‹ Le Pays BasqueChapitre 77 sur 152 · RÉCRIMINATIONS AMOUREUSES · texte numérisé non relu

RÉCRIMINATIONS AMOUREUSES

Allumée'..

Dans la première des deux chansons que nous avons réunies sous le même titre, une Basquaise, moins tendre que Juliette, avertit son Roméo de rapproche du jour et l'invite à se retirer. Ainsi renvoyé, l'amant exhale sa jalousie et donne cours à ses plaintes, qui ne tardent point à céder la place à une ardente supplication.

La comparaison qui remplit le troisième couplet est un exemple du sentiment poétique que Ton trouve à un si haut degré chez les Basques. Je suis tenté de la mettre en regard d'une autre comparaison que je trouve dans l'Histoire ecclésiastique de Bède, et qui est particulièrement belle. Lorsque Paulinus prêchait les doctrines du christianisme à la cour du roi Edwiu , l'un de ses nobles se leva et dit : « Tu as vu , ô roi ! lorsque le feu flambait , que la salle était chaude et que tu étais assis à la fête au milieu de tes nobles, pendant que la tempête de l'hiver rugissait au dehors et que la neige tombait, tu as vu le moineau solitaire passer en volant, et disparaître par une porte en même temps qu'il entrait par l'autre. Pendant qu'il est dans la salle, il ne sent pas la tempête; mais après l'espace d'un moment, il retourne d'où il est venu, tu ne le vois plus et tu ne sais pas où ni à quoi il est exposé. Telle, à ce qu'il me semble, est la vie de l'homme, et nous ne savons ni d'où nous venons ni où nous allons *. >

La deuxième chanson , dont le premier couplet parait seul avoir quelque valeur poétique, débute par les plaintes d'une promise à son tiancé, qui, après s'être assuré de son cœur, la néglige. Les deux derniers couplets sont la réponse de l'accusé , qui commence par louer les charmes de sa belle, pour détruire ensuite ses soupçons. Il la compare au soleil plus formellement qu'elle ne l'avait fait elle-même eu lui parlant , et la proclame la plus belle des fleurs, par des métaphores employées d'une façon si charmante dans une chanson serbe.

' Eccles. UUt. gentis Apglorum, lil». Il, cap. Xlli.

316 LE PATS BASQUE.

Un amant, ébloui de la beauté de sa fiancée, lui dit en la conteraplant : « Jeune fille, ma rose vermeille, quand tu t'es épanouie, sur qui avais-tu les yeux fixés? As- tu grandi en regardant le mélèze, ou en regardant le svelte et haut sapin , ou bien en pensant à mon frère le plus jeune? » — « 0 mon brûlant soleil 1 je n'ai point grandi en regardant le mélèze, ni en considérant le svelte et haut sapin, ni en songeant à ton frère le plus jeune; mais j'ai grandi, ô mon fiancé! les yeux fixés sur toi »

AMOROS BATES CSAIZKIAO.

(B»i» n*f«rUrr« ).

Arguia delà dioçu ;

Gau erdi oraino ez ducu.

Enekilaco dembora luce iduritzen çaitçu; Amodioric ez ducu, orai çaitut eçagutu.

Oflcialetan duçu ,

Çure si n h es te gueia.

Aitac eta amac ère hala du te guticia. Lehen bat eta orai bertcea : oi, hau penarcn tristia!

Othea lili denean , Choria haren gainean;

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