‹ Le Pays BasqueChapitre 32 sur 152 · PÊCHES ET DÉCOUVERTES · texte numérisé non relu

PÊCHES ET DÉCOUVERTES

Telle était la supériorité des Basques dans cette sorte de pêche, et le bénéfice qu'ils en retiraient, que les spéculateurs s'en émurent. Il se forma en Hollande, sous le nom de Compagnie du Nord, une association dont le premier soin fut de chercher à se procurer la connaissance des procédés employés par nos compatriotes. Ceux-ci ne surent pas garder leurs secrets, en sorte que bientôt les étrangers n'eurent plus rien a apprendre de leurs maîtres ». Pour les récompenser, ou plutôt pour exciter leur émulation par un appât offert à la vanité qu'ils avaient reconnue en eux, les Hollandais élevèrent en public des statues aux plus habiles de ces capitaines et harponneurs basques *, puis ils chassèrent violemment leurs concurrents des parages où ils allaient pécher les baleines ; et , à l'exemple des Anglais , ils leur interdirent l'abord des terres du Nord, pour y fondre et bonifier les huiles ». En même temps , ils embauchaient le plus qu'ils pouvaient de matelots basques , autant pour employer leurs services ♦ que pour en priver

1 II est juste de faire remarquer que si les Basques étaient pins instruits que les Hollandais pour tout ce qui touchait a la pêche, ceux-ci auraient pu leur en remontrer en fait de connaissances nautiques. Cleirac , qu'un commissaire générai de la marine de l'époque nous montre comme fort expert en ces matières ( Correspondance de Henri d'EscouMeau de &«rrf»«,etc.,UlI, p. 221), signale les premiers, en compagniedes Suédois, Danois, Allemands, Irlandais, Écossais, Anglais, Bretons, Normands et Picards, comme plus disposés h « vuider la bouteille, humer l'eau de vie et fumer le tabac, qu'a manier adroitement l'astrolabe, le grand anneau , le quadran on quart de rond , le triangle ou l'arbalestille. » ( Us et coutumes 4e la nur, etc., p. 486, n° 14.)

« L'auteur du Mémoire touchant la découverte de l'isle de Terre-Neuve, etc., 1710, ajoute : c On voit encore à présent de ces statues a Amsterdam, habillées à la mode ancienne de nos Basques. > Un peu plus haut , il nous apprend que • déjà vers 1660, Michelans, de Çubibure, voguait sur les navires de Hollande pour instruire cette nation. •

» Us et eoustnmes de la mer, etc., p. 155, n°* 54, 55. - Cleirac écrivait avant 1661, et nous savons que, trente ans après, les Basques continuaient encore leurs expéditions a la recherche des baleines. Dans on Mémoire envoyé à S. A. sérénissime le comte de Toulouse, amiral de France, par MM. les magistrats et syndics des négociants de Saint-Jean-de-Lui, le 17 octobre 1694, il est dit que cette communauté a continué cette navigation pendant plus d'un siècle, et que • les paroisses maritimes dn pays de Labourt tirent leur subsistance de la pèche des morues et des ballaloes à Terre ncufve et à Grooeland , que les Basques ont découvert depuis l'an 1535, * etc. (Archives de la mairie de Saint- Jean-de-Loz.)

* « Ces matelots, dit Lespès de Bureaux, dans ses Mémoires sur Bayonne,leLabourd,ete. (1718 », sont estimés des meilleurs de l'Europe, tous braves jusqu'à la témérité. B y a parmi eux, tout le long du quai de Cibourc, un grand nombre de familles nommées Ackotars < Agotae?), qui de père en flls font profession de donner secours aux vaisseaux battus par la tempête qui se trouvent à la rade de Saint- Jean-de-Lus. Ils s'exposent familièrement aux plus grands dangers, et font des espèces de miracles pour sauver des vaisseaux prêts à faire naufrage. • {Saint-Jean-de-Us, etc., p. 508, en note.)

LE PAYS BASQl K.

leurs concurrents. L'auteur d'un Voyage d'Espagne fait en l'année 1 055, parlant de Saint-Jcan-de-Luz et de la réputation des matelots qu'on en tirait pour la pèche des morues et des baleines , raconte qu'il rencontra dans cette ville des Flamands qui avaient loué une cinquantaine d'hommes pour les employer à Terre-Neuve *, occupation qui retenait sans doute à Saint-Jean les deux Flamands dont Pierre de Lancre fait mention comme y étant logés au commencement du siècle*. Nous verrons plus loiu, quand nous serons arrives au chapitre des poésies populaires des Basques, l'un d'eux sigualer la rive hollandaise, vers laquelle il venait sans doute de son pays, ou revenait des mers du pôle. Aujourd'hui, nos montagnards en ont oublié le chemin : ils ne demandent plus qu'au Sud la richesse qu'auparavant ils allaient chercher, au prix de mille périls, p;u'ini les glaces du Nord.

Autrefois aussi , les Basques venaient , même de la Navarre espagnole , jusqu'aux portes de Bordeaux pour faire paître dans les landes leurs nombreux troupeaux 8. Maintenant ils prennent

' Vog. d'Esp., etc. A Paris, chez Robert de Ninville, M. DC. LXVI., in-4°, p. 4. — Les relations entre Bayonne, Saint-Jean-dc-Luz et la Hollande, étalent encore fréquentes an siècle dernier. Dans un Factum pour Jacob Pereira Brandon , négociant ( alias banquier ) an bourg St. Esprit prêt Bagonnc, etc. ( Ribl. pool, de Bordeaux , jurisp. , n° 3076 ; t. Il , pièce n° 53. Cf. n0f 70 et 102 ), on voit qu'il y avait a Amsterdam un assureur nommé David Vendra Brandon, parent et correspondant de Jacob. — En continuant à parcourir la même collection, on rencontre un Sommaire pour François Laralde, bourgeois et marchand de Ciboure, etc. (t. IV, pièce n° 11 >, c: l'on y lit qu'en Tannée 1717, l'exposant avait fait sortir du port d'Amsterdam un navire chargé pour quelques ports du détroit, sans doute de Gibraltar.

* Tableau de l'inconstance des mauvais anges, etc., Ilv. V, dise, i, p. 348.

' Une pièce de l'an 1338, dont extrait a été donné par D. José Yanguas, dans son Dictionnaire des antiquités dn royaume de Navarre, sous le mot Undas, t. II, p. 172, nous montre des bergers de Honcal et de Salazar menant paître dans les landes de Bordeaux trente-sept cabaftus de vaches; nombre presque incroyable, si l'on considère que chaque cabaAa se composait de cent cinquante tètes de bétail , ce qui forme, pour une seule année, un total de cinq mille cinq cent cinquante vaches, pour lesquelles les deux vallées n'avaient plus de nourriture. — Plus d'un siècle auparavant , le prieur et les moines de l'hospice de Koncevaux avaient déjà droit de pâture (herbagiumj au-delà de l'Adour (Carte, Catal. des rolles gascons, etc., ann. 1211, t. I, p. 3, n° 3> ; peut-être est-ce en vertu de ce droit que les Basques de la vallée de Roncal venaient faire leurs descentes annuelles chez nous. — Cette espèce de tribut qu'ils levaient ainsi sur les Français, n'était pas le seul , à ce qu'il parait; ils exigeaient des habitants de la vallée de Barétons, en Béam, une redevance de trois vaches, qui était annuellement payée avec des formes rapportées par Esteban de Garibay, liv. XXI , chap. XI, et , d'après lui , par Pierre de Marca ( Histoire de Bearn, etc., chap. XXVI, g VI, p. 554, 555'. Voyez encore VEspaHa sagrada, t. XXXII, p. 260, et les Adicionesal Diccionario de antiguedades de Xavarra, p. 525-330.

encore presque périodiquement la même route , mais c'est après les avoir vendus , pour en apporter le prix à un armateur et aller, à la garde de Dieu et sous la conduite d'un capitaine, chercher fortune au delà des mers.

L'émigration des Basques vers les bords du Rio de la Plata, après s'être portée d'abord, à ce qu'on dit, sur un autre point de l' Amérique du Sud », a pris dans ces derniers temps une extension alarmante pour le département des Basses - Pyrénées , dont la population s'affaiblit de plus en plus. En 1848, le nombre des émigrants montait à 672; l'année suivante, à 1,012, et à 1,807 en 1850. Nous n'avons pas de renseignements pour 1851-1852; mais nous savons qu'en 1853, 977 hommes et 229 femmes , en tout 1,206 individus, quittèrent la France, et que ce chiffre s'éleva en 1854 à 2,838, dont 2,133 hommes et 705 femmes, donnant ainsi sur l'année précédente l'énorme augmentation de 1,632 émigrants , dont 1,156 du sexe masculin et 476 du sexe féminin. En 1855 , leur nombre monta à 1 ,949 , total dans lequel les hommes entraient pour 1,476 et les femmes pour 473.

Ces chiffres se rapportent à l'ensemble du département des Basses-Pyrénées. Si nous cherchons la part qui, pour 1856, revient au Pays Basque français, nous trouverons que l'arrondissement de Mauléon est celui dont la population compte le plus de vides. € Elle était, dit un journaliste de Pau , restée à peu près stationnairc de 1836 à 1841 ; en 1846, elle a déjà diminué de plus de 500 âmes; en 1851 , de plus de 1,500; en 1856, on la trouve inférieure de 6,633 âmes à ce qu'elle était en 1836. Tous les cantons ont fourni leur part dans ce contingent de l'émigration ; mais ceux de Mauléon, de Saint-Palais et de Saint- Etienne de Baïgorry sont ceux qui ont éprouvé le plus de pertes.

t L'arrondissement de Bayonne , ajoute M. P. O'Quin , a gagné , il est vrai , 2,477 âmes depuis 1 836 ; mais l'augmentation de la première période décennale avait été bien autrement considérable, et dans la seconde, c'est-à-dire depuis 1846, il y a eu

' Mémoire sur l'origine Japonaise, arabe et basque de la civilisation de» peuples dn plateau de Bogota, d'après les travaux récents de MM. de Humboldt et Siébold, par M. de Pawey. Paris, 1835, io-8°.

une diminution de 5,916. Le chiffre total est aujourd'hui de 86,996. La diminution porte sur les cantons de Saiut-Jcan-de- Luz, Bidache, Hasparren et Espelette , ravagés par le choléra de 1855 ». »

Justement émus du mouvement de l'émigration , les préfets en ont à plusieurs reprises entretenu le conseil général du département. « J'ai , disait l'un d'eux dans son rapport , signalé cet ét tt de choses à l'administration centrale ; mais comme c'est un fait heureusement tout local, elle ne s'est préoccupée jusqu'à ce jour de l'émigration qu'au point de vue de procurer aux émigrants toutes les sûretés et garanties possibles pour leur transport. C'est ce qui a motivé le décret impérial en date du 15 janvier 1855, qui institue des commissaires spéciaux, chargés de surveiller l'émigration et les agences de recrutement *. »

Dans le rapport qui a précédé le décret cité, on lit avec surprise que l'administration « ne possédait aucun renseignement sur l'émigration basque qui s'opère par les ports de Bayonne et de Bordeaux à la destination des rives de la Plata*. » Sans parler des moyens d'investigation qu'offre la police, les chambres de commerce de ces deux villes pouvaient donner les renseignements désirés. On les trouve aujourd'hui dans un rapport intéressant, quoique fort incomplet, présenté au conseil général du département des Basses -Pyrénées, dans le sein duquel il a donné lieu à un débat instructif*.

A quoi attribuer cette émigration si considérable pour les Basques, et presque nulle chez les Béarnais leurs voisius? En premier lieu , c'est que les premiers sont pauvres , surtout depuis la fermeture des frontières, et encore par le morcellement des propriétés, par les procès ruineux des partages, qui ont perdu des villages entiers, enfin par l'introduction du luxe et de besoins nouveaux avec lesquels n'ont pas grandi, comme ailleurs, l'indus-

1 Mémorial des Pyrénées, u° do jeudi 30 octobre 1856, p. 1, col. 3.

* Conseil génital des Basses-Pyrénées. — Rapport du préfet el procés-rerbanx des séances. Session de 1855. Pan, É, Vigoancour, 1855, U»4n, 1™ part., p. 58.

* Voyez le Moniteur unirertel, n° do 17 janvier i85!î.

« Conseil général de* Basset- Pyrénées, etc., V"° pari., p. 41-A8.

trie et le commerce. Or, le Basque est trop fier pour supporter la misère clans son pays ; il préfère être malheureux parmi les étrangers. Dans cette catégorie d'émigrants rentrent plusieurs milliers de propriétaires ruinés ou près de l'être , comme d'autres qui ne peuvent se résoudre à vendre tout ou partie de leur domaine pour doter leurs frères et sœurs. Tous les émigrants de cette classe partent avec espoir de retour et désir de recouvrer ou de conserver leur patrimoine par des bénéfices faits outre-mer.

Une deuxième catégorie se compose de milliers d'hommes sans feu ni lieu, comptant pêcher ailleurs en eau trouble et jouir d'une plus grande indépendance dans un pays mal administré.

Viennent ensuite les jeunes déserteurs qui ne peuvent se faire à l'idée de sept ans de discipline militaire, et qui émigrent chaque année en grand nombre, prêts à prendre les armes, à se bien battre, aimant même les hasards, les daugers des combats, mais tremblant à la seule idée d'obéissance, d'assujettissement , de code militaire.

A leur suite, je placerai une catégorie de gens très-nombreux parmi les Basques , les ambitieux , les esprits aventureux , pleins de témérité et d'audace , aimant à jouer leur tout , confiauts en eux-mêmes et dans l'avenir. Ces individus, qui sont pour la plupart des jeunes gens un peu instruits, disent tout haut qu'il faut former un nouveau peuple basque, une colonie française à Montevideo, et qu'à l'occasion la France pourrait compter sur eux, et par eux sur tous les autres.

Les dupes et crédules forment au moins une grosse moitié de l'émigration entière. Le rapporteur que je citais tout à l'heure, ne voyant que cette catégorie , en parle en ces termes : c Des agents fort habiles, qui ont tout intérêt à ce que l'émigration continue, font croire à nos pauvres Basques que le moindre ouvrier gagne en Amérique 5 et 8 francs par jour, et que les gages d'un domestique ordinaire sont de 60 à 80 francs par mois. On fait croire à nos jeunes filles que les bonnes, femmes de chambre, couturières, sont assurées de trouver d'excellentes conditions dès leur arrivée , soit à Buenos -AyTes , soit à Montevideo et dans les environs, et qu'elles gagneront jusqu'à 50 francs par mois. Quant

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aux hommes qui peuvent prétendre à devenir cochers ou valets de chambre, on ne leur fait pas espérer moins de 3 à 400 francs de gages par mois *, » etc. Des familles déjà établies dans ces contrées lointaines font assez souvent quelques envois d'argent à leurs parents restés au pays, ce qui est un puissant stimulant pour ceux qui n'osent pas se décider à s'expatrier. »

Le rapporteur que nous citons demande si l'on ne peut pas supposer que les agents qui courent le pays pour engager les habitants à le quitter, ne soieut chargés de temps en temps de distribuer quelques milliers de francs pour faire gagner des sommes énormes à ceux qui les emploient. « On pourrait vous citer, Messieurs, ajoute-t-il, plusieurs de nos compatriotes qui ont gagné 50 et 00,000 francs par an dans ce nouveau genre de commerce. Un autre moyen fort ingénieux est souvent mis en pratique. Des individus, toujours fort habiles et maniant bien la parole, nous arrivent d'Amérique et nous affirment qu'ils sont bien décidés à s'établir dans nos contrées pour s'y livrer à l'agriculture, au commerce, etc. Mais ils ne tardent pas à dire à qui veut l'entendre, dans les marchés surtout, qu'ils sont bien trompés dans leur attente, que les temps sont changés, qu'il n'y a plus rien à faire dans ce département, d'après eux sans ressources, qu'ils seraient bientôt ruinés s'ils ne retournaient à Montevideo ou à Buenos- Ayres , qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Par des conversations de ce genre, ils montent la tête à leurs connaissances et les emmènent avec eux. Les demandes de passeports ont été si nombreuses cette année, que des hommes sérieux affirment que, dans certaines communes , la majeure partie des terres va être abandonnée faute de bras ». » Après un mot sur la partie du rapport du préfet relative à l'émigration , le membre du conseil général continue ainsi : « M. le Préfet a reconnu que Higriculture souffre déjà de cet état de dépopulation. Le gouvernement s'en est ému. sous le point de vue du recrutement, et, d'après un ordre du Ministre de la guerre, les passeports sont

1 Conseil général des Dassea-Pyrènèes. — Procès- verbeux des séances, scs&ion de 1855, p. 41.

» Md,, p. 41.

refusés aux jeunes gens entrés dans leur dix-neuvième année. Cette mesure a été sans effet : tous ces jeunes gens franchissent la frontière et vont s'embarquer en Espagne; il est certain que le conseil de révision trouvera des salles à peu près désertes dans la plupart de nos cantons *. »

Il résulte, en effet, de chiffres recueillis au Ministère de la guerre , que le nombre des insoumis du département des Basses- Pyrénées est égal aux deux cinquièmes, au tiers et quelquefois à la moitié des insoumis de toute la France. Pour ne s'occuper que des trois dernières classes dans les Basses - Pyrénées , le chiffre des insoumis y a été, pour la classe de 1855 , de 153; pour celle de 1853, de 31 1 ; pour celle de 1854, de 405 ». Il est notoire et certain que la plupart de ces insoumis sont des émigrants , et il est à craindre que les forces vives des classes suivantes soient encore plus profondément atteintes : « Il parait certain, ajoute le conseiller général qui nous fournit ces renseignements, nonseulement que l'embauchage continue à s'exercer sans limites et sans frein, mais encore que les navires soumis à Bayonne au contrôle de la police du port vont compléter leur chargement dans les ports voisins de l'Espagne , et ne se font aucun scrupule d'y violer les lois et les règlements français , soit en embarquant des hommes atteints par le recrutement , soit en exagérant sans mesure l'encombrement des passagers a. *

Dans le cours de la discussion, le président demanda aux magistrats qui siégeaient dans le conseil s'il ne serait pas possible (l'atteindre quelques-unes au moins des manœuvres que signalait la commission, par les lois qui répriment l'escroquerie. Il fut répondu que la législation eu vigueur ne donnait pas à la justice des armes suffisantes. Tout ce qu'elle a pu faire jusqu'à présent a été de déplorer le mal et d'en flétrir les instigateurs. C'est ce qu'a fait, en fort bon langage, M. Charles Petit, substitut du

' Conseil général des Basses- Pyrénées. — Procès-verbaux , p. 42.

* L'année dernière, le département n'a pa compléter son contingent de 1,893 hommes; on a dfl réduire à 1,780 le nombre des jeune* soldats réellement appelés, et , sur le nombre, 475, c'est-a-dirc plus du quart, ont manqué à l'appel.

• Conseil général des Basses-Pyrénées. — Proeés-rerbanr , p. \\

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procureur général près la cour impériale de Pau, dans son discours prononcé à l'audience solennelle de rentrée, le 4 novembre 1856, et qui traite des tendances matérialistes de notre époque *. »

Rien de plus méritoire assurément qu'une pareille mercuriale ; mais il faudrait bien autre chose pour arrêter le courant de l'émigration, qui n'est pas uniquement le fruit de manœuvres frauduleuses, puisque la justice ne voit point de coupables à poursuivre. Que dit M. le conseiller général? Que l'on fait croire aux Basques que le moindre ouvrier gagne en Amérique 5 et 8 francs par jour, et que les gages d'un domestique ordinaire sont de 60 à 80 francs par mois. Mais tout cela est parfaitement exact , autant que le chiffre de 50 francs annoncé comme étant le salaire mensuel des bonnes, femmes de chambre et couturières * . On ne paie pas moins dans l'Algérie, qui est aux portes de la France. M. le rapporteur semble aussi se refuser à croire que les émigrants envoient jamais de l'argent à leur famille : le voilà tombé dans un excès contraire, car il est certain que le fait se reproduit fréquemment.

Comme dit Figaro, qui trompe- 1- on donc ici? Sûrement, ce n'est pas la justice, qui ne demanderait pas mieux que de faire un procès, si elle y voyait jour ou bénéfice pour la société. Un procès pareil, je ne crains pas de le dire, serait certainement à désirer; car il aurait pour résultat nécessaire de signaler la véritable source du mal et d'amener l'étude des moyens propres à le guérir.

1 Ce morceau a élu imprimé à l»au, par Ê. Vignancoor, en 1856, in-8°. Voyez p. 15-17.

1 Voyez. Extinction dn paupérisme agricole par ta colonisation dans tes provinces de la Plata, olr., par N. A. Broogncs. Bagnères-de-Bfgorrr, J.-M. Dossun, février 1855, in-8", p. 64, 148. — I! ne faut pas oublier que l'auleur est un colonisateur.

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