L'AMANTE AU COUVENT
Argutatct.
Dans le premier couplet , un homme fait connaître quelle est sa fortune et l'objet de son amour; dans le second, il est invité à renoncer à sa poursuite, et dans le troisième, la jeune tille l'informe elle-même des mesures prises par ses parents pour l'y soustraire. Les plaintes de l'amant remplissent les deux derniers couplets.
Malgré sa concision et sa simplicité, cette pièce est claire et s'explique pour ainsi dire d'elle-même ; elle respire un parfum de vétusté (jui nous en fait reporter la composition à deux siècles au moins de celui-ci. Le souhait par lequel elle se termine se rencontre fréquemment dans la poésie populaire. Un poëtc écossais l'exprime ainsi dans une gracieuse ballade jacobitc : « Si j'étais un bon oiseau, avec des ailes pour voler, alors je passerais la haute mer pour aller voir mes amours, et je dirais un conte joyeux
LÉGENDES POÉTIQUES. 2C>7
à quelqu'un qui m'est bien cher, et je m'abattrais sur la fenêtre d'un roi pour y chanter ma mélodie *. »
« Je voudrais, dit l'auteur d'une chanson bretonne, je voudrais être petit pigeon blanc , sur le toit de Kéroulaz , pour entendre ce qui se trame entre sa mère et la mienne f, » etc. « Si j'étais oiseau, s'écrie un poëte romaïque, reproduisant peut-être sans le savoir le tour d'une tirade de saint Grégoire de Nazianzc je volerais et j'irais à Missolonghi voir comment on joue du sabre, comment on décharge le fusil , et comment se battent ces vautours invincibles de la Roumélie *. » 11 n'est pas rare d'entendre les échos de la Garonne répéter ce couplet , qui parait avoir été apporté des côtes de Bretagne :
Si j'étais hirondelle, Que je pusse voler, Sur votre sein , ma belle , J'irais me reposer.
Et c'est aussi le vœu renouvelé des chœurs tragiques : « Que ne suis-je un oiseau pour passer les montagnes et la mer? » vœu si naturel, dit M. de Marcellus, qu'il a traversé sans effort les siècles pour se reproduire , dans toute sa naïveté , chez les fils de Sophocle et d'Euripide ».
1 / kae nae kit h, etc. ( The Songs of Scotland, etc. By Allan Cunningham. London : printed by John Taylor, 1S35, in-8°, vol. III, p. VH.) — Tout le monde connaît ce couplet de Bonis:
0 were roy love yon lilac falr,
Wl' parpie blossoms to tbc sprlng, And 1 a bird to sheHer there,
When wearied on my liltlc wing.
* L'Héritière de Kàroulaz, I. (Bartas-Breii, t. II, p. 84. Voyez encore p. 86.) Ilien de plus commun qne la métaphore qui fait un pigeon d'un amant. Dans une pièce de Kircha Danilov, eiléc par M. Cyprien Robert ( Revue des Deux-Mondes, Y série de la nour. période, t. II, p. 1180), on trouve ce début :« A une petite fenêtre ornée de gracieux dessins, sur un balcon en bois sculpté, une espèce de colombe, un pigeonneau gazouille, une jeune fllle caose avec un garçon , » etc.
• De hujtu rite Vanitale alque incertiludme , v. 1. (Sancti Gregerii Naïmteni... Operum tomus secundus. Lut. Paris. M. DCXI., in-fol., p. 75, C.
* Chants dit peuple en Grèce, \. I, p. 174, 175.
• Md., t. II, p. 466. Cf. p. 371 ; et 1. 1 , p. 8 et 9.
AMOROSA combentuan.
( 8ubtrot*rrâ.)
Çazpi eihera baditut crreca batian , Çortcigarrena aldiz etche sahexian.
Hirur urtco doliaci carrosa batian , HcLaric erdicua ene bihotzian.
— Etchia teilastatu , Cambera peintratu ;
Erdico urtco horren perilic cz duc;u :
Horren emplcguia auçuan badugu.
— Ene aitac cta amar. çutcnian jakin Amodio banditan nintçala çurekin , Enganioz ninduten plaçala idoki, Hantic lagunbatekin combontian eçarri.
— Çurc aita dea hain guidon crudcla Combentuan baiteerauzea criminel batbeçala? Çuria cta enia ugueri ahal da, Elgarrekilaco dohatiac guîrela.
l'amante au couvent.
(Di»UcU lottlttin.)
J'ai sept moulins dans une môme gorge, Et le huitième contre mon habitation.
Trois colombes roulent dans un carossc, Celle du milieu (règne) dans mon cœur.
— Vous avez couvert à neuf votre maison , Peint la chambre nuptiale ;
Mais de la colombe du milieu n'ayez pas espoir : Nous avons où la placer dans le voisinage.
— Mon père et ma mère , dès qu'ils eurent appris Qu'en grand amour j'étais avec vous,
l'ar ruse me firent aller sur la place, De là me liront conduire au couvent.
— Votre père estril donc un homme assez cruel
Qu'il vous tienne au couvent enfermée comme un criminel? Cependant de votre part et de la mienne il est évident Qu'a vivre l'un pour l'autre destinés nous sommes.
LÉGENDES POÉTIQUES. 2tit)
Aircra ahal banindadin aînhera beçala , Ardura jin nindaito combenlu leihora Ene pena doloren ouri erraitcra.
Si je pouvais m'envoler comme l'hirondelle, Souvent j'irais me poser sur la fenôtre du couvent Pour vous redire mes peines et mes chagrins.