CHANSONS POLITIQUES
attira à lui , non pas les carlistes , comme on l'avait espéré , mais les jeunes gens qui, s' étant enfuis d'Espagne , vivaient péniblement chez nous ; il leur paya une solde sans les déplacer, et en fit ainsi ses partisans : aussi fallut-il, quelques mois après, user de ruse et les entourer d'un certain déploiement de forces pour leur faire passer la Bidassoa. L'armée carliste ne se débanda pas le moins du monde ; les dupes se ravisèrent , quoiqu'un peu tard , et ordonnèrent à Munagorri de licencier ses soldats , qui ne demandaient pas mieux. Munagorri rentra dans ses foyers à la faveur du traité de Vergara. Lorsque l'Espagne commença à remuer contre le régent Espartero, il tenta de ressaisir son rôle politique. Obligé de fuir, il fut poursuivi par Elorrio, officier des Chapelgorris », qui l'atteignit et le tua sans pitié. Munagorri n'était pas un méchant homme, à la différence de son meurtrier, qui était un homme de sang et de boue. Ce dernier fut placé dans les carabineros (douaniers), aida la fraude, fut révoqué, se fit contrebandier, trahit ses compagnons , et fut récompensé d'un coup de poignard par un de nos compatriotes qu'il avait ruiné. »
Basée sur une proclamation de Munagorri , la longue chanson , ou plutôt la succession de chants qui va suivre nous semble un auxiliaire destiné à l'appuyer, à la graver dans la mémoire du peuple , et rien n'empêche de croire qu'il n'en soit l'auteur.