois feuillets renfermant le privilège du roi et la table. Ce volume, mentionné par le P. de Larramcndi dans la préface de son Diccionario trilingue 3, imprimé, comme on sait, en 1745, est bien écrit.
Un mot maintenant relativement à Y Eucoloyia ttipia, traduction exacte de l'Eucologe français , que l'évêque Guillaume d'Arche fit imprimer avec tous les bréviaires, diurnaux et autres livres
• Noticia de la» obras tateongadas , etc., p. S, 6, n0f 41 , 45.
1 Ce qui nous fait croire que ce livre a été imprimé en 1741 ou 1742, c'est que dans la table du eompul ecclésiastique qui se trouve derrière le titre, la seconde de ces detrx années est la première indiquée. Nous possédons une antre édition dn même onvrage.de même format et avec nn litre presque identique, où se trouvent de même les mots Bigarrent editionea , mais ou 1rs années indiquées dans la table placée a la deuxième page commencent en 1755. Notre exemplaire est très-défectueux, surtout à la lin ; néanmoins il est facile de reconnaître qu'il appartient a une autre édition que la précédente, quoique sortie dos mêmes presses. —Ce même ouvrage a été réimprimé par Cluzeau et Fauvet jeune, a Baronne, en 1810, 1814, 1825, 1825, 1829, 1858 et 1840, in-18, in 24 et in-32. Dans l'une de ces éditions, la seule connue, à ce qu'il parait, de l'auteur de la Noticia delasobra* rascongadas, etc., on ne trouve pas la passion de Jésns-Cbrist selon saint Jean.
• Prologo, t. I,p. XXXV, n°6.
PIBLIOf.BiPBIE. 499
nécessaires aux besoins de son église. Il porte pour titre : Eucologia ttipia, edo eliçaco liburua , Bayonaco diocesacotz, ceinetan baitdire breviario cta missel (terrien arabera cantatcen diren gvciac... Yaun aphezpiciiaren manuz imprimatua. Parisen, Piarres Alexandre Le- Prieur... baitan ( Petit Eucologe, ou livre d'église, pour le diocèse de Bayonne, dans lequel se trouve, d'après le nouveau missel et le nouveau bréviaire, tout ce qui se chante.... Imprimé par ordre de iWr l'évëque. A Paris, chez Pierre-Alexandre Le- Prieur), 1758, in- 15. Le volume s'ouvre par un avertissement et un calendrier en basque , suivis de la prière pour la bénédiction de l'eau, du Veni Creator et de VAve maris Stella, tout cela sans pagination. Viennent ensuite, toujours en basque, de la page 1 à la page 58 , les prières du matin et du soir, celles de la messe, de la communion et de la confession , l'avis de Tobie à son fils et le renouvellement des vœux du baptême. Puis commence une nouvelle pagination pour l'Eueologe proprement dit, où tout est latin, sauf de fréquentes explications intercalées pour l'intelligence et la direction de l'office, et, à la fin, une prière à saint Léon pour le temps de la grossesse. Deux lignes finales avertissent qu'il faut chercher les approbations et privilèges dans le livre d'heures français et dans le diurnal latin.
Après cette édition vient celle de 1817, comme semble l'annoncer l'approbation de MKf Loison, et enfin celle de 1831, chez Michel Cluzeau et V,e Cluzeau. Ces deux éditions reproduisent celle de Paris , sauf la double pagination réduite à une seule ; elles n'ont d'autre mérite que la correction «le beaucoup de fautes et l'addition de nouvelles. Du reste, ce sont les seules éditions que l'on trouve, et le livre est fort recherché en raison de ce que les offices y sont tout du long pour l'année ecclésiastique. Les soixante pages qui s'y trouvent en basque sont bien écrites.
Après avoir passé le milieu du XVI1P siècle, nous rencontrons un autre volume intitulé : Jesusen bihotz sacratuaren aldareco Devocionea , meça sainduco exercicio izpiritual batequin M. d"* francesetic escuararat itçulia. (Dévotion au sacré cœur de Jésus dans le saint sacrement de l'autel , avec un exercice spirituel pour la sainte messe, traduit du français en basque par
500 LE PATS BASQUE.
M. G***.) Toulouse, 1759, in-8°, de vm-160 pages, y compris le titre. Au commencement est la traduction de la bulle de Clément XII, qui approuve la confrérie du Sacré-Cœur et lui accorde des indulgences, bulle en date du 2 mai 1735. Vient ensuite la publication de la bulle par l'autorité locale, avec l'indication des jours de fête des confréries, en basque, par Guillaume d'Arche, évêquede Bayonne, datée du 22 mai 1759. Ce livre, qui est bien écrit, avait déjà eu une édition en 1757, s'il faut en croire l'auteur de \aLi\oticia de las obras vnscongadas , etc., qui la décrit comme portant sur le frontispice les noms de Bayonne et de François Trebos au-dessus du millésime, et ceux de Toulouse et de P. Itobert sur le dernier feuillet . Il est bien plus certain que ce livre a été réimprimé en 1831 à Bayonne, chez Cluzeau, en un volume in-24 de dix feuilles, 7/12, et qu'il a servi de base à la nouvelle Dévotion au Sacré-Cœur, publiée en un volume plus étendu par M. Jaurctche.
L'auteur de la Noticia de las obras vascongadas , etc., cite encore, p. 2, n° 15, un ouvrage en guipuzcoan, mêlé de navarrais, Jesusen biotz muitearen Devocioa, du P. Sébastien de Mcndiburu, de la compagnie de Jésus, un volume in-8°, imprimé à Pampelune. Ce doit être une traduction. Le bibliographe anonyme ajoute que le règlement de la confrérie a été imprimé séparément à Saint-Sébastien , par Bartolonié Kiesgo Montero , en 1747. Le basque du R. P. est si bon, que le P. de Larramendi lui écrivit de Loyola, le 15 mars de la même année, une lettre dans la même langue, toute pleine d'enthousiasme et de plaisir de voir expliquées avec tant de pureté , de propriété et d'élégance, les matières de la religion chrétienue. Cette lettre se trouve habituellement en tète du livre.
A propos de la dévotion au Sacré-Cœur, il existe une petite brochure de 29 pages in- 12, devenue introuvable. Elle est de l'année 17(>8, je ne sais de quel imprimeur, le premier feuillet manquant à l'exemplaire qui nous a été communiqué. Elle renferme : 1° la résolution prise, à la requête de la reine, dans l'assemblée générale de 17t>8, de propager la dévotion au Sacré-Cœur parmi les tidèles; 2° le mandement fait à ce sujet, par
G., évéque de Bayonnc, où il fixe la fête du Sacré-Cœur au dimanche après l'octave du saint sacrement; 3° des prières au Sacré-Cœur, au nombre de cinq (tout cela en basque) ; 4° l'office complet du Sacré-Cœur et ses litanies en deux parties et en latin. Le basque de ce petit livre est celui du Labourd : mais il y a ceci de remarquable, que l'auteur de la traduction, par une affectation de purisme, est tombé dans un néologisme condamnable, qui rend son travail difficile à lire.
Un peu après le milieu du XVIIIe siècle, un ouvrage basque plus important, surtout plus considérable, parut sous ce titre : Jesusen amore ncqueci dagozten, cembc.it otoitz gai, Jesusen companiaco A. Sebastien Mendiburuc eguinac, 1760. Behar bezala. Iruncco. libra-guille Antonio Castilla-ren echean. (Quelques sujets de prières et de méditations sur l'amour souffrant de Jésus, présentés par le P. Sébastien Menti iburu, de la compagnie de Jésus, 1700. Avec autorisation. Chez Antonio Castilla, imprimeur à Pampelunc), onze volumes in- 1$.
Ce livre, dont nous avons ailleurs donné une description détaillée est en dialecte guipuzcoan et parfaitement écrit ; il s'y trouve quelques cantiques d'une versification facile et naturelle. On lit au tome V de l'exemplaire appartenant autrefois à l'abbé Ségalas, de Saint -Palais, cette note écrite à la main sur une page blanche : « El autor de esta obra salio cou el santo Christo , predicando por las calles, el dia 5 de abril del aùo de 1707. ■ C'était l'année même de l'expulsion des jésuites. Le K. P. aurait -il prêché la révolte ?
Il existe, sous le même titre et la même date, une autre édition du même ouvrage en trois volumes in-4"; nous en avons également donné la description ».
Je citerai ici, comme pareillement écrit dans le dialecte du Guipuzcoa, l'ouvrage qui a pour titre : Ait a son fgnacioren Egercicioen gancan afectoac, beren egemplo, eta dotrinaquin : edo Egercicioen lien Partea : Juitwoaren minislro celosoai Jesusen companaco aita Agustin Cardaberaz ec esqnent en , ta
' Prûterbet basquss, introduction, p. Ij , lij . n° XXX. » Ibid., p. Ijj, n° XXXI.
dedicatcendiena , 1761. Urteau. Bear dan bezala. Irunean : libruguille Antonio Castilla-ren echean ( Aspirations et doctrines en deux parties, sur les Exercices du père saint Ignace , offertes et dédiées au ministre zélé de Dieu, par le P. Augustin Cardavera, de la compagnie de Jésus. L'an 1761 , avec permission. A Parapelune , chez Antonio Castilla, libraire), petit in-8% de 392 pages, plus 2 feuillets de table et d'errata à la fin. Une seconde édition de cet ouvrage a été donnée dans la même ville eu 1765, in-12, de 120 pages, et une troisième à Tolosa, en 1824, en un volume, conforme à celle de 1761, annoncée comme étant en quatre volumes in-8°, dans la ISoticia de las obras vascongadas, etc., p. 3, n° 18.
Le P. Augustin de Cardavera/, natif de Saint-Sébastien en Guipuzcoa, llorissait au temps de l'expulsion de la compagnie de Jésus, c'est-à-dire en 1767. Outre les ouvrages dont nous venons de faire mention, il a publié une Vie de saint Isidore 8, un volume pour assister les agonisants un manuel 3 et un livre de
1 Sénat emaite santuac. S. Itidro Achurlari, tabere emaite sauta Mariaren B ici tut , virtuteac, eta milagroac. Iruflean, 1766 (Les saints Époux. Vie, vertus et miracles de saint Isidore le Laboureur, ainsi que de sainte Marie, son épouse. Pampelune, 1766 », in-8° esp.
1 Ondo illtcen icusteco, eta ondo illtcen laçantes Egercicioac. Ondo ill nai dutenai, ta ondo illtcen layundu nai duten Jaincoaren ministroai , Je sus-en compaiiaco Aita Agustin, Cardabcrauc esquenteen dizlenae. 1787. urlean. Beardan bezala. Tolosan : libruguillc Don Francisco de la Lama-ren echean ( Exercice* pour assister les agonisants et les aider à bien mourir; offerts par le P. Augustin de Cardarerat, de la compagnie de Jésus, aux prêtres qui veulent assister les agonisants et 1rs aider à bien mourir. Année 1787. Avec permission. Tolosa : chez D. Francisco de la Lama , libraire i , lu-8° esp. de quatre feuillets liminaires et de 110 pages. L'auteur de la Noticia de las obras vascongadas , etc., p. 3, n° 23, en cite une édition de 1765.
■ Escu Librua ceUcau dauden cristabaren eguneroco egercicioac, mandamentu santuetatic esamiUa eguiteeo, confesatuco eta comulgatieco prestaerac, gueroico oracioaquin. Mexa sanlua. Calbarioa eta beste devocioac. Jesusen compaiiaco Aita Agustin Gardât traite animen oneraeo ipihiac. Tolosan : Mendizabaleu alargunaren echean : 1810 garren urtean. | Manuel dans lequel se trouvent les exercices journaliers du chrétien pour l'examen sur les saints commandements , pour la confession et la communion , les prières qui suivent, la sainte messe , le chemin de la croix et d'autres prières , composé pour le bien des âmes par le P. Augustin de Cardaverai , de la compagnie de Jésus. A Tolosa , chez la veuve de Mendizabal, 1840), in-18, de 237 pages. Avant celle édition, on en connaît une de Î83i. in-16, de £40 pages, également imprimée à Tolosa. — L'auteur de la Noticia de las obras vascongadas, etc., p. 3 , n° 24, dit qu'en 1826 on a imprimé dans la même ville, chez de la Lama, un livre de dévotion, ln-12, présenté comme extrait des ouvrages du P. Cardaveraz, sons le titre à'Esculibrua. . Il aurait élé a désirer, ajoute le bibliographe, qu'il eut été rédigé par une main plus basque. •
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BIBLIUGEAPB1E
dévotion », qui ne sont peut-être qu'un seul et même volume. S'il *îaut s'eu rapporter à D. Vicente Gonzalez Arnao, il est encore auteur d'un traité de la Retôrica vascongada, imprimé à Pampelune en 1761, ouvrage dans lequel il fait voir les beautés de cette langue antique, et démontre avec des règles et des exemples ses avantages pour toute espèce d'éloquence *. Il faut croire qu'il était en état de fournir des modèles de son fonds, s'il est vrai qu'il fût un célèbre missionnaire autant qu'un homme de sainte vie. Son basque n'est pas très-pur, il est vrai, mais il abonde en expressions heureuses, et l'élégance de son style rend ses œuvres dignes d'être lues, surtout son Cristauaren Vicitzu 3. Quant à son (>ndo Ultcen icustecot etc., il faut croire qu'il n'aura pas été jugé suffisant, puisqu'un autre religieux, déjà auteur d'une traduction libre de l'Introduction à la vie dévote de saint François de Sales , le P. Fr. José Cruz de Echevcrria, missionnaire franciscain de Zarauz , publia en 1824, a Tolosa, chez D. Francisco de la Lama, un autre ouvrage sous le même titre \ en un volume in-8°. Nous arrivons maintenant aux Caniica izpirUuolac, livre fort
1 Tolosa, uns date, in-1* de 192 pages , pins 28 pages de cantiques.
* Dicciouario aeogràfico-kiêtàrico de E spolia , etc., sect. I, t. Il , p. 344, col. S, art. San Sébastian.— U Rhétorique banque est mentionnée, sous le titre û' Eutqueraren berrlonac, par l'auteur de la Solicia de las obras tascongadat, etc., qui ajoute qne ce volume fut imprimé en 1761 , a Pampelune, chez Castilla, in-8°. Voyez p. 3, n° 19.
' C'est , dit l'auteur de la ïtoticia de las obras tascongadas, etc., p. 3, n° 17, une traduction de Dutari, en un petit volume in-16 imprimé a Pampelune par Castilla, en 1790. — Plus loin, le même bibliographe mentionne, sous les n°* tO et 41 , la Dévotion de Jésus, de Marie et de Joseph (Jésus, Maria ela Joseren Detocloa), du même auteur, un volume in-ti on ln-16, selon les différentes éditions , de Pampelune, etc., en 1763; et les vies de saint Louis de Gonzaguc et de saint Stanislas Kolska (Justuen ispillu ArguiaJ, imprimées en 1764. Au n° 39, p. 5, l'auteur de la Notice des ouvrages basques signale en ces termes nne rédaction bbcayenne de l'un des volumes qui viennent d'être cités : « Jésus Maria ta Josere* detociioeo liburuekotic aterartcaco devociio battuec, par le P. Cardaverai. C'est un abrégé du traité du même religieux en guipuxeoan; l'auteur a droit aux mêmes éloges, si ce n'est a plus, pour s'être risque à écrire en biseayen, tout en étant natif de Saint-Sébastien , ce qui doit être pris en considération quand ou voit les petits défauts dans lesquels il est tombé. En écrivant cet ouvrage, il n'a point fait usage du se conformant ainsi a la prononciation générale de la Biscaye i Voy. Etuqurraren berrionac, p. Î4. on l'auteur assure que le j guttural n'appartient pas au basque, mais a été emprunté au castillan , et où il fait mention de l'usage de l'yota en Biscaye ), quoiqu'il ne fût pas certain de l'emploi de l'i voyelle comme consonne. Ce livre forme un petit volume ln-16, imprimé a Pampelune, chez Antonio Castilla, en 1764.
* Nolicia de lot obras xascongadas, etc., p. 4, n° 31. — La traduction de l'ouvrage de saint François mentionnée an numéro précédent sous le titre de Detociouo ricltzaren Sarrera, se trouve ainsi rangée parmi les livres en dialecte goipuzcoan.
intéressant de la littérature basque, mais dont les premières éditions doivent avoir complètement disparu, en raison de l'usage habituel que Ton en a fait, et parce que l'on s'en est toujours servi broché. La plus ancienne dont nous ayons connaissance , encore est-ce par les Prolégomènes de M. d'Abbadie », est celle de 1763, in-8°. Vient ensuite celle de 1775, de Bayonne, Pierre Fauvct, près des Carmes; elle fut précédée de quelques années (je ne puis dire de combien , la première page de cette édition a le millésime déchiré en deux, et l'on n'y distingue que C. L.) par une autre de Duhart-Fauvet , Pont-Mavou , à Bavonne. Ces deux éditions sont la reproduction textuelle Tune de l'autre, sauf la pagination et les caractères, uniformes dans la première, et de deux formes dans la seconde. L'édition de 1775 a sept pages in- 12, y compris le titre et l'avis du commencement , et les actes principaux après la communion, à la fin.
Ces éditions , non-seulement sont conformes aux précédeutes , mais, d'après l'avis, elles ne présentent que plus de soin dans l'impression , la correction du plus grand nombre de fautes , et des points et virgules mis avec exactitude. De plus, ou y trouve « quelques cantiques nouveaux. » On peut donc conclure de ce qui précède , que les anciennes éditions ne contenaient rien que celles-ci n'aient reproduit.
Tous les cantiques basques furent dans la suite imprimés suivant l'édition de 1775 , et, en raison de leur grand débit, les éditions eu furent fréquentes. Vint 1815, où l'on renouvela aussi les catéchismes; on révisa les recueils de cantiques; l'auteur de la révision y trouva des défauts : « Certains cantiques, dit-il, ont toujours été imprimés avec les mêmes fautes, certains autres sont composés sans ordre ni bonue méthode, certains encore doivent d'avoir été imprimés à un zèle plutôt qu'à leur valeur littéraire. » Sur ces fondements , tout l'ancien recueil a été bouleversé ; on a corrigé grand nombre de choses, transposé des couplets, fait disparaître bien des archaïsmes, retranché des cantiques entiers, inséré des morceaux. C'est un travail quelquefois heureux, souvent
1 KtvAtt grammaticale» fur la langue eatïarienne , par A. Th. d' Abbadlt et J. Augustin Cbaho, Av Nararr*. Paris, Arthns Bertrand, 1836, ln-80, p. 43.
Digitizfidby
malheureux , et saus intelligence de la langue et du génie poétique. 11 forme une brochure in- 12 de 80 pages, y compris le titre, l'avis et la permission de M*r Loison, en date du 8 juillet 1815, et porte pour adresse chez Fauvet jeune, rue Pont-Mayou, n° 13, à Bavonne ; on y trouve de plus , à la fin , une amende honorable au saint sacrement
Ou prit goût , à ce qu'il parait, à la composition poétique; car bientôt après le même Fauvet jeuue imprimait , sans indication d'année, un autre recueil de cantiques tout nouveau. C'est une brochure in- 12 de 5G pages, y compris le titre que voici : Omtico izpiritualac , lehen eçagutuci haniteac iratchiquiac , urtha edo oharlrapeneguin cantal uzf etc. Fauvet gaztea, Pon-Majouco carrican, n° 45, Bortz-Cantoiuetan. Ce dernier recueil n'a rien du précédent.
On n'a plus imprimé que ces deux, et ce sont eux qui sont dans le commerce1. En 1824, Léon-Martin Cluzeau, libraire à Bavonne , les lit réimprimer chez Vignancour, à Pau. Sa veuve en a douné une dernière édition à Bavonne , eu 1 844 ; elle n'est remarquable que par un système déplaisant d'orthographe nouvelle. La première partie, qui se compose de 78 pages, renferme quarante-deux cantiques, treize noëls et d'autres vers de piété. Parmi les cantiques, il faut distinguer les suivants, qui méritent une attention particulière :
î c a ntic a. — hpiritu Sainduaren lagunçac yatteteeev.
Çato Izpiritua, Creatçaile saindua ; Bisita çalçu hotçac , Othoi, gure bihotçae.
v c a mica. — Munduco gaucen esdeustasutiaz.
Mundu çoro tromperiaz bethea , Iduki naue, ondicoz! KatheUin;
1 On en trouvera le titre exact dans uotre introduction aux Proverbe» basques, p. Ivitj, n° ui. — Comparez notre jugement avec celui que porte l'auteur de la Noticia de lot obr<u vatamgadas , etc., p. î, art. 11.
* Voyez, pour l'indication de ces éditions, notre introduction aux Proverks l>n»pus, p. liij.n0 XXXIII.
506 LE PATS BASQUE.
Lausengari , enganakor tristea , Atceman nauc, eta ceinbatetan !
xxvhi cantica. — Aldareoo sacramendu sainduaren gainean.
Oi! miraculu guciz espantagarria , Oguiaren iduriz Yesus eslalia !
Hura dut adoratcen aldare gainean , Hura bera dut yaten communionean.
Parmi les noëls, le premier m'a paru véritablement digne d'attention :
0 ! Eguberri gaua , BoBcariozco gaua, Alegueratcen duçu, Bihotcean Christaua, etc.
Ce noël est du D. J . Eteheberri , comme le troisième, le onzième et le douzième. Le sixième, composé par le P. Gasteluçar, a été corrigé par Larreguy, curé de Bassussarry. En voici la première strophe :
Canta çagun guoiee
Ahalic gorena ; Lauda çagun Maria
André handienn.
Yakin yuen cerutic
Cer cen guerthaturen, Uiryina guelditurie,
Cela amaturen.
Le huitième me semble encore fort beau :
Atcar gaiten, atçar lolaric, tiau huntan da Yesus sorteen ; Amodioac garaituric tîure gatic da ethorteeu, etc.
La seconde partie de ce recueil de cantiques se compose de quatorze morceaux, parmi lesquels le suivant se fait distinguer :
Munduco yaucen funts-yabetasuna.
\v& da niundu huntan , E/> lumen aguinlcetan Behinere aurklùtceu Çorion falsoric baicen ;
BIBLIOG HAFHIF..
Bethi da gueçurti
Alcematen ,
Halere bethi Edireten
Ditu guiçonac , Kidatu nahi çaizconac.
Pour terminer l'histoire des cantiques basques imprimés , j'ajouterai que Duhart-Fauvet , je ne sais quelle année, a encore imprimé cinq cantiques pour le temps de la mission, en 15 pages in- 15.
J'allais omettre de dire qu'en 1820, quelques ecclésiastiques de la Soûle ont accommodé au dialecte de leur pays le tout ou la plus grande partie des recueils ci-dessus de Fauvet jeune et de Duhart-Fauvet, en y ajoutant d'autres cantiques encore, qu'ils ont peut-être empruntés à quelque recueil ancien de cantiques souletius que je ne connaîtrais pas. Tout cela forme une brochure grand in- 15, de 145 pages, y compris la table, mais non le titre et l'approbation de MST Lacroix , en date du l'r mai 1 846, brochure intitulée : Cantica espirïtualac. Bayonne. Foré et Lasscrre, successeurs de Duhart-Fauvet. Se vend chez Roch Daguerre, à Mauléon.
Cette compilation est plus ou moins heureuse , mais néanmoins sert bien au pays de Sonle. Les cantiques y sont divisés par ordre de matières eu cinq parties, et chaque cantique porte en tète une lettre de l'alphabet, « pour aider les recherches des lecteurs qui ne connaissent pas les chiffres. »
En Tannée 1751 , dix ans après la grammaire de Harriet *, le même imprimeur donnait un volume devenu excessivement rare, et on le comprend, puisque c'était un livre de circonstance; je veux parler d'un livre intitulé : Urthe sainduco jubilaneco Olhoitzac, Rayonavo Gure Yaun tiphezpiniaz orrienatuac. Bayonan, Fauveten alhargunaren etaJean Fauvet, erregueren eta Jaun aphezpicuaren
1 Gramatica eteunraz élu fronee$ex, composât** froncez hiticnnço ikkasi nahi dutemn foboreton. if. M. Harriet, uotori crrclolac. Bayonan, Fauvet, alarguna eta J. Fauvet, erregueren imprimadoriac baitan. M.D.C.C.XLI., in-8° de 514 pages, plus î feuillets contenant les approbations, etc. Cet outrage, qui s'est payé plusieurs fols 6 fr. (rentes Lerouge, langlès, eic.ï, a été porté à 20 fr. 65, cbei Boulard, et a 47 fr., chei Klaproih.
imprimadorecn imprimeriatic (Prières de la sainte année du Jubilé, ordonnées par Mb* V évêque de Rayonne. A Bayonne, de l'imprimerie de veuve Fauvet et Jean Fauvet, imprimeurs du roi et de M«r l'évêquc), M. DCC. LI. Cette instruction pour le jubilé, la plus ancienne que Ton connaisse , et qui a servi de modèle aux autres, est un in- 1$ de 44 pages, y compris le titre. Tout y est en basque, jusqu'aux psaumes: on y trouve la bulle de publication du jubilé universel de 1750, le mandement de l'évèque Guillaume d'Arche, daté de 1731; une doctrine, en forme de catéchisme, sur les indulgences et le jubilé, toutes les prières indiquées et ordonnées pour les diverses stations ; enfin, le Te Devtn en vers basques tiré de l'ouvrage de Ilaramburu.
Le jubilé de 1776 doit avoir donné lieu à une publication semblable ; je n'ai pu la trouver.
Le jubilé de 1801 ne se fit chez nous qu'eu 1805. Il se donna, en forme de jubilé, à l'occasion de la paix qui fut rendue à l'église de France. La publication faite à cette occasion, ii Bayonne , renferme : la lettre du cardinal Caprara , légat apostolique auprès du premier Consul , en date de 1803 ; le mandement de J.-J. Loison, évêque de Bayonne, qui porte celle de décembre 1804. Suit une instruction sur les indulgences et le jubilé, en forme de catéchisme ; puis les prières pour les diverses stations ; enh'n, le Te Deum de Ilaramburu et divers actes. Ce petit volume, qui est in- 15, se compose de 77 pages et demie, y compris le titre , qui est ainsi conçu : Jubilan guisa ematen den perdunantea osoaren Crida edo publicacionea , aita saindu Pio% icen huntaco Xll garrenac , etc. Eliça bisitetan eguin behardiren othoitzequin. Jann Joseph- Jacobe Loison, Bayonaco y a un aphezpicuaren meçuz. Bayonan, Cluzeau anayetan, etc. (Proclamation et publication de l'indulgence plénière qui se donne les temps de jubilé , par le saint-père Pie V/Ime de ce nom , etc., avec les prières qu'il faut faire dans les visites des églises. Par ordre de fflr Joseph- Jacques Loison, évêque de Bayonne. Bayonne, chez Cluzeau frères, etc., 1805. Ce petit volume, qui est devenu rare, présente cette particularité, que les psaumes sont en vers. L'auteur avait de grandes prétentions à bieu écrire le basque ; il
affecte trop de purisme, mais réussit bieu d'ailleurs. 11 termine son travail de traducteur par un quatrain , où il prie que Ton ne porte pas envie aux Labourdins de ce qu'il écrit en dialecte de la côte, son intention étant d'être utile à tous les Basques indifféremment.
Le dernier jubilé fut général et se célébra en 18*20. Le livre qui en renferme les instructions est un in-12 de 92 pages, y compris le titre que voici : Irakhaspena cta othoitzac, 1826 , urthe sainduco jvbilanccotçat , etc. Bayonne, imprimerie de Duhart-Fauvet, se vendant chez Bonzoïn. Cette brochure, encore facile à trouver, renferme les mêmes matières que les précédentes, avec cette différence, que les prières latines, psaumes, hymnes et oraisons sont en latin , avec une traduction basque en regard, et qu'il y a à la Gn cinq cantiques tirés du recueil de 1824. Elle a été publiée sous M*r d'Astros, dont émane le mandement, et la bulle est de Léon XII.
Reprenons maintenant l'ordre chronologique, sans lequel il serait difficile de se retrouver dans l'inventaire de la littérature basque.
En 1 775 , elle reçut une notable addition par la publient iou du premier volume de l'Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, sous ce titre : Testament Çaharreco eta Berrico Historia, M. de Boyaumontec eguin içan duenetic berriro escararat itçulia.... Lehenbicico liburua : Testament Çaharra. Bayonan, Fauvet-Duharten imprimerian cguina. M.DCC.LXXV. (Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, nouvellement traduite en basque de celle qui a été composée par M. de Hoyaumont.... Livre premier : Ancien 'Testament. Imprimé à Bayonne, chez Fauvet- Dnhart, 177o ) , in-8° de xij-377 pages, plus trois feuillets de table.
Deux ans après parut le tome II , sous le même titre, sinon que la fin est ainsi conçue : Bi-garren liburua : Testament Berria, cembeit saindurn bivitcearequin . Bayonan , Fauvet - Duharten imprimerian eguina. M.DCC.LXXVII. (Second Livre : Nouveau Testament, avec la vie de quelques saints. Imprimé à Bayonne, chez Fauvet -Duhart, 1777), in-8° do 454 pages, plus deux
510 LE PATS BASQTE.
feuillets de titre et de préliminaires, et trois feuillets de table. Il est presque inutile de dire que cette traduction est en basque du Labourd; elle a pour auteur B. Larreguy, curé de Bassussarry, auteur du chaut en l'honneur du comte d'Estaing1. L'auteur de la JSoticia de las obras vascongadas, etc., dit que le basque de cet ecclésiastique est assez bon ; il eût mieux fait de dire excellent .
A côté de ce livre, il faudra placer celui qui a été publié de nos jours sous ce titre : Testamcntu Zarreco eta Berrico Confiai ra, edo munduaren asieratic Jesu-Christo-ren Evangelioa apostoluac eracnlsi zuten arteranoco berri, Escritvra santatic atera, eta euscaraz ipini dituenac apaiz D. Francisco Ignacio de Lardizabal, Zaldivia-co beneficiaduac. Tolosa-n : 1855-garren urtean. Andrés Gorosabel liburuguillearen echean. ( Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, ou nouvelles depuis le commencement du monde jusqu'au temps où les apôtres publièrent t Évangile de Jésus-Christ , tirées de l'Écriture sainte et mises en basque par le prêtre Francisco Ignacio de Lardizabal, beneficiado de Zaldivia. A Tolosa, 1855, chez André Gorosabel, libraire), in-4° csp. de 548 pages, plus deux feuillets de titre et d'avertissements, et, à la fin, neuf feuillets de table et d'errata. L'ouvrage est eu guipuzcoan.
Nous avons maintenant du biscayen dans le petit volume dont voici le titre : Jesu-Christo gure jaunaren Passioa , eusca/ azeo versoetan Jesusaren beraren biotz maitclzuari , biotzarequin bâtera ofrendatzen aio : Ai ta san Ignacio Loyolacoren seme. Bilbaon : 1777. garren urtean. {La Passion de JSotre Seigneur Jésus-Christ, en vers basqtwst et offerte au cœur aimant de Jésus lui-même par un fils du père saint Ignace de layola. A Bilbao, Tan 1777""), in-32 d'une feuille, ou "27 pages, avec une gravure sur bois derrière le titre.
L'année suivante, 1778, Pierre Fauvet imprimait une brochure de 64 quatrains en vers de huit et de sept syllabes, précédés d'un prologue de huit vers, sur les miracles de la Vierge d'Aranzazu, célèbre pèlerinage en Guipuzcoa ; c'est une traduction
1 Voyci ci-dessus, p. i49.
d'un livre espagnol par un prêtre du Labourd. La poésie n'eu est pas riche, mais assez bonne. Cette petite brochure n'est plus trouvable; on Ta conservée en en tirant des copies manuscrites.
En 1780, on imprimait à Bilbao, sous le titre d'Errosario edo Corea sanlua ( Rosaire ou Couronne sainte ) , un petit volume in-8°, anonyme comme un chemin de la croix, imprimé dans la même ville, sans date. L'un et l'autre sont dans un basque des plus mauvais, c'est-à-dire à placer sur la même ligne, ou peu s'en faut, que le livre de dévotion de D. Martin de Arzadun , heureusement remplacé par celui de D. Juan José de Moguel *, curé de Marquiua, cousin de D. Juan Antonio et frère de doua Vicenta Antonia, ouvrage dont le langage est très-bon, disons mieux, élégant. On ne doit que la première de ces deux épithètes au basque d'un petit traité en dialogue du même D.Juan José sur l'éducation des enfants , volume in-8° imprimé à Bilbao par D. Pedro Antonio de Apraiz, en 1816, avec les seules initiales de l'auteur.
Jusqu'ici nous n'avons vu que du labourdin , du soulctin , du guipuzcoan et du biscayen; vers la fin du XVIII- siècle parut, en bas navarrais, le seul ouvrage qui , avec le catéchisme du diocèse de Dax, décrit ci-dessus, se trouve dans cet intéressant dialecte mixte. C'est une traduction de l'Abrégé de la perfection chrétienne , par le P. Alphonse Rodriguez, intitulée : Alphonsa Rodriguez, Jesvsen compagnhaco oitaren, guiristhinho perfeccioniaren praticaren ppartebat, heuzcarala itçulia, heuzcara becio eztakitenendaco. Avignhonen, Antonio Aubanel... beithan. M. DCC. LXXXII., un volume in-12 de 4156 pages, y compris le titre, l'avis au lecteur en basque, les approbations en français et en basque de l'évéque Suarez d'Aulan et de M. d'Abense, curé de Juxue, vicaire général de Dax, datées de 1785, les permis d'imprimer du vicaire général d'Avignon et de l'inquisiteur général , en latin , enfin la table des matières. L'auteur a gardé l'anonyme; on apprend seulement, par l'approbation de Suarez d'Aulan, ancien évèque de Dax, qu'il « entreprit et mit nu jour son œuvre à la sollicitation du pré-
' Egunorcco U* on , f« nregubac , un volume ln-8° , imprimé mus nom d'anloar * Bilbao, p«r José de Basozabal , en f 820.
lat, » et qu'il était « un des plus respectables curés du diocèse du Dax. •
Nous rentrons dans le dialecte du Labourd par un volume qui a pour titre : Guiristinoki biciceco eta hilceco Moldea, etc. (Manière de vivre et de mourir en chrétien ), publié par André Baratciari . Bayonne, chez Fauvet-Duhart , 1787, in-18 de 310 pages, y compris le titre, et moins la table, qui est d'une page. Ce volume, que Ton désigne généralement aujourd'hui sous le titre de petites Méditations, Meditacione Uipiac, est rare; il a été réimprimé à Bayonne eu 1838, en un volume in-32, dont nous avons donné la description, p. lxv, n° LXXVUI, de notre introduction aux Proverbes basques. Avant cette édition , il en avait été publié une autre, en 181G, à Toulouse , par J.-M. Corne, se vendant chez Léon-Martin Cluzeau, à Bayonne. J.-J. Loison avait accordé cette année un permis d'imprimer ù Michel Cluzeau : Martin en profita et s'adressa à un typographe de Toulouse. Outre cette permission, cette édition porte : 1° l'approbation primitive de Daguerre , supérieur du petit séminaire de Larressore , et du vicaire général officiai Hurcaux, eu date de 1784; 2° l'avis de Baratciart au lecteur; 3° ce qui se trouve dans l'édition de 1838. Celle de 181(> est in-18, et se compose de 272 pages, tout compris, titre et table.
L'éditeur de ce très-bon livre , Baratciart , né en 1 742 , mourut en 1 829 prêtre habitué à Ustaritz , après avoir été secrétaire de l'évèché. L'auteur est un « prêtre, ancien curé, aussi saint homme que savant esprit et pur Basque , > comme le dit Baratciart dans sou avis. Natif de Ciboure ou de Saint-Jean-de-Luz , il en parlait parfaitement le dialecte. Baratciart usa de son manuscrit et ne fit que l'abréger, le copiant du reste mot à mot avec peu de variantes. Le manuscrit, la propriété d'un ecclésiastique du diocèse de Bayonne, qui en a fait l'emplette à Saint -Jean-de-Luz en 1846, a deux méditations qui n'ont point été imprimées : l'une, la 14% du besoin de la pénitence; l'autre, la 32% du bon emploi du temps; il renferme, de plus, une préface, et, après, une autre méditation povr l'entrée en retraite. Ce manuscrit, fort bien exécuté, porte la date de M.DCC.LXXXI1. ; il a pour titre : Meditacione cerurat
heltceco battez padacoac, et pour épigraphe : Desolacionez do desolalua lurra : ceren nihor ez baida sartcen bere bornera, Jereiniasscc dio; cap. 12 , vers. XI. C'est un fort volume in- 12 de 592 pages , non compris la table, qui en remplit deux et demie. L'avis a xvn pages; la méditation pour l'entrée en retraite en occupe quinze sans pagination.
La raison qui a fait donner à cet ouvrage le nom de petites Méditations , c'est qu'il y en a un autre que l'on désigne sous le titre de grandes Méditations de Duhalde, Duhalderen Meditarione handiac. Le voici tel que le porte le volume : Meditacioneac gei premiatsuenen gainean, cembait abisuekin, othoiteekin eta biciteeco erregela batekin. Arima Jaincotiarren oneraco Bayonaco diocesaco Eliza-gizon batec eginac. Bayonan , Cluzcau anayen baithan, Jaun aphezpicuaren impriinatçailleac. (Méditations sur les besoins de la vie , avec quelques avis , quelques prières et une règle de conduite pour les bonnes dmes qui aiment Dieu , composées par un ecclésiastique du diocèse de Bayonne. A Bayonne, chez Cluzeau frères, imprimeurs de M*r l'évèque ) , 1809, in-8° de 582 pages, plus quatre feuillets de titres et préliminaires, et un feuillet d'errata. Ce livre, dont la première partie se compose de trente et une méditations traduites du français, et la seconde, de vingt méditations originales, est remarquable sous le rapport de l'énergie des pensées et du style. Le basque, dit L'auteur de la ftoticia de las obras vascongadas, etc., p. I, n° 7, en est très-beau, au moins depuis la page 45, ce qui précède, dû à une autre main , étant visiblement inférieur au reste.
Reprenons notre revue chronologique.
En 1785, il parutàTolosa un petit livre en dialecte guipuzcoan sous le titre de Christau Doclrin berri-ecarlea christauari dagozean eguia sinis-beharren-berria dacarrena. Jaun Claudio Fleuri almdeac arguitara atera zuanetic. Fray Juan Antonio Ubilloscoac eusquerara itzulia. Bi parte, cdo zatitan berecia, ta erdiratua. Lendavicicà zatiacdacarf Jaincoarèn lègue zarrean, ta berrian guertatvricaco gauzen berri laburra : Bigarrenac Christavac jaquin, ta sinislu befmrdituan, eguien eracustca, ta icas-vidèa. Behar bezala. Tolosan : libruguille Francisco de la
514 LE PATS BASQUE.
Lama-rèn echean, 1785. Urtean. (Doctrine chrétienne portant les vérités que doit croire le chrétien, composée et mise au jour par l'abbé Claude Vleury, et traduite en basque par le frère Juan Antonio Vbillosco; divisée en deux parties : la première partie est relative aux événements qui ont eu lieu sous l'ancienne et nouvelle loi de Dieu; la seconde comprend ce que le chrétien doit savoir et croire, enseigner et apprendre : la vérité. Avec permission. A Tolosa, chez Francisco de la Lama, imprimeur, Tan 1785), petit in-8° de 554 pages, plus trois feuillets de table et d'errata. Le basque de cet ouvrage est , sous tous les rapports , fort estimé.
On n'en saurait dire autant du style d'un autre ouvrage sorti des mêmes presses l'année suivante , et indiqué par l'auteur de la Noticia de las obras vascongadas, etc., p. 4, n° 37, comme étant le Sermon de saint Antoine, abbé, par I). Miguel Ignacio de Zavaleta. A s'en rapporter au bibliographe anonyme, le basque de cet auteur, qui a écrit en guipuzcoan , est légèrement affecté et peu naturel.
Mentionnons encore un petit volume imprimé à Bayonne , S3iis date ni nom d'auteur, contenant des exercices spirituels, des oraisons en prose et en vers , enfin la Passion de Notre Seigneur par saint Mathieu et saint Jean, le tout en bon style. Comme cet ouvrage c>t cité par le P. de Larramendi, qui écrivait dans la première moitié du XVIII' siècle, il faut eu conclure qu'il avait paru antérieurement.
En 1789, Paul Fauvet imprima, en huit pages in-folio, le Cahier des vœux et des instructions des Basques français du /jabourt, pour leurs députés aux États généraux de la nation. Cette impression est à deux colonnes, l'une en français, l'autre en basque ; le français et le basque occupent alternativement la colonne de droite et celle de gauche.
Paul Fauvet imprima de même le Cahier des remoutrances que le clergé du bailliage du Labourd remit à son député pour le présenter au roi , dans l'assemblée des États généraux du royaume, à Versailles. Je ne sais s'il en fut fait une traduction en basque : je ne trouve ce cahier qu'en français.
- BIBL10GBAPHIE. 515
Durant la Révolution de 1789, il parut, sans nom d'imprimeur ni date, une petite brochure in- 1*2, d'une trentaine de pages , pour la direction des chrétiens fidèles en ce temps de persécution , Persecucionezeo dembora huntan christaû leyalec itchiqui behar dut en bicimoldea.
A la même époque, sans doute, parut encore une petite brochure in- 1 8 de 54 pages , signée Beaumont , qui est probablement un pseudonyme ; elle est sans indication d'imprimerie ni d'année , et porte ce titre : Instructionea gazteriarentçat ( Instruction pour la jeunesse). C'est une espèce de catéchisme; les interlocuteurs sont l'empereur Adrien et un enfant de six ans, son petit neveu. A la page 13 commence et continue jusqu'à la fin un deuxième dialogue sur les choses qu'un jeune enfant doit savoir. Il y a, dans ce second dialogue, cette question, qui fait seule soupçonner le temps de l'impression du livre : La France fut-elle toujours en république? Le basque de ce petit volume est bon ; mais bien des demandes et des réponses y sont singulières, comme aussi le désordre dans lequel elles sont mêlées.
Je placerai là, comme devant probablement appartenir au XVIII' siècle et à sa fin, un cantique de dix-huit couplets, de mesure 9-8, imprimé en quatre pages in- 12, à Bayonne, sans indication d'imprimeur ni date, et en dialecte des environs de cette ville. C'est une Invitation à la conversion pour les jeunes gens, faite à Saint- Pierre d'Irube par un jeune homme. L'auteur y a usé de la faculté des chanteurs basques d'augmenter ou de diminuer les vers de quelques syllabes , en les prononçant plus ou moins vite dans le chant, et il a écrit en conséquence. C'est, du reste, régulièrement rimé.
Le premier ouvrage basque qui, à ma connaissance, ait été imprimé en ce siècle , est sorti des presses de la veuve Ezquerro , à Pampelune, l'an 1800, en un volume in-4° espagnol. Ce sont des instructions sur la coufession et la communion », par D. Juan Antonio de Moguel, Biscaycn, curé de Marquina, ce qui explique
' Confesio la comunioeo sacramenUen qaHean eratuiteac, etc. ( XoticUl de lasol+as vateonfadn* , etc., p. 3, n° i7.)
51G LE PATS BASQUE.
certaines incorrections que Ton trouve dans sou basque, qui d'ailleurs est bon. C'est du guipuzcoan, comme le dialecte d'un autre traité écrit en fort bon langage par D. Juan Bautista de Aguirre, beneficiado d'Asteazu, qui le publia en 1803, sous le même titre ou à peu près, à Tolosa, chez D. Francisco de la Lama, eu un volume in-8°. Son fils D. Juan Manuel en a donné une réimpression.
Deux ans plus tard, en 1802, I). J. A. de Moguel donna encore à Tolosa, chez le même imprimeur, en un petit volume in-4° selon la Notifia *, in- 12 suivant M. d'Abbadie *, des traductions basques de diverses harangues et discours choisis des meilleurs auteurs latins, tels que les harangues d'Alexandre- le- Grand, celles de Catilina et de Germanicus à ses soldats, les exordes des deux Catilinaires de Cicéron, et trois anecdotes de Scipion, de Denis et de Camille. S'il faut en croire M. d'Abbadie, ces traductions furent faites en biscayen à la prière de Guillaume de Humboldt. L'auteur de la IS'oticia, au contraire, range ce petit volume parmi les livres écrits en guipuzcoan.
Le même ecclésiastique, que je soupçonne d'être l'auteur d'uu traité rapporté d'Espagne par le Dr Heine de Berlin s, publia l'année suivante, c'est-à-dire en 1803, son Confesirui ona, ou bonne Confession. « Cet ouvrage, dit M. d'Abbadie, auquel nous avons emprunté cet article, cet ouvrage est en biscayen; il est l'abrégé d'un travail plus considérable du même auteur, contenant des instructions générales pour faire une bonne confession. C'est un volume in-8° de 3 à 400 pages , et qui est écrit dans le dialecte guipuzcoan v que l'auteur possédait aussi fort bien. La date est un peu antérieure à 1803 *. »
La même année, le P. Fr. Pedro Antonio Anibarro, que nous avons déjà eu l'occasion de nommer, publia à Tolosa, chez D.
* Êlvdrs grammaticales , etc., p. 44.
* ■ Tratado dcl cura Miguel sobre la lengua bascongada, sec. XVIII. • (Serapeum, Leipzig, 1847, p. 80. ) Cf. Proverbes basques, inlroducl., p. xxxifj , n° XVII.
* Études grammaticales **r la langue euskarienuc, etc., p. 44. L'auteur de la Solitia de las obrus vascongadas , etc. , p. 6, n° 44, range au contraire cet oovrage parmi les livres écrits dans le dialecte biscayen. « C'est, dit-il, un volume in-8°, imprimé a Vitoria pir l>. Finnin de Larumbe, en 1803. »
Francisco de la Lama, en un volume in-8H intitulé Lora sorta espirifuala, une traduction biscayenne du Hamillete de flores y proposilos du P. Palacios, comme lui missionnaire d&Zarauz; mais ce n'est qu'après avoir donné en 1802, en un volume in-12, imprimé dans la même maison , un esculiburua ou manuel d'exercices de dévotion, réimprimé en 18*21 et 1857 avec quelques additions et corrections dans le langage, comme dans la mesure et la nature des vers. Le basque est remarquable par une grande abondance d'expressions propres au centre de la Biscaye ; quant aux vers , on y trouve à chaque instant trace du goût de cette langue pour les diérèses et les élisions *. Enfin, ce livre présente une orthographe qui ne plaît pas à tout te monde, comme il arrive toujours pour ce qui est inusité.
A l'année suivante , nous trouvons un livre de piété en vascosouletin, intitulé : Vscara Libria, in- 12 de 196' pages. Il a été réimprimé en 1834, chez Chapoulaud, à Limoges, en un volume in- 18 de six feuilles deux tiers, et en 1825, à Bayonne, chez Cluzeau, petit in- 12. V Vscara Libru berria, imprimé en 1839, en un volume in- 18 de sept feuilles, avec l'indication de Lehen edilionia , n'est peut-être pas la même chose. La plus grande partie de ce livre est en latin. Il faut aussi distinguer soigneusement Y (Jscaldnnaren Uiguna, edo escuco libria (le Compagnon, ou Manuel du Basque ) , excellent petit livre écrit en souletin, et dû à M. l'abbé Inchauspc, aumônier de l'hôpital de Saint-Léon de Bayonne. Nous en parlerons avec quelque détail.
Il parut pour la première fois sous le titre de Jincoac guiçonarekï egitin patoac, edo eguiazco rcligionia, etc. Bayonan,
• A Marquina et dans une grande partie de la Biscaye, comme aussi dans les cinq villes de la Navarre et dans les villages de leur ressort , on altère ainsi , dans on but d'euphonie, les quatre voyelles finales en contact avec les antres. Ve, rencontrant l'a, \'o, Vu, se change en i ; a Vi se joint un j prononcé comme dans le latin, a Vu un h, et Vo se transforme en u devant )'« et Ve. Ainsi de bette, «le lent in, on fait bestienlxat, bettioc; ûegari, garija, garijentiat, garijoc; de bur*. burubû, b*rube*lïat , bvrnboc; et A'arto, arlua, urinent *at,artuoc. On dit par cupbooie : Zubec $onecuari eacubagas eutsijugaiti, aithiac eruango deuisube, quand on devrait dire en prononçant naturcllemen : Zubee toUecuari etatagai eutmagaili , aithenc eruango àeut*ut. — Tous les livres biscayens sont imprimés conformément a la prononciation de Marquina , à l'eicepiion do ceux des PP. Aftibarro et Cardavcrai, du petit Doctrinario de D. Martin de Arxadun, el de la Doctrine chrétienne d'Astetc, traduite pour la vicairie de Busturia par D. Juan Antonio de Moguei.
LE PAYS BASQIE.
Foré eta Lasscrrc, 1851, in-24, de 147 pages. C'est une démoustration de la vérité de la religion chrétienne, par l'exposé historique et doctrinal des révélations divines faites à l'homme depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ. Pour donner une idée du plan et de la nature de l'ouvrage, nous ne pouvons mieux faire que d'indiquer les titres des chapitres qui le composent. Les voici daus leur ordre :
Dieu. — La Création. — La Chute de l'homme ou le Péché. — La Promesse de la Rédemption. — La Dépravation des hommes et le Déluge. — L'idolâtrie. — La Vocation d'Abraham et le Choix d'un peuple qui conserve le dépôt de la vérité. — Moïse — La Loi écrite.
- Les Prophètes. - Les Prophéties qui concernent le Messie. — L'Incarnation du fils de Dieu. — La Naissance de Jésus-Christ et sa Vie cachée. — La Vie publique de Jésus-Christ, ses prédications et ses miracles. — Les vérités qu'il nous a enseignées, et les moyens de salut qu'il nous a donnés. — La Constitution divine de l'Église et la communion des saints. — La Mort et la llésurrection de Jésus-Christ.
— L'Etablissement merveilleux de la religion chrétienne sur les ruines du paganisme. — Les Ennemis de l'Église. — Les Miracles. — Conclusion.
A la suite de l'exposition de la vraie religion, on a mis les maximes de l'Evangile qui n'ont pas trouvé leur place dans le corps de l'ouvrage , et un recueil des sentences des livres sapieutiaux , traduites en forme de proverbes , et disposées sous quatorze titres différents.
Tel est le détail du petit livre mentionné plus haut. Il est écrit en excelleut souletin, bien que l'on puisse y signaler quelques expressions impropres1; mais le moyen d'être parfait, surtout dans une langue qui n'est point lixéc î D'ailleurs , s'il y a faute , il serait plus juste d'accuser l'imprimeur qu'un écrivain considéré comme un maitre.
Deux éditions ont été faites de son ouvrage, celle que nous venons de décrire et celle qui porte le titre d' Usealdumren Laguna, etc. Cette dernière est augmentée des prières des
' Par exemple, p. 8, au lien d'izpiriliûn, il faudrait peut-être etpiritian ; p. 9, etpiritu, au Heu de apiritu; p. 12, origiaala pour originela ; p. 13, eguinex, au lieu de cmpliiui, p. 14, cubtralu, au lieu d'trracupcratM; p. 15, nkarra pour bouillada, handitut pour htindilien ; p. 17, uiumnitwn pour ixumtntian, et uikvmpian pour ilhunpiau, etc.