LA FIANCÉE DE TARDETS
Arftuma&t.
Nous allons voir une véritable romance du vieux temps ; malheureusement elle est incomplète.
Dans le premier couplet, qui sert d'introduction, le poète nous montre deux jeunes filles sous l'emblème de deux citrons, dont l'un est promis. Le temps enfin a mûri le fruit , un Espagnol est là réclamant sa fiancée , qu'il va conduire de l'autre côté des monts. Celle-ci , au moment du départ, donne carrière à son désespoir, et s'adresse successivement à son père et à sa sœur de la façon la plus touchante ; le vent de nord , s'il vient à souffler, est chargé de porter au bien-aimé les derniers adieux de son amante, qui ne survivra point au malheur d'être arrachée à celui qu'elle eût seul voulu pour époux : rôle poétique et semblable à celui que , dans le délicieux lai de la dame de Fayel, l'amante du châtelain de Coucy donne au vent du midi :
E quant cele douce ore vente Qui vient de cel douz pais Où est cil qui nVatalcnte, Yolen tiers i tour mon vis :
Adonc m'est vis que je 1' sente Par desouz mon mantiau gris *.
• A la mime époque environ , Bernard de VcnUdoar disait >> Qaan la doss'aura venta Deve* vostre pals,
Cette belle ballade, en dialecte souletin assez ancien, est trèsgoûtée dans le pays et répandue jusque dans le Labourd. M. de Quatrcfages l'y a recueillie , ou plutôt une traduction lui eu a été dictée par une vieille femme de Biarritz. On peut lire ce morceau dans les Instructions relatives aux poésies populaires de la France *.
Encore un mot. Nous allons voir deux jeunes filles comparées à des citrons. Pareille assimilation n'est pas rare dans la poésie romaïque. Une chanson, publiée par M. de Marccllus, présente, après chacun des vers qui concourent à l'action , un refrain qui varie : tantôt, c'est irvpyo; Qiuùtvuivo; (ô ma petite rose rouge!); tantôt, v»?jaàv7Çt nou ypapfisvo (ô mon orange peinte!) ou vijpâvrçi x«î >e/*ôvi ( ô mon orange et mon citron!) f. Il n'y a point de doute que ces exclamations , dont l'une rappelle la touchante apostrophe de Lacrtes3, ne s'adressent à une femme aimée et ne fassent allusion à la bonne odeur attribuée aux objets d'un culte. Dans un autre chant romaïque , une jeune fille est appelée p'ôJov tvoajiov , fleur odorante *, et un poëtc arabe s'exprime ainsi : t Quand ces deux jeunes filles se levèrent , elles répandirent une agréable odeur, comme le zéphir lorsqu'il apporte le parfum des fleurs de l'Inde ». »
M'es velaire qn'ieu senta Odor de paradis, Per amor de la genta Ves oui ien sui aclis,ctc.
(Choix des poésies originales des trouhadours, t. III, p. 84.)
Citons encore ces vers d'an ancien minnesina et, le duc d'Anhalt :
Sla bi ! la mich den vint anweien l>er kumt von mines berien kianiginne ! « Arrêtez que le vent souffle encore sar moi , qui vient de la reine de non cœur ! >
« Paris, Imprimerie impériale, M DCC LUI, in-8°, p. 5.
* Chants du peuple en Grèce, 1. 1 , p. 342-345. Voyez encore t. Il , p. 430.
' 0 rose of may !
Dear maid, kind sister, sweet Ophelia !
(Hamlel, act IV, se. v.) 1 Chants dn peuple en Grèce, etc., t. Il, p. 310, 311.
» Poeseos asiaticte Commenter iorum Libri sex, ctc.auct. Goilielmo Jones. LipsU», MDCCLXX , in -8°, chap. III, p. 75. Voyez encore part. U, ebap. VI, p. 137.
LÉGENDES POÉTIQUES
ATUARRATCECO E2C0NGAIA.
(8wb«rot*rr».)
Atharrats jaureguian bi citroin doralu, Ongriagaray horrec bat du galdatu.
Errepostu içan du ez direla onthu , Ontcen direnian batno izanen du.
— Aita, saldu naucu miga bat berala, liai cta desterratu , oi ! Espanara.
Ama bici içan banu, aita, çu bcçala, Ez nintçan ezconduren Atharrats Salara.
Ahispa, jantz eçaçu erroba pherdia, Nie ère jantziren dut satina cliuria. Ingoitic hor heldu da çure jaun 1 gueia. Botzez guita çaçu çure sor etchia.
Aita, juanen guira oro clcarrequin; Etcherat jinan cira changrin handirequin, Bihotza cargatua, beguiac bustiric, Eta çure alhaba tomban ehorteiric.