‹ Le Pays BasqueChapitre 40 sur 152 · CHANT EN L'HONNEUR DU COMTE D'ESTAING · texte numérisé non relu

CHANT EN L'HONNEUR DU COMTE D'ESTAING

Argument.

Nous ne (lirons rien du comte d'Estaing : nous craindrions d'étendre sur ces pages la tristesse dont nous avons été saisi à la lecture de l'article de M. Beaulieu *, moins peut-être en voyant la condamnation à mort du brave marin en 1704, qu'eu lisant le détail de ses variations politiques, comme si notre siècle ne nous avait pa* habitué à ces sortes d'apostasies , comme s'il n'avait pas suivi, sous ce rapport, le développement général.

Evidemment , le chant qu'on va lire a éiê calqué sur celui du vicomte de Belsuncc, dont le brave curé a pris plusieurs idées principales, dont il suit la progression, dont, en un mot, il donne une pâle copie, paraphrasée en quelques endroits. Quoi qu'il en soit , la chanson du comte d'Estaing est loin de valoir son modèle pour la poésie, pour l'allure, pour la netteté des pensées et la pureté du langage.

Des rapprochements seraient faciles à faire et ne tourneraient point à l'avantage de l'héroïdc dont nous donnons la traduction. L'avant-deruier couplet est embrouillé ; il faut en deviner le sens. Il doit y avoir une erreur de copie dans les deux derniers vers : le sens du couplet l'indique. L'apostrophe qui le commence semble demander, dans la circonstance , non pas une menace pour l'avenir, mais un retour sur ce qui vient de se passer. On devrait done dire : Jx roi de France t'a donné et non te donnera, comme lu en as payé au lieu de tu en paieras, et lire dans le texte :

Franciuco erreghec hau escolatu , Escola saria duc onghi pagatu.

La prosodie aussi serait plus satisfaite.

Pour que la justice le soit , je dois déclarer que je suis redevable de cette pièce à M. Andant, inspecteur primaire de l'arrondissement de Mont-dc-Marsan , et à M. Fourcade, qui remplit les mêmes

' Biographie universelle, etc., t. XIII. Paris. 1855, grand ia-8°, p. 90, 91.

fonctions à Bayonne , et que c'est d'après ces deux copies que M. le vicomte de Belsunce a établi le texte avec l'orthographe qui lui est propre.

O'ESTAING JAUN CONTEAREN I.At OORlOAC , J. l.ARHEGUl. RA*.Slt&»ARRICO r.RRKTORAC , ROLDATUAC. (LapburUrr».)

Gure solasac bai te/. d'EsUiing jaun conteaz, Escadron aintzaiudari pareric gabeaz; Erresuma gueian bedi aipatua, Ëz bedi gutienic gutaz laudatua.

Zuc glierla gbizonetan , o d'Estaing noblea ! Daramazu, segur da, zuzenki lorea ; Elhorkiz zare jausten puruenetaric Francian diren etebe zaharenetaric.

Maiz zure arbasoac dire seinalatu , Franciaco khoroa dute sustengatu.

Combat ère odolac baïtzaitzu gorateen , Zure bihotzac zaitu bobeki bistateen.

Cil A NT EN l/HONNEt'R PE M. LE COMTE D'ESTAING, FAIT PAR J. LARREUUI, CURK DR BASSUj* ARRT .

( B»»qu« du L»bourd.)

Que nos entretiens soient du comte d'Estaing, Ce cbef d'escadre sans rival; Qu'il soit renommé dans tout le royaume, Qu'il ne soit pas moins célébré par nous.

Sur tous les hommes do guerre , o noble d'Estaing ! Vous l'emportez en gloire, à bon droit; Par votre maison vous descendez d une des plus pures Parmi les plus anciennes maisons de France.

Souvent vos ancêtres se sont distingués, Ils ont été les soutiens de la couronne de France. Mais bien que votre origine vous donne un rang élevé, Votre propre valeur vous met encore mieux en relief.

LE PAYS BASQIE

Beharric zaituela Louisec haulatu , Aintzindaritasunaz, jauna, fagoratu.

Cer ez du irabazi zutaz condatceaz , Bere intres minenac zuri fldatceaz?

Cembat angles untze duzun cscuratu, Eman tiroca, su tan ère ondoratu?

Khar handirekin zaro urez guducatcen , Frances bandera duzu ohorez bethelcen.

Itxasoan bezala zare leihorrean Supcan seinalatcca premia denean ; GucieUm gucia zare gucizcoa.

Oi! nun causi bertce bat zu bezalacoa?

Gure bazter urrunac tutzu indarztatu , Elsaien cscuetaric onghi begliiratu ; Ez da hortan gucia : conqucsta berriac Eghin izan dituzu progotchugarriac.

Granada duzu hartu gabaren minean , Ceroni zinelaric tropen aintcinean :

Ce n'est pas sans besoin que Louis vous a choisi , Et vous a favorise, monsieur, du commandement. Que n'a-t-il pas gagné à compter sur vous, Et à vous confier ses intérêts les plus chers ?

Combien de navires anglais n'avez-vous pas capturés, Combattus et rasés par le feu?

Sur mer vous combattez avec une grande ardeur, Vous couvrez d'honneur le drapeau français.

De même que sur mer, vous savez sur terre aussi Vous distinguer au milieu du feu lorsqu'il lo faut ; En toutes choses et partout vous êtes apte à tout. Oh! où en trouver un autre pareil à vous?

Vous avez rendu fortes nos possessions lointaines, Vous les avez bien préservées des mains de l'ennemi; Mais ce n'est pas là tout ; «les conquêtes nouvelles Et avantageuses ont été faites par vous.

Vous avez pris Grenade dans le plus épais de la nuit, En mare vous-même à la téte des troupes :

Zu liehar ahal zinen hola aghertceco, Hambat alimurekin hartaz jabetceco.

Ez uzteco Granada Francesi hartcerat , Biron da lchiatu haren laguntcerat.

Angles suhar liuni cer zaïo ghertatu ?

Bereac harluric da ihes abiatu.

Bironec eman dio usain granadari; Ausikiric ez dio eman frutu horri, Kharatxeghia zaïo naski iduritu, Hala eztia baitu d'Estaignec aurkitu.

Anglesac dituzu ikharan sarthuac Ikhusteaz Francesac hortaz nausituac.

Itxasoco erreghe cioten zirela ; Egun ikhas bezate mintzatzen bertzela.

Gberlata huntaz dire minki orhoitueo , Bere irla maiteac dituzte galduco; Anglelerraz beraz ez dut ihardesten , Francesac, Espagnolac, ban badire jausten.

11 fallait bien ainsi votre présence ,

Pour qu'on l'emportât avec autant d'ardeur.

Pour ne pas laisser les Français s'emparer de Grenade, Byron est accouru à son secours.

Que lui en est-il revenu , à cet Anglais ardent ? Après une rude leçon il est parti fuyant.

Byron a flairé l'odeur de la grenade ; Mais il n'a pas mordu dans ce fruit, Qui sans doute lui a semblé trop amer ; Tandis que d'Estaing l'a trouvé si doux.

Les Anglais se sont mis à trembler

Lorsqu'ils ont vu tant de succès aux Français.

Ils se disaicut les rois do la mer ;

Qu'ils apprennent aujourd'hui à parler autrement.

Ils se rappeleront avec douleur cette guerre, Ils perdront leurs lies aimées; Je ne répondrais pas de l'Angleterre même , Si les Français et les Espagnols y débarquaient.

LE r ATS BASQUE

0 d'Estaingl erresuna izan da tristatu Entzunic zintuztcla bi tiroz colpatu.

Orai zu sendatceac galtu consolatcen, Fagore huntaz dugu cerua laudatcen.

Zure beharra badu oraino Franciac, Ni ghisii mintzo dire Frances on guciac, De profundisen orde gure elizcUin, Te Deum da erninen lckhu gucieUm.

Natione supcrra, etxai mutiria, Ez duc ceren cantatcen aurtben bicturia; Franciaco crreghcc liau cscolatuco, Escola saria duc onglii pagatuco.

0 d'Estaing! tout le royaume s'est affligé

En apprenant que vous étiez blessé de deux coups de feu.

Maintenant votre guérison nous console ,

Et nous devons louer le ciel de votre guérison.

Si la France a encore besoin de vous , Tous les bons Français le disent avec moi , Au lieu d'un De profundis dans nos églises , C'est un Te Deum qui sera chanté en tous lieux.

Nation orgueilleuse, ennemi intraitable,

Tu n'as pas lieu cette année de chanter victoire ;

Le roi de France te donnera une leçon ,

Et tu en paieras chèrement le prix.

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